AID Association initiatives dionysiennes
Après le démantèlement des Empires coloniaux et de l’URSS, est-ce le tour des USA ?

Les grands états sont-ils mortels ?

lundi 2 mars 2009 par JMT

Une vingtaine d’états américains sur cinquante actuellement espèrent plus ou moins activement une sécession prochaine. L’Etat fédéral n’étant plus perçu que comme une maffia de banksters qui soigne ses propres intérêts, le citoyen cherche une solution adaptée. Le divorce !

Dans les « Jeux olympiques » des pays les plus peuplés, le XXIe siècle pourrait inverser le classement entre le premier, actuellement la Chine, et le deuxième, actuellement l’Union indienne.

On la croyait indestructible. Or, le 8 décembre 1991, le monde entier assiste à l’éclatement de l’URSS. Comme tous les autres empires qui ont jalonné l’histoire, l’empire russe cesse d’exister, l’URSS n’est plus une superpuissance, l’égale des Etats-Unis.

Zbigniew Brzezinski, qui s’était déjà dit favorable à un démantèlement de la Russie en plusieurs états ne dissimule pas qu’à court terme, les républiques russes du Caucase, dont la Tchétchénie en guerre, pourraient être le point de départ d’une désagrégation de la Fédération de Russie.

Un état en danger de partition :

Les Etats-Désunis : plan mondialiste ?

samedi 14 février 2009 par Lisca

Une vingtaine d’états américains sur cinquante actuellement espèrent plus ou moins activement une sécession prochaine. L’Etat fédéral n’étant plus perçu que comme une maffia de banksters qui soigne ses propres intérêts, le citoyen cherche une solution adaptée. Le divorce !

L’indépendance (1) de 21 états initierait une balkanisation de la fédération. Ce qui aurait pour conséquence d’éviter de payer une dette internationale impayable et de garder les banksters au chaud de leurs multiples résidences offshore. Et surtout d’affaiblir une grande puissance belliqueuse dont les soldats sont utilisés à garder des puits de pétrole privés.

Cet éclatement voulu est-il une fatalité, l’aboutissement logique de la déraison humaine ? Est-ce un énième complot des mondialistes, le dernier peut-être ? Une minorité sans frontières y trouverait peut-être avantage, vaguant d’un désert à l’autre, en quête d’éternels troupeaux.

Peut-elle cependant vivre d’autre chose que de la prospérité des nations ? Si cette prospérité ne trouve plus les moyens d’exister, si les nations se désintègrent les unes après les autres, de quel pis les nantis, les comploteurs, les profiteurs tireront-ils le lait de l’abondance ?

La carte des Etats-Unis expose en vert les états qui pour l’instant du moins ne s’opposent pas à leur maintien dans la fédération, en rouge sombre les états qui ont entrepris des démarches légales pour leur indépendance, droit que leur accorde la constitution (2) ; en rouge clair les états qui étudient la possibilité de les imiter sans avoir encore agi en ce sens.

Le Texas, coloré en rose, est un cas à part. Il a toujours été indépendant dans sa façon de réagir mais ne figure pas dans les états sécessionnistes. Agricole et pétrolier, stratégiquement situé plein sud, cet état craint peut-être plus ou moins consciemment une annexion mexicaine de revanche. Le plus probable c’est que sa classe politique est aux ordres de Washington et ne bougera pas, au moins pour le moment.

Il n’y a pas que les Américains, réels ou cosmopolites, pour désirer une certaine atomisation de l’Amérique. Le professeur russe Panarin pense quant à lui que les Etats-Unis se retrouveront en 2010 explosés en six blocs délimités par leurs fractures ethniques et économiques. Agé de 50 ans, il est loin d’être un personnage en marge. Invité fréquent des réceptions du Kremlin, auteur de plusieurs ouvrages, ancien agent du KGB, il chapeaute l’académie russe des futurs diplomates. Les médias américains le considèrent comme un expert des relations russo-états-uniennes.

