AID Association initiatives dionysiennes
Alors que la zone contrôlée par les Tigres tamouls s’est réduite à un confetti

Offensive finale de l’armée gouvernementale sri-lankaise contre les Tigres Tamouls ?

avec un risque de bain de sang parmi les civils pris au piège des combats

mardi 21 avril 2009 par JMT

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a averti lundi que le monde n’avait plus que quelques heures pour empêcher un "bain de sang" au Sri Lanka, où les autorités ont donné un ultimatum à la rébellion tamoule.

Alors que les Tamouls de France manifestent régulièrement à Paris depuis des semaines en solidarité avec les Tamouls au Sri Lanka, le rassemblement de lundi a donné lieu à des incidents et conduit à près de 200 interpellations par la police. Témoin de la scène, Nicolas, riverain de Rue89, nous a adressé ces photos et son témoignage, complété par celui de Colin, informaticien de Rue89.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Londres devant le parlement britannique pour réclamer un cessez-le-feu entre les forces sri-lankaises et la guérilla séparatiste des Tigres tamouls. Lire la suite l’article

Un séparatiste tamoul s’est fait exploser au milieu de milliers de civils fuyant la zone des combats au Sri Lanka, tuant au moins 17 personnes, annonce le ministère de la Défense.

Depuis fin janvier, les combats entre l’armée sri-lankaise et les Tigres tamouls s’intensifient dans la région du Vanni, au Nord-Est.

Liens

* Rue 89 : Dossier Sri lanka

* Wikipédia : Sri Lanka

* Wikipédia : Guerre civile au Sri Lanka

Cartes

Sri Lanka

Positions tenues par les Tigres tamouls au 5/4 2009

Ultimatum au Sri Lanka : quelques heures pour "empêcher un bain de sang" (HRW)

AFP - mardi 21 avril 2009, 05h52

Image, fournie le 20 avril 2009 par l’armée sri-lankaise, qui y voit des civils fuyant la zone des Tigres tamouls

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a averti lundi que le monde n’avait plus que quelques heures pour empêcher un "bain de sang" au Sri Lanka, où les autorités ont donné un ultimatum à la rébellion tamoule.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a dit mardi redouter la mort de milliers d’enfants au Sri Lanka en cas d’assaut final de l’armée contre un dernier carré des Tigres dans le nord-est de l’île.

Le gouvernement sri-lankais a donné au chef suprême des Tigres tamouls (LTTE) Velupillaï Prabhakaran et ses lieutenants 24 heures pour se rendre, soit jusqu’à 06H30 GMT mardi, sans dire ce qui se passerait si les rebelles ne s’y pliaient pas.

"Nous craignons que ce ne soit un bain de sang", a déclaré Anna Neistat, une responsable de Human Rights Watch basée aux Etats-Unis, ajoutant que la communauté internationale n’avait que quelques heures pour "dire clairement aux deux parties en conflit, soit à la fois les LTTE et le gouvernement sri-lankais, qu’ils ne se sortiraient pas indemnes" de cette situation.

Le président Mahinda Rajapakse avait également annoncé à l’AFP, vidéos à l’appui, l’exode lundi de plus de 35.000 civils tamouls fuyant la * dernière zone de 15 km2 encore tenue par les Tigres, accusés de se servir de 70.000 à 100.000 habitants comme "boucliers humains".

La communauté internationale devrait dire "que les pertes inutiles et illégales de vies civiles seront considérées comme des crimes de guerre et que les dirigeants, y compris les commandants, en seront tenus responsables", a dit Mme Neistat qui s’exprimait devant la Brookings Institution, un centre de réflexion de Washington.

De son côté, l’Unicef se concentre sur le sort des enfants.

"L’Unicef met en garde contre d’effroyables conséquences pour les enfants, dont des dizaines de milliers restent coincés dans les combats entre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et les troupes du gouvernement sri-lankais", selon un communiqué reçu à New Delhi.

"Si les combats continuent et que le LTTE refuse de laisser partir la population, alors nous serons inévitablement confrontés à la mort intolérable de beaucoup plus d’enfants", a prévenu le directeur de l’Unicef pour l’Asie du Sud, Daniel Toole.

"Notre plus grande crainte est que le pire soit à venir", a encore dit M. Toole, redoutant que "le nombre d’enfants tués dans ce conflit continue de grimper".

Jaliya Wickramasuriya, l’ambassadeur du Sri Lanka auprès des Nations unies, a indiqué de son côté que la priorité du gouvernement était la sécurité des civils. "Nous n’allons pas entreprendre une énorme opération en tant que telle", a-t-il dit, ajoutant : "nous sommes toujours inquiets pour les civils".

Velupillaï Prabhakaran est invisible depuis 18 mois et le LTTE est acculé sur une poche de 15 km2, accusé de retenir "comme boucliers humains" entre 70.000 et 100.000 habitants tamouls.

Mais le président sri-lankais Rajapakse a assuré lundi que "plus de 35.000 (personnes) étaient passées depuis ce matin" en territoire gouvernemental.

