AID Association initiatives dionysiennes
Président ou premier ministre, puissant chef d’entreprise, grandeur et décadence

Quand les a-côtés du pouvoir rattrapent leur titulaire !

....ou l’entrée en scène des juges judiciaires et médiatiques

mercredi 6 mai 2009 par JMT

Rachida Dati a refusé de se prononcer mercredi sur un éventuel appel du parquet contre l’ouverture d’une enquête visant les présidents de trois pays africains. Une information judiciaire a été ouverte contre l’avis du parquet, visant Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang.

La doyenne des juges du pôle financier de Paris a jugé mardi recevable une plainte visant trois chefs d’Etats africains soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l’argent public détourné, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

En deux années à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’est taillé une place prépondérante sur l’échiquier national, importante sur la scène internationale, éminente dans les médias, mais sa popularité est en berne, plombée par les effets d’une crise économique historique.

A cinq semaines du scrutin, Nicolas Sarkozy a fait son entrée mardi à Nîmes dans la campagne électorale européenne en plaidant, en tant que chef de l’Etat, pour "une autre Europe" avec de "grandes ambitions", et en justifiant, comme chef de parti, sa politique contre la crise.

Le quotidien des évêques italiens, Avvenire, pointe du doigt "la faiblesse déclarée pour la jeunesse des actrices en fleur" de Silvio Berlusconi, appelant de ses voeux un chef de gouvernement plus sobre, dans un éditorial consacré mardi aux déboires conjugaux des Berlusconi. fermer

Le Parti socialiste a dénoncé mardi "l’échec cuisant et sidérant" de la politique de Nicolas Sarkozy au cours des deux premières années de son mandat, notamment en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, d’éducation, des libertés.

On était dans les années 1980, un cow-boy du nom de Ronald Reagan siégeait à la Maison Blanche. Convaincu d’être le représentant du bien sur terre, il avait décidé d’affubler du qualificatif d’Etat voyou (rogue state en anglais), tous les pays dirigés par des gens dont la tête ne lui revenait pas. Il en était ainsi du régime du colonel Kadhafi.

Interrogé sur ses nombreux comptes en Suisse alimentés par Elf, André Tarallo, l’ancien "Monsieur Afrique" du groupe pétrolier, dément avoir profité personnellement de cet argent. Il soutient que c’est le président du Gabon qui en était l’instigateur et le bénéficiaire.

Enquête judiciaire - Un juge français s’en prend à trois dirigeants africains

le 06/05/2009 - 11h41

Rachida Dati a refusé de se prononcer mercredi sur un éventuel appel du parquet contre l’ouverture d’une enquête visant les présidents de trois pays africains. Une information judiciaire a été ouverte contre l’avis du parquet, visant Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang.

Crédit Photo : TF1/LCI Omar Bongo

Contre l’avis du parquet, un juge d’instruction de Paris a décidé mardi d’ouvrir une information judiciaire pour "recel de détournement de fonds publics" concernant le patrimoine détenu en France par trois présidents africains de pays producteurs de pétrole.

Procédure unique en son genre, des poursuites sont donc susceptibles d’être déclenchées concernant les 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus en France par Omar Bongo, président du Gabon et ses proches, les 24 propriétés et 112 comptes bancaires du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso.

Le dossier concerne aussi les limousines achetées à Paris pour plus de 4 millions d’euros par le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, et ses proches.

Mercredi, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a refusé de se prononcer sur un éventuel appel du parquet contre l’ouverture d’une enquête mardi visant les biens détenus en France par les présidents de trois pays africains.

"Je ne suis pas partie à l’affaire, je m’exprime en tant que garde des Sceaux. La plainte a été jugée recevable par la juge d’instruction, le parquet fera des réquisitions", a-t-elle dit sur RMC et BFM TV.

Cette décision, rendue par la doyenne des juges du pôle financier de Paris Françoise Desset après une plainte de l’association Transparency France, devrait cependant faire l’objet d’un appel du parquet.

Ce dernier demandait un refus d’informer, jugeant irrecevables les plaintes déposées. Dans ce cas, la chambre de l’instruction devra trancher et dans l’attente de son arrêt, il n’y aurait pas d’investigations.

Plaidoyer pour la survie du juge d’instruction

L’avocat des plaignants, Me William Bourdon, a cependant salué la décision. "C’est une décision sans précédent parce que c’est la première fois qu’une enquête judiciaire est ouverte concernant le détournement d’argent public imputé à des chefs d’Etats en exercice.

Est désormais possible l’identification et la poursuite de ceux qui, inlassablement et sournoisement, appauvrissent leurs pays", a-t-il commenté. A ses yeux, la décision met en lumière l’inanité du projet de l’Elysée de supprimer le juge d’instruction.

"Si le juge d’instruction était supprimé dans ce pays, une telle enquête n’aurait jamais eu une chance d’aboutir. L’appel est probable et le parquet devra alors assumer d’apparaître comme ce qu’il est, le bras armé de la raison d’Etat", a-t-il ajouté.

La juge a accepté la plainte déposée en décembre par l’association Transparency International France, qui a selon elle le droit juridiquement d’agir, mais non celle d’un citoyen gabonais, Grégory Gbwa Mintsa, qu’elle juge irrecevable.