"J’estime à 55 sur cent les chances d’une désintégration de la fédération américaine, dit-il. "On pourrait ’en réjouir, ajoute-t-il pince sans rire. Mais raisonnablement, ce n’est pas le meilleur scénario - pour la Russie bien sûr ; laquelle augmenterait sa puissance au niveau mondial mais souffrirait économiquement du fait de sa dépendance au dollar et au commerce avec les Etats-Unis."

D’après Mr. Panarin, l’immigration de masse, le déclin économique, la dégradation morale sont destinés à aboutir en guerre civile l’an prochain, ce qui achèvera le dollar. Vers juin 2010 les USA se seront désintégrés en six blocs dont l’Alaska, qui reviendra dans le giron russe. Le professeur garde dans son bureau une image satellite du détroit de Béring qui sépare de la Russie cette froide et riche région, autrefois possession du tsar.

"Il serait rationnel que la Russie fasse valoir ses droits sur l’Alaska, longtemps partie de l’empire russe" dit-il en souriant à peine.(3)

Il découpe à son gré "l’apple pie" américain en cinq autres morceaux inégaux.

La Californie est ainsi appelée à former le noyau de ce qu’il a baptisé la "République de Californie" qu’il imagine sous influence chinoise. Le Texas deviendra le coeur de la "République du Texas" un ensemble d’états qu’il voit carrément mexicains ou colonisés par ce pays voisin. Alors que l’état et la ville de Washington, ainsi que New York formeront l’axe d’une "Amérique Atlantique" qui pourrait rejoindre l’Union Européenne, le Canada s’emparera d’un groupe d’états du nord que le professeur nomme la "République du Centre-Nord Américain" . Quant à Hawaï, cet archipel deviendra un protectorat du Japon ou de la Chine. Exit la fédération.

Pour d’autres analystes toutefois, ce qui détruit l’Amérique mieux encore que l’invasion de populations totalement étrangères à son substrat ethnico-culturel, c’est le FMI, la banque mondiale, Wall Street : en bref, le pillage des banksters, les opérations pyramidales et la mise à feu du système traditionnel de gestion "en bon père de famille".

Les USA expérimentent de ce fait une faiblesse généralisée, du type de celle qui en a fini avec l’URSS. Le Wall Street Journal ne l’admettra pas ouvertement, mais d’autres analystes l’évoquent de plus en plus, à mots de moins en moins couverts.

Pour eux, la "crise financière globale ” et l’instabilité au Moyen Orient ne sont que des jalons en attendant le gouvernement mondial. Et ce plan à l’insu des populations invitées à le soutenir sans explication, ne date pas de l’élection de Barack Obama, il lui est bien antérieur. (4)

La responsabilité populaire dans la décadence généralisée de l’Amérique est sans doute bien moindre que les attaques qu’elle subit par le viol récurrent de la charte de ses droits fondamentaux, inscrite dans la constitution.

Les individus ignorent de plus en plus souvent l’existence et la formulation de ces droits (5) élémentaires, particulièrement le 10e amendement. Celui-ci a été ratifié dans la Charte le 15 Décembre 1791.

Il établit que les pouvoirs qui n’ont pas été accordés par les assemblées constituantes des états (et non par la somme des bulletins de vote de tous les électeurs) au gouvernement fédéral et qui ne leur ont pas été interdits, sont réservés aux états et au peuple.

Ni le président ni le Congrès ne peuvent s’y opposer. Ils ont prévus par la constitution qui a pour fonction de les maintenir sous surveillance, comme des serviteurs du peuple.

Il faut bien retenir qu’aux Etats-Unis, un soldat ou un fonctionnaire ne jurent pas fidélité ni obéissance au président, mais bien à la Constitution.

Originellement, ce sont les délégués des assemblées constituantes des états qui décident ; jamais le suffrage universel, parfait pour noyer la véritable souveraineté populaire sous le clientélisme.

En voici la formulation officielle dans le texte original :

“Each state retains its sovereignty, freedom, and independence, and every power, jurisdiction, and right, which is not by this Confederation expressly delegated to the United States, in Congress assembled.”