Mais Mme Neistat craint que d’ici la fin de l’ultimatum, "le gouvernement ne considère que tous ceux qui seront restés dans la zone sont des cadres du LTTE (...) ce que nous ne croyons pas".

Au moins 2.800 civils ont péri dans des violences perpétrées par les belligérants depuis le 20 janvier, selon l’ONU.

Au terme de 37 ans de guerre et au prix de dizaines de milliers de morts, le Sri Lanka —très attaché à sa souveraineté— rejette systématiquement les appels internationaux et ceux du LTTE à une trêve durable.

Affrontements entre manifestants tamouls et policiers à Paris (mis à jour)

lundi 20 Avril 2009, 23h30 Rue89

Alors que les Tamouls de France manifestent régulièrement à Paris depuis des semaines en solidarité avec les Tamouls au Sri Lanka, le rassemblement de lundi a donné lieu à des incidents et conduit à près de 200 interpellations par la police. Témoin de la scène, Nicolas, riverain de Rue89, nous a adressé ces photos et son témoignage, complété par celui de Colin, informaticien de Rue89.

La manifestation était, semble-t-il, non autorisée. Assis, les manifestants bloquaient la place, porte de la Chapelle.

Il y eut d’abord les flics, puis les CRS. Puis une charge (avec lacrymos).

Le problème, pour les CRS, c’est que la place a plein d’accès. Ils ont eu beau bloquer, charger, rebloquer, les Tamouls réapparaissent par tous les cotés.

J’ai vu au moins un blessé (evacué sur une civière par les pompiers) et plusieurs arrestations.

Une dizaine de fourgons de CRS sont repartis. A l’heure où j’écris, ils n’arrivent pas à disperser la foule. Il reste une cinquantaine de CRS sur place, mais plus de camions, seulement un bus (très grand) de CRS. Tout cela semble loin de finir pour l’instant.

Egalement sur place, Colin Vérot, informaticien à Rue89, décrit, à 20h50, de nombreux dégâts matériels, Les CRS ont isolé deux groupes plus violents, et les ont bloqués. Ils ont arrêté presque tout le monde dans ces deux groupes. Un premier bus avec environ une vingtaine de personnes interpelées est parti vers 21h.

Affrontements entre manifestants tamouls et policiers à Paris (mis à jour)

Son témoignage :

« J’ai voulu photographier une arrestation violente Faubourg St Denis, mais je me suis fait taper dessus par un CRS alors j’ai pas insisté. J’ai été relativement choqué des discussions de certains groupes de CRS stationnés, qui se vantaient d’avoir bien cassé du manifestant, d’avoir matraqué une machoire, etc… très fiers et content. Rien de surprenant et de nouveau, mais ça fait froid dans le dos. »

Mis à jour 23h30 avec le témoignage et les photos de Colin.

Manifestation de Tamouls devant le parlement britannique

Lundi 20 Avril 2009, 15h33, Reuters

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Londres devant le parlement britannique pour réclamer un cessez-le-feu entre les forces sri-lankaises et la guérilla séparatiste des Tigres tamouls. Lire la suite l’article

Photos:DES MILLIERS DE TAMOULS MANIFESTENT DEVANT LE PARLEMENT BRITANNIQUE

La police s’était déployée en nombre pour contenir le rassemblement, bruyant mais pacifique, qui a bloqué plusieurs rues du centre de la capitale britannique le jour de la séance inaugurale de la nouvelle session parlementaire.

La diaspora tamoule de Grande-Bretagne, estimée à environ 200.000 personnes, organise depuis deux semaines des manifestations pour appeler à la fin des hostilités au Sri Lanka, où l’armée encercle la rébellion tamoule repliée dans une zone de quelques kilomètres carrés du nord-est de l’île.

Le gouvernement de Colombo a donné lundi 24 heures aux combattants séparatistes pour se rendre.

Luke Baker, version française Jean-Stéphane Brosse

Attentat contre des civils fuyant les combats au Sri Lanka

lundi 20 Avril 2009 , 08h59, Reuters

Un séparatiste tamoul s’est fait exploser au milieu de milliers de civils fuyant la zone des combats au Sri Lanka, tuant au moins 17 personnes, annonce le ministère de la Défense.

PHOTO : ATTENTAT CONTRE DES CIVILS FUYANT LES COMBATS AU SRI LANKA

"Un kamikaze des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) a attaqué ce matin des milliers de civils tamouls qui tentent à présent de trouver refuge auprès de l’armée sri-lankaise", précise le ministère dans un communiqué.

"Des sources présentes sur le terrain rapportent qu’au moins 17 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués dans cette explosion lâche", ajoute le ministère.

De sources militaires, on faisait état plus tôt dans la matinée d’un bilan de 17 blessés dans cette explosion survenue après l’ouverture d’une brèche dans une ligne de fortification des séparatistes tamouls.

PHOTO : VIOLENCES AU SRI LANKA

En février, une séparatiste tamoule s’était fait exploser dans un centre d’enregistrement des réfugiés en provenance de la zone des combats, faisant au moins 28 morts et une centaine de blessés.

Selon un porte-parole de l’armée sri-lankaise, des soldats ont percé une brèche dans une muraille de terre construite par les Tigres pour stopper l’avancée des forces gouvernementales.

