AID Association initiatives dionysiennes
Qui est derrière les multinationales irresponsables ?

MANIPULATIONS ?

Pourquoi nos politiques sont-ils si accomodants ?

dimanche 3 mai 2009 par JMT

Même si l’image d’un « nouvel ordre mondial » reste vague et floue, l’idée principale est assez claire. L’argument central : un seul gouvernement mondial doit être instauré pour contrer le chaos général qui s’installe.

Le scandale de l’accord entre la France et le Vatican sur l’Enseignement Supérieur : cet accord avec le Saint-Siège qui s’assoit sur la laïcité . Un dimanche, c’est le jour que Nicolas Sarkozy a choisi pour publier au Journal Officiel un décret qui torpille un des piliers de la laïcité : désormais, la France reconnaît les diplômes de l’enseignement supérieur catholique à égalité avec les diplômes publics. Dans un silence médiatique assourdissant.

Des études scientifiques sur les OGM : inefficaces et dangereux pour la santé. OGM : rendements médiocres, impact sanitaire catastrophique, le mirage s’estompe...

La Fed, la banque centrale américaine, a créé la surprise le 18 mars dernier en annonçant qu’elle achèterait 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme dans les six mois qui viennent. Dans le temps, on appelait ça "faire fonctionner la planche à billets". Aujourd’hui, on parle "d’assouplissement quantitatif". En clair : la Fed finance elle-même le déficit public en créant de la monnaie.

En jargon « banque centrale », on appelle cela de l’assouplissement quantitatif. Traduit en langage économique, il s’agit d’une monétisation de la dette de l’Etat. Et en bon français, la planche à billets va désormais tourner à plein régime aux Etats-Unis.

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes.

Une crise utilisée comme moyen pour instaurer un État totalitaire mondial

par Olga Chetverikova Mondialisation.ca, Le 2 mai 2009

Strategic Cultural Foundation

Même si l’image d’un « nouvel ordre mondial » reste vague et floue, l’idée principale est assez claire. L’argument central : un seul gouvernement mondial doit être instauré pour contrer le chaos général qui s’installe.

Comme toujours, les politiciens occidentaux en appellent à un « nouvel ordre mondial », une « nouvelle architecture financière mondiale », ou une sorte de « contrôle supranational », qu’ils décrivent comme étant un « New Deal » mondial. Nicolas Sarkozy a été le premier à le dire devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2007 (alors que nous étions encore avant la crise).

Ce thème a été repris par Gordon Brown, lors d’une rencontre préparatoire au sommet du G20 à Berlin en février 2009, alors qu’il déclarait qu’un New Deal mondial était indispensable.

Nous sommes conscients, a-t-il ajouté, que les flux financiers internationaux sont en cause, [et que] nous ne serons pas en mesure de nous sortir de cette situation uniquement avec l’aide des autorités nationales à elles seules.

Nous avons besoin que les autorités et que les organismes de surveillance permettent aux activités des institutions financières d’opérer dans un marché mondial qui soit totalement ouvert. Sarkozy et Brown sont des protégés des Rothschild.

Les déclarations faites par certains représentants de « l’élite mondiale » nous indiquent que la crise actuelle est utilisée comme instrument pour provoquer l’aggravation de certains bouleversements sociaux qui entraîneraient l’humanité - plongée dans le chaos et déjà effrayée par le fantôme d’une violence totale – à demander par elle-même qu’un arbitre « supranational » avec des pouvoirs dictatoriaux intervienne dans les affaires du monde.

Les événements suivent le même chemin que la Grande Dépression de 1929-1933 : une crise financière, une récession économique, des conflits sociaux, la mise en place de dictatures totalitaires, l’incitation à une guerre pour centraliser le pouvoir et les capitaux entre les mains d’un cercle restreint.

Cependant, cette fois-ci, il s’agit de l’exemple typique de l’étape finale au « contrôle stratégique mondial » où un coup décisif doit être donné aux institutions souveraines des États nationaux et qui par la suite, fera place à une transition vers un système de pouvoir privé de l’élite transnationale.

Dès la fin des années 1990, David Rockefeller, l’auteur de l’idée d’un pouvoir privé qui doit remplacer les gouvernements, a dit que nous (le monde) étions à l’aube de changements mondiaux. Tout ce qu’il nous faut, a-t-il ajouté, c’est une crise à grande échelle qui amènera les gens à accepter le nouvel ordre mondial.

Jacques Attali, le conseiller de Sarkozy et l’ancien chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), a fait valoir que les élites ont été incapables de faire face aux problèmes monétaires dans les années 1930. Il est effrayé, dit-il, que la même erreur soit répétée à nouveau. Au début, nous allons mener des guerres, a-t-il dit, et laisser 300 millions de personnes périr. Après cela suivront les réformes et un gouvernement mondial. Ne serions-nous pas mieux de penser dès cette étape-ci à un gouvernement mondial, a-t-il alors demandé ?

La même chose a été dite par Henry Kissinger : « En dernière analyse, la tâche principale est de définir et de formuler les préoccupations générales de la majorité des pays, ainsi que de tous les grands États à l’égard de la crise économique, compte tenu de la peur collective d’un djihad terroriste. Ensuite, tout cela devrait être réaménagé en une action stratégie... Ainsi, les États-Unis et ses partenaires potentiels se donneront une chance unique de transformer cet instant de la crise en une vision d’espoir. »

Le monde est amené à accepter étape par étape l’idée d’un « nouvel ordre », afin d’éviter de provoquer des événements qui sont susceptibles d’engendrer des protestations universelles contre la détérioration des conditions de vie humaine qui se dirige « sur la mauvaise voie » et qu’elles deviennent incontrôlables.

La principale chose que la Première Étape a réussi à franchir était de lancer un vaste débat sur le « gouvernement mondial » et sur « l’inadmissibilité du protectionnisme » en mettant l’accent sur le « désespoir » du modèle de l’État national pour se sortir de la crise.

Cette discussion se déroule dans un contexte où les campagnes d’information font pression tout en contribuant ainsi à intensifier l’anxiété, la peur et l’incertitude.

Quelques-unes de ces campagnes d’information sont les suivantes : les prévisions de l’OMC voulant que 1,4 milliards de personnes risquent de sombrer sous le seuil de pauvreté en 2009, un avertissement du directeur général de l’OMC à l’effet que la plus grande dégringolade du commerce mondial dans l’histoire de l’après-guerre soit imminente ; une déclaration de Dominique Strauss-Kohn du FMI (un protégé de Nicolas Sarkozy) à l’effet que le krach économique mondial soit imminent, qu’un krach déclenche non seulement de l’agitation sociale mais aussi une guerre, à moins qu’une réforme en profondeur du secteur financier de l’économie mondiale soit instaurée.

Dans ce contexte, l’idée d’introduire une monnaie unique mondiale en tant que pierre angulaire du « nouvel ordre mondial » a été proposée. Les véritables cerveaux de ce projet de longue date demeurent encore inconnus. Notons ici que des représentants de part et d’autres de la Russie sont poussés à l’avant scène.

Cela nous rappelle la situation d’avant la Première Guerre mondiale, où les cercles anglo-français qui possédaient des plans bien élaborés pour une nouvelle répartition du monde, en informaient le ministre russe des Affaires étrangères afin d’élaborer un cadre général à l’Entente Cordiale.

L’histoire en a retenu le « Sazonov programme », même si la Russie n’a pas joué un rôle indépendant dans cette guerre et que cette guerre était élaborée depuis le début autour du système des intérêts de l’élite financière britannique.

Le 19 mars, Henry Kissinger est venu à Moscou en tant que membre du Comité des Sages [The Wise Men] (James Baker, George Schultz, et autres) et il a eu des entretiens avec les dirigeants russes avant le sommet du G20.

Dmitry Trenin, directeur du Centre Carnegie de Moscou et à la fois participant à la dernière réunion des Bilderbergers tenue aux États-Unis, a qualifié cette rencontre comme ayant été un « signe positif ».

Le 25 mars, le [journal russe] Moskovsky Komsomolets a publié un article intitulé « La crise et les problèmes mondiaux », par Gavriil Popov (actuellement président de l’Union internationale des économistes), qui parlait ouvertement des sujets qui sont normalement discutés à huis clos.

L’article faisait référence à un parlement mondial, à un gouvernement mondial, à des Forces armées mondiales, à des forces policières mondiales, à une Banque [centrale] mondiale, à la nécessité de placer les armes nucléaires sous contrôle international, de même que les capacités de production d’énergie nucléaire, l’ensemble de la puissance nucléaire, l’ensemble de la technologie de la « guerre des étoiles », les minerais de la planète, l’imposition d’une limite au taux de natalité, un nettoyage génétique de l’humanité, l’encouragement des gens à l’intolérance face à l’incompatibilité culturelle et religieuse, et autres sujets semblables.