Les mondialistes de toute tendance, du rouge vif au bleu UE, semblent se lécher les babines à la perspective d’un éclatement de la grande puissance à crédit et en souffrance :

“Nous devons utiliser la crise, disent-ils à l’instar de Luiz Inácio Lula da Silva le président brésilien, pour corriger ce qui n’allait pas avant cette crise et renforcer les corps multilatéraux. Dans un monde globalisé, nous aurons besoin de forums sérieux et représentatifs pour prendre les décisions globales.” (6)

Pour les raisons opposées, bon nombre de citoyens souhaitent eux aussi la séparation d’avec un état fédéral rapace et non fiable.On a donc une volonté de sécession qui rassemble dans une alliance contre nature les plus cyniques des mondialistes et des citoyens justement outragés par le degré de corruption et d’insolence de la ploutocratie aux commandes appelée "gouvernement fédéral".

"Les Etats devraient faire sécession, suggère Glenn Beck, pour protester contre les renflouements aux banques. C’est notre droit constitutionnel de faire sécession si le gouvernement ne se préoccupe plus des intérêts du peuple." (7)

"Restons entre gens de bonne compagnie, s’écrie le citoyen en renfort. Une terre, un peuple ! Je veux vivre avec ceux qui me ressemblent, et avec lesquels je pourrai ré-organiser la vie économique, politique, culturelle et sociale voire religieuse de mon nouveau pays à échelle humaine et contrôlable. Et ce, conformément à la constitution de la charte de cet Etat qui est le mien."

Noble but auquel l’état fédéral répond par un redécoupage qui l’arrange : le territoire cohérent, homogène, où on parle la même langue et partage la même constitution, devient une fois pillé donc ingérable, la proie de puissances étrangères.

Objectif du ploutocrate ; conserver ses profits indus et morceler le contrôle populaire de ses activités. Quand éclate aux yeux de tous la preuve qu’elles sont délictueuses, l’escroc sait qu’un Etat fort et sain réagira. Il lui importe que cet Etat ne soit pas fort. Pour cela, on en fera une mosaïque de provinces dont le ploutocrate encouragera la rivalité génératrice de conflits

Des provinces avec gouverneur qui se ré-organiseront tant bien que mal, dépourvus d’armée redoutable. Alors seulement, échappant au feu du combat et à la punition du bankster, l’escroc se faufilera entre les feux croisés vers ses édens offshore.

Ce n’est pas, j’imagine, ce que désirent les Américains parmi ceux qui aiment encore leur liberté et chérissent le souvenir du Far West. Dire au Texan qu’il va devenir mexicain en 2010, lui qui se souvient encore de Palo Alto et du général Santa Anna ! On risque un bon coup de lasso. Ou au Californien, devenu à 50% latino, qu’il lui faudra s’exprimer en chinois pour obtenir un moyen d’existence, ça paraît surréaliste.

Quant aux états de la côte Est avalés dans cette union européenne de plus en plus obèse et malade, ah quelle perspective ! un Politburo de quinze ronds-de-cuir décideront désormais de leurs destinées. Des Sarkozy et des Merkel en représentation leur renverront d’eux une image atterrante, minuscule ou en surpoids.

Les seuls dans le schéma qui pourraient s’estimer ni lésés ni chanceux, seraient les états du centre-nord : devenus canadiens, ils ne verront pas trop la différence. L’Alaska s’adapterait-il dans sa glaciale indifférence à l’annexion ou au retour à la nouvelle puissance montante ?

Croyons quant à nous à un sursaut du peuple américain. S’il maigrit dans les privations, on ne pleurera guère, il y puisera une énergie nouvelle.

S’il n’a plus les moyens d’entretenir ses base militaires, on fera avec cette nouvelle donne internationale, à condition bien sûr de ne pas remplacer ses soldats par les nôtres.