"Pour l’heure, 5.000 personnes ont été sauvées. L’opération se poursuit", a ajouté le général Udaya Nanayakkara.

Des dizaines de milliers de civils sont retenus de force par les LTTE dans un étroit réduit de terre de 17 km² où les séparatistes ont été confinés par les succès de l’armée depuis le début de l’année.

Le gouvernement sri-lankais fait l’objet de pressions occidentales pour proclamer un cessez-le-feu dans cette zone afin de protéger les populations civiles.

La semaine dernière, Colombo avait décrété une pause de 48 heures mais a refusé de la prolonger, expliquant que les LTTE, en lutte depuis 1983, avait mis cette accalmie à profit pour renforcer leurs lignes de défense.

Ranga Sirilal, version française Clément Dossin et Henri-Pierre André

Au Sri Lanka, 150 000 civils pris au piège des bombardements

Par Zineb Dryef

Depuis fin janvier, les combats entre l’armée sri-lankaise et les Tigres tamouls s’intensifient dans la région du Vanni, au Nord-Est.

A l’hôpital de Puthumaththalan, au Sri Lanka, début mars (DR)

Totalement quadrillé par les deux armées depuis le début du conflit, ce bout de territoire, dernier carré contrôlé par les Tigres tamouls, ne connaît plus de répit. Ce sont plus de 150 000 civils qui, aujourd’hui, vivent sous des bombardements et des tirs continus sans aucune possibilité de quitter la zone.

D’après l’ONU, 2 800 personnes sont mortes depuis le début du conflit. Sur le Net, de nombreuses photos et vidéos sont postées par les deux camps pour témoigner de la dureté du conflit. Attention, en visionnant cette vidéo mise en ligne par des Tamouls vivant en exil, il faut garder à l’esprit que la zone de combats est bouclée et que très peu d’informations filtrent. (Voir la vidéo)

Malgré des appels de l’ONU au cessez-le-feu, la situation reste très critique. Une trève de courte durée a été ordonnée par la présidence en début de semaine pour les fêtes du Nouvel an mais les combats ont déjà repris.

D’un côté, les Tigres tamouls n’autorisent pas les civils à quitter la région de Vanni ; de l’autre, l’armée gouvernementale n’a pas l’intention de prendre la voie des négociations, certaine que cette guerre est celle qui viendra à bout des LTTE.

A la fin du mois de mars, le président Mahinda Rajapaksa avait déclaré que les combats ne cesseraient qu’avec l’éradication de la guerilla :

« Nous ne céderons à aucune pression, qu’elle soit locale ou internationale, et nous n’en aurons fini qu’une fois la guerre complètement achevée. »

La Croix Rouge a évacué 8000 personnes par la mer

Parmi les ONG présentes au Sri Lanka, seul le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a un accès restreint à la région du Vanni. Depuis le 10 février, la Croix Rouge a évacué quelques 8000 personnes (malades, blessés) par la mer et ne peut apporter qu’une assistance très réduite aux 150 000 civils restés dans la zone.

Sur le site de l’ONG, Martin Hermann, chirurgien du CICR, décrit l’état des personnes évacuées :

« Etant donné le grand nombre de personnes nécessitant des soins médicaux dans la zone de conflit et la pénurie de fournitures médicales, de nombreux patients arrivent à Trincomalee dans un état d’épuisement total, déshydratés et très souvent trop faibles pour bouger (…)

« De nombreux patients doivent être amputés à cause de blessures causées par des éclats d’obus. Nous soignons aussi des blessures sur d’autres parties du corps, parfois pour retirer des éclats. »

Laurent Sury, chef de la mission de Médecins Sans Frontières (MSF) au Sri Lanka, s’inquiète d’une situation de plus en plus périlleuse pour des centaines de milliers de personnes prises au piège d’une des zones « les plus dangereuses au monde ». L’ONG n’a pas accès à la région :

« On les empêche de quitter le Vanni or il est urgent aujourd’hui que ces personnes puissent sortir de là. Il faut au minimum qu’on autorise l’assistance. Là, personne n’a accès à la zone. Il n’y a ni soins, ni médicaments, ni eau, ni nourriture qui leur sont fournis. »

MSF dispose d’une équipe de 2 chirurgiens à Vavunyia, une ville au nord du pays, où ont été déplacées quelques 2000 personnes. Pour la seule semaine qui vient de s’écouler, les médecins ont soigné quelques 150 à 200 blessés de guerre.

L’espoir d’un arrêt des combats semble définitivement enterré et, sur place, la plus grande crainte est celle d’une offensive majeure de l’armée gouvernementale, pressée d’en finir.

Dans les pays où réside une importante diaspora tamoule (Royaume-Uni, Norvège), la mobilisation ne faiblit pas. A Paris, les tamouls manifestent sans relâche. Samedi, ils étaient près de 3000 a réclamer une intervention française au Sri Lanka. Quatre personnes ont entamé une grève de la faim près du Mur de la Paix, au Champ-de-Mars.

Photo : à l’hôpital de Puthumaththalan, au Sri Lanka, début mars (DR)


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