Les biens ont déjà été minutieusement inventoriés par la police financière parisienne en 2007 dans une enquête préliminaire. Mais le procureur avait déjà classé sans suite cette première procédure, estimant alors que l’infraction n’était "pas suffisamment caractérisée".

Climat tendu en Afrique

La procédure se déroule dans un climat tendu en Afrique, où deux Congolais qui voulaient porter plainte ont renoncé en expliquant avoir reçu des menaces.

En janvier, Grégory Gbwa Mintsa a été emprisonné durant douze jours dans son pays. Me William Bourdon assure qu’un avocat de Paris se disant mandaté par le Gabon est venu lui proposer d’ouvrir un compte bancaire en Suisse bien garni pour son association, Sherpa, associée à la procédure.

Les immeubles cossus du trésor africain sont devenus encombrants. Un hôtel particulier acheté près des Champs-Elysées pour 18,8 millions d’euros par l’épouse d’Omar Bongo, fille de Denis Sassou-Nguesso, a fait l’objet en 2007 d’un simulacre de "saisie" publique par des militants anticorruption.

Les fonds ne peuvent venir, pour les plaignants, des salaires des présidents, mais ont forcément, à leurs yeux, été acquis avec de l’argent public détourné.

Ils soulignent que le procès Elf à Paris en 2003 a démontré que les revenus tirés de "l’or noir" profitaient personnellement aux chefs d’Etats en question.

Ces derniers nient toute malversation. Mais Omar Bongo n’a pas engagé à ce jour les poursuites en diffamation qu’annonçait son avocat, Me Patrick Maisonneuve.

Denis Sassou-Nguesso a assuré qu’il ne possédait en propre que deux logements en France. Le reste, détenu par ses enfants, ne le regarde pas, a-t-il au Figaro en mars.

D’après agence

voir sur Rue89 La carte des résidences de la Françafrique à Paris

Feu vert d’une juge française pour enquêter sur trois chefs d’Etat africains

PARIS (AFP) - 06/05/09 10h26

La doyenne des juges du pôle financier de Paris a jugé mardi recevable une plainte visant trois chefs d’Etats africains soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l’argent public détourné, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

Photos (GàD) des présidents équato-guinéen Teodoro Obiang, congolaisDenis Sassou Nguesso et gabonais Omar Bongo Ondimba

Il s’agit des chefs d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, gabonais Omar Bongo Ondimba et équato-guinéen Teodoro Obiang.

Dans une ordonnance de recevabilité partielle, la juge Françoise Desset a estimé que la plainte avec constitution de partie civile déposée par l’association Transparence international France (TI), spécialisée dans la lutte contre la corruption, était recevable, l’association ayant, selon son analyse, juridiquement un intérêt à agir.

Déposée le 2 décembre, cette plainte avec constitution de partie civile concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités.

Elle vise "les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang ainsi que des membres de leur entourage", affirmait l’organisation non gouvernementale dans un communiqué, le 2 décembre.

La magistrate a en revanche rejeté la constitution de partie civile d’un ressortissant gabonais qui avait également porté plainte dans ce même dossier.

L’ordonnance rendue par la magistrate ouvre la voie à une enquête judiciaire.

Le parquet de Paris, qui s’était prononcé contre l’ouverture d’une information judiciaire, dispose désormais de cinq jours pour faire appel.

Dans ses réquisitions prises courant avril, le procureur avait demandé à la doyenne des juges d’instruction de constater l’irrecevabilité de la plainte. Mais la magistrate à qui il revenait de prendre la décision finale n’était pas tenue de suivre l’avis du parquet.

Le parquet de Paris avait auparavant classé sans suite à deux reprises, en novembre 2007 et septembre 2008, des plaintes simples visant les trois chefs d’Etat africains.

Les deux principales cibles de la plainte sont M. Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, et M. Sassou Nguesso, propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe, selon les plaignants. Leurs familles sont également ciblées, liées entre elles par le mariage de M. Bongo avec Edita, fille de Denis Sassou Nguesso, décédée le 14 mars au Maroc.

Pour M. Bongo et sa famille, la plainte évoque la propriété d’un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le très chic XVIe arrondissement de Paris.

M. Sassou Nguesso possèderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d’euros, dans les Yvelines, en région parisienne, et un appartement dans le cossu VIIe arrondissement de Paris. Plusieurs biens en région parisienne sont attribués à ses proches.

Leur entourage respectif disposerait également de nombreuses voitures de luxe.

"Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’Etat au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics", explique Transparence international France.

Le président Bongo "conteste absolument les détournements qu’il aurait faits au préjudice de son pays", affirme pour sa part à l’AFP l’un de ses avocats, Me Patrick Maisonneuve.

Le parquet de Monaco a de son côté ordonné le 30 mars l’ouverture d’une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d’Edith Bongo.

Deux ans à l’Elysée : Sarkozy, un omniprésident rattrapé par la crise

AFP - mercredi 6 mai 2009, 07h29

En deux années à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’est taillé une place prépondérante sur l’échiquier national, importante sur la scène internationale, éminente dans les médias, mais sa popularité est en berne, plombée par les effets d’une crise économique historique.

