AID Association initiatives dionysiennes
Sur fond de violences

ELECTIONS LEGISLATIVES FEDERALES EN INDE

vendredi 17 avril 2009 par JMT

L’Inde a entamé jeudi son marathon d’un mois pour des élections législatives devant déboucher sur un fragile gouvernement de coalition, au moment où ce pays de 1,1 milliard d’habitants est frappé par la crise venue d’Occident et le terrorisme en Asie du Sud.

L’Inde, où des élections législatives se déroulent du 16 avril au 13 mai, est considérée comme la plus grande démocratie au monde.

Une partie du Cachemire indien votait jeudi aux élections législatives de l’Inde, sous très haute sécurité, par crainte de représailles par des groupes musulmans séparatistes.

C’est en hélicoptère que "la reine des intouchables" débarque sur une plaine écrasée de soleil au sud de New Delhi pour l’un de ses multiples meetings de campagne avant les élections législatives indiennes.

La centaine de millions d’Indiens qui votaient jeudi pour la première phase des élections législatives ont bravé la menace des multiples insurrections maoïstes, islamistes ou régionalistes qui ensanglantent le tiers du territoire indien.

L’Inde se lance jeudi dans un marathon d’un mois pour des élections législatives plus ouvertes que jamais, devant déboucher sur un fragile gouvernement de coalition, au moment où le pays est frappé par la récession en Occident et le terrorisme en Asie du Sud.

L’Inde a expérimenté mercredi avec succès un missile de courte portée Prithvi-II capable de transporter une charge nucléaire, ont indiqué des sources du ministère de la Défense.

Le procès de l’unique survivant du commando islamiste qui avait attaqué Bombay en novembre 2008 a été ajourné mercredi, quelques minutes avant son ouverture, en raison de la récusation de l’avocate de la défense, a annoncé le juge.

Le procès de l’unique survivant du commando islamiste qui avait attaqué Bombay en novembre 2008 doit s’ouvrir mercredi dans la capitale économique de l’Inde, sous très haute sécurité.

L’Inde a lancé son marathon d’un mois pour ses élections législatives

NEW DELHI (AFP) - 17/04/09 09:08

L’Inde a entamé jeudi son marathon d’un mois pour des élections législatives devant déboucher sur un fragile gouvernement de coalition, au moment où ce pays de 1,1 milliard d’habitants est frappé par la crise venue d’Occident et le terrorisme en Asie du Sud.

AFPTV :: L’Inde a lancé son marathon législatif d’un mois, devant déboucher sur un fragile gouvernement de coalition.

Vanté comme le "plus grand exercice démocratique au monde", le scrutin s’échelonnera jusqu’au 13 mai, en cinq phases, pour que 714 millions d’électeurs désignent 543 députés de l’Assemblée du peuple représentant 35 Etats et territoires de l’Union indienne.

Pour la première étape achevée à 17H00 (11H30 GMT), 60% des 143 millions d’inscrits - la population de la Russie - se sont rendus aux urnes dans 17 Etats du nord, de l’est et du sud, dont certains affectés par une extrême pauvreté ou par des rébellions maoïstes, islamistes ou régionalistes.

AFP :: Des femmes indiennes montrent leur carte d’identité dans une file devant un bureau de vote, le 16 avril 2009 à Khunti

Dans l’est, des maoïstes ont tué 19 personnes, dont 10 paramilitaires censés protéger un bureau de vote. Au Cachemire indien, en proie à une insurrection séparatiste islamiste, le scrutin s’est déroulé sous haute sécurité.

"Les élections ont été généralement paisibles", s’est félicitée la Commission électorale.

Plus de six millions de policiers, soldats et observateurs civils surveilleront pendant un mois les 828.000 bureaux de vote disséminés de Bombay à la frontière birmane et du Cachemire au Kerala.

Aux quatre coins de ce mastodonte de 1,17 milliard de citoyens - mosaïque d’ethnies, religions, castes, aux 18 langues officielles - des électeurs de tous âges et toutes conditions sociales ont fait patiemment la queue, sous un soleil de plomb.

