AID Association initiatives dionysiennes
De l’Atlantique.....aux Carpathes.....

OTAN : 60 ans et de plus en plus de dents !

Désormais 28 pays membres

vendredi 3 avril 2009 par JMT

Deux gendarmes ont été légèrement blessés vendredi lors d’affrontements avec des dizaines de militants anti-Otan dans la banlieue de Strasbourg, a annoncé la gendarmerie, tandis que les accrochages se multipliaient en début de soirée.

Le président américain Barack Obama a exhorté vendredi en France les Européens à contribuer davantage à la guerre en Afghanistan, affirmant que la menace d’Al-Qaïda était plus immédiate pour eux que pour les Etats-Unis.

Al-Qaïda menace aujourd’hui plus directement l’Europe que les Etats-Unis, a mis en garde Barack Obama à Strasbourg, en appelant à une plus grande implication des Européens en Afghanistan. Mais la plupart des Européens préfèrent se concentrer sur la formation de la police et d’une gendarmerie afghanes.

Qu’est-ce que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, dont le sommet se déroule à Strasbourg et à Kehl jusqu’à samedi ? Les réponses avec LCI.fr.

Le retour de la France dans le commandement militaire marque la fin de 43 ans de relations tumultueuses. En 1966, le Général de Gaulle avait provoqué un "clash" en exigeant le départ des troupes américaines stationnées dans l’Hexagone.

Organisation du traité de l’Atlantique Nord

Article sur Wikipédia

Heurts au village anti-Otan : deux gendarmes légèrement blessés

AFP - vendredi 3 avril 2009, 20h12

Deux gendarmes ont été légèrement blessés vendredi lors d’affrontements avec des dizaines de militants anti-Otan dans la banlieue de Strasbourg, a annoncé la gendarmerie, tandis que les accrochages se multipliaient en début de soirée.

Les gendarmes blessés qui appartiennent au service de production audiovisuelle de la gendarmerie ont été atteints par un tir de pétard ou de fusée aux abords du village autogéré des anti-Otan. Ils ont été transférés à l’hôpital de Hautepierre dans la périphérie de Strasbourg, mais leur état n’inspire pas d’inquiétude.

L’un souffre d’un traumatisme sonore et le second de brûlures et contusions multiples aux membres inférieurs. Ils devraient subir une incapacité de travailler de plusieurs jours, selon la même source.

Ils ont été la cible de tirs de pétards et de pierres peu après 16h00 de la part de jeunes encagoulés et non identifiés alors que, munis de caméras, ils progressaient derrière des gendarmes mobiles, selon cette source.

D’après le porte-parole d’un groupe anti-Otan interrogé par l’AFP, tout est parti des convois de clowns refoulés vers le campement, alors qu’ils tentaient de se rapprocher du centre de Strasbourg. Les gendarmes auraient envoyé des grenades lacrymogènes sur les clowns et la situation aurait dégénéré.

Une centaine de jeunes gens ont alors érigé à l’entrée du campement une barricade avec des poubelles, des conteneurs et des poteaux en bois qu’ils ont enflammés. Ils ont ensuite jeté des galets et des poteaux enflammés sur les gendarmes qui ont répliqué à coup de lances à eau et de gaz lacrymogènes.

Obama exhorte les Européens à en faire plus pour combattre le terrorisme

AFP - vendredi 3 avril 2009, 18h42

Le président américain Barack Obama a exhorté vendredi en France les Européens à contribuer davantage à la guerre en Afghanistan, affirmant que la menace d’Al-Qaïda était plus immédiate pour eux que pour les Etats-Unis.

A quelques heures d’un sommet de l’Otan qui devrait être centré sur l’Afghanistan, M. Obama a appelé les pays européens de l’Alliance atlantique à se porter davantage en première ligne.

Le président américain a dévoilé la semaine dernière une nouvelle stratégie contre les talibans et leurs alliés d’Al-Qaïda.