Photo Nicolas Sarkozy à Paris, le 11 mars 2009

Les Français jugent encore que Nicolas Sarkozy a de fortes qualités personnelles mais ils sont de plus en plus nombreux à critiquer le président, selon un sondage CSA publié mercredi par Aujourd’hui en France/Le Parisien.

Selon le sondage - qui établit une comparaison avec une enquête d’opinion de février 2008 - les Français jugent notamment Nicolas Sarkozy "dynamique" (85%, -3%), "Courageux" (75%, -1%), sachant "prendre des décisions difficiles" (66%, =) avec "le sens de l’Etat" (60%, +3%).

En revanche, les sondés sont 55% (+3%) à penser qu’il ne fait pas "un bon président" car pour 73% (+12%) d’entre eux il n’est pas "suffisamment à l’écoute des Français", pour 67% (+3%) il n’apporte pas de solutions aux problèmes des Français" et 54% (+11%) estimant qu’"il n’a pas de vrai projet pour la France".

Tout a été dit sur ce président hyperactif, superprésent et omnipotent, toujours en mouvement, prenant la parole à chaque instant et décidant de tout. De déplacements dans l’hexagone en visites à l’étranger, il a fait voler en éclats l’image "jupitérienne" d’un chef de l’Etat rare, donc forcément sage et respecté.

Ceux qui ne voyaient dans cette agitation qu’un feu de paille de début de mandat en ont été pour leur frais. Nicolas Sarkozy a du souffle. Et loin de l’apaiser, la tempête économique qui s’est abattue sur le monde à l’automne dernier n’a fait qu’accélérer le tourbillon présidentiel.

Depuis qu’il a décrété la mobilisation générale contre la crise à Douai en décembre, le chef de l’Etat multiplie les sorties pour décliner, en régions ou à l’Elysée, le même discours.

"Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes" mais pas question de "rester immobiles", répète-t-il à l’envi, "la crise appelle à continuer les réformes, pas à les stopper (...) grâce aux réformes, nous sortirons plus forts de la crise".

Le volontarisme demeure, mais les priorités ont changé. Véritable leitmotiv de sa première année de mandat, le fameux "travailler plus pour gagner plus" est passé à la trappe, victime de la crise.

Mais à l’heure où le pays s’installe dans le chômage, le discours de Nicolas Sarkozy a du mal à convaincre. Contraint par le dérapage inquiétant des déficits publics de privilégier la relance par l’investissement, il est dénoncé à gauche pour avoir négligé le soutien à la consommation et oublié en route ses promesses de "président du pouvoir d’achat".

A droite, ses prétentions à renforcer la régulation de l’économie par l’Etat inquiètent le Medef et les libéraux. Et son refus de lever son très controversé "bouclier fiscal" irrite la frange sociale de son électorat.

Même la méthode Sarkozy est remise en cause. A ceux qui dans l’opposition dénoncent depuis deux ans la "frénésie" du président se joignent désormais ceux de la majorité qui, comme l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin, "n’attendent pas d’un président qu’il soit survitaminé (mais) sage".

D’autres nuages sont récemment venus voiler l’horizon. La longue crise sociale dans les Antilles, la polémique sur la nomination contestée de son collaborateur François Pérol à la tête du groupe Banque populaire/Caisse d’épargne ou encore l’entrée d’un concurrent de poids sur la scène internationale, le charismatique Barack Obama.

Face à cet empilement de difficultés, sa cote de popularité reste en berne. Une majorité de Français demeure mécontente du président, même si elle n’atteint plus l’étiage de sa période "bling bling" fin 2007.

Publiquement, Nicolas Sarkozy assure ne voir dans ces sondages et le succès des récentes mobilisations syndicales que la traduction "normale" de l’inquiétude des Français face à la crise.

Et il continue d’afficher une foi inébranlable dans sa politique et sa méthode. "La relance par la consommation, ça ne marche pas" et "je n’ai pas été élu pour rester enfermé dans mon bureau", lance-t-il à ses détracteurs.

Face à un PS qui a radicalisé son discours mais peine encore à panser les plaies de ses divisions, Nicolas Sarkozy reste confiant. Même s’il s’amuse à entretenir le doute sur sa volonté de briguer un deuxième mandat, il assure en privé avoir "le temps" de retourner la tendance d’ici 2012.

Sarkozy s’engage dans la campagne en plaidant pour "une autre Europe"

NIMES (AFP) - 06/05/09 03h08

A cinq semaines du scrutin, Nicolas Sarkozy a fait son entrée mardi à Nîmes dans la campagne électorale européenne en plaidant, en tant que chef de l’Etat, pour "une autre Europe" avec de "grandes ambitions", et en justifiant, comme chef de parti, sa politique contre la crise.

Discours de Nicolas Sarkozy à Nîmes, le 5 mai 2009

Comme il l’avait fait pour défendre ses choix économiques fin mars à Saint-Quentin (Aisne), le fief électoral du patron de l’UMP Xavier Bertrand, le président de la République a choisi une autre ville tenue par son parti, Nîmes, pour y défendre pendant trois quarts d’heure sa vision de l’Europe.

Devant une salle de 4.000 sièges presqu’exclusivement garnie de militants UMP, la "réunion républicaine" voulue comme "non partisane" n’aura duré que quelques secondes, le temps pour le public d’accueillir l’orateur sous les applaudissements et en scandant "Nicolas, Nicolas".