"Comme citoyens de ce pays, nous réclamons des choses simples : de l’électricité, de l’eau et du travail pour nos jeunes", a déclaré Chotte Lal Singh Patel, 60 ans, qui votait dans la ville sainte de l’hindouisme, Bénarès, soulignant que l’Inde est travaillée par de criantes inégalités sociales.

"Pour moi, il n’y a que deux partis qui comptent", a-t-il dit.

Mais ni le Parti du Congrès au pouvoir - présidé par Sonia Gandhi, l’influente héritière de la dynastie Nehru-Gandhi -, ni l’opposition de la droite nationaliste hindoue du Parti du peuple indien (BJP) de Lal Krishna Advani, 81 ans, n’auront assez de sièges pour gouverner seul.

Photographe : Manpreet Romana AFP :: Meeting de soutien à un candidat du parti du Congrès, le 16 avril 2009 à New Delhi

Des sondages donnent toutefois le Parti du Congrès du Premier ministre Manmohan Singh, un sikh de 76 ans, devant le BJP.

Le résultat, le 16 mai, reste totalement ouvert et la formation d’un gouvernement de coalition se fera sur des alliances post-électorales "purement circonstancielles et sans cohérence idéologique" entre partis nationaux et formations régionales, prédisent des analystes.

Ainsi, la chef du gouvernement de l’Etat septentrional de l’Uttar Pradesh (182 millions d’habitants, 80 députés), l’hindoue "intouchable" Mayawati Kumari, pourrait être "la faiseuse de roi" pour le Congrès ou le BJP, voire devenir Premier ministre d’un attelage hétéroclite de petits partis.

Photographe : Pedro Ugarte AFP/Archives :: Mayawati Kumari, chef du gouvernement l’Uttar Pradesh, le 6 avril 2009 à Nuh, à 100km au sud de New Delhi

Tout se "jouera au cours d’une +sixième phase+ après le 16 mai", pronostique Yogendra Yadav, du Centre pour l’étude des sociétés en développement à New Delhi.

Le Congrès et le BJP ont eu beau faire campagne sur des enjeux nationaux - impact de la récession en Occident, lutte contre la pauvreté, infrastructures, éducation ou combat contre le terrorisme -, le vote se détermine sur des enjeux locaux, observent des politologues.

"Les partis nationaux perdent de l’influence et les partis régionaux gagnent du terrain, mais sans avoir de vision nationale", déplore l’analyste Rasheed Kidwai.

"Il faudrait pourtant un gouvernement fort qui permette à l’Inde de résister à la crise économique mondiale, à l’instabilité en Asie du Sud et à régler nos relations avec le Pakistan", gelées depuis les attentats de Bombay en novembre.

La 10e économie mondiale est en plein ralentissement et le gouvernement a le sentiment que cette puissance atomique est "au milieu d’un anneau de feu", entre un Pakistan chaotique, un Sri Lanka en guerre et un Bangladesh instable.

L’Inde, la plus grande démocratie au monde

NEW DELHI (AFP) - 16/04/09 17:04

L’Inde, où des élections législatives se déroulent du 16 avril au 13 mai, est considérée comme la plus grande démocratie au monde.

Photographe : Tauseef Mustafa AFP :: Des Indiens du Cachemire font la queue pour voter à Ajas Bandipora, le 17 novembre 2008

SITUATION GEOGRAPHIQUE : Entre la mer d’Oman à l’Ouest et le golfe du Bengale à l’Est, le littoral indien s’étend sur 7.516 km. La frontière terrestre, longue de 15.200 km, longe le Pakistan au nord-ouest, la Chine, le Népal et le Bhoutan au nord, le Bangladesh et la Birmanie au nord-est.

SUPERFICIE : 3.287.263 km2

POPULATION : 1,17 milliard d’habitants (estimation), dont 714 millions d’électeurs

CAPITALE : New Delhi

RELIGION : Hindous (80,5%), musulmans (13,5%), chrétiens (2,3%), sikhs (1,9%), bouddhistes (0,8%).