Car si ce projet-là se concocte à haut niveau sur talonnettes et morinades, il nous incombe à nous Français d’appuyer de notre mieux Aymeric Chauprade dans le procès qu’il fait aux autorités pour soumission à des intérêts étrangers. Nous avons une constitution, nous aussi, même tiraillée, déchirée, ignorée, recopiée à la sauce ploutocratique.

Si l’Amérique est menacée d’implosion territoriale pour cause de direction bankstérique, il est hors de question que nous devenions le continent de substitution, à son tour exploitable jusqu’à la désintégration. C’est ce qu’il faut bien dire à ceux qui nous "gouvernent".

RÉFÉRENCES

(1) L’article de Prison Planet présente la possibilité de sécession des états nord-américains.

(2) Pour mieux comprendre la constitution américaine Gary Alder en explique les 15 principes.

(3) Igor Panarin prédit l’éclatement des Etats-Unis en 2010.

(4) Les Hommes politiques dans l’histoire des Etats-Unis qui ont détruit la constitution, selon Di Lorenzo.

(5) Les 5 principes fondamentaux de la constitution ignorés par les Américains.

(6) Un nouvel ordre mondial émerge, gommant la prééminence euro-américaine, selon les mondialistes.

(7) Glenn Beck suggère que les Etats devraient faire sécession pour protester contre les renflouements aux banques.

(8) Des législateurs et avocats du New Hampshire expliquent que les projets d’Obama videraient la constitution de son sens.

(9)L’Acte de Sécession de la Géorgie en 1861

Comment a évolué un état ayant subi une partition il y a 60ans :

L’Inde, esquisse pour une géopolitique des populations du géant du XXIe siècle

Le Recteur Gérard-François DUMONT*

Dans les « Jeux olympiques » des pays les plus peuplés, le XXIe siècle pourrait inverser le classement entre le premier, actuellement la Chine, et le deuxième, actuellement l’Union indienne.

En toutes hypothèses, les deux conserveront très largement l’avantage sur le troisième, que ce soit les Etats-Unis ou, si l’on considère une organisation régionale, l’Union européenne, même si cette dernière s’élargissait à la Turquie, à l’Ukraine et à la Russie.

En fait, s’il n’y avait pas eu partition de l’Inde en 1947, la question ne se poserait pas : l’Inde, additionnant l’Union indienne, le Pakistan et le Bangladesh, compterait davantage d’habitants que la Chine, même en ajoutant Taiwan à cette dernière.

Mais la partition de l’Inde est un fait géopolitique durable.

Recteur Gérard-François DUMONT

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Un état déjà démantelé

Le jour où l’URSS a disparu

par Pierre DELMAS le 08/12/2001

On la croyait indestructible. Or, le 8 décembre 1991, le monde entier assiste à l’éclatement de l’URSS. Comme tous les autres empires qui ont jalonné l’histoire, l’empire russe cesse d’exister, l’URSS n’est plus une superpuissance, l’égale des Etats-Unis. C’était il y a 10 ans.

En fait, tout est allé vite. Le 21 juin 1991, Boris Eltsine, président de la fédération de Russie, est élu au suffrage universel. Peu de temps après, le 1er juillet, le pacte de Varsovie est dissous. L’économie de l’URSS est en perte de vitesse et la politique intérieure de Gorbatchev est fortement critiquée, le pire s’annonce...

Plusieurs mouvements indépendantistes se manifestent dans les républiques, notamment en Lituanie, qui proclame son indépendance, et en Estonie. Le 19 août 1991, un coup d’État est déclenché contre Gorbatchev par des communistes irréductibles, mais se solde par un échec grâce à l’intervention de Boris Eltsine, qui annonce peu après la suspension du parti communiste russe et la dissolution du gouvernement soviétique. Après la Lettonie, l’Ukraine et la Moldavie proclament leur indépendance et sont suivies plus tard par l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan et l’Arménie.

Mais tout se joue le 8 décembre 1991, lorsque Boris Eltsine, ainsi que les présidents des républiques de Biélorussie et d’Ukraine, se regroupent près de Minsk, en Biélorussie, et constatent que le temps de l’URSS est désormais « terminé ». La signature du traité de Minsk donne naissance à la Communauté des états indépendants.