Devant cet auditoire acquis à sa cause, le président a alternativement coiffé ses casquettes de chef de l’Etat ou de la majorité pour appeler à "changer l’Europe" et à préférer une Europe "qui décide" et "protège" au lieu d’une Europe "de l’impuissance" et "qui subit", écho du thème de campagne UMP : "quand l’Europe veut, elle peut".

"Une autre Europe est possible, une autre Europe est nécessaire et cette Europe-là peut peser dans les destinées du monde", a-t-il lancé, paraphrasant le célèbre slogan altermondialiste.

A l’appui de son propos, le chef de l’Etat a longuement énuméré les succès de "sa" présidence européenne, dont certains ont été contestés.

"Si la Géorgie n’a pas été rayée de la carte, si un cessez-le-feu a pu intervenir à Gaza, si l’Europe n’a pas cédé au sauve qui peut et au chacun pour soi quand le système bancaire a menacé de s’effondrer, c’est parce que la France, alors qu’elle exerçait la présidence de l’Union européenne, a pris ses responsabilités pour mettre l’Europe en situation d’agir", a-t-il lancé.

Il a également exalté "l’Europe des pères fondateurs", une Europe "qui unit les Français au lieu de les diviser", allusion au "non" français au traité constitutionnel en 2005.

Sous un tonnerre d’applaudissements, il a rappelé son hostilité à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, estimant qu’elle ne devait pas "se diluer dans un élargissement sans fin".

Nicolas Sarkozy a fait son entrée mardi à Nîmes dans la campagne électorale

Entre autres "grandes ambitions" pour réconcilier les Français avec l’Europe, il a redit sa conviction d’une "gouvernance économique de l’Europe", qui suscite pourtant l’hostilité de son partenaire allemand, et sa volonté de garder une politique agricole commune.

Il s’est également prononcé pour "une vraie politique de l’énergie", proposant une "centrale européenne d’achat de gaz" afin de renforcer sa position vis-à-vis de son fournisseur russe, pour l’instauration par Bruxelles d’une "taxe carbone" et d’un "comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction".

Alors que la campagne de l’UMP tarde à décoller, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué l’occasion de donner un petit coup de main à son parti en défendant son action face à la crise.

Devant le coordinateur national de l’UMP pour le scrutin du 7 juin, Michel Barnier, le président a défendu une nouvelle fois son plan de relance, critiqué par la gauche et les syndicats.

"Augmenter les impôts aurait été une folie (...) quand on fait le choix de la relance par l’investissement, on creuse le déficit mais on prépare l’avenir", a-t-il lancé.

Après Nîmes, Nicolas Sarkozy poursuivra sa campagne européenne dimanche à Berlin, au côté de la chancelière Angela Merkel.

L’Eglise catholique italienne souhaiterait un Berlusconi plus sobre

ROME (AFP) - 05/05/09 20h11

Le quotidien des évêques italiens, Avvenire, pointe du doigt "la faiblesse déclarée pour la jeunesse des actrices en fleur" de Silvio Berlusconi, appelant de ses voeux un chef de gouvernement plus sobre, dans un éditorial consacré mardi aux déboires conjugaux des Berlusconi. fermer

Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi à Rome, le 5 mai 2009

"Nous continuons à cultiver l’espoir d’un président (du Conseil) qui sache, avec sobriété, être le miroir - le moins déformant possible - de l’âme du pays", écrit le quotidien.

A propos des "choix très discutables" du chef du gouvernement, il pointe du doigt un président du Conseil "avec un faible déclaré pour la jeunesse des actrices en fleur", dans une allusion au choix de M. Berlusconi de plusieurs jolies filles comme candidates aux européennes, qui a déclenché l’ire de son épouse.

Avvenire se dit aussi "préoccupé" par le fait que "la politique et le spectacle ont donné le pire d’eux-même" dans cette affaire.

Depuis son retour au pouvoir en mai 2008, le chef du gouvernement s’est efforcé de donner des gages à l’Eglise catholique.

Deux ans de Sarkozy : le PS dénonce un "échec cuisant et sidérant"

Afp, 05/05/2009, 14h46

Le Parti socialiste a dénoncé mardi "l’échec cuisant et sidérant" de la politique de Nicolas Sarkozy au cours des deux premières années de son mandat, notamment en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, d’éducation, des libertés.

Dans un document de 32 pages intitulé "L’échec", le PS "a examiné les promesses" de campagne du chef de l’Etat "en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, d’éducation, de libertés, d’insécurité," a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon au cours d’un point de presse à la veille du deuxième anniversaire de l’élection de M. Sarkozy à la présidence.

"Et à l’aune de toutes ces promesses, nous voyons que les résultats du président de la République marquent un échec cuisant, un échec sidérant", a affirmé M. Hamon.

Selon lui, sur "la question internationale, nous sommes aussi en échec, avec une influence beaucoup moins grande aujourd’hui" de la France.

Le PS a laissé de côté "le style et la méthode" de Nicolas Sarkozy, notamment son "style bing-bling et son autoritarisme qui inquiètent nos partenaires à l’étranger" selon M. Hamon, pour faire "un examen assez aride mais objectif des chiffres" qui "illustrent l’échec de Nicolas Sarkozy".