LANGUES : Hindi (officielle), anglais, et 22 autres langues reconnues.

HISTOIRE : Indépendante depuis le 15 août 1947, l’Inde est issue de la Partition de l’Empire britannique des Indes (1764-1947) entre l’Inde et le Pakistan, pays qui se livreront trois guerres (1947-1949, 1965 et 1971), dont deux pour le contrôle du Cachemire. A l’issue du troisième conflit, en décembre 1971, est créé le Bangladesh (anciennement Pakistan oriental).

L’Inde est proclamée République le 26 janvier 1950.

Depuis l’indépendance, le Parti du Congrès (centre-gauche) domine la vie politique. Jawaharlal Nehru, l’un des pères de l’indépendance avec Mahatma Gandhi, est Premier ministre de 1947 à 1964.

Sa fille, Indira Gandhi, occupe la même fonction de 1966 à 1977, et de nouveau à partir de 1980, jusqu’à son assassinat en 1984.

Son fils Rajiv qui lui succède jusqu’en 1989, est également assassiné en 1991. Les nationalistes hindous du Parti du peuple indien (BJP), puis un gouvernement de coalition, sont au pouvoir de 1996 à 2004. Le Parti du Congrès est reconduit en 2004.

Le Cachemire, contrôlé aux deux tiers par l’Inde et le reste par le Pakistan, est en proie depuis 1989 à une insurrection islamiste qui a fait 47.000 morts.

Islamabad et New Delhi ont conclu en 2003 un cessez-le-feu le long d’une frontière, dite Ligne de Contrôle, entre les deux Cachemire. L’Inde impute les attentats de Bombay de novembre 2008 au Lashkar-e-Taïba, groupe islamiste basé au Pakistan.

REGIME POLITIQUE : République fédérale de 28 Etats et 7 territoires. Parlement bicaméral.

Le 21 juillet 2007, Pratibha Patil devient la première présidente de l’Inde, un poste honorifique. Le Premier ministre Manmohan Singh, 76 ans, dirige depuis mai 2004 un gouvernement de coalition de centre-gauche emmené par le Parti du Congrès, présidé par Sonia Gandhi, la veuve de Rajiv. Le principal parti d’opposition, le Bharatiya Janata Party (BJP, droite hindoue) est présidé par Lal Krishna Advani, 81 ans.

ECONOMIE :

L’économie indienne est violemment frappée par la crise mondiale. Son taux de croissance moyen de 9% depuis quatre ans devrait plafonner à 6% ou 7% pour 2008-2009, son plus mauvais chiffre depuis 2003.

Le taux d’inflation est tombé en mars à près de 0%, alimentant les craintes de déflation pour la dixième économie mondiale. 455 millions d’Indiens vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

PNB/hab : 950 USD (2007, Banque mondiale)

DETTE EXTERIEURE : 153,075 milliards USD (2006, Banque mondiale)

DEFENSE : 1.288.000 hommes et 1.300.586 paramilitaires selon l’Institut international des études stratégiques 2008 (IISS).

Le Cachemire indien vote sous très haute sécurité

JAMMU (AFP) - 16/04/09 17:03

Une partie du Cachemire indien votait jeudi aux élections législatives de l’Inde, sous très haute sécurité, par crainte de représailles par des groupes musulmans séparatistes.

Photographe : Rouf Bhat AFP/Archives :: Le dirigeant cachemiri séparatiste Sajad Lone, du Jammu and Kashmir People’s Conference, le 11 avril 2009

Pour parer à toute violence, le scrutin dans l’Etat indien du Jammu-et-Cachemire se déroulera en cinq phases, suivant le rythme des élections dans tout le pays qui s’échelonneront jusqu’au 13 mai.

Jeudi, les bureaux de vote ont ouvert dans la capitale d’hiver du Cachemire indien, Jammu, et dans les départements de Rajouri et Poonch frontaliers du Cachemire pakistanais.

