AID Association initiatives dionysiennes
Alors que la population âgée augmente

Maisons de retraite : toujours des maltraitances ?

Ne pas prendre soin de ses vieux n’est vraiment pas valorisant pour une société.

mercredi 20 mai 2009 par JMT

Les Français jugent de plus en plus sévèrement la prise en charge des personnes âgées en France, que ce soit par les maisons de retraite, jugées trop chères, ou par les pouvoirs publics en général, dont l’action est jugée insuffisante, selon un sondage publié mercredi.

Lors d’une conférence de presse tenue le 13 mai, Valérie Létard a fait le point sur le dossier de la bientraitance des personnes âgées.

INTERVIEW - La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance dans les maisons de retraite. Un projet défendu depuis des années par François Bouniol, qui gère une dizaine d’établissements en Ile-de-France.

L’émission de France 2 sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite mercredi soir suscite un profond émoi parmi les directeurs d’établissements qui refusent d’être stigmatisés et demandent du personnel supplémentaire.

Les Français toujours plus critiques envers les maisons de retraite

AFP - mercredi 20 mai 2009, 14h01

Les Français jugent de plus en plus sévèrement la prise en charge des personnes âgées en France, que ce soit par les maisons de retraite, jugées trop chères, ou par les pouvoirs publics en général, dont l’action est jugée insuffisante, selon un sondage publié mercredi.

Maison de retraite à Caen

Une majorité (52%) des personnes interrogées a une "image négative" des maisons de retraite, un chiffre qui a augmenté de 16 points en cinq ans.

A l’inverse, seuls 39% des Français ont une image positive de ces établissements, selon cette enquête réalisée les 23 et 24 avril pour la Fédération hospitalière de France (FHF), auprès de 1.000 personnes.

On compte près des 700.000 places d’hébergement pour personnes âgées en France.

Des évolutions aussi importantes en si peu de temps sont très rares dans des sondages sur des sujets de société, a commenté lors d’une conférence de presse Fabienne Simon, de TNS-Sofres. Elle y voit le signe que la prise en charge des personnes âgées est "devenue un enjeu crucial" pour les Français.

D’autant qu’on attend deux millions de plus de 85 ans en 2015 contre 1,3 million aujourd’hui, 85 ans correspondant à l’âge moyen d’entrée en maison de retraite.

Une écrasante majorité (78%) de Français estime d’ailleurs que l’on ne parle pas assez de ce sujet, une opinion partagée par le président de la FHF Claude Evin, selon lequel "il n’y a personne pour défendre les personnes âgées en France".

D’après cette enquête, un Français sur trois a une personne âgée dépendante parmi ses proches.

Parmi les griefs vis-à-vis des maisons de retraite, 97% des sondés estiment que "cela coûte cher" et 88% qu’il n’y a pas assez de places. 76% d’entre eux pensent d’ailleurs qu’ils ne pourraient pas s’acquitter des 2.200 euros mensuels que coûte en moyenne un hébergement.

Les Français sont donc demandeurs d’une meilleure prise en charge par les pouvoirs publics, 71% la trouvant insuffisante.

Reconnaissant les "difficultés" auxquelles doivent faire face les familles, la secrétaire d’Etat à la Solidarité Valérie Létard a rappelé que le gouvernement souhaitait "faire en sorte" que le coût financier de la prise en charge "soit supportable par toutes les familles françaises".

A cet égard, les Français se prononcent d’abord (45%) pour une prise en charge reposant sur la solidarité nationale en fonction des ressources de la personne âgée, et via de nouveaux prélèvements obligatoires.

40% des sondés pensent que les personnes âgées sont "souvent maltraitées" en maison de retraite, soit une hausse de 8 points en deux ans, en partie imputable à la "médiatisation d’un certain nombre de faits choquants", selon TNS-Sofres.

Pour Mme Létard, les Français ont encore l’image des maisons de retraite d’il y a vingt ans, quand elles étaient encore souvent des "mouroirs" alors que "les choses ont considérablement évolué".

Les moyens alloués au secteur ont plus que doublé depuis 2003, même si des moyens humains supplémentaires sont encore nécessaires, de même qu’une meilleure formation des personnels, selon Mme Létard.

Du côté des maisons de retraite, le syndicat Synerpa a accueilli ce sondage "avec consternation", déplorant que "les efforts et l’investissement (...) pour améliorer sans cesse l’accueil (...) ne parviennent plus à masquer l ?angoisse et la détresse des Français face à l’accroissement de la dépendance de leur proche".

Pour l’AD-PA, "la perception qu’ont les Français des maisons de retraite témoigne de l’échec des politiques concernant les personnes âgées depuis 30 ans".

La politique de la bientraitance chez les personnes âgées : une réalité concrète

13 mai 2009

Lors d’une conférence de presse tenue le 13 mai, Valérie Létard a fait le point sur le dossier de la bientraitance des personnes âgées.

conférence de presse 13 mai 2009

La culture de la bientraitrance est une démarche collective visant à assurer le meilleur accompagnement possible pour la personne âgée, dans le respect de ses choix et l’adaptation à ses besoins, à domicile ou en établissement.