Popov a ajouté que les « pays qui n’accepteront pas ces perspectives mondiales devront être expulsés de la communauté mondiale. »

Bien sûr, l’article [du journal] Moskovsky Komsomolets ne dévoile rien de nouveau qui nous permettrait de comprendre la stratégie de l’élite mondiale.

Une autre chose est importante. Le déploiement d’un ordre policier totalitaire de même que l’élimination des États nationaux nous sont proposés comme solutions.

Qu’ont donc à dire les libéraux, les socialistes de même que les conservateurs qui sont depuis si longtemps considérés comme de « nouveaux fascistes » ?

Que recommandent-ils comme planche de salut à l’humanité toute entière ? Quelqu’un souhaite que ces projets dont il est question deviennent la norme.

Dans ce contexte, certaines personnes « dignes de confiance » représentants la Russie ont démontré que la Russie allait devenir la principale victime de la politique du pillage généralisé lorsque le « gouvernement mondial » deviendra réalité.

Le G20 n’a pas abordé les questions relatives à la monnaie de réserve mondiale, ce n’était pas encore le temps pour cela. Le sommet lui-même était un pas de plus vers le chaos, car les décisions prises ne serviront qu’à exacerber la situation socioéconomique ou autrement dit, et tel que le disait Lyndon LaRouche, n’ont pas d’autre but que « d’en finir avec le patient. »

Entre-temps, la crise s’aggrave, et les analystes prédisent une grave période de chômage. Les plus pessimistes prévisions nous viennent de LEAP/Europe 2020, qui les publie mensuellement dans leurs bulletins, et qu’ils ont même publié dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants du G20 dans les jours qui ont précédés le sommet de Londres.

Dès février 2006, LEAP était étonnamment précis dans la description des événements à venir de la « crise systémique mondiale », une conséquence directe à la maladie financière engendrée par l’endettement états-unien.

Les analystes du LEAP voient les événements actuels dans un contexte de crise générale, qui a débuté à la fin des années 1970 et qui est maintenant dans sa quatrième étape, la dernière et la plus grave, que l’on appelle la « phase de décantation », où débute l’effondrement de l’économie réelle.

Selon Frank Biancheri du LEAP, il ne s’agit pas simplement d’une récession, mais de la fin d’un système où le principal pilier, l’économie états-unienne, s’effondre. « Nos yeux voient la fin d’une époque. »

La crise pourra engendrer des conséquences plus sévères. LEAP prévoit une hausse du taux de chômage de l’ordre de 15 à 20% en Europe et qui atteindrait les 30% aux États-Unis. Si le principal problème que représente le dollar US n’est pas résolu, les événements mondiaux vont prendre une tournure dramatique.

La chute du dollar pourrait survenir dès juillet 2009 avec le potentiel d’une crise qui perdurera plusieurs décennies déclenchant « une dislocation géopolitique à travers le monde » avec les bouleversements sociaux et des conflits civils, la division du monde en blocs séparés, le retour à l’Europe de 1914, avec des affrontements militaires, etc.

Les plus grands troubles civils auront lieu dans les pays où les systèmes de sécurité sociale sont moins développés et où se trouve la plus grande concentration d’armes, soit principalement en Amérique latine et aux États-Unis, où la violence sociale est d’ores et déjà manifeste dans les activités des gangs armées.

Les experts ont noté le début d’une fuite de la population états-unienne vers l’Europe, où la menace directe à la vie n’est, pour le moment, pas si grande. Outre les conflits armés, les analystes du LEAP prévoient des pénuries d’énergie, de nourriture et d’eau dans des zones qui dépendent des importations alimentaires.

Les experts du LEAP décrivent le comportement des élites occidentales comme étant totalement inadéquat : « Nos dirigeants n’ont pas réussi à comprendre ce qui s’est passé et, à ce jour, ils fons toujours montrent d’autant d’ignorance. Nous sommes au sein d’une longue période de récession et il est nécessaire de s’engager dans la mise en place de certaines mesures à long terme pour amortir les coups, alors que nos dirigeants ont toujours l’espoir d’éviter une récession prolongée ... Tous ont été formés autour du pilier états-unien et ne peuvent pas voir que le pilier est un désastre... »

Tout cela n’est pas connu des leaders de niveau intermédiaire, tandis que les gestionnaires mondiaux de haut niveau sont, au contraire, très bien informés. Ce sont eux qui mettent en œuvre le « chaos contrôlé » et la politique de désintégration généralisée, y compris une guerre civile et la désintégration des États-Unis prévue pour la fin de 2009, un scénario qui est largement discutée par les médias états-uniens et les médias internationaux.

À l’aube des conflits prévues dans différentes régions de la planète, un système est mis en place afin de créer un centre supranational reposant sur une énorme machine punitive totalitaire politique, militaire, juridique et de contrôle électronique de la population.

Ce système utilise le principe de gestion de réseaux qui permet d’intégrer dans toute société des structures parallèles à l’autorité qui s’en remettent à des centres de décision et qui sont légalisées par le biais de la doctrine de la prévalence du droit international sur le droit national. La coquille demeure nationale, alors que le pouvoir devient transnational. Jacques Attali appelle cela un « un État de droit planétaire ».

Le centre de décision de l’État de droit planétaire est situé aux États-Unis. Bien que ses fondements aient commencé à apparaître dans les années 1990, la lutte contre le terrorisme qui a suivi les événements du 11 septembre 2001 a engendré des phénomènes radicalement nouveaux.

L’adoption du Patriot Act de 2001 a non seulement permis aux Services de sécurité de contrôler la population états-unienne et les suspects étrangers, mais a également accéléré le transfert des responsabilités de l’État entre les mains de compagnies transnationales.

Les activités de renseignement, le commerce de la guerre, le système pénitentiaire et le contrôle de l’information sont en train d’être transférés à des mains privées. Cela se fait par le biais de soi-disant sous-traitance, un phénomène relativement nouveau qui consiste à transférer certaines fonctions à des entreprises privées qui agissent à titre d’entrepreneurs et en s’en remettant à des personnes externes à l’organisation pour trouver les réponses à ses fonctions internes.

En 2007, le gouvernement états-unien a découvert que 70% de ses budgets consacrés aux services secrets étaient dépensés à des contrats privés et que « la bureaucratie des services de renseignements de la guerre froide se transforme en quelque chose de nouveau, où dominent les intérêts des entrepreneurs. »

Pour la société états-unienne (le Congrès inclus), leurs activités demeurent confidentielles, ce qui leur permet de s’approprier toujours plus d’importantes fonctions entre leurs mains.

D’anciens employés de la CIA disent que près de 60% de leur personnel de soutien sont à contrat. Ces gens analysent la plupart des informations, rédigent les rapports pour ceux qui prennent les décisions au sein du gouvernement, ils maintiennent les communications entre les différents services de sécurité, ils viennent en aide aux [pays ou aux organisations] satellites étrangers et ils analysent les données interceptées.

Par conséquent, la National Security Agency (NSA) des États-Unis est de plus en plus dépendante des compagnies privées qui ont accès à des informations classifiées. Pas étonnant, alors, que l’on soit en train de faire du lobbying au Congrès au sujet d’un projet de loi qui soit censé donner l’immunité aux compagnies qui ont collaboré avec la NSA au cours des cinq dernières années.

La même chose arrive actuellement aux compagnies militaires privées, qui assument de plus en plus les fonctions de l’armée et de la police. À grande échelle, cette situation a débuté dans les années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, mais les travailleurs à contrat ont été plus particulièrement utilisés notamment en Afghanistan et dans d’autres zones de conflits.

Ils ont fait le « sale » boulot, tel que ce fut le cas au cours de la guerre en Ossétie du Sud, où près de 3,000 mercenaires étaient impliqués. Pour le moment, les compagnies militaires privées sont de véritables armées, chacune comptant jusqu’à 70,000 soldats, qui opèrent dans plus de 60 pays, avec des revenus annuels pouvant atteindre jusqu’à 180 milliards de dollars (selon Brookings Institution, USA). Par exemple, plus de 20,000 employés de compagnies militaires privées états-uniennes travaillent en Irak avec le contingent de 160,000 militaires états-uniens.

Le système carcéral privé connaît également une croissance rapide aux États-Unis. Le complexe industriel carcéral, qui utilise les travaux forcés et des pratiques d’exploitation, est en pleine expansion, et ses investisseurs sont basés à Wall Street.

L’utilisation de la main-d’œuvre carcérale par des compagnies privées a déjà été légalisée dans 37 États, et elle est utilisée par de grandes compagnies telles que IBM, Boeing, Motorola, Microsoft, Texas Instrument, Intel, Pierre Cardin, et d’autres.