Des dizaines de milliers de soldats, paramilitaires et policiers ont été déployés autour des bureaux de vote.

Photographe : Tauseef Mustafa AFP :: Fouille de badauds dans les rues de Jammu, le 15 avril 2009, à la veille des élections

"Les élections sont toujours des cibles de choix pour les militants islamistes. Nous sommes sommes convaincus qu’ils tenteront de perturber le processus électoral", a déclaré le Premier ministre de l’Etat fédéré indien, Omar Abdullah.

Ce musulman pro-indien de 38 ans est au pouvoir au Cachemire indien depuis sa victoire en décembre lors d’élections régionales, qui avaient pourtant été boycottées par des groupes islamistes séparatistes. Ces mêmes organisations, notamment le Hizbul Moudjahidin, ont de nouveau appelé au boycottage du scrutin législatif et qualifié de "traîtres" ceux qui y participeraient.

En revanche, un dirigeant cachemiri séparatiste a déclenché un mini-séisme politique la semaine dernière en annonçant qu’il serait candidat dans l’une des six circonscriptions du nord du Cachemire indien.

"Se battre aux élections est un changement de stratégie, pas d’idéologie", avait dit Sajad Lone en s’attirant les foudres d’autres indépendantistes.

Le Cachemire indien, à majorité musulmane, est le théâtre de violences depuis le déclenchement en 1989 d’une insurrection séparatiste récupérée par des groupes armés islamistes venus pour la plupart du Cachemire pakistanais et qui se battent contre "l’occupation indienne".

Une frontière de facto, dite Ligne de Contrôle (LoC) sépare depuis 1949 le Cachemire indien du Cachemire pakistanais.

Quelque 47.000 personnes ont été tuées à cause de ce conflit en 20 ans.

Elections en Inde : la "reine des intouchables" rêve d’être Premier ministre

NUH (AFP) - 16/04/09 16:47

C’est en hélicoptère que "la reine des intouchables" débarque sur une plaine écrasée de soleil au sud de New Delhi pour l’un de ses multiples meetings de campagne avant les élections législatives indiennes.

Photographe : Pedro Ugarte AFP/Archives :: Mayawati Kumari, chef du Bahujan Samaj Party, le 6 avril 2009 à Nuh, à 100 km de Delhi

Dans la bourgade de Nuh, à 100 km de la capitale indienne, des milliers d’hindous et musulmans pauvres sont venus voir et écouter Mayawati Kumari, une "dalit" ou "intouchable", qui leur promet de "changer leur destin" si elle devient Premier ministre à l’issue du scrutin s’échelonnant du 16 avril au 13 mai.

"Mes frères et soeurs, je vous implore de ne pas voter pour le Congrès et le BJP qui ne servent que les riches, négligent et trompent toujours les pauvres !", attaque la dirigeante à l’adresse d’hommes vêtus d’une kurta blanche et coiffés d’un turban, séparés de leurs épouses en sari regroupées dans un coin avec les enfants.

A 53 ans, la chef du Bahujan Samaj Party (BSP, le Parti de la société dalit) et chef du gouvernement depuis 1995 de l’Etat de l’Uttar Pradesh (nord, 182 millions d’habitants), pourrait mettre en difficulté le Parti du Congrès au pouvoir et l’opposition nationaliste hindou du Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien).

Compte tenu de l’éclatement du paysage politique national indien, du poids des partis régionaux et des jeux d’alliances après le scrutin, cette ancienne institutrice pourrait même accéder au poste de Premier ministre de l’Union fédérale indienne.

Ce serait une première, même si la "plus grande démocratie du monde" a déjà eu pour président de la République l’"intouchable" K.R. Narayanan.

Ces élections "nous offrent une chance de changer notre destin", lance Mayawati à 5.000 partisans qui l’attendaient depuis des heures sous des dais surchauffés.