Très rapidement, d’autres anciennes républiques soviétiques, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan, s’ajoutent aux fondateurs de la CEI par le traité d’Almaty, capitale du Kazakhstan. Seuls les trois Etats baltes, ainsi que la Géorgie, désirant s’intégrer rapidement à l’Union européenne, refusent d’adhérer à la CEI.

Le 25 décembre, Mikhaïl Gorbatchev se résigne à la défaite et démissionne. Sans tarder, la Russie prend la place de l’URSS comme membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU.

Bush et Poutine : le courant passe

Dix ans plus tard, une page nouvelle s’est ouverte dans les relations internationales et l’on assiste à une redistribution des cartes, avec de nouveaux acteurs. Vladimir Poutine et George W. Bush trouvent devant eux un défi commun en ce début du XXIe siècle : la lutte contre le terrorisme.

Un thème qui a été longuement abordé à la Maison-Blanche, lors du sommet de trois jours qui a réuni à la mi-novembre, soit quelques jours après la prise de Kaboul par les anti Talibans, les présidents Bush et Poutine, dont c’était la quatrième rencontre. D’emblée, le maître du Kremlin a répété que le terrorisme menaçait « tout le système de stabilité stratégique ».

Et d’ajouter : « Notre ennemi commun n’a ni nationalité, ni religion, ni civilisation ». Auparavant, dès le lendemain des attentats du 11 septembre, un fait décisif s’était produit dans l’histoire entre les deux « Grands » lorsque le 7 octobre, deux anciennes Républiques soviétiques, l’Ouzbékistan, puis le Tadjikistan, mettaient à la disposition de l’Amérique leurs bases militaires et leur espace aérien. C’était encore inimaginable il y a peu...

Désormais alliés pour combattre le terrorisme, Poutine et Bush devront encore tenir leurs promesses annoncées lors du sommet de Washington, et dont le but est de réduire des deux tiers leur arsenal nucléaire d’ici à une dizaine d’années, et d’empêcher que des terroristes et des pays hostiles ne puissent s’emparer de certaines matières nucléaires possédées par l’un ou l’autre des deux « Grands ».

Reste un problème qui divise : le projet de bouclier antimissile (NMD), cher au président Bush, dont Vladimir Poutine ne veut pas entendre parler par crainte d’une relance à la course aux armements. Le projet est toujours dans les cartons et un compromis n’est pas impossible.

Mais il y a du chemin entre le rêve et la réalité, quand on sait que ce fameux bouclier antimissile concentre les grands sujets du moment : politique américaine, relations transatlantiques, rapports entre Moscou et Washington, débat sur les Etats « voyous », relations sino-américaines, sort de la péninsule coréenne, prolifération nucléaire, concept de dissuasion…

Devant cette accélération de l’histoire, on aura garde de ne pas oublier que c’est Mikhaïl Gorbatchev qui est à l’origine de la détente entre l’Est et l’Ouest. A peine nommé à la tête de l’URSS en 1985, soit deux ans seulement après la mort de Leonid Brejnev, il prend les commandes d’un pays doté une force militaire puissante et de multiples richesses naturelles, mais confronté à de grandes difficultés économiques.

Conscient de la faillite économique de l’URSS, le nouveau président tire les leçons de l’échec du communisme dogmatique et estime que la détente permettra de réduire le poids des dépenses militaires, de réformer le système communiste (c’est la perestroïka) et de réorganiser l’économie en bénéficiant de surcroît des technologies occidentales.

Compte tenu de la situation intérieure, le temps presse et « l’offensive du sourire » qu’il va mener va tout d’abord surprendre l’administration de Ronald Reagan.

Mais devant la bonne volonté évidente de l’URSS, et pour tenir compte des réticences du Congrès devant l’augmentation constante des dépenses militaires face à un budget fédéral en déficit, le président américain répondra à l’offre de dialogue et de négociation de Gorbatchev.