Cette stratégie "aura une composante militaire et l’Europe ne devrait pas s’attendre à ce que les Etats-Unis portent seuls ce fardeau", a-t-il déclaré devant des milliers de personnes rassemblées dans un grand gymnase de Strasbourg, dans l’est de la France.

"C’est un problème qui nous est commun. Et il nécessite un effort conjoint", a-t-il ajouté, dans sa première rencontre avec des citoyens européens qui restent très sceptiques sur la nécessité de cette guerre.

En raison de la proximité de ses bases arrières en Afghanistan et au Pakistan, "il est probablement plus vraisemblable qu’Al-Qaïda lance une grave attaque terroriste en Europe qu’aux Etats-Unis", a mis en garde M. Obama, dans une conférence de presse conjointe avec le président français Nicolas Sarkozy.

"Nous soutenons complètement la stratégie américaine en Afghanistan", a répondu M. Sarkozy, tout en répétant qu’il n’y aurait pas davantage de renforts militaires français. Mais, a-t-il ajouté, "nous sommes prêts à faire davantage sur le plan de la police, de la gendarmerie, sur le plan de l’aide économique pour former des Afghans et pour l’Afghanisation".

Les Etats-Unis ont annoncé l’envoi de 21.000 militaires supplémentaires dans ce pays et une aide civile accrue. M. Obama pourrait encore décider d’envoyer 10.000 hommes de plus.

L’Otan, déployée depuis 2003 en Afghanistan où elle commande désormais 61.000 soldats, n’a pas réussi à endiguer les attaques de plus en plus meurtrières des talibans.

Pour garantir la sécurité de la présidentielle afghane prévue en août, les dirigeants de l’Alliance, qui fête vendredi et samedi son 60e anniversaire, devraient annoncer l’envoi de quatre bataillons —entre 3.000 et 4.000 hommes— réclamés par leurs chefs militaires.

Mais, comme la France, la plupart des Européens préfèrent se concentrer sur la formation de la police et d’une gendarmerie afghanes. La chancelière allemande Angela Merkel, qui devait accueillir M. Obama dans l’après-midi à Baden-Baden de l’autre côté de la frontière, est sur la même ligne.

Le dossier afghan dominera les discussions au dîner inaugural du sommet des 28 dirigeants de l’Otan à Baden-Baden mais M. Obama recherche manifestement l’harmonie avec les alliés.

Il a rendu un hommage appuyé au président français, saluant le "rôle de leadership extraordinaire" de Paris. Dans sa rencontre avec les Strasbourgeois, il a regretté la "dérive" entre Européens et Américains au cours des dernières années, dénonçant à la fois la condescendance américaine vis-à-vis de leurs alliés et l’anti-américanisme insidieux des Européens.

A Baden-Baden, les dirigeants évoqueront aussi les relations en dents de scie qu’entretient l’Otan avec le difficile partenaire qu’est la Russie.

Samedi matin, lors de la partie officielle du sommet à Strasbourg, ils doivent aussi lancer la réflexion sur les défis stratégiques nouveaux auxquels l’Alliance devra s’adapter, comme la guerre cybernétique, la sécurité de l’approvisionnement énergétique et les conséquences des changements climatiques.

Ces travaux dureront plus d’un an. Mais le conseiller à la sécurité nationale du président américain, le général James Jones, a lancé un pavé dans la mare en se prononçant pour que l’Otan ne soit plus une alliance "réactive" mais soit désormais apte à prévenir les conflits.

Une conception de l’Otan "gendarme du monde" qui contredit celle de nombreux Européens, France et Allemagne en tête.

Otan - Obama exhorte l’Europe à faire plus contre le terrorisme

le 03/04/2009 - 18h46

Al-Qaïda menace aujourd’hui plus directement l’Europe que les Etats-Unis, a mis en garde Barack Obama à Strasbourg, en appelant à une plus grande implication des Européens en Afghanistan. Mais la plupart des Européens préfèrent se concentrer sur la formation de la police et d’une gendarmerie afghanes.