Photographe : Pedro Ugarte AFP/Archives :: Des partisans de Mayawati Kumari, le 6 avril 2009 à Nuh, à 100km de New Delhi

Les Indiens "dalits" —considérés comme des citoyens "hors castes" ou appartenant aux castes les plus basses— sont 165 millions sur 1,17 milliard d’habitants et se plaignent d’obstacles sur le marché du travail, du logement ou pour l’éducation.

Violences et vexations sont fréquentes en Inde contre les hindous de castes inférieures bien que les textes proscrivent toute discrimination fondée sur l’appartenance à une caste. L’"intouchabilité" a été formellement abolie dans la Constitution indienne du 26 janvier 1950, mais l’ONU avait jugé en 2007 que "de facto, la ségrégation persistait".

"Nous sommes pauvres et opprimés. Nous avons besoin d’argent et de travail pour survivre", se lamente Ravinder, un "dalit" âgé de 20 ans.

Après avoir vu Mayawati à la télévision, Sona, une "intouchable" quadragénaire est elle aussi venue boire les paroles de son idole qui "promet des emplois aux basses castes".

Photographe : Pedro Ugarte AFP :: Des femmes lors d’un rassemblement en faveur de Mayawati Kumari, le 6 avril 2009 à Nuh, à 100km au sud de Delhi

"Aucun gouvernement n’a jamais rien fait pour nous", dénonce-t-elle, alors que l’Inde applique depuis des décennies une politique de quotas en faveur des castes inférieures.

"Soeur" Mayawati, ou la "reine des +dalits+" comme on la surnomme, est née en 1956 dans une famille de tanneurs de cuir près de Delhi. Elle est repérée dans les années 1980 par le président du BSP, Kanshi Ram, qui la convainc d’entrer en politique parce qu’elle "née pour diriger, pas pour servir".

"Elle nous ressemble, comprend nos problèmes et sait ce que c’est qu’être pauvre", assure Somvati, une chiffonnière souffrant de cataracte et mère de six enfants.

Malgré des accusations dans la presse de corruption et d’enrichissement personnel, la popularité de Mayawati ne se dément pas.

Pour être réélue en 2007 dans l’Uttar Pradesh, elle avait élargi sa base électorale en séduisant les hindous des hautes castes —des brahmanes— et des musulmans.

Elle compte appliquer la même recette pour s’installer à la tête de l’Inde.

Des maoïstes aux régionalistes, voter malgré les menaces d’insurrections

RANCHI (AFP) - 16/04/09 16:24

La centaine de millions d’Indiens qui votaient jeudi pour la première phase des élections législatives ont bravé la menace des multiples insurrections maoïstes, islamistes ou régionalistes qui ensanglantent le tiers du territoire indien.

Photographe : Manpreet Romana AFP/Archives :: Des paramilitaires en patrouille dans le district de Dantewada, touché par les rebelles maoïstes, le 20 ajnvier 2008

Au moins 15 des 28 Etats fédérés de l’Union indienne, sur un corridor courant de l’est au sud-est du sous-continent, sont confrontés depuis 1967 à des poches de rébellions maoïstes. Au total, 165 des 600 départements du pays seraient, à des degrés divers, sous l’influence de ces guérilleros d’extrême-gauche, que les Indiens appellent les "naxalites".

Ils constituent la plus grande menace pour la sécurité nationale, avait averti, en 2006, le Premier ministre Manmohan Singh, qui espère être reconduit à l’issue des législatives, échelonnées en cinq phases jusqu’au 13 mai.

Photographe : Biju Boro AFP/Archives :: Evacuation d’un blessé après une explosion près du tribunal de Guwahati, dans l’Etat de l’Assam, le 30 octobre 2008

A l’occasion du lancement de la première étape jeudi, pour laquelle 143 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, des maoïstes ont tué 18 personnes (dix paramilitaires, trois civils et cinq responsables électoraux) lors d’attaques audacieuses dans les Etats du Jharkhand et du Chhattisgarh (est), berceaux de l’insurrection, et au Bihar voisin.