En 2008, le nombre de détenus dans les prisons privées aux États-Unis était d’environ 100,000 et il s’accroît rapidement, pareil au nombre total de détenus dans le pays (surtout des Afro-américains et des Latino-américains), lequel est de 2,2 millions de personnes, soit 25% de tous les prisonniers au monde.

Après l’arrivée au pouvoir de Bush, la privatisation du système de transport et de rétention des migrants dans des camps de concentration a commencé. En particulier, une succursale de la célèbre firme Halliburton, Kellog Brown and Root (auparavant dirigée par Dick Cheney), a fait exactement cela.

Les plus grands progrès ont été réalisés au cours des dernières années dans le domaine du contrôle électronique de l’identité des personnes, menés sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme.

Actuellement, le FBI est en train de créer la plus grande base de données biométriques (empreintes digitales, la numérisation de la rétine, les formes des visages, les formes de cicatrices et leur répartition, la manière de parler, de bouger, etc.) qui contient actuellement 55 millions d’empreintes digitales.

Les dernières nouveautés comprennent la mise en place de système de balayage du corps dans les aéroports des États-Unis, le dépistage de la littérature lue par les passagers qui prennent l’avion, et ainsi de suite.

Une nouvelle occasion de rassembler des informations détaillées sur la vie privée des gens se retrouve dans la directive de la NSA « N59 », adoptée à l’été 2008, « L’identification et le dépistage biométrique dans le but de renforcer la sécurité nationale », et dans la loi classifiée « la Loi préparatoire au terrorisme intérieur. »

En évaluant la politique des autorités des États-Unis, l’ex-représentant au Congrès et candidat à la présidentielle de 2008, Ron Paul, dit que les États-Unis se transforment progressivement en un État fasciste, « Nous nous approchons non pas d’une forme de fascisme hitlérien, mais d’une forme plus douce, qui se perçoit dans la perte des libertés civiles, lorsque des compagnies s’occupent de tout et ... le gouvernement partage le même lit que les grandes entreprises. »

Permettez-nous de vous rappeler que Ron Paul est l’un des rares hommes politiques états-uniens qui parlent de la fermeture de l’organisation inconstitutionnelle clandestine, la Réserve fédérale.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Obama, l’ordre policier aux États-Unis se ressert de plus en plus, renforçant la sécurité intérieure et la militarisation des institutions civiles.

Pourtant, après avoir condamné les atteintes aux libertés individuelles faites par l’administration Bush, Obama a mis son propre personnel sous contrôle total en leur faisant remplir un formulaire de 63 questions qui, pour la plupart, concernent les détails de leur vie privée.

En janvier, le président états-unien a signé des projets de loi qui permettront de continuer la pratique illégale d’enlèvement de personnes, de les garder secrètement dans des prisons, et de les déplacer dans des pays où la torture est utilisée.

Il a également proposé un projet de loi appelé la loi constituant le Centre d’aide d’urgence nationale, qui prévoit la création de six de ces centres sur des bases militaires des États-Unis dans le but d’aider les personnes qui sont évacuées lors d’une situation d’urgence ou d’une catastrophe, les faisant ainsi passer sous juridiction militaire.

Les analystes associent ce projet de loi aux éventuelles perturbations et ils considèrent qu’il s’agit de la preuve que l’administration états-unienne se prépare à un conflit militaire qui pourrait survenir suite à une provocation que l’on est en train de concocter.

Le système de contrôle policier états-unien est activement mis en oeuvre dans d’autres pays, principalement en Europe - grâce à la création de la loi états-unienne d’hégémonie sur son territoire comme moyen de conclure plusieurs accords.

La majeure partie des pourparlers étatsuno-européens se sont déroulés sans publicité concernaient la création de la « zone de contrôle de la population » qui se sont tenus au printemps 2008, lorsque le Parlement européen a adopté la résolution qui a ratifié la création d’une zone commune de marché transatlantique et de l’abolition de toutes les barrières aux échanges et aux investissements d’ici 2015.

Les pourparlers ont abouti à un rapport classifié établi par les experts de six pays participants. Ce rapport décrit le projet visant à créer « une zone de coopération » dans « les domaines de la liberté, de la sécurité et de la justice. »

Le rapport insiste sur la réorganisation du système de la justice et des affaires intérieures des États membres de l’Union européenne (UE) de manière à ce qu’il ressemble au système états-unien.

Il ne concerne pas seulement la possibilité de transférer des données à caractère personnel et de coopération des services de police (qui est déjà en cours de réalisation), mais aussi, par exemple, l’extradition des immigrants originaires de l’UE aux autorités états-uniennes, conformément au nouveau mandat qui a aboli toutes les garanties européennes de procédure d’extradition.

Aux États-Unis, la Loi concernant les commissions militaires (Military Commissions Act) de 2006 est en vigueur et elle permet la persécution ou l’emprisonnement de toute personne qui est identifiée comme « ennemie combattant illégalement » par les autorités exécutives et elle s’étend à tous les immigrants en provenance de pays qui ne sont pas en guerre avec les États-Unis.

Ils sont persécutés à titre d’« ennemis » sans s’appuyer sur des éléments de preuve, mais parce qu’ils ont été identifiés par les agences gouvernementales. Aucun gouvernement étranger n’a protesté contre cette loi qui a une portée internationale.

Bientôt, ils vont signer l’accord sur la communication des données à caractère personnel, conformément à laquelle les autorités états-uniennes seront en mesure d’obtenir de telles informations personnelles comme les numéros de carte de crédit, les comptes bancaires, les investissements, les voyages ou les communications effectuées par Internet, ainsi que les informations concernant la race, les convictions politiques et religieuses, les coutumes, etc.

C’est sous la pression des États-Unis que les pays de l’UE ont introduit des passeports biométriques. Le nouveau règlement de l’UE implique que l’ensemble des citoyens de l’UE devra passer au passeport électronique à partir de la fin juin 2009 jusqu’à 2012. Les nouveaux passeports contiendront une puce qui contiendra non seulement les informations et la photo du passeport, mais également les empreintes digitales.

Nous assistons à la création d’un camp de concentration électronique mondial et les crises, les conflits et les guerres sont utilisés pour le justifier. Tel qu’écrivait Douglas Reed : « Les gens ont tendance à trembler face à un danger imaginaire, mais ils sont trop paresseux pour déceler celui qui est réel. »

Article original en anglais, Strategic Cultural Foundation, le 23 avril 2009. Pour lire l’article, cliquez ici.

Traduction : Dany Quirion

Articles de Olga Chetverikova publiés par Mondialisation.ca

Cet accord avec le Saint-Siège qui s’assoit sur la laïcité

29 avril 2009 11:12, Les mots ont un sens, par Napakatbra

Le scandale de l’accord entre la France et le Vatican sur l’Enseignement Supérieur : un dimanche, c’est le jour que Nicolas Sarkozy a choisi pour publier au Journal Officiel un décret qui torpille un des piliers de la laïcité : désormais, la France reconnaît les diplômes de l’enseignement supérieur catholique à égalité avec les diplômes publics. Dans un silence médiatique assourdissant.

Dans son discours de Latran du 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy jugeait "dommageable" que les diplômes des universités catholiques ne soient pas reconnus par l’État français. Le "dommage" est maintenant réparé.

Le décret du 19 avril précise urbi et orbi que cet accord vaut pour "reconnaissance mutuelle des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur". Sont concernés le baccalauréat, la licence, le master et le doctorat. De fait, la loi de 1880 qui préservait l’autorité unique de l’Etat en matière d’attribution de diplômes est abolie.

"Proprement inacceptable"

Le 18 décembre dernier, la France et le Vatican avaient signé un accord préalable, soulevant des volées de critiques, notamment de la part de la Conférence des présidents d’université qui l’avait jugé "proprement inacceptable".

Gênés aux entournures, Bernard Kouchner et Valérie Pécresse avaient alors publié un communiqué précisant que seules les "disciplines canoniques" étaient concernées et que les universités conserveraient le droit de reconnaître ou non les diplômes visés par le Vatican. Les mécréants étaient ainsi invités à retourner méditer leur sujet...

Un décret tout puissant

Las, le décret publié prévoit que seule la Congrégation pour l’Education catholique peut définir la "liste des institutions ainsi que des diplômes concernés", dans tous les domaines, autant sur le sol du Vatican que dans l’hexagone.

En outre, la reconnaissance des diplômes - profanes (économie, médecine...) ou canoniques (théologie...) - par les universités françaises est automatique.

Cette législation est issue du "processus de Bologne", par lequel les États européens se sont engagés à établir d’ici à 2010 un "espace commun de l’enseignement supérieur" qui devait voir la naissance de diplômes européens reconnus par tous.

Sauf que le décret va largement au delà des propositions émises dans ce cadre, qui ne prévoyaient aucune automaticité, pas plus qu’il ne devait concerner les diplômes nationaux.

Nicolas Sarkozy bientôt canonisé ?