Les actions menées dans le cadre de l’opération bientraitance en établissement et l’ouverture du 3977 pour lutter contre toute forme de maltraitance touchant la personne âgée ou la personne handicapée prouvent que la bientraitance est une réalité en marche qui mobilise les professionnels et les pouvoirs publics de façon volontariste et pérenne.

La culture de la bientraitance repose aussi sur la consolidation des moyens financiers : En effet, alors que le pays connaît une crise très grave, les moyens attribués aux établissements et services pour personnes âgées progressent de 566M€ soit 8,2% d’augmentation.

Les moyens attribués pour créer des emplois en 2008 et 2009 (600 M€ pour les seuls EHPAD existent + 140M€ pour les créations de places) permettent de créer plus de 20 000 postes supplémentaires. Au total les crédits médico-sociaux en faveur des personnes âgées représentent plus de 15 000 emplois soignants, qualifiés et non délocalisables.

Il n’en demeure pas moins que la question des moyens ne règle pas tout : entre établissements accueillant une population comparable en terme de niveau de dépendance, on note parfois des différences importantes en matière de qualité et d’attention portée au bien être des résidents et ce, alors même que les effectifs sont identiques.

C’est bien la preuve que l’accent doit aussi être mis sur la formation continue des agents à de nouvelles techniques de prise en charge des personnes âgées, techniques insuffisamment répandues jusqu’à présent et que cette opération a pour objet de promouvoir.

La suite dans le dossier de presse (pdf)

En maison de retraite, « la maltraitance rapporte »

Propos recueillis par Delphine de Mallevoüe 23/02/2009 Mise à jour : 21:51

INTERVIEW - La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance dans les maisons de retraite. Un projet défendu depuis des années par François Bouniol, qui gère une dizaine d’établissements en Ile-de-France.

Selon François Bouniol, soigner une personne alitée paie davantage que de la maintenir dans son autonomie. Crédits photo : Le Figaro

LE FIGARO. - Pour quelles raisons approuvez-vous le projet de créer des « indicateurs » de maltraitance dans les maisons de retraite ?

François BOUNIOL. - Cela fait des années que je crie qu’il faut arrêter de considérer ces maisons comme des établissements à part et qu’il faut instaurer des marqueurs ou indicateurs de qualité, comme on le fait pour l’hôtellerie, l’informatique ou l’industrie.

C’est simple à mettre en place, ça ne coûte rien, ça s’appelle la transparence et pourtant aucun des responsables des pouvoirs publics, présidents de conseil général et autres médecins de la Ddass que j’ai démarchés ne m’a jamais entendu. Mon idée, aujourd’hui relayée par la Fédération hospitalière de France, aurait pu être concrétisée depuis longtemps.

Pourquoi autant de réticences ?

Parce qu’on a beau parler beaucoup des personnes âgées, en vérité, on s’en fout ! Il y a un vrai manque de réflexion et d’expérience sur le terrain : les décisionnaires des ministères n’ont jamais géré une maison de retraite de leur vie.

Et puis c’est beaucoup plus simple pour l’administration, en termes d’effort et d’argent, de s’occuper de grabataires que de les maintenir dans leur autonomie. On aborde cette question comme un problème financier, alors que c’est un problème humain.

Vous voulez dire que la maltraitance rapporte ?

Oui, et c’est là le vrai scandale. Car, en France, plus une maison de retraite a de grabataires, plus son GMP (taux de dépendance, NDLR) augmente et plus le conseil général lui donne de l’argent.

Dans ces conditions, qui a intérêt à lutter contre la maltraitance ? Or, faire demeurer quelqu’un au lit est une forme de maltraitance. Et, en n’ayant pas les gestes quotidiens qui favorisent le maintien dans l’autonomie, on crée artificiellement des grabataires.

Quels sont les indicateurs à inventer selon vous ?

Il y en a cinq : le GMP de l’établissement - plus il est élevé moins l’endroit est bien -, son taux de remplissage - les lits vides ne sont jamais bon signe -, le turn­over des résidents - leur fort renouvellement indique qu’ils meurent plus facilement qu’ailleurs -, le turnover des personnels - dans les bonnes maisons, ils restent - et enfin le nombre d’arrêts de travail de moins de quinze jours - plus le personnel est épanoui, moins il est en congé maladie.

C’est d’autant plus simple à mettre en œuvre que ce sont des données chiffrées, bien plus faciles à contrôler que des problématiques de propreté, toujours aléatoires, ou les on-dit, souvent irrationnels et difficiles à prouver.

De plus, chaque établissement dispose de ces données, tout comme les conseils généraux. Dans un souci de réactualisation, ces derniers pourraient exiger qu’on les leur communique trois fois par an.