En 2007, les violences liées aux rébellions maoïstes avaient fait plus de 800 morts en Inde.

Le mouvement maoïste indien compte officiellement 9.300 combattants répartis en une myriade de groupuscules.

L’un des plus puissants est le Parti communiste de l’Inde-Maoïste (PCI-M), clandestin et créé en 2004 par la fusion de deux organisations. Ce parti, qui a appelé au boycottage des législatives, avait assassiné en mars 2007 un député du Jharkhand qui siégeait à l’Assemblée à New Delhi.

Les rebelles, quand on peut exceptionnellement les approcher, disent mener la lutte armée contre de grands propriétaires terriens et les sociétés exploitant des minerais, pour défendre les paysans sans terre et les tribus.

Toutes les tentatives du pouvoir fédéral pour sceller un accord de paix ont échoué.

Le Cachemire indien (nord) est lui aussi secoué depuis 1989 par une insurrection séparatiste récupérée par des groupes armés islamistes venus pour la plupart du Cachemire pakistanais et qui combattent "l’occupation indienne".

Le conflit a fait officiellement 47.000 morts.

Une partie de cet Etat indien du Jammu-et-Cachemire votait jeudi sous les yeux de dizaines de milliers de soldats, paramilitaires et policiers, déployés par crainte de représailles des musulmans séparatistes.

"Les élections sont toujours des cibles de choix pour les militants islamistes. Nous sommes convaincus qu’ils tenteront de perturber le processus électoral", a prévenu le Premier ministre de l’Etat fédéré, Omar Abdullah, un jeune musulman pro-indien.

Tous les scrutins au Cachemire indien sont boycottés par des cellules islamistes indépendantistes, en particulier le Hizbul Moudjahidin qui a qualifié de "traîtres" ceux qui voteraient aux législatives.

Photographe : Sajjad Qayyum AFP :: Syed Salahuddin, chef du groupe Hizbul Moudjahidin, le 4 février 2009 à Muzaffarabad

Par ailleurs, depuis l’indépendance de l’Inde le 15 août 1947, des Etats du nord-est, séparés du reste du pays par le Bangladesh, sont meurtris par des guérillas autonomistes ou indépendantistes.

Les Etats de Manipur, Nagaland, Assam, Meghalaya, Tripura et Mizoram sont le théâtre de mouvements séparatistes et de violences intercommunautaires qui ont fait 50.000 morts en 62 ans, selon des estimations officielles.

Dans l’Assam, ensanglanté depuis 1979 par les indépendantistes du Front de libération de l’Asom (ULFA), les violences, attentats et répressions des autorités ont tué entre 10.000 et 20.000 personnes.

Photographe : Noah Seelam AFP :: Un soldat en arme près d’un bureau de vote d’Hyderabad, le 16 avril 2009

Près de 40.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés dans le nord-est pour les élections. Pendant la campagne, explosions, sabotages et embuscades ont fait 15 morts et 100 blessés.

L’Inde se lance dans un marathon d’un mois pour ses élections législatives

NEW DELHI (AFP) - 15/04/09 15:57

L’Inde se lance jeudi dans un marathon d’un mois pour des élections législatives plus ouvertes que jamais, devant déboucher sur un fragile gouvernement de coalition, au moment où le pays est frappé par la récession en Occident et le terrorisme en Asie du Sud.

AFP/Infographie :: Présentation des élections législatives indiennes

Vanté comme le "plus grand exercice démocratique au monde", le scrutin se déroulera en cinq phases jusqu’au 13 mai pour désigner 543 députés de l’Assemblée du peuple représentant 28 Etats et sept territoires de l’Union indienne.

Ce mastodonte de 1,17 milliard d’habitants devra réussir l’exploit de faire voter 714 millions de citoyens —encadrés par 6,1 millions de membres des forces de l’ordre et observateurs— de Bombay à la frontière birmane et du Cachemire, dans le nord, à la pointe sud du Kerala.