"Lorsqu’il s’agit de morale, l’instituteur n’approchera jamais le curé ou le pasteur" clamait Nicolas Sarkozy, lors de son discours de Latran. Et lorsqu’il s’agit d’éducation ? Pas mieux, si l’on s’en tient à ce décret. Un des piliers de la laïcité, la loi de 1880 entérinée en 1905 par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, vient d’être torpillé... dans une indifférence médiatique quasi-générale.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

OGM : rendements médiocres, impact sanitaire catastrophique, le mirage s’estompe...

15 avril 2009 10:13, Les mots ont un sens, par Napakatbra

Des études scientifiques sur les OGM : inefficaces et dangereux pour la santé. études scientifiques OGM inefficaces dangereux santé. OGM : rendements médiocres, impact sanitaire catastrophique, le mirage s’estompe...

Rendements médiocres aux Etats-Unis, impact sanitaire catastrophique en Argentine, interdiction du MON810 en Allemagne... Tout cela en 24 heures : un mardi noir pour les OGM. D’autant que ces révélations font suite à une longue série de mauvaises nouvelles. Quand la citrouille redevient fléau...

Des maïs OGM victimes d’un bug en Afrique du Sud, et dont la récolte est anéantie. Des gènes de maïs génétiquement modifié qui contaminent des variétés sauvages à grande échelle, au Mexique. Des OGM (dont certains interdits en Europe) qui se retrouvent dans l’assiette du gentil consommateur belge, y compris dans l’alimentation biologique.

Des scientifiques qui s’insurgent contre l’obstruction des firmes semencières, aux Etats-Unis. 2009 commence mal pour les OGM. Et le flot des mauvaises nouvelles ne se tarit pas : hier, mardi, pas moins de quatre informations de première importance ont filtré.

Céréales Killers, les OGM aux rendements médiocres

Mardi, une étude américaine réalisée par l’Union of Concerned Scientists (institut indépendant regroupant 250 000 membres scientifiques et citoyens) révélait que les cultures OGM ne contribuent guère à améliorer les rendements agricoles.

Au contraire, favorisant la prolifération des mauvaises herbes résistant aux herbicides, elles tendraient de plus en plus à freiner la production. Les malotrus vont même jusqu’à déclarer que l’amélioration des techniques de sélection traditionnelle et d’autres pratiques agricoles classiques seront plus efficaces dans la stimulation de la production.

"Malgré 20 ans de recherche et 13 ans de commercialisation, précisent-ils, la technologie génétique a échoué a accroître les rendements agricoles américains". Chou blanc pour Monsanto, Syngenta et autres Dow Chemical...

L’Argentine se meurt de son soja transgénique

Mardi (aussi), La Croix publiait un article relatant l’épopée argentine d’un soja transgénique résistant au Roundup. Deux productions Monsanto.

La culture couvre aujourd’hui la moitié des terres agricoles du pays. Sacrée performance. Sauf que pour le coup, l’usage massif et irraisonné de l’herbicide "100% biodégradable", selon le slogan de la firme plusieurs fois condamnée pour publicité mensongère, fait des ravages dans la population.

Cancers des intestins, tumeurs au cerveau, leucémies... Sur les 5 000 habitants du village de Ituzaingo Anexo, en banlieue de Cordoba, à 700 km au nord-ouest de Buenos Aires, plus de 200 cas de cancers ont été recensés.

Un exemple parmi d’autres. La justice vient de reconnaître la responsabilité des cultivateurs de soja et des épandeurs de Roundup, sans toutefois édicter de règles préventives. Autre sujet en suspens : la toxicité du Roundup, et son impact sur la qualité des eaux, des sols et des cultures qu’il contamine.

Le Roundup 100% toxique

Mardi (encore), à ce sujet, une nouvelle étude scientifique argentine était publiée, qui confirme que le glyphosate (composant chimique du Roundup) est hautement toxique et provoque des effets dévastateurs sur des embryons d’amphibiens.

Le laboratoire à l’origine de l’étude (la faculté de médecine Conicet) a ainsi montré qu’à des doses jusqu’à 1500 fois inférieures à celles utilisées dans les traitements agricoles, des troubles intestinaux et cardiaques, des malformations et des altérations neuronales étaient constatés.

Le Professeur Séralini de l’Université de Caen avait déjà publié en avril 2007 les résultats de recherches qui ne laissaient guère de place au doute.

Même à des doses infinitésimales, le Roundup tue les cellules de cordon ombilical humain en quelques heures. Plusieurs composants du produit sont mis en cause, pas seulement le glyphosate. Ce phénomène est manifestement ignoré par les autorités.

Interdiction du MON810 en Allemagne

Mardi (enfin), l’Allemagne décidait d’interdire la culture du maïs OGM MON810 sur son territoire "dans l’intérêt de l’environnement". L’Allemagne est le sixième pays européen à prendre une telle mesure, contraire à l’avis de la Commission européenne.

Cette décision intervient un mois après celle de l’Autriche et de la Hongrie, mais quelques jours seulement après que l’AFSSA ait réitéré pour la énième fois sa position favorable au MON810, et quelques semaines avant que la France n’examine une éventuelle levée de sa clause de sauvegarde.

Le mirage s’estompe.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

Etats-Unis : planche à billets, le retour

Alternatives Economiques - n°279 - Avril 2009

La Fed, la banque centrale américaine, a créé la surprise le 18 mars dernier en annonçant qu’elle achèterait 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme dans les six mois qui viennent. Dans le temps, on appelait ça "faire fonctionner la planche à billets". Aujourd’hui, on parle "d’assouplissement quantitatif". En clair : la Fed finance elle-même le déficit public en créant de la monnaie.

Depuis l’automne dernier, elle s’était déjà substituée aux banques défaillantes pour financer les différents acteurs privés de l’économie. Dans cet esprit, elle a racheté par milliards des titres représentatifs de crédits hypothécaires, de crédits à la consommation ou aux PME.

Là, elle franchit un pas de plus en augmentant les montants achetés et en les étendant aux bons du Trésor. Un pas d’ailleurs déjà franchi auparavant par la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre et la Banque nationale Suisse.

Pourquoi cette politique ? Parce que la Fed a tiré ses dernières cartouches avec l’arme traditionnelle de la politique monétaire : le taux d’intérêt.

Son taux directeur est déjà proche de 0 (0,25) depuis décembre 2008, il ne peut donc plus guère descendre. En achetant des bons du Trésor, la Fed peut encore faire baisser le taux des emprunts d’Etat.

Comme les prêteurs seront moins bien rémunérés, la banque centrale espère ainsi décourager l’épargne de s’investir dans ces placements sans risque au profit du financement de l’économie.

Mais, dans le même temps, une telle politique pourrait également miner la confiance dans le dollar, et donc faire chuter son cours vis-à-vis des autres monnaies.

Sandra Moatti

Etats-Unis : la planche à billets passe en surrégime

19 Mars 2009 Par Philippe Riès

En jargon « banque centrale », on appelle cela de l’assouplissement quantitatif. Traduit en langage économique, il s’agit d’une monétisation de la dette de l’Etat. Et en bon français, la planche à billets va désormais tourner à plein régime aux Etats-Unis.

Après la Banque du Japon, qui avait réinventé cette politique dite « non conventionnelle » pour lutter contre la déflation de la fin des années 90, et la Banque d’Angleterre, montée dans le même train tout récemment, c’est la Réserve fédérale des Etats-Unis qui a annoncé mercredi 18 mars qu’elle allait acheter jusqu’à 300 milliards de dollars en bons du Trésor américain.

Objectif : provoquer une baisse des taux d’intérêt à long terme, ceux qui conditionnent le coût de l’argent pour les ménages et également pour une partie du financement des entreprises.

L’assouplissement quantitatif, c’est ce qui reste quand l’arme monétaire « classique » de la baisse des taux courts, principalement celui des fonds fédéraux dans le cas des Etats-Unis, a épuisé son potentiel.

C’est le cas outre-Atlantique puisque ce principal taux directeur de la Fed est voisin de zéro (il est guidé entre 0,25% et 0) et ne peut pas, par conséquent, tomber plus bas, en termes nominaux (les taux réels, ajustés à la hausse des prix, peuvent devenir négatifs).

Dès l’annonce de la Fed, le taux des bons du Trésor à dix ans a chuté de près de 50 points de base (0,50%). Et la détente était également sensible sur les échéances plus longues, jusqu’à 30 ans.

Les marchés boursiers ont salué l’événement et le dollar a brutalement piqué du nez, l’euro franchissant au pas de charge le seuil des 1,35 dollar dans un saut sans précédent depuis la naissance de la monnaie unique il y a dix ans.

Toujours en bon français, pratiquer une politique monétaire qui fait chuter le cours de sa devise en rendant moins attractive la détention de placements en dollar, cela s’appelle de la dévaluation compétitive.