L’instauration de tels critères n’est-elle pas en contradiction avec le plan annoncé par la secrétaire d’État aux Solidarités ?

La multiplication des contrôles inopinés que prévoit ce plan ne sert à rien. Ce n’est pas un passage aléatoire de la Ddass qui va régler le problème de la maltraitance.

Les marqueurs, eux, instaurent un contrôle sur le long terme. C’est l’avenir, car c’est un dispositif intelligent qui obligera les maisons de retraite à se surveiller, à améliorer le qualitatif.

Et c’est crucial, car ne pas prendre soin de ses vieux n’est vraiment pas valorisant pour une société.

Maltraitance : les maisons de retraite, sur la sellette, se défendent

Publié le 22/10/2008 à 19:19 AFP

L’émission de France 2 sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite mercredi soir suscite un profond émoi parmi les directeurs d’établissements qui refusent d’être stigmatisés et demandent du personnel supplémentaire.

Maltraitance : les maisons de retraite se défendent

L’émission de France 2 sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite mercredi soir suscite un profond émoi parmi les directeurs d’établissements qui refusent d’être stigmatisés et demandent du personnel supplémentaire.

Le documentaire plonge dans la vie quotidienne d’une maison de retraite grâce à une caméra cachée et révèle des situations choquantes de maltraitance.

Il a suscité des réactions du gouvernement, qui a annoncé des sanctions, et des associations de familles et de professionnels, qui condamnent le manque de personnel et une formation insuffisante.

Brutalités, négligences, humiliations : la maltraitance des personnes âgées a été longtemps méconnue, voire niée. Les victimes sont peu entendues, ou hésitent à se plaindre de peur de représailles. Quand elles témoignent, elles mettent en avant la honte, la douleur, le sentiment d’être infantilisées.

Des livres pamphlets ("On tue les vieux", Fayard, 2006), des "affaires" mettant en cause des établissements, ont mis en lumière le phénomène.

Le gouvernement, en mars 2007, a renforcé les contrôles, que la secrétaire d’Etat à la Solidarité Valérie Létard veut rendre "anonymes" pour 80% d’entre eux.

Les professionnels ont mal vécu cette mise en cause médiatique, mais plus encore, l’annonce de sanctions par Valérie Létard, au moment où, disent-ils, le gouvernement "baisse les moyens accordés aux établissements".

"Si c’est pour faire bouger les choses, cette émission est très utile", affirme à l’AFP Pascal Champvert, président de l’AD-PA (directeurs d’établissements et services).

"Elle cible des choses qu’on voit dans une grande majorité d’établissements, reconnaît-il, mais au lieu de chercher des solutions, le gouvernement parle sanctions pour faire oublier ses responsabilités".

Les directeurs d’établissements, mais aussi les associations représentant les familles reprochent au gouvernement de "nier la réalité du terrain : manque de personnels et formation insuffisante".

France-Alzheimer rappelle qu’en France, on compte "4,5 professionnels pour 10 résidents alors que ce ratio est de 8 à 12 dans les autres pays européens de taille comparable".

"On n’a jamais eu un taux d’augmentation des crédits accordés pour les personnes âgées aussi bas dans un projet de loi de finances de la sécurité sociale depuis 2000", affirme M. Champvert.

Les accusations de maltraitance surviennent en effet alors qu’un collectif de 31 organisations du secteur personnes âgées et handicapées protestent contre les moyens accordés pour 2009, "qui ne permettront pas de rattraper les retards français".

Alors que le gouvernement affiche une augmentation de 6,3% (dont 8% pour les personnes âgées), les "31" estiment que la hausse est "virtuelle" car les crédits non consommés sont depuis plusieurs années "récupérés" et ne servent pas aux personnes âgées.

"En fait, l’augmentation pour 2009 n’est que de 4,5% alors que le nombre de personnes âgées dépendantes augmente de 7% par an", selon l’AD-PA.

Le manque de personnel est important mais "n’est pas un argument suffisant", juge Catherine Maury, responsable du 3977 (numéro maltraitance), pour qui comptent aussi "l’organisation des équipes, les consignes données et la formation".

Le besoin de formation fait l’unanimité. Sur ce point, Valérie Létard a promis sur trois ans 132 millions d’euros pour former les 250.000 professionnels du secteur à des "techniques d’accompagnement personnalisé".

VIDEOS

Vieillesse : Les Français ont un mauvaise image des maisons de retraites

Le 20 mai 2009 - 15h24

Plus de la moitié des Français ont une mauvaise opinion des maisons de retraite, selon un sondage publié mercredi..

Par TF1

Seniors : L’image des maisons de retraite se dégrade

Le 20 mai 2009 - 13h15

Plus de la moitié des Français ont une mauvaise opinion des maisons de retraite. Cette prise en charge demeure une source d’inquiétude pour les familles.. Par TF1


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1789313

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN !  Suivre la vie du site Santé et Sécurité Sociale   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License