Crédit Photo : TF1/LCI Conférence de presse commune de Barack Obama et Nicolas Sarkozy à Strasbourg (3 avril 2009)

Au menu des discussions au dîner inaugural du sommet des 28 dirigeants de l’Alliance atlantique à Baden-Baden, un dossier épineux : celui de l’Afghanistan.

Déployée depuis 2003 dans ce pays où elle commande désormais 61.000 soldats, l’Otan n’a pas réussi à endiguer les attaques de plus en plus meurtrières des talibans.

Pour garantir la sécurité de la présidentielle afghane prévue en août, les dirigeants de l’Alliance devraient annoncer l’envoi de quatre bataillons - entre 3000 et 4000 hommes - réclamés par leurs chefs militaires.

Mais, comme la France, la plupart des Européens préfèrent se concentrer sur la formation de la police et d’une gendarmerie afghanes. Aussi, à quelques heures d’un sommet de l’Otan qui devrait être centré sur l’Afghanistan, Barack Obama a-t-il appelé les pays européens de l’Alliance atlantique à se porter davantage en première ligne.

Le président américain a dévoilé la semaine dernière une nouvelle stratégie contre les talibans et leurs alliés d’Al-Qaïda. Les Etats-Unis ont annoncé l’envoi de 21.000 militaires supplémentaires dans ce pays et une aide civile accrue.

Barack Obama pourrait encore décider d’envoyer 10.000 hommes de plus. Mais "l’Europe ne devrait pas s’attendre à ce que les Etats-Unis portent seuls ce fardeau", a déclaré Barack Obama devant des milliers de personnes rassemblées dans un grand gymnase de Strasbourg, dans l’est de la France. "C’est un problème qui nous est commun.

Et il nécessite un effort conjoint", a-t-il ajouté, dans sa première rencontre avec des citoyens européens qui restent très sceptiques sur la nécessité de cette guerre.

En raison de la proximité de ses bases arrières en Afghanistan et au Pakistan, "il est probablement plus vraisemblable qu’Al-Qaïda lance une grave attaque terroriste en Europe qu’aux Etats-Unis", a mis en garde Barack Obama, dans une conférence de presse conjointe avec Nicolas Sarkozy.

Le dossier afghan au coeur des discussions

"Nous soutenons complètement la stratégie américaine en Afghanistan", a répondu le chef de l’Etat français, tout en répétant qu’il n’y aurait pas davantage de renforts militaires français. développement (lire la vidéo : "l’intégralité de la conférence de presse Sarkozy-Obama").

Mais, a-t-il ajouté, "nous sommes prêts à faire davantage sur le plan de la police, de la gendarmerie, sur le plan de l’aide économique pour former des Afghans et pour l’afghanisation".

La chancelière allemande Angela Merkel, qui accueillait Barack Obama dans l’après-midi à Baden-Baden de l’autre côté de la frontière, est sur la même ligne.

Si les discussions sur le dossier afghan sont difficiles, Barack Obama recherche manifestement l’harmonie avec les alliés. Il a rendu un hommage appuyé au président français, saluant le "rôle de leadership extraordinaire" de Paris.

Dans sa rencontre avec les Strasbourgeois, il a regretté la "dérive" entre Européens et Américains au cours des dernières années, dénonçant à la fois la condescendance américaine vis-à-vis de leurs alliés et l’anti-américanisme insidieux des Européens.

A Baden-Baden, les dirigeants évoqueront aussi les relations en dents de scie qu’entretient l’Otan avec le difficile partenaire qu’est la Russie.

Samedi matin, lors de la partie officielle du sommet à Strasbourg, ils doivent aussi lancer la réflexion sur les défis stratégiques nouveaux auxquels l’Alliance devra s’adapter, comme la guerre cybernétique, la sécurité de l’approvisionnement énergétique et les conséquences des changements climatiques.