D’où la multiplication des sommets et des rencontres entre les deux « grands », qui vont aboutir à un véritable contrôle des armements, dont le point d’orgue sera le fameux traité START II de 1995, le plus grand accord de désarmement de l’histoire de l’humanité.

Plus soucieux de sauver son pays que de préserver l’empire, Gorbatchev accompagne les changements à l’Est (démantèlement du Rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche en mai 1989, chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, disparition de la RDA avec la réunification de l’Allemagne, disparition du Pacte de Varsovie, jusqu’à la propre disparition de l’empire soviétique le 8 décembre 1991). C’est la fin de la guerre froide en Europe.

Celle-ci est aussi en voie d’épuisement sur les autres terrains du Tiers monde. Moscou et Washington avaient été obligés d’admettre que l’Afrique n’était plus un enjeu géopolitique entre l’Est et l’Ouest.

Si du temps de Brejnev et de ses prédécesseurs, l’URSS avait conclu de nombreuses alliances afin d’étendre son influence dans le Tiers monde en soutenant les « pays à orientation socialiste » (Afghanistan, Cambodge, Angola, Mozambique, Ethiopie, Yemen du Sud), avec l’arrivée de Gorbatchev, Moscou va parachever son désengagement, en collaboration avec l’ONU et les USA.

Exemple parmi tant d’autres : l’évacuation par l’Armée rouge de l’Afghanistan dans les années 88 et 89, après un long conflit que l’on considère, côté soviétique, comme une lourde erreur. L’Extrême-Asie allait-elle échapper à l’onde de choc de la fin de la guerre froide ?

Au début, l’effondrement de l’URSS ne semblait guère avoir de prise sur les régimes « socialistes » asiatiques. Mais, au fil des années, nombre de conflits régionaux ont été réglés : stabilisation des rapports sino-soviétiques en 1991 à propos de la Mongolie, normalisation des relations sino-vietnamiennes la même année, et plus récemment, il y a plus d’un an, début d’un rapprochement spectaculaire entre les deux Corées…

Et un projet de démanteler la Russie elle-même

L’AZERBAIDJAN : UN OBJECTIF POUR LES ETATS-UNIS ?

par Jean-Marie Chauvier 2005

Zbigniew Brzezinski, qui s’était déjà dit favorable à un démantèlement de la Russie en plusieurs états ne dissimule pas qu’à court terme, les républiques russes du Caucase, dont la Tchétchénie en guerre, pourraient être le point de départ d’une désagrégation de la Fédération de Russie.

La campagne eurasienne de "Zbig"

Dans son livre "Le Vrai Choix", consacré aux moyens d’assurer la suprématie mondiale des Etats-Unis, pas en action "unilatérale" (façon Bush) mais en étroite coopération avec l’Union européenne, le stratège qui s’était vanté d’avoir "piégé l’URSS en Afghanistan" en activant la rébellion islamiste, maintient le cap sur "l’enjeu eurasien" capital à ses yeux, à savoir la maîtrise et la colonisation de la Russie et de l’espace ex-soviétique.

Zbigniew Brzezinski, qui s’était déjà dit favorable à un démantèlement de la Russie en plusieurs états ne dissimule pas qu’à court terme, les républiques russes du Caucase, dont la Tchétchénie en guerre, pourraient être le point de départ d’une désagrégation de la Fédération de Russie.

Or, "Zbig" est également l’un des militants actifs, aux Etats-Unis, de la mobilisation occidentale "pour la paix en Tchétchénie" et plus précisément pour son placement sous mandat de l’ONU, le "plan Akhmadov"

Auquel il a contribué et qui est soutenu en Europe par le parti radical transnational (soutenu par "Endowment for Democracy" USA) les Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, André Glucksman et divers mouvements pacifistes et des "Droits de l’Homme", russes et internationaux.