"La situation de la France en mai 2009 est pire qu’en mai 2007 et pas seulement à cause de la crise", estime le texte, qui dénonce "l’idéologie libérale" de Nicolas Sarkozy et le paquet fiscal.

En quelque 25 têtes de chapitres, le texte relève notamment une "baisse du pouvoir d’achat de 0,5% en 2008 qui devrait se contracter de 1% en 2009", une "hausse du chômage" (+400.000 en six mois), l’absence de mesures "contraignantes" face aux rémunérations excessives des patrons, une "politique fiscale injuste" et "une explosion de la dette improductive".

Le PS dénonce aussi "l’université et la recherche au pain sec", des "services publics attaqués", "la justice prise en main et les prisons abandonnées", une politique "inhumaine" en matière d’immigration et dénonce un "bilan bien mince de la présidence française" de l’UE au second semestre 2008.

voir sur Rue89 l’inventaire de tous ceux qui ont quelque chose à reprocher à Sarkoléon

France-Afrique : les Etats-voyous ne sont pas ceux que l’on croit

Rue 89 10/03/2008

On était dans les années 1980, un cow-boy du nom de Ronald Reagan siégeait à la Maison Blanche. Convaincu d’être le représentant du bien sur terre, il avait décidé d’affubler du qualificatif d’Etat voyou (rogue state en anglais), tous les pays dirigés par des gens dont la tête ne lui revenait pas. Il en était ainsi du régime du colonel Kadhafi.

Plus tard, les stratèges américains définiront essentiellement les Etats voyous comme "ceux qui manifestent une incapacité chronique à traiter avec le monde extérieur", ceux qui sont en rupture de ban avec les règles de la vie internationale. Dans le langage des Occidentaux les Etats voyous sont aujourd’hui l’Iran, Cuba ou la Corée du Nord.

Pourtant, à bien y réfléchir, et si l’on ne s’en tient qu’aux critères définis par les Occidentaux eux-mêmes, on se rend vite compte que nombre de grandes puissances qui ‘en font qu’à leur tête devaient bel et bien être qualifiés d’Etats voyous.

A défaut de les recenser tous, nous allons nous limiter au cas qui est le plus flagrant et qui nous est aussi le plus proche : la France. Si un Etat voyou est celui qui est en rupture de ban avec les règles de la vie internationale, il n’y a aucun doute : la France, prétendue patrie des droits de l’homme, est sans exagération et incontestablement un Etat voyou.

Démonstration. Un Etat qui ne respecte pas sa propre signature se met, en effet, au ban de la société internationale qui essaie depuis un siècle de se construire sur une base simple : la civilisation. La société internationale est une association d’Etats et d’hommes civilisés. Elle est l’opposé de l’état de nature et de la jungle.

Or que voyons-nous ? Depuis les indépendances africaines, la France a signé des accords avec nombre de pays africains. Non seulement ces accords sont souvent déséquilibrés au profit de la France. Mais, de surcroît, le peu d’engagement que la France prend dans ces accords, ne sont presque jamais respectés. Les exemples sont légions, ne fut-ce qu’avec le Gabon.

Ainsi, il existe entre la France et le Gabon des accords en matière d’éducation et d’enseignement supérieur depuis les années 1960. C’est le cas de la validité de plein droit du baccalauréat gabonais en France et vice-versa. On peut rire ! Cela fait au moins 15 ans que les autorités académiques françaises se mouchent gaiement avec cet accord.

Le Gabon et la France ont signé un accord d’établissement, confirmé en 2007 par l’accord-spectacle del’expulseur en chef de France, le sieur Hortefeux. La réalité : n’importe quel quidam français a le droit de travailler tout le temps qu’il veut au Gabon.

Ce n’est pas le cas du Gabonais qui souhaite exercer ses talents en France. Seul un Etat voyou peut se comporter de la sorte. Lorsqu’un civilisé Etat estime qu’un accord n’est plus bon pour lui, il le dénonce ou en demande la révision. Ce n’est pas ce que fait la France. En bon Etat voyou, la France bénéficie de l’accord et refuse d’en faire bénéficier l’autre partie.

Et que dire en matière d’immigration ? Les Français sont traités comme des hommes au Gabon, un Etat civilisé. Quant aux Gabonais en France, il ne s’agit que de pauvres nègres, réduits au rang de bête sauvage, qu’on vient cueillir à l’aube et qu’on expédie comme des criminels menottés dans le premier avion en partance pour Libreville.

Mais, au fond, quoi d’étonnant ? Celui qui a été une seule fois demander un visa au Consulat de France connaît parfaitement la morgue et le mépris qui caractérise les agents consulaires français qui prennent un plaisir sadique à humilier les demandeurs de visas en exigeant les papiers les plus farfelus, avant de refuser le visa tout en ayant empoché au préalable les frais de visa qui ne sont pas remboursés.

Un article ne suffirait pas à rappeler le nombre d’accords franco-gabonais qui ne sont en réalité appliqués que par le Gabon. On se souvient d’ailleurs de l’agitation du gouvernement français, pour voir appliquer l’accord en matière de sécurité sociale. Or dans ce cas d’espèce, on n’est pas en face d’un cas de refus d’appliquer, mais de difficultés à appliquer au regard de la situation, bien connue, de la CNSS.