Jeudi dès 07H00 (01H30 GMT), 124 circonscriptions sont soumises à 140 millions d’électeurs d’Etats du nord et de l’est, dont certains affectés par une extrême pauvreté ou par des insurrections de maoïstes, d’islamistes ou de tribus.

Dans cette Inde totalement fragmentée, le Premier ministre Manmohan Singh, un sikh de 76 ans, incarne bien le visage de ce maelström d’ethnies, cultures et castes, aux 18 langues officielles, composant probablement la société la plus complexe de la planète.

Devenu en 62 ans d’indépendance une puissance atomique et la dixième économie mondiale, ce poids lourd est aussi travaillé par de criantes inégalités sociales et des tensions religieuses entre hindous (80,5%), musulmans (13,5%), chrétiens (2,3%) et sikhs (1,9%).

Ni le Parti du Congrès de M. Singh —présidé par Sonia Gandhi, l’influente héritière de la dynastie Nehru-Gandhi— ni l’opposition de la droite nationaliste hindoue du Parti du peuple indien (BJP) de Lal Krishna Advani, 81 ans, n’auront assez de sièges pour gouverner seul.

AFP/Infographie Photographe : Manpreet Romana AFP :: Des affiches électorales du Parti du peuple indien (BJP) et du Parti du Congrès, le 15 avril 2009 à New Delhi

Des sondages donnent toutefois le Congrès devant le BJP.

Le résultat, le 16 mai, reste plus incertain que jamais et la formation d’un gouvernement de coalition se fera sur des alliances post-électorales "purement circonstancielles et sans cohérence idéologique" entre partis nationaux et formations régionales, prédisent des analystes.

Tout se "jouera au cours d’une +sixième phase+ après le 16 mai", pronostique Yogendra Yadav, du Centre pour l’étude des sociétés en développement à New Delhi.

Comme "l’électorat et l’échiquier politique sont complètement éclatés (...) les partis régionaux ont la haute main sur ces élections", complète Gilles Verniers, de l’Institut d’études politiques de Paris.

Ainsi, la chef du gouvernement de l’Etat septentrional de l’Uttar Pradesh (182 millions d’habitants, 80 sièges à l’Assemblée), l’hindoue "intouchable" Mayawati Kumari et son Parti de la société dalit pourrait être "la faiseuse de roi" pour le Congrès ou le BJP, voire devenir Premier ministre d’un attelage hétéroclite de petits partis.

Le Congrès et le BJP ont eu beau faire campagne sur des questions d’intérêt national —impact de la récession en Occident, lutte contre la pauvreté, infrastructures, éducation ou combat contre le terrorisme— "ce sont des enjeux locaux qui déterminent le vote", analyse M. Verniers.

"Le résultat national sera le produit des 28 scènes électorales régionales des 28 Etats indiens", dit-il.

L’Inde, pourtant, a besoin d’un "pouvoir solide et expérimenté", s’inquiète l’analyste Neerja Chowdhury, au moment où son économie ralentit et où elle est meurtrie par le terrorisme régional, comme en novembre lors des attentats de Bombay imputés à un groupe islamiste pakistanais.

Brandissant le spectre du terrorisme, M. Advani a prévenu que "cela n’était plus qu’une question de temps avant que les talibans n’atteignent les frontières de l’Inde", allusion aux fondamentalistes armés qui se renforcent au Pakistan voisin.

L’Inde teste un missile à capacité nucléaire

BHUBANESWAR (AFP) - 15/04/09 11:30

L’Inde a expérimenté mercredi avec succès un missile de courte portée Prithvi-II capable de transporter une charge nucléaire, ont indiqué des sources du ministère de la Défense.

Photographe : Prakash Singh AFP :: Le ministre de la Défense indien A. K. Antony à New Delhi le 16 décembre 2008

Le missile a été tiré depuis le site de Chandipur-on-Sea, dans l’Etat de l’Orissa (est), selon ces sources.

Le missile, long de 8,5 mètres, a une portée de 250 km et peut transporter de petites ogives conventionnelles et nucléaires.