En période de forte contraction des échanges mondiaux et de dépression des cours des matières premières et de l’énergie, c’est tout bénéfice.

Les exportateurs américains vont bénéficier d’une monnaie de combat, sans que la facture des importations de pétrole brut soit exagérément gonflée par la baisse du pouvoir du dollar sur les marchés extérieurs.

Les Etats-Unis ne font que suivre la Grande-Bretagne, mais aussi la Suisse et quelques autres, dans cette démonstration de charité bien ordonnée. Mais honni soit qui mal y pense, il s’agit de hâter la sortie de crise de la première économie mondiale, ce qui bénéficiera à la planète tout entière.

A noter que la Fed avait déjà commencé discrètement à pratiquer l’assouplissement quantitatif en achetant des obligations émises par les agences hypothécaires Fannie Mae et Freddy Mac, qui bénéficient de la garantie explicite de l’Etat américain.

Elle va doubler ces achats, à 200 milliards de dollars, et porter de 500 à 1.250 milliards de dollars le plafond des rachats d’obligations adossées à des crédits hypothécaires garanties par Fannie et Freddy.

Les économistes estiment que le bilan de la Réserve fédérale, qui était de quelque 900 milliards de dollars avant le début de la crise des « subprimes », pourrait atteindre 4.500 milliards avant la fin 2009. Une planche à billets qui a pris des stéroïdes.

Deux remarques :

il s’agit d’un geste désespéré imposé par l’incapacité à normaliser la situation sur les marchés de crédit ;

il n’est pas certain que cela rassure les créanciers des Etats-Unis, au premier rang desquels une Chine qui a fait part publiquement de son inquiétude, sur la solidité de leurs actifs en dollar.

En résumé, un pari à haut risque.

L’escroquerie monétaire mondiale

par Eberhard Hamer, professeur à l’institut des classes moyennes de Hanovre

publié sur le site econologie.com Partie 1

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes.

Toutefois, il est certain que l’escroquerie monétaire, comme toute autre escroquerie, ne peut pas enrichir à long terme les malfaiteurs par l’appauvrissement de leurs victimes, puisque l’on ne peut abuser d’aucun système monétaire libéral à long terme.

Selon la théorie financière, la monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’Etat (droit de battre monnaie). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’Etat.

Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. Ainsi, les pièces de monnaie étaient simultanément moyen d’échange et valeur durable.

• Mais pour battre monnaie, l’Etat doit avoir de l’or et de l’argent. Il était donc important qu’il disposât de mines d’argent par exemple (Rammelsberg près Goslar), ce qui lui permettait de battre des monnaies supplémentaires en argent.

Inversement, les citoyens savaient que l’Etat ne pouvait battre monnaie que dans la mesure où il disposait des métaux précieux correspondants. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation).

De la monnaie réelle à la monnaie fiduciaire

Cependant, des princes ont toujours tenté de se procurer davantage de monnaie qu’ils n’avaient de métal précieux en réduisant la part des métaux précieux dans l’alliage des pièces.

Il en est résulté que les marchands et bourgeois ont cédé la mauvaise monnaie, mais gardé la bonne jusqu’au moment où, tous étant au courant, il a fallu refondre la mauvaise monnaie. Des pièces d’or ont circulé jusqu’à la Première Guerre mondiale.

• Une monnaie d’or en circulation a cependant l’inconvénient que l’augmentation de l’or n’atteint pas la croissance économique, de sorte qu’un manque d’or déflationniste peut empêcher une forte croissance économique.

C’est pourquoi de nombreux Etats sont passés à une monnaie d’or indirecte : ils disposaient d’un trésor d’or d’un certain montant en or, à partir duquel ont été émis des billets de banque qu’il était plus aisé de transporter, de compter et de détenir en grande quantité.

Leur valeur résultait de la faculté de présenter à tout moment les billets à la banque centrale et de les y échanger contre la quantité correspondante d’or ou d’argent (billets convertibles en métal précieux).

De cette manière, l’Etat pouvait émettre davantage de monnaie fiduciaire qu’il ne possédait de métal précieux, peu de détenteurs de monnaie insistant d’habitude sur l’échange de billets en or. Normalement, un volume de moins de 10% d’or suffisait à un volume de billets de 90%.

• Le système fonctionnait dans le monde entier. En effet, des pays dépourvus d’or garantissaient aux détenteurs de leurs billets un cours fixe de change par rapport aux monnaies convertibles en or.

Tant que cette garantie de change existait, les bourgeois étaient certains de pouvoir échanger – à vrai dire par le biais d’un double échange (étalon de change-or) – leur monnaie fiduciaire contre des pièces de métal précieux et avaient ainsi tout au moins une garantie indirecte de la valeur de leur monnaie.

Partie 2, publié sur le site econologie.com

De la monnaie d’Etat à la monnaie privée

L’étape décisive menant à l’abandon de la monnaie d’Etat a été la fondation, en 1913, du Système fédéral de réserve des Etats-Unis.

Bien que la constitution américaine ne prévoie que l’or et l’argent comme monnaies légales, un cartel fondé par des banques privées et dirigé par les deux grands groupes financiers Rothschild et Rockefeller a créé une banque centrale privée ayant droit d’émettre sa propre monnaie, devenue moyen légal de paiement et garantie initialement par le gouvernement des Etats-Unis.

Après la Première Guerre mondiale, cette banque privée a racheté les réserves d’or mondiales. Il en est résulté que de nombreuses autres monnaies n’ont plus pu maintenir leur étalon-or et ont sombré dans la déflation (première crise économique mondiale).

• A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’instauration d’un nouvel étalon dollar-or a été donc décidée en 1944 à Bretton Woods.

Pendant la guerre mondiale, les Etats-Unis ont exigé des belligérants le paiement d’armements en or. L’or de l’Allemagne a dû être remis comme butin.

Ainsi, plus de 30000 tonnes d’or venant du monde entier se sont accumulées aux Etats-Unis, soit davantage que dans tous les autres pays réunis. Cet or a servi de couverture au dollar.

Mais comme les banques centrales du monde détenaient une grande partie des dollars à titre de réserves monétaires, les Etats-Unis ont pu émettre davantage de monnaie que leur quantité d’or. L’étranger avait en effet besoin de dollars pour acheter les matières premières traitées uniquement en cette monnaie.

Outre l’or, le dollar est donc devenu toujours davantage une réserve monétaire des autres banques centrales. Le règne du dollar sur le monde avait commencé.

• En 1971, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, a supprimé l’obligation de convertir le dollar en or (étalon dollar-or) et, simultanément, la responsabilité de l’Etat à propos du cours du dollar.

Depuis lors, la devise américaine n’est plus couverte ni par de l’or ni par la garantie de l’Etat, mais demeure la monnaie privée libre du Système fédéral de réserve (la Fed).

Le dollar et toutes les autres monnaies du monde ne conservent par conséquent plus de valeur, mais est un simple moyen de paiement imprimé et légalisé.

• Si la loi peut obliger à accepter une monnaie non couverte comme moyen d’échange, il ne peut en faire de même comme moyen de conservation de la valeur.

Dans ce cas, la confiance du détenteur de billets que la valeur de sa monnaie est assurée à long terme est nécessaire. A son tour, le cours à long terme – la confiance – d’une monnaie flexible dépend uniquement de la rareté de cette monnaie ou du volume de la masse monétaire.

Le problème est que la masse des biens n’a que quadruplé durant les trente dernières années alors que la masse monétaire s’est multipliée par quarante.

• Or, une augmentation de la masse monétaire implique toujours de l’inflation. Et l’inflation entraîne une dévalorisation de la monnaie. On a recouru à trois solutions pour résoudre ce problème :

Dès la fondation de la Banque fédérale d’Allemagne, la science financière allemande avait exigé l’établissement d’un « quatrième pouvoir » en faveur de l’institut d’émission pour permettre à celui-ci de résister aux pressions visant à un excès de masse monétaire et, partant, de se fier au maintien de la valeur monétaire.

En fait, la Banque fédérale était tenue, de par la loi, de préserver la valeur du mark (théorie de la monnaie neutre) et était indépendante de l’Etat dans une forte mesure. Dans ces conditions, le mark, monnaie la plus stable du monde, a été utilisé toujours davantage comme monnaie de réserve et monnaie de placement.

La plupart des autres Etats ont préféré une monnaie axée sur la quantité. Ils ont obligé leurs banques centrales à déterminer leurs masses monétaires d’après certains objectifs, tels la croissance économique ou le plein-emploi.

La politique nationale a profité de cette évolution pour exercer son influence sur la banque centrale et sur la monnaie, ce qui a régulièrement entraîné une inflation de la masse monétaire (exemples : France, Italie, Espagne).