L’affaire de l’Arche de Zoé a bien montré que la France n’appliquait les accords quelle signait qu’à son avantage. Il a fallu l’aventure de cette bande de pieds nickélés français au Tchad pour voir appliquer l’accord de coopération judiciaire liant la France au Tchad. Prenons le pari : on va attendre que la poule ait des dents avant de voir un Tchadien, un Gabonais ou un Congolais ayant commis un forfait en France se faire juger ou purger sa peine à Ndjaména, Libreville ou Brazzaville ! On peut rêver.

Or ici, dès qu’un escroc ou un criminel français est arrêté ou enfermé à Gros-Bouquet, c’est aussitôt le branle-bas de combat. Pour ceux qui ont un reste de doute, il est évident qu’un pays où le président déclare, sans états d’âme qu’il ira chercher Les Français au Tchad "quoi qu’ils aient fait" ne peut être qu’un Etat voyou.

A propos du reste d’affaire judiciaire, certains se souviennent de cette affaire morbide du groupe de bidasses français du camp de Gaulle qui avaient massacré après l’avoir violé une prostituée camerounaise. Ces bandits avaient commis leur crime à Libreville mais, en vertu des accords franco-gabonais, ils avaient été transférés en France pour être jugés par le tribunal aux armées de Paris. Que se passa-t-il ? Facile à deviner. Que peut bien valoir la vie d’une négresse violée par des Blancs ? Rien ou presque puisque les assassins ont été libérés. Comportement d’Etat voyou, on vous dit.

Si l’Etat voyou est celui qui ne respecte ni les règles de courtoisie, ni les règles de droit que la société internationale a mis en place pour réguler les relations entre Etat, là aussi, il ne saurait y avoir le moindre doute, la France est un Etat voyou qui permet, sous prétexte de liberté de la presse, à ses médias d’insulter au quotidien des chefs d’Etats étrangers.

La même France qui en fait tout un plan chaque fois qu’un billet Makaya de l’Union titille ce pays. Le 17 août dernier, un journaliste du Figaro, introduit par les services de l’ambassade de France au Gabon pendant son séjour à Libreville, publie un article injurieux et surréaliste sur le Gabon. C’est normal, la presse est libre en France !

Et puis, quoi d’anormal à insulter des nègres, ces gens ne sont pas êtres humains, les droits de l’homme n’ont pas été faits pour eux (c’est bien ce qu’affirma en son temps Jules Ferry à la tribune de l’assemblée nationale française !). C’était il y a un siècle.

Mais l’homme blanc n’a pas vu le temps passer. L’esclavagiste est devenu colonialiste avant de tourner néocolonialiste et rupturiste de bazar. Et face à lui, il n’y aura jamais un homme, simplement une bête sauvage de couleur noire qu’on doit traiter comme tel.

Il y a quelques mois, la chaîne de télévision française a trouver le temps (avec toutes les guerres, attentats, inondations…qui rythment la vie du monde) de se concentrer sur un incident de boite de nuit provoqué par un prétendu "fils de Bongo". Il s’agit manifestement d’une « grande information » pour une chaîne "sérieuse" comme France 2. Quelques semaines plus tard, un célèbre "journal de référence", Le Monde, remet une couche sur la "fortune de Bongo".

A peine à-t-on finit de le lire que France 2 transforme les écrits du monde en reportage. Au passage, on apprend de la bouche même du reporter de France 2 que les informations qu’il révèle sont prise dans un rapport d’enquête de la police française.

On découvre ébahi que dans ce grand Etat de droit qu’est la France, les rapports de police (produits à des fins judiciaires) ont pour seule fonction de servir la presse à sensation. D’ailleurs, c’est aussi la police française qui avait fourni à la presse les éléments de l’affaire de sortie de boite de nuit.

De tout ça, les grands journalistes français viendront nous démontrer qu’ils font librement leur travail. Qu’ils commencent d’abord par nous démontrer en quoi ce reportage est une "information" nécessaire à l’actualité du lundi 3 mars.

Au regard du droit international, un Etat qui laisse ses tribunaux juger des chefs d’Etats étrangers n’est rien d’autre qu’un Etat voyou. Le principe d’immunité de juridiction l’interdit. Et pourtant c’est ce qu’on a vu en France où des fausses associations vivant du malheur de l’Afrique poursuivent des chefs d’Etats africains, même si la plainte n’a guère prospéré.

Pire le tribunal de Bordeaux s’est autorisé à condamner Bongo Ondimba sur plainte d’un escroc français notoire ayant écumé les rues de Libreville pendant des années et qui a été condamné par le justice gabonaise. On attend le jour où un juge français va juger George Bush.

Malgré tout ça, les grands esprits français remplissent leurs feuilles de choux, d’un ramassis de bêtises sur le Gabon, un pays dont ils profitent sauvagement depuis des siècles. Evidemment, tout ça n’a rien à voir avec l’information : il s’agit ni plus ni moins que d’un complot organisé au plus haut niveau de l’Etat français et financé par certains nostalgiques des chasses gardées françaises en Afrique (cherchez dans les amitiés financières de l’actuel pouvoir français et vous trouverez le noyau dur du complot) qui ne supportent pas l’indépendance du Gabon et sa volonté de se développer en diversifiant ses partenariats.