D’après agence

Otan - L’Alliance atlantique, c’est quoi ?

Fabrice AUBERT - le 03/04/2009 - 09h30

Qu’est-ce que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, dont le sommet se déroule à Strasbourg et à Kehl jusqu’à samedi ? Les réponses avec LCI.fr.

Crédit Photo : Reuters Un soldat hongrois de l’Otan.

Qu’est-ce que l’Otan ?

Son sigle signifie Organisation du traité de l’Atlantique du Nord (en anglais, Nato). L’Otan est donc l’organisation militaire commune de défense de l’"alliance atlantique".

Elle a été créée le 4 avril 1949, sous l’impulsion des Etats-Unis - le sommet de Strasbourg-Kehl, le premier ayant lieu dans deux pays différents, célèbre ainsi le soixantenaire de l’institution.

Douze pays participent à la fondation de l’Otan : Etats-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Belgique, Danemark, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal.

A l’époque, en pleine Guerre Froide, il s’agit alors de contrer la menace soviétique sur le principe de la solidarité mutuelle entre tous ses membres : l’article 5 stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée come une attaque contre tous.

Dans les faits, les Etats-Unis servent alors de "protecteur" -et de chef- aux pays d’Europe de l’Ouest face à ceux du bloc de l’Est mené par l’URSS.

Au fil des ans, l’Otan s’agrandit avec les adhésions de la Grèce et la Turquie en 1952, puis celle de la République fédérale allemande (RFA) en 1955 et enfin celle de l’Espagne en 1982. Entre-temps, les pays de l’Est créent leur équivalent de l’Otan avec le Pacte de Varsovie.

Qui fait partie de l’Otan aujourd’hui ?

Au fur et à mesure de la chute du bloc communiste et de l’explosion du Pacte de Varsovie, l’Otan, contredisant sa promesse faite en 1990 à ce qui était encore l’Union soviétique lors de la réunification allemande, s’est ouverte à plusieurs pays d’Europe de l’Est, autrefois république de l’URSS ou "satellites" de Moscou : Pologne, Hongrie, République tchèque (1999), puis Lituanie, Estonie, Lettonie, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie (2004). L’Albanie et la Croatie ayant finalisé leur adhésion mercredi, elle compte donc 28 pays aujourd’hui.

A la grande fureur de la Russie, qui voit tous ses anciens "protégés" passés petit à petit du côté américain, l’Ukraine et la Géorgie sont aussi candidats.

Comment fonctionne l’Otan ?

L’Otan possède deux commandements :

- le premier -le Conseil de l’Atlantique Nord- est politique et prend les principales décisions à l’unanimité, notamment celle d’intervenir ou pas dans un pays. Il est dirigé par un secrétaire général installé à Bruxelles. Son actuel patron, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, devrait être remplacé lors du sommet par le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen.

- le second, baptisé Commandement allié des opérations (Shape, en anglais), est militaire. Son siège est à Mons, en Belgique. C’est ce commandement militaire intégré que la France avait quitté en 1966 sous l’impulsion du général de Gaulle -tout en restant dans le commandement politique et en participant aux opérations militaires- et que Nicolas Sarkozy a décidé de rejoindre en 2009. Comme l’indique son nom, c’est lui qui gère les opérations sur le terrain.

Quel est le rôle de l’Otan aujourd’hui ?

Elle continue bien sûr de faire contre-poids à la Russie en Europe, ce qui ne manque pas de créer de vives tensions entre la Maison-Blanche et le Kremlin.

Néanmoins, depuis la chute de l’URSS, l’Organisation s’est adaptée et a "diversifié" ses missions au delà de l’article 5 d’origine. Dans les années 90, elle est par exemple intervenue militairement en Bosnie-Herzégovine puis au Kosovo pour mettre fin aux guerres créées par l’éclatement de l’ex-Yougoslavie avant d’assurer des missions de maintien de la paix.