En revanche, la plupart des dictatures des pays en voie de développement et la Fed ont préféré une « monnaie quantitativement libre », c’est-à-dire une monnaie dont les excès par la politique ou les propriétaires privés du Système de réserve ne sont pas limités par la loi.

Une « monnaie quantitativement libre » a toujours signifié « monnaie dont on peut abuser librement » et n’a jamais fonctionné à long terme.

Point essentiel, il ne faut pas sous-estimer les tensions auxquelles sont soumis les cours des changes lorsque évoluent parallèlement des monnaies, tel le mark, dont les banques d’Etat émettrices préservent la valeur, et des monnaies de banques d’Etat assujetties, voire de banques privées, qui sont manipulées selon les objectifs de l’émetteur : comme la Banque fédérale d’Allemagne a maintenu la valeur du mark relativement stable et que celle d’autres monnaies importantes a diminué toujours plus fortement en raison de l’augmentation de la masse monétaire et de l’inflation, les détenteurs de monnaie se sont efforcés tout naturellement d’investir à long terme en monnaies fortes et d’éviter les monnaies faibles.

• Depuis lors, aucune monnaie du monde n’a plus quelque base de valeur que ce soit, la monnaie mondiale s’est détachée de toute valeur réelle, les billets sont imprimés sans arrêt et leur valeur diminue continuellement en raison de leur augmentation constante.

Si les gens croient toujours que le papier-monnaie qu’ils détiennent a une valeur fixe, cela résulte de manipulations habiles des changes donnant l’illusion d’un rapport de valeurs. De fait, les changes sont manipulés par les groupes qui engendrent aussi l’augmentation de la masse monétaire.

• Pratiquement, le Système fédéral de réserve privé guidé par la haute finance des Etats-Unis et appartenant à celle-ci a atteint l’importance d’un système de monnaie mondiale :

Le dollar, monnaie privée de la Fed, domine déjà le monde de par sa masse monétaire. Plus de 75% de la monnaie mondiale sont des dollars.

La haute finance des Etats-Unis a obligé aussi les marchés des matières premières qu’elle contrôle à ne vendre leurs produits qu’en dollars. Qui ne vend pas son pétrole contre des dollars sans valeur est déclaré terroriste (Saddam).

Les banques centrales des autres pays ont été également forcées d’accepter des dollars comme réserves monétaires dans des proportions croissantes (plus de 90% dans le cas de la Banque centrale européenne).

La valeur des autres monnaies – tel l’euro – découle donc à raison de plus de 90% de billets en dollars sans valeur, ne reposant que sur la puissance et la volonté de la haute finance américaine.

Les banques centrales étrangères ont été amenées avec ou sans douceur (Suisse) à céder ou à « prêter » leurs réserves d’or contre des dollars.

Ainsi, l’or du monde s’est de nouveau concentré, comme avant la première crise économique mondiale, chez les propriétaires de la Fed, de sorte qu’un système de l’étalon-or ne pourrait être réinstauré que conformément à leur volonté et qu’ils feraient l’affaire du siècle du simple fait d’une réforme monétaire entraînant une nouvelle fixation du prix de l’or (Greenspan : « peut-être jusqu’à 6000 dollars »).

La haute finance des Etats-Unis détermine donc par l’intermédiaire de la Fed, qui lui appartient, la monnaie et les changes du monde entier.

Le dollar est la monnaie privée de cette haute finance. Il n’est garanti par personne d’autre, mais est maltraité autant que faire se peut, accru et modelé en instrument de sa domination sur le monde et du vol de toutes les matières premières et valeurs réelles importantes.

• En augmentant sans scrupules la masse des dollars, la haute finance des Etats-Unis s’est procuré des liquidités illimitées, qui lui permettent d’acheter le monde entier. Par cette émission, l’Etat américain peut émettre davantage de dollars qu’il n’en reçoit (endettement débridé).

Aussi bien la haute finance dominatrice des Etats-Unis que le gouvernement qu’elle domine profitent donc de l’augmentation de la masse monétaire. Par conséquent, le volume des dollars s’est accru toujours plus vite ces dix dernières années.

• De même, les dettes de l’Etat ont augmenté considérablement envers l’étranger. Le gouvernement des Etats-Unis commande donc de plus en plus de biens réels à l’étranger, qu’il paie par des billets sans valeur – la forme moderne du tribut.

• Il faut attribuer à une mise en scène et à un chantage habiles le fait que cet accroissement sans limite des dollars n’a pas entraîné depuis longtemps la chute de cette monnaie et le refus des clients de l’accepter : la haute finance et le gouvernement des Etats-Unis forcent économiquement et politiquement depuis des années les principales banques centrales du monde (Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque de Chine, etc.) à garder des dollars sans valeur accumulés lors d’exportations ou d’achats de valeurs réelles et à les détenir comme réserves de devises constituant soi-disant de la valeur.

Cela signifie pratiquement que les banques centrales de Chine, du Japon et d’Europe accumulent en quantités toujours plus fortes, comme réserves monétaires prétendument de valeur, les dollars sans valeur leur parvenant à la suite des livraisons de biens de leurs ressortissants.

La monnaie des Etats satellites est donc déjà garantie par des dollars dont la valeur diminue toujours davantage ; elle a aussi perdu pratiquement sa valeur. Ainsi, toutes ces monnaies naviguent sur le même bateau de la dévaluation, les promoteurs de l’augmentation de la masse monétaire à New York et Washington ainsi que leurs aides augmentant la masse monétaire dans les banques centrales des Etats satellites.

• Toutefois, le débiteur que sont les Etats-Unis décide lui-même dans quelle mesure il plumera finalement ses financiers par une dévaluation officielle du dollar et se débarrassera de son endettement à leurs frais.

L’étranger, qui détient 80% des dollars, subira surtout les effets de la dévaluation de cette monnaie. Le débiteur a toute latitude pour déterminer dans quelles proportions il dévaluera ses dettes et dépouillera ainsi ses créanciers.

• Cependant, la manipulation des cours fait croire au public que les monnaies manipulées et accrues sans limite ont toujours un cours solide.

• Si les détenteurs de monnaies savaient qu’ils n’ont au fond que du papier en mains, mais que tout dépend des manipulations, des abus, de la puissance et des objectifs de la haute finance des Etats-Unis, la vitesse de circulation de la monnaie augmenterait davantage en raison du refus d’accepter la monnaie, une fuite dans les valeurs réelles aurait lieu, il s’ensuivrait une inflation s’accélérant dramatiquement, voire galopant, la dévalorisation accomplie depuis longtemps des investissements en valeur nominale (papiers monétaires, obligations, fonds de placement, etc.) entraînerait un deuxième krach, la dévalorisation entraînerait la ruine du secteur financier, qui devrait faire face à des procès en dommages-intérêts, si bien qu’une réforme monétaire deviendrait inévitable.

Malgré une dévalorisation dramatique, l’illusion de la valeur de la monnaie est encore maintenue artificiellement par l’obligation de considérer les billets comme moyens de paiement légaux.

Les profiteurs de ce système sont non seulement la haute finance de Etats-Unis qui, par sa Fed, place dans le monde des masses de dollars toujours plus considérables, mais aussi des banques centrales menant le même jeu, telles la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon.

Les directions de ces instituts savent fort bien à quel point le dollar a perdu toute valeur, mais confortent toujours l’illusion du dollar moyen de paiement légal, se sont tues pour des raisons politiques et ont couvert leur propre monnaie par des réserves monétaires libellées en dollars sans valeur.

Si une réforme monétaire avait lieu, la BCE notamment serait dépourvue de valeurs. La présence de l’or se limite vraisemblablement à une simple créance et ne consiste donc plus en or réel.

La plupart du temps, il est prêté prétendument en nature à la Fed, qui le prête à son tour, si bien qu’il n’est plus saisissable en cas d’effondrement. Le système repose sur le fait qu’un abus n’est ni discuté ni ne fait l’objet d’une publication.

• Fait n°1 : Les masses monétaires mondiales ont été tellement accrues et ont une base si fragile (dollars, euros, yens, etc.) que les monnaies correspondantes n’exercent plus de véritable fonction de conservation de la valeur, si importante aux yeux du citoyen.

• Fait n°2 : Seules la manipulation et la tromperie à propos d’une valeur de la monnaie qui n’existe plus préservent artificiellement la fonction d’échange des monnaies.

• Fait n°3 : Le dollar, monnaie privée de la haute finance américaine, a rompu depuis longtemps tous ses liens avec une valeur réelle (l’or) ou avec une masse monétaire déterminée. Il a donc non seulement perdu sa fonction de conservation de la valeur, mais ne trompe plus le monde, à propos d’une valeur d’échange prétendue de la monnaie privée dévalorisée par une augmentation sans limite, que par des manipulations de cours sur l’ensemble de la planète.

Seules cette tromperie et la puissance de la haute finance des Etats-Unis alimentent encore une « confiance » artificielle dans le dollar.