Résultat, pour avoir trop aimé son pays, pour vouloir le sortir du sous-développement, Omar Bongo Ondimba a signé son arrêt de mort. La mafia s’est réunie à Paris, la décision a été prise : il faut punir Bongo et s’il le faut mettre à feu et sang le Gabon, comme on a fait en Cote d’Ivoire. Avec le résultat qu’on sait ! Ces nègres d’Afrique ne veulent pas comprendre que l’Afrique appartient à la France ? La chicotte ! On va déstabiliser le Gabon !

Incroyable comme cécité : en voulant toujours trop gagner, on finit par tout perdre, c’est connu. Et à ce jeu, le premier perdant s’appelle la France. Car, il faut se dire les vérités, à l’heure du marché mondial, que perdrait le Gabon à ne plus être l’ami de la France ? Rien. Ce que la France fait (mal) depuis des siècles au Gabon, d’autres se précipiteront aussitôt pour le faire (et peut-être mieux).

Quand la France aura expulsé tous les étudiants gabonais de France, elle n’aura pas atteint les 10.000 français qui vivent peinard dans le paradis gabonais. Les chiffres parlent d’eux-même : il n’y a pas 10.000 Gabonais en France. Allez, monsieur Hortefeux, organisez-nous un bon petit charter avec les Gabonais de France et on vous expédie aussitôt vos 10.000 compatriotes !

On verra ce que vous en ferrez quand on sait dans quelle misère croupissent les anciens Français de Côte d’Ivoire revenus en France. La preuve, les mieux lotis de ces exfiltrés d’Abidjan sont ceux qui se sont rabattus au Gabon.

Eh, oui ! Maintenant, pour ceux qui ne voudraient pas croire au complot, il suffisait de suivre le débat de la chaîne française I-télé le jeudi 6 mars autour de 21 heures. On y a découvert un représentant du journal Le Figaro (là où se recrutent les mercenaires de la plumes anti-Gabon) qui nous a appris, sans même penser qu’on le regardaient aussi au Gabon, que ce n’était qu’un début.

La campagne allait continuer jusqu’à ce que Bongo comprenne. Ni plus ni moins. Extraordinaire ! Le grand journaliste français nous a confirmé qu’il s’agissait bien d’un complot. Ecoutons-le : "Depuis quelques années Bongo ne fait que chercher des noises à la France. Vous vous rendez compte, il passe son temps à faire venir les Américains et les Chinois !

Allez à Libreville, c’est pire que Shangaï ! Il y a des Chinois partout ! Ils commencent par construire de immeubles, après ils prennent toutes les épiceries et tous les commerces. Donc, ce n’est qu’un début… ça ne va pas s’arrêter".

Maintenant, aux Gabonais qui aiment douter, l’heure est à la mobilisation patriotique, car ce qui est en cause, ce n’est pas Bongo Ondimba, c’est bien le Gabon, notre terre ! Personne ne la défendra à notre place. C’est dans ce genre de circonstances qu’on voit les vrais patriotes. Il n’y a pas ici une histoire de majorité ou d’opposition, de pédégiste ou autres. Ce qui est en jeu c’est le Gabon, la liberté des Gabonais, le développement du Gabon.

Ceux des Gabonais qui applaudissent le complot de la maffia gauloise n’ont rien compris. En tous cas, ils ont oublié les enseignements de la sagesse bantoue : "quand l’éléphant pille le champ de ton voisin, ne ris pas. Demain, il passera au tien". Ceux qui aiment vraiment leur pays devraient se prononcer clairement et en connaissance de cause au lieu de jouer au prestidigitateur comme on a pu voir faire le grand révolutionnaire Pierre Mamboundou au sortir d’une audience à la présidence jeudi.

Quand la presse lui demande sa position sur la situation de nos compatriotes expulsés comme des animaux de France, le Rouge de Kinguélé nous parle de droit et de convention qu’il ne maîtrise pas. Amusant, quand on sait que le travail de Mamboundou est de montrer qu’il est l’homme qui connaît le mieux le droit au Gabon. Mieux l’homme nous sert un plat réchauffé d’amitié avec la France etc.. Pitié du Gabon ! C’est ça qui va assurer l’indépendance du Gabon. Quant aux autres fortes gueules de la classe politique gabonaise, silence radio. S’ils ne veulent pas défendre Bongo, qu’ils défendent au moins les intérêts des jeunes Gabonais.

Hélas. La démonstration est faite au grand jour que dans ce pays, il y a beaucoup d’hommes politiques, mais un seul homme d’Etat : Bongo Ondimba. Les vrais patriotes, au-dela des partis, ne peuvent que le suivre et s’il le faut, le moment venu, ils viendront lui servir de boucliers humains car à travers lui, c’est tout le pays qu’on veut recoloniser. Ceux qui ne l’auront pas compris, commettront une grave faute face à l’histoire. I

ls iront grossir, dans les poubelles de l’histoire, la cohorte des maboules et des traîtres à leur pays. Et comme on dit, dans nos matitis, "affaire à bandit se règle en bandit" : face à un Etat voyou, il faut éviter d’être civilisé. A bon entendeur salut.