Symbole de son évolution face aux menaces du 21 siècle après le 11-Septembre 2001 (la seule fois où l’article 5 a été utilisé), la principale mission actuelle de l’Otan a lieu en dehors du cadre géographique euroatlantique.

Il s’agit de l’Afghanistan où elle combat, sous mandat de l’Onu, les talibans et Al-Qaïda. La Fias (Force internationale d’assistance et de sécurité), ou Isaf en anglais, compte environ 61.000 hommes (dont certains appartiennent à des pays extérieurs à l’Otan), pour moitié américains. 2.780 soldats français y sont déployés.

Barack Obama souhaite augmenter ces contingents et devrait réclamer l’envoi de renforts à ses partenaires lors du sommet. L’Afghanistan sera en effet le principal sujet des discussions de Strasbourg-Kehl, avant même les relations avec la Russie et l’évolution de l’organisation.

Otan - Avec la France, 43 ans de tension

Sylviane MOUKHEIBER - le 01/04/2009 - 17h07

Le retour de la France dans le commandement militaire marque la fin de 43 ans de relations tumultueuses. En 1966, le Général de Gaulle avait provoqué un "clash" en exigeant le départ des troupes américaines stationnées dans l’Hexagone.

Crédit Photo : AFP 1967 : un homme pose devant la base de l’Otan de Chateauroux, évacuée par les soldats américains quelques semaines plus tôt.

Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, la France réintègre donc à l’occasion du sommet de Strasbourg-Kehl le commandement militaire de l’Alliance atlantique.

Le chef de l’Etat estime en effet qu’il est temps de normaliser les relations avec l’organisation et que la France, qui en fut l’un des fondateurs en 1949, y retrouve " toute sa place".

Il fait notamment remarquer que Paris doit avoir son mot à dire sur la stratégie d’une Alliance dont il partage toutes les opérations militaires depuis 1995, de la Bosnie au Kosovo en passant par l’Afghanistan.

Cette décision met fin à 43 ans d’une "exception française", symbole de la résistance à la suprématie américaine. Une voie singulière tracée par le général de Gaulle.

Le 7 mars 1966, il écrit dans une lettre à son homologue américain Lyndon B. Johnson : "La France se propose de recouvrer sur son territoire l’exercice de sa souveraineté, actuellement entravée par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’Otan".

C’est un geste puissant. Fort de l’indépendance stratégique que lui confère la dissuasion nucléaire, il affiche une volonté délibérée d’affirmer sa liberté à l’égard des Etats-Unis. Le monde, alors en pleine Guerre Froide, est bipolaire avec deux blocs, américain et soviétique, qui se font face. La France va défendre une troisième voie.

François Mitterrand farouche opposant

En demandant aux 26.000 soldats américains stationnés sur son sol de faire leur bagages, en exigeant le démantèlement des bases américaines, en faisant repasser sous son commandement les troupes françaises d’Allemagne, en exigeant le transfert hors de France du commandant suprême (SACEUR) et du commandant Centre Europe de l’Otan, le général de Gaulle provoque une crise majeure au sein de l’Alliance, sans pour autant remettre en cause son appartenance au pacte et à la solidarité atlantique.

"Le pays reste prêt", écrit-il, "à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l’un d’entre eux serait l’objet d’une agression qui n’aurait pas été provoquée".

Cette décision va déclencher sur le plan politique des critiques virulentes des centristes et des socialistes qui déposeront une motion de censure contre le gouvernement de Georges Pompidou.

François Mitterrand sera le plus acharné. Il fustige à l’Assemblée le retrait de la France comme "une volonté d’isolement fondée sur l’idée que le nationalisme est la vérité de notre temps", voire "une sorte de poujadisme aux dimensions de l’univers".