Une campagne à mettre en rapport avec la déstabilisation de la Géorgie et de l’Ukraine par la "nébuleuse" Soros et d’autres institutions et fondations américaines vouées à "l’expansion de la Démocratie" dans la Confédération des Etats Indépendants. (CEI)

A la différence de George W.Bush, qu’il critique, le démocrate "Zbig" milite pour une action concertée entre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, assurant la suprématie mais non la "domination" des Etats-Unis sur le monde : "L’Union européenne et l’OTAN n’ont donc pas le choix : elles doivent travailler à leur élargissement ou perdre le bénéfice de la victoire qui a conclu la guerre froide (...) "L’extension de l’orbite euro-atlantique rend impérative l’inclusion des nouveaux états indépendants ex-soviétiques et en particulier l’Ukraine"

Les plans du stratège états-unien Zbigniew Brzezinski, animateur de la mobilisation internationale pour le placement de la Tchétchénie sous mandat international. Après le basculement de l’Azerbaidjan et de la Géorgie dans le camp "euro-atlantique" et le chantier du nouvel oléoduc de la Caspienne (BTC)., ce serait un vaste dessein pour les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’OTAN, agissant de concert.

Lire : Zbigniew Brzezinski "Le Vrai Choix" ed.Odile Jacob, 2004. En anglais : "The Choice. Domination of Leadership" Basic books, Perseus Books.USA.

Principal objectif : l’or noir. Gros danger : la Russie.

"Au cours des prochaines décennies, la région la plus instable et la plus dangereuse- au point de pouvoir plonger la planète dans le chaos- sera celle des Balkans mondiaux" (L’auteur inclut dans cette notion assez floue le Moyen-Orient, l’Iran et les territoires d’ex-URSS compris comme "Balkans eurasiens". Il souligne que cette région contient les plus grandes réserves de pétrole et de gaz, qu’elle est très instable et que les Etats-Unis "n’ont pas le choix", ils doivent ) maintenir une stabilité minimale dans une région structurée par des Etats chancelants (...)

Du point de vue des intérêts américains, la configuration géopolitique actuelle dans la principale zone productrice d’énergie laisse à désirer.(...) Au nord, soit dans le sud du Caucase et en Asie centrale, les nouveaux Etats indépendants exportateurs de pétrole vivent encore les premières phases de leur consolidation politique (Mais) la Russie poursuit une politique agressive afin de s’assurer un monopole d’accès aux ressources d’énergie (En attendant quer le nouvel oléoduc BTC exportant les pétroles de la Caspienne hors des contrôles russe et iranien soit construit) la région est exposée aux manœuvres de la Russie et de l’Iran (...)

Jusqu’à présent, la Russie ne s’est pas mise en travers des projets militaires américains, visant à modifier les réalités stratégiques de la région. (Mais le "tremblement de terre" du Golfe persique pourrait tout remettre en question et si les Etats-Unis n’y prennent garde) "la Russie accentuerait ses efforts visant à saper une présence militaire et politique durable des Etats-Unis en Asie centrale"

("Le Vrai Choix" ch.2 "Le nouveau désordre mondial et ses dilemmes" passages soulignés par nous)

Enlever à la Russie ses républiques caucasiennes ?

Placée naguère sous le contrôle impérial exclusif de la Russie, la région comprend aujourd’hui trois états indépendants, dont la sécurité est mal assurée (la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaidjan), ainsi qu’une constellation de petites enclaves ethniques dans la partie septentrionale toujours sous domination russe." ("Le Vrai Choix" p.135)

(Souligné par nous. Sous ces curieux éphémismes, l’auteur parle des républiques nord-caucasiennes membres de la Fédération de Russie ! Imaginons l’application de ce vocabulaire à la France, "les enclaves ethniques de Corse et de Bretagne toujours sous domination française", ou à l’Espagne : "les enclaves basque et catalane, toujours sous domination espagnole".

Les termes employés, "enclaves" et "toujours", indiquent la volonté de détacher ces pays de la Russie, autrement dit d’ amorcer par le Caucase la désagrégation de la Russie telle que l’envisageait déjà "Zbig" dans son précédent ouvrage "Le Grand Echiquier".