Par Axel Ozangué (journaliste au Gabon) 08/03/2008

Justice - Elf : Bongo a bon dos

Philippe MATHON - le 25/03/2003 - 08h22

Interrogé sur ses nombreux comptes en Suisse alimentés par Elf, André Tarallo, l’ancien "Monsieur Afrique" du groupe pétrolier, dément avoir profité personnellement de cet argent. Il soutient que c’est le président du Gabon qui en était l’instigateur et le bénéficiaire.

Crédit Photo : INTERNE Andre Tarallo

Les anciens dirigeants d’Elf sont des personnes fort négligentes. La semaine dernière, Alfred Sirven, l’ancien directeur des affaires générales du groupe pétrolier entre 1989 et 1993, avouait avoir "mélangé" son argent personnel à celui d’Elf dans ses comptes suisses.

Un comportement qualifié alors d’"aberrant" pour Michel Desplan, l’incisif président du Tribunal. Lundi, c’est au tour du numéro 2 de l’époque, André Tarallo alias "Monsieur Afrique", de soulever l’ire du magistrat.

Michel Desplan l’interroge sur ses six comptes suisses alimentés par l’argent du groupe Elf. Et rappelle avec gourmandise les noms choisis pour l’occasion. Tarallo-le-Corse avait notamment ouvert des comptes "Bonifacio", du nom de la commune à proximité de laquelle il a fait construire sa villa, Centuri (son lieu de naissance, en Haute-Corse) ou Colette, le prénom de son épouse.

- "Pour quelle raison celle-ci avait-elle procuration sur l’un de ces comptes ?"

- "Euh... Très franchement je ne m’en souviens plus... C’était une erreur de ma part".

- Le président, les yeux hallucinés : "Mais comment se fait-il qu’un homme aussi intelligent que vous, sorti d’une école prestigieuse [l’Ena, NDLR], ait pu faire une telle erreur, mettre une procuration à son épouse sur des comptes qui porteraient sur des commissions aussi sensibles ?"

- André Tarallo, gêné : "Je crois que le banquier m’a demandé de le faire. C’est toujours la préoccupation du banquier au cas où le titulaire est amené à disparaître"…

Les rires dans la salle ne suffisent pas à étouffer le malaise qui flotte à l’audience. Soupçonné d’avoir puisé sur ces comptes pour s’enrichir personnellement, André Tarallo, 75 ans, confirme à la barre ce qu’il a toujours soutenu durant l’enquête : les comptes suisses qu’il détenait appartenaient en réalité au président du Gabon, Omar Bongo.

Un argument-massue qui ne convainc pas, même s’il a le mérite de le blanchir : en effet, les commissions versées à un chef d’Etat étranger n’étaient pas illégales au moment des faits.

"Ce sont les comptes habituels du président Bongo"

"Pourquoi avoir créé ces comptes", insiste le président ? "Pour des raisons africaines… A la demande d’Omar Bongo", lâche finalement cet homme qui a passé près de trente années au sein du groupe pétrolier.

"Vous savez, le président Bongo avait une confiance particulière en moi", glisse-t-il, avant d’affirmer qu’Omar Bongo avait bénéficié en personne des 18 millions de dollars versés par Elf entre 1991 et 1993 sur les comptes suisses.

Soudain, la sonnerie du téléphone portable d’André Tarallo retentit. Réponse cinglante du président : "On n’ose vous demander qui vous appelle"…

Le "Monsieur Afrique" du groupe Elf reprend son propos. Se lance dans des explications aussi alambiquées qu’interminables. L’habitude des palabres africaines pour celui qui fut président d’Elf-Gabon de 1977 à 1997. "Répondez aux questions, monsieur Tarallo !", répète à plusieurs reprises le président Desplan.

Finalement, l’intéressé lâche : "ces comptes-là, ce sont les comptes habituels du président Bongo. Comme d’autres comptes que je ne citerai pas".

Des propos qui devraient ravir le palais de Libreville. A l’époque des faits, André Tarallo était "l’un des deux plus proches conseillers" de la présidence gabonaise.

Mais il semble que leurs relations se sont gâtées au moment où les juges français ont commencé à mettre leur nez dans cette tentaculaire affaire Elf.

Dans un ouvrage sorti en janvier 2001, le président Bongo avait contredit la thèse de son "ami", affirmant qu’il n’avait rien à voir avec ces comptes en Suisse.

Les juges d’instruction soupçonnent André Tarallo d’avoir détourné au total quelque 234 millions de francs qui auraient notamment servi à financer la construction d’une luxueuse villa de 1.300 m2 en Corse d’une valeur de 152 millions de francs ainsi qu’un vaste appartement parisien.

Mardi, le cinquième jour du procès sera consacré à l’examen des fraudes présumées sur les contrats d’assurances d’Elf.

(photo archives : André Tarallo)

VIDEO

Des comptes d’Omar Bongo gelés en France

Le 26 février 2009 - 20h00

L’Etat français a mis jeudi sous séquestre un peu plus de 4 millions d’euros des comptes français du président gabonais. Une décision rare prise après une condamnation financière non honorée..

Par La Redaction


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