Il avait été expérimenté pour la première fois en février 1988.

L’Inde, qui a procédé à son premier essai atomique en 1974 et s’est déclarée puissance nucléaire en 1998, a lancé un ambitieux programme en 1983 pour produire elle-même ses missiles. Elle a déjà développé et déployé deux engins balistiques à capacité nucléaire (Agni et Prithvi).

Elle entend couronner son programme avec un missile balistique d’une portée de 5.000 km baptisé Surya (Soleil) pour se donner la capacité de frapper au-delà de l’Asie du Sud.

Inde : ajournement du procès d’un auteur des attentats de Bombay

BOMBAY (AFP) - 15/04/09 09:37

Le procès de l’unique survivant du commando islamiste qui avait attaqué Bombay en novembre 2008 a été ajourné mercredi, quelques minutes avant son ouverture, en raison de la récusation de l’avocate de la défense, a annoncé le juge.

Photographe : Pal Pillai AFP/Archives :: Le Taj Hotel en feu à Bombay le 26 novembre 2008

Inde : procès de l’unique survivant du commando des attentats de Bombay

BOMBAY (AFP) - 15/04/09 07:29

Le procès de l’unique survivant du commando islamiste qui avait attaqué Bombay en novembre 2008 doit s’ouvrir mercredi dans la capitale économique de l’Inde, sous très haute sécurité.

Photographe : AFP/HO AFP/Archives :: Photo fournie le 1er décembre 2008 par la police de Ajmal Amir Iman hospitalisé à Bombay

Mohammed Ajmal Amir Iman, alias "Kasab", un Pakistanais de 21 ans, est en détention préventive en Inde depuis les attentats de Bombay perpétrés du 26 au 29 novembre (174 tués, dont neuf des dix assaillants).

Arrêté après avoir commis un carnage dans la gare de la mégapole, il est inculpé pour "actes de guerre contre le pays", meurtres et tentatives de meurtres et violation de la législation sur les armes et les explosifs.

Il encourt la peine de mort.

Les auteurs de ce "11-Septembre indien" avaient "l’intention manifeste de déstabiliser l’Inde, de mener une guerre contre le pays, de terroriser ses citoyens, de provoquer des pertes financières et de lancer un avertissement à d’autres nations", détaille l’acte d’accusation.

L’Inde, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne imputent ces attaques au Lashkar-e-Taïba (LeT), un groupe islamiste armé clandestin pakistanais, actif au Cachemire.

New Delhi dénonce en outre la complicité de services de renseignements militaires pakistanais (Inter-services intelligence, ISI). Le LeT et Islamabad ont nié, mais le Pakistan a admis que le complot avait été "en partie" ourdi sur son sol.

Début avril, une avocate indienne, Anjali Waghmare, avait accepté de défendre M. Iman, en dépit de pressions dont elle est l’objet par des extrémistes hindous.

Photographe : Indranil Mukherjee AFP :: Anjali Waghmare l’avocate de Amir Iman, escortée par des policiers à la sortie de son domicile le 31 mars 2009 à Bombay

Le tribunal spécial dans la prison Arthur Road, déjà utilisé pour le procès en 2007 des attentats de Bombay du 12 mars 1993 (257 morts) est particulièrement surveillé. Un tunnel blindé a été construit entre le prétoire et la cellule de M. Iman.

La circulation sera interdite autour de la prison pendant les six mois d’audiences, au cours desquelles 2.000 témoins devraient défiler. Il n’y a qu’un juge et pas de jurés. Deux autres hommes sont poursuivis : les Indiens Fahim Ansari, 35 ans, et Sabauddin Ahmed, 24 ans, pour avoir apporté leur soutien logistique au commando avant les attaques.

Infographies

Marathon électoral en Inde

Graphique interactif sur le scrutin législatif en Inde qui débute jeudi et se déroule en cinq phases jusqu’au 13 mai pour désigner 543 députés de l’Assemblée du peuple représentant 28 Etats et sept territoires de l’Union indienne.


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