Or, "Zbig" anime le Comité pour la Paix en Tchétchénie et est connu comme le co-auteur, avec le ministre des affaires étrangères séparatiste tchétchène Akhmadov, du "Plan Akhmadov" en vue d’établir sur la Tchétchénie un mandat de l’ONU prélude à l’indépendance. Autrement dit, consciemment ou non, les militants "pacifistes" de ce plan jouent le jeu orchestré par la frange de l’établishment US et de la CIA liée à Zbigniew Brzezinski

Azéris d’Azerbaidjan ex-soviétique et d’Iran pourraient vouloir se réunir, donc faire exploser l’Iran !

"La région demeure, en outre, le point de rencontre et de confrontation entre la Russie, l’Iran et la Turquie. A ces frictions traditionnelles (ethniques, religieuses) est venue s’ajouter, depuis le début de l’ère post-soviétique, la compétition vigoureuse pour la répartition des ressources en énergie de la mer Caspienne.

A terme, il est par ailleurs probable que la très importante population azérie du nord-ouest iranien voudra obtenir la réunification de son territoire avec l’Azerbaidjan indépendant et relativement prospère, allumant un nouveau foyer d’incendie dans la région." (souligné par nous) (p.135)

(Zbig constate donc la "possibilité" d’un éclatement de l’Iran. Est-ce une "possibilité" ou plutôt une "opportunité" que pourraient saisir les Etats-Unis pour encore affaiblir les états de la région et imposer leur loi ? Et alors qu’ils contrôle déjà l’Azerbaidjan et la Géorgie...

Remarquons que, très vigilant envers les déficits démocratiques de nombreux pays, ne semble pas excessivement préoccupé par ceux du régime allié d’Azerbaidjan, pourtant l’un des plus répressifs de la région.

Notons aussi qu’un pays azéri (turc) réunifié pourrait devenir un espace considérable d’influence pour la Turquie)

L’OTAN en Ukraine et au Caucase, c’est pour bientôt !

Après l’élargissement de l’UE à 25 puis à 27, de l’OTAN à 26 membres "la définition d’un processus adapté, qui encouragerait l’Ukraine à préparer son adhésion (peut-être envisageable avant la fin de la décennie) apparaît, en toute logique, comme l’étape suivante. Dans une certaine mesure, les mêmes considérations valent aussi pour le très volatil Caucase. "

Outre le détachement de l’Ukraine et du Sud Caucase de l’influence russe

"la responsabilité de la stabilisation du Caucase pourrait bien échoir- comme elle le devrait - pour une part déterminante, à l’OTAN"(...) Une fois que la Russie se résignera à l’inévitable - à défaut du désirable- c’est-à-dire à la poursuite de l’élargissement de l’OTAN(...) les obstacles à un prolongement du rayon d’action de l’OTAN jusque dans l’espace ex-soviétique s’effondreront".

("Le Vrai Choix", ch.3 "La gestion des alliances et ses dilemmes")

(L’auteur loue le "réalisme" de Vladimir Poutine depuis le 11 septembre, mais indique clairement les enjeux de la bataille pour l’Eurasie : les ressources énergétiques de la Caspienne et de la Sibérie actuellement sous contrôle ou sous influence russes. Depuis l’affaire Youkos, en 2003, la pénétration du capital US au coeur des industries pétrolières sibériennes de Russie est à l’ordre du jour. Mais la résistance de Vladimir Poutine aux ambitions de l’ex-patron de Youkos, Mikhaïl Khodorkovski, a momentanément entravé certains projets communs à Exxon-Mobil et Youkos-Sibneft.)

Elargir à l’Est, de concert, l’U.E. et l’OTAN.

"L’Union européenne et l’OTAN n’ont donc pas le choix : elles doivent travailler à leur élargissement ou perdre le bénéfice de la victoire qui a conclu la guerre froide (...) "L’extension de l’orbite euro-atlantique rend impérative l’inclusion des nouveaux états indépendants ex-soviétiques et en particulier l’Ukraine"

("Le Vrai Choix", ch.3 "La gestion des alliances et ses dilemmes")

Objectif transnational : coloniser la Sibérie.

"