En revanche, si les participants au marché savaient qu’ils n’ont en main, avec la valeur nominale du billet, que la promesse sans valeur de particuliers dans lesquels ont ne peut depuis longtemps plus avoir confiance, qui abusent constamment de leur pouvoir de manipuler la valeur de la monnaie, cette confiance se serait effondrée depuis longtemps.

• Il en va des actions comme de la monnaie. La plupart de ces titres n’ont plus de substance et ne recèlent que de l’espoir. Celui qui a cru avoir beaucoup gagné lors de la hausse fulgurante des actions a appris par le krach que l’action ne comporte, outre la valeur du papier, que de l’espoir, mais que celui-ci peut disparaître facilement.

Le gain ou la perte dans le jeu de la Bourse sont de simples espérances et non des valeurs réelles. Tel est aussi le cas de la monnaie. La seule valeur réelle est celle du papier. Le reste est une confiance dans des puissances financières mondiales corrompues, mais fortes.

La mainmise sur les valeurs réelles au moyen d’une monnaie-fiction

Si les participants au marché savaient que notre système monétaire repose finalement sur la monnaie privée qu’est le dollar et que cette monnaie dépend uniquement des souhaits de manipulation et d’abus de l’oligarchie financière, ils perdraient confiance dans la monnaie, ne considéreraient plus celle-ci comme moyen de conservation de la valeur, mais tenteraient d’échapper à la dévalorisation constante de la monnaie en se réfugiant dans les valeurs réelles.

• Or telle est l’action de ceux qui, cachés derrière la Fed, procèdent à la plus forte augmentation de la masse monétaire de tous les temps.

Depuis des décennies, ils achètent avec une monnaie perdant de plus en plus de sa valeur toutes les valeurs réelles qu’ils trouvent : stocks de matières premières, complexes industriels, immeubles et presque chaque société financière étrangère à peu près intacte par une reprise amicale ou hostile, à presque n’importe quel prix.

Non seulement la haute finance des Etats-Unis accumule les valeurs réelles mondiales, mais aussi l’Etat importe depuis des années, contre de la monnaie de papier au fond sans valeur, davantage de valeurs réelles du monde qu’il n’en peut payer et s’endette ainsi sans limite envers l’étranger – tant que les créanciers étrangers croient encore à la valeur du dollar ou peuvent être obligés, par chantage politique, de prendre comme réserves monétaires ces dollars pourris.

Partie 3

Monopoles formés grâce aux valeurs réelles

De cette manière, la haute finance qui se cache derrière la Fed a acquis contre ses dollars pourris, grâce à une politique ciblée de valeurs réelles, des secteurs entiers du marché et a constitué ainsi des monopoles ou oligopoles dans les domaines suivants : diamants, or, cuivre, zinc, uranium, télécommunications, presse et télévision, denrées alimentaires (Nestlé, Coca-Cola), de grandes parties de l’industrie de l’armement et de l’espace, etc.

• Actuellement, une tentative de monopole tente de contrôler le secteur de la génétique. Les animaux et plantes qui ont subi des manipulations génétiques sont stériles. Si l’on peut donc manipuler les gènes de toute une région, les paysans ne peuvent plus utiliser les céréales qu’ils ont récoltées et doivent acheter les semences d’une entreprise au prix qu’elle fixe.

Une autre monopolisation a lieu actuellement sur le marché du sucre : le marché du sucre de l’UE est régi de manière à préserver aux paysans leur production de sucre de betteraves, qui est d’une nécessité vitale pour nombre d’entre eux.

Or le sucre de betteraves est plus cher que le sucre de canne du cartel américain qui croît sous les tropiques. Nestlé et Coca-Cola, qui appartiennent à la haute finance des Etats-Unis, exigent maintenant, de concert avec les scientifiques et politiciens qui en dépendent, une « libéralisation du marché du sucre » et la revendiquent dans les instances internationales (GATT, Mercosur).

Dès que cette libéralisation sera imposée, le sucre de betteraves cher ne pourra plus se maintenir face au sucre de canne bon marché, la production européenne de sucre s’effondrera définitivement et le marché du sucre – tout d’abord bon marché, puis cher – sera inondé par le cartel du sucre de canne contrôlé par la haute finance des Etats-Unis.

• Le cas Primacom démontre par quelles méthodes la haute finance des Etats-Unis accapare des branches entières : cet exploitant de réseaux par câble a une situation très lucrative, mais est depuis longtemps dans le collimateur de la haute finance des Etats-Unis (monopolisation des télécommunications).

Celle-ci s’est infiltrée depuis longtemps dans le management de Primacom, puis lui a accordé un prêt à un taux d’intérêt dépassant 30%. Par conséquent, cette entreprise florissante a connu des difficultés et est devenue, aux yeux de la banque américaine, propre à une OPA très bon marché. Le jeu traverse actuellement sa dernière phase.

• L’émissaire de la haute finance américaine Ron Sommer a tenté de se livrer à un jeu analogue avec Deutsche Telekom. La haute finance des Etats-Unis accumule les sociétés du secteur des télécommunications pour créer un monopole mondial. Pour ce faire, l’émissaire Sommer lui a acheté une petite entreprise du secteur des télécommunications à un prix ($­­­­­ 30 milliards) supérieur de trente fois à sa valeur, afin que cette haute finance puisse racheter Telekom avec son propre patrimoine.

La deuxième étape consistait à rendre les actions Telekom si bon marché que l’investisseur américain puisse les acheter à bas prix. Sur ce point, Rom Sommer a échoué. Toutefois, cet échec ne fera que retarder, sans les empêcher, les plans de reprise de la haute finance américaine. La privatisation et le rachat d’entreprises des télécommunications continuent, conformément aux plans dressés.

• Un jeu analogue se déroule sur le marché mondial de l’énergie. En Allemagne, EON et RWE y participent visiblement, la haute finance des Etats-Unis ayant déjà envoyé ses hommes de confiance dans les banques et managements décisifs pour les candidats à la reprise. En 20 ans, elle veut aussi monopoliser l’eau du monde, selon les indications de son représentant Brzezinski.

La réforme monétaire et les valeurs réelles

Une interprétation correcte des plans de la haute finance mondiale aboutit à la conclusion que la masse monétaire doit être accrue et dévalorisée jusqu’à ce que toutes les valeurs réelles importantes du monde soient achetées et monopolisées.

La haute finance sait bien que son accroissement de la masse monétaire ne saurait passer inaperçu et que, à un moment donné, la confiance en un dollar inflationniste disparaîtra. L’éclatement d’une crise de confiance fera de l’inflation encore contrôlée une inflation galopante, qui aboutira forcément à une réforme monétaire.

• Or, il s’agit d’un avantage dont bénéficiera aussi bien la haute finance que les Etats-Unis :

Préalablement, la haute finance a acheté assez de valeurs réelles avec des dollars pourris, et ces valeurs réelles ne seront pas touchées par la réforme.

La haute finance aura ainsi converti à temps de l’argent pourri en patrimoine de valeur. Comme elle a constitué des monopoles mondiaux dans de nombreux domaines, elle peut imposer des prélèvements à tout moment au monde, grâce à des prix de monopole.

Les dominateurs du monde auront donc comme revenu non plus des impôts, mais des revenus de monopoles. Personne ne pourra empêcher la haute finance de relever de 10, 20 ou 30% les prix de l’or, des diamants, du cuivre, du zinc, de l’eau, des semences ou de l’énergie et d’imposer ainsi des prélèvements spéciaux à l’ensemble de la population mondiale. Il n’y a encore jamais eu de telle puissance financière dans le monde ayant constitué un tel péril pour l’ensemble de la population.

Rusée, la haute finance des Etats-Unis a principalement déversé ses dollars pourris à l’étranger. Plus des trois quarts des dollars ne sont plus aux Etats-Unis, mais se trouvent dans les Etats créanciers de ce pays.

En effet, les Etats-Unis se sont de plus en plus endettés envers l’étranger ces dernières années. L’étranger a livré des produits et reçu en échange des dollars sans valeur. Toutes les banques centrales étrangères sont remplies de dollars pourris.

Si ceux-ci sont subitement dévalués, plus des trois quarts du dommage toucheront les banques centrales, les banques, les Etats et les opérateurs hors des Etats-Unis.

Les banques centrales européennes pourront alors regretter d’avoir échangé leur or contre des dollars pourris et d’avoir constitué de la monnaie formelle comme base (réserves monétaires) de leur propre monnaie, tels le yen et l’euro.

Si le cours de la monnaie-clé, le dollar, s’effondre, celui des monnaies satellites subira le même sort, sa seule base étant un montant en dollars pourris. En d’autres termes : la réforme monétaire qui se prépare déclenchera forcément une réforme de toutes les monnaies mondiales, dont le dollar pourri constitue encore la principale réserve monétaire.