Parallèlement, en dehors de l’hexagone, la décision du Général de Gaulle est également violemment dénoncée.

Pour les Etats-Unis, cette volonté de faire cavalier seul est une marque d’hostilité envers eux et les quatorze autres membres.

Pour les Français, la conséquence directe sera l’évacuation de 29 bases de l’Otan installées sur le territoire depuis 1950. Le départ des militaires et de leurs familles provoquera un véritable traumatisme et la perte de 18.000 emplois.

Des liens conservés

Mais, en réalité, la France conserve avec l’Otan des liens étroits. Paris siège toujours au sein du Conseil de l’Atlantique nord, l’instance politique de l’organisation.

Au fil des ans, les relations vont sans cesse être redéfinies. Crises et divergences vont se multiplier, sans jamais aboutir à une rupture. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing tente de resserrer les liens.

En 1983, François Mitterrand, en pleine crise des euromissiles, approuve la décision de l’Otan d’installer en RFA (Allemagne de l’Ouest) des fusées Pershing en réponse à l’implantation des missiles soviétiques SS20 en RDA (Allemagne de l’Est).

Avec la crise des Balkans au milieu des années 1990, la France va progressivement normaliser ses relations avec l’Alliance. C’est Jacques Chirac qui engagera un véritable rapprochement.

En 1994, pendant la guerre en Bosnie, il décide de faire siéger la France au conseil des ministres de la défense et, en 1995, au comité militaire de l’organisation.

En 2004, une centaine de militaires français sont envoyés dans les commandements suprêmes, le Shape à Mons, en Belgique, et l’ACT, à Norfolk aux Etats-Unis.

La France est déjà sur le terrain

Aujourd’hui la France siège au sein de 36 des 38 comités de l’Otan et participe à toutes les opérations (Kosovo, Afghanistan...) Elle est le quatrième contributeur en terme de forces, au point que plus de 5.000 soldats français participent à des opérations conduites par l’Otan.

Le retour dans le commandement militaire devrait s’accompagner de l’envoi d’au moins 700 hommes supplémentaires dans les instances. En revanche, Nicolas Sarkozy ne souhaite pas réintégrer le Groupe de planification nucléaire, ce qui lui permet de maintenir une certaine forme d’exception.

La décision du chef de l’Etat a provoqué dans le landerneau politique une levée de boucliers. Certains dans la majorité y voient un bradage de l’héritage gaulliste, tandis que l’opposition dénonce une initiative susceptible de ruiner l’image d’indépendance de la France et un alignement sur Washington.

Mais pour l’Elysée, c’est la levée d’un tabou, la fin d’une hypocrisie, l’aboutissement d’un processus initié depuis longtemps. L’objectif majeur : que la France ait désormais son mot à dire dans la planification des opérations.

VIDEOS

Otan : Obama, vedette américaine du sommet

03 avril 2009 - 20h00

L’Amérique est de retour après le départ de George W. Bush, et elle est très attendue par ses alliés. Barack Obama, vedette du sommet de l’Otan, a besoin des Européens en Afghanistan. L’analyse de Vincent Hervouët.

La Redaction

Otan : "Liberté, égalité, fraternité" : Obama en français !

03 avril 2009 - 15h25

Vidéo - Lors de son débat avec des étudiants européens à Strasbourg, le président américain s’est exprimé symboliquement en français pour prononcer trois mots. Découvrez la séquence sur LCI.fr.

LCI.fr

Otan : Quand Obama salue le "leadership" de Sarkozy

03 avril 2009 - 13h38

Le président américain a rendu hommage vendredi à Strasbourg au rôle joué par son homologue français dans l’Otan.

LCI.fr

Otan : Arrivée d’Obama à Strasbourg : les images

03 avril 2009 - 12h11

Vidéo - Découvrez la séquence de la réception du président américain par Nicolas Sarkozy et de son bain de foule auprès de Strasbourgeois.

LCI.fr


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