Le fait que tout accroissement continuel d’une monnaie privée – le dollar – par le Système fédéral de réserve appartenant à la haute finance des Etats-Unis doive forcément entraîner un pourrissement du dollar, une inflation de plus en plus forte et, finalement, une réforme monétaire est une certitude fondamentale de la science financière, et même Greenspan et ses collaborateurs devraient en être conscients.

De la réforme monétaire à la monnaie mondiale

Imprudemment, Greenspan a indiqué dans un discours « qu’une correction fondamentale du dollar aurait lieu d’ici 2007 et que l’on pourrait fondre à cette fin le dollar et l’euro en euro-dollar, une nouvelle monnaie mondiale. »

Cette vue est conforme aux besoins de la haute finance américaine, car l’abus du dollar ne peut se poursuivre que jusqu’en 2007 au pire. En effet, la confiance du monde dans cette monnaie privée accrue sans trêve, perdant de plus en plus de sa valeur et maintenue artificiellement devrait avoir disparu jusqu’alors.

Le dollar subira donc une transformation ces prochains temps. Si une fusion avec l’euro avait lieu, la haute finance des Etats-Unis atteindrait des objectifs importants :

Une nouvelle monnaie permettrait de dévaloriser les anciennes dettes monétaires et, partant, de spolier les créanciers détenant encore de cette monnaie. Si le nouvel euro-dollar vaut 20 anciens dollars ou 15 euros, les anciennes monnaies sont dévaluées en conséquence, les créanciers détenteurs d’ancienne monnaie spoliés, le jeu a profité aux émetteurs de monnaie privée.

L’Etat fédéral américain surtout se débarrasserait ainsi de ses dettes : l’endettement envers l’étranger, qui atteint actuellement 5200 milliards de dollars, ne se chiffrerait alors qu’à 2600 milliards d’euro-dollars, soit une dévaluation de 50%.

Les détenteurs d’anciens dollars seraient les principales victimes, les montants qu’ils détiennent étant dévalués de 50, voire de 90%. Les banques centrales de Chine, du Japon et d’Europe, qui détiennent d’importantes réserves monétaires en dollars, en pâtiraient particulièrement.

Toutefois, le but principal de la haute finance américaine est d’établir ainsi une monnaie mondiale qu’elle contrôlerait. Sous un régime d’euro-dollars, le Système fédéral de réserve appartenant à la haute finance des Etats-Unis aurait forcément une majorité.

Cette haute finance contrôlerait alors la majorité du système. A cette fin, la haute finance des Etats-Unis a choisi la BRI (Banque des règlements internationaux), une organisation privée dont elle a déjà acquis secrètement la majorité des parts.

Si la BRI devenait la banque centrale émettant les euro-dollars, les mêmes propriétaires privés seraient, par hasard, les principaux propriétaires de la nouvelle banque centrale, qui étaient auparavant les propriétaires de la Fed.

Ils pourraient jouer le jeu consistant à émettre de la monnaie à leur gré, à un niveau supérieur, qu’ils ont joué jusqu’à maintenant avec le Système fédéral de réserve – et bénéficier de surcroît de la diminution de leur endettement due à la réforme monétaire.

L’augmentation de la masse monétaire mondiale qui a eu lieu jusqu’à maintenant, cette grande escroquerie monétaire, serait effacée par la réforme monétaire. Les vieux malfaiteurs bénéficieraient d’un nouveau système, d’une nouvelle monnaie, qui leur permettrait d’utiliser aux mêmes fins la monnaie mondiale euro-dollar durant les 20 à 30 prochaines années.

Ce faisant, la haute finance des Etats-Unis aurait donc monopolisé par escroquerie les valeurs réelles mondiales – parmi lesquelles figurent des biens aussi essentiels que les semences, les denrées alimentaires, l’eau, l’énergie et les métaux, mais aurait aussi bâti de nouveau un monopole monétaire à sa disposition, qu’elle pourrait utiliser à son gré – une machine d’accroissement monétaire, tel l’âne aux ducats de la légende.

• Même la publication de ce système d’escroquerie ne provoquera pas de cris dans le monde. On parlera de « théorie du complot », d’« antiaméricanisme », voire d’« antisémitisme » (Rothschild) ou s’efforcera d’empêcher de telles publications, une partie essentielle des médias imprimés et électroniques mondiaux appartenant à la haute finance des Etats-Unis.

• Il est important que ceux qui pourraient subir des pertes comprennent ce jeu. Celui qui possède un patrimoine financier devrait donc écouter, ou plutôt lire.

• Les perdants du grand jeu de l’oligarchie financière sont les participants au marché mondial qui accordent trop de confiance à la monnaie, qui croient toujours que celle-ci n’a pas une simple fonction d’échange, mais qu’elle sert encore de préservateur de la valeur.

Les hommes n’ont visiblement pas tiré de leçon de la dévalorisation constante de la monnaie de ces 40 dernières années. Celle-ci s’accélérera ces prochaines années avant la catastrophe finale, car elle sert uniquement aux manipulateurs.

Celui qui attache donc de l’importance au maintien de la valeur à long terme de son patrimoine ne peut pas continuer à avoir des placements en valeurs monétaires, en polices d’assurances, en obligations ou en espèces, il doit investir en valeurs réelles, comme la haute finance lui en donne l’exemple.

Objectif stratégique de l’escroquerie monétaire mondiale

Pour autant que l’on puisse en juger de l’extérieur, la haute finance des Etats-Unis a eu pour seul objectif initialement de contrôler la monnaie du pays et, partant, de manipuler le marché des Etats-Unis à son gré.

La Fed privée servait à réaliser cet objectif. Lorsque le président Kennedy a proposé une loi visant à étatiser ce système financier privé, il est décédé subitement. Toute personne en contact avec les possibilités de monnaie privée a perdu son patrimoine ou sa vie.

• Depuis lors, les objectifs stratégiques de la haute finance américaine ont dépassé le cadre national. Elle a pour but un système monétaire privé mondial qu’elle a assuré par son dollar privé, imposé comme principale monnaie de réserve dans le monde entier, et qu’elle ne doit plus formaliser que par une monnaie mondiale, l’euro-dollar.

• Si nous voulons empêcher un deuxième abus du système monétaire mondial en faveur d’une haute finance privée et l’abus des masses monétaires, chaque monnaie doit être protégée contre tout abus public ou privé, contre toute manipulation déflationniste ou inflationniste.

• Ce but ne peut certainement pas être atteint si l’on abandonne les changes à la haute finance privée. Celle-ci profitera toujours des possibilités d’abus en spoliant et exploitant le monde par un accroissement de la masse monétaire.

• Cependant, l’expérience a montré aussi que la plupart des gouvernements abusent également de leur monnaie, s’ils peuvent influer sur la banque centrale et sa politique de la masse monétaire.

• Il convient donc d’empêcher les abus que les pouvoirs publics et la haute finance privée exercent sur les monnaies.

• Il est certain qu’une monnaie basée sur l’or ne peut pas être manipulée aussi facilement qu’une simple monnaie formelle. Toutefois, les problèmes d’une monnaie basée sur l’or découlent de la disponibilité de l’or, la haute finance ayant accaparé la plus grande partie des réserves d’or. Ainsi, elle redeviendrait gagnante et accapareuse de toute sorte de monnaie basée sur l’or.

• La seule solution est donc celle d’une monnaie formelle. Cependant, cette monnaie ne doit pas être librement, arbitrairement déterminable, mais doit être axée sur un objectif de monnaie neutre. La masse monétaire ne doit donc pas croître davantage que celle des biens. Le secteur monétaire ne doit plus exercer d’effets inflationnistes ou déflationnistes sur les monnaies et l’économie mondiale.

• Cet objectif ne peut être atteint que par des banques centrales strictement neutres et si indépendantes qu’elles constituent un « quatrième pouvoir », ne sont pas dans les mains de particuliers et ne peuvent pas être influencées par leurs gouvernements. Avant sa castration par la Banque centrale européenne, la Banque fédérale d’Allemagne était très proche de cette indépendance.

• La prochaine réforme monétaire offre une chance unique de dénoncer les coupables, leurs manipulations monétaires et leurs abus, ainsi que de susciter l’approbation générale d’un système de banques centrales sur lequel ni la haute finance ni les gouvernements n’exerceraient d’influence. Il s’agit d’une chance exceptionnelle.

• La haute finance surtout, qui, par son organe la BRI, s’est déjà préparée à s’emparer du prochain système de banques centrales et de monnaies pourrait empêcher la création d’un système indépendant. Il convient donc d’informer, d’expliquer à la population, à l’économie et aux politiciens les dangers qu’une économie monopoliste fait courir non seulement à la monnaie actuelle, mais aussi à un nouveau système monétaire.

Source : Horizons et débats, numéro 31, juin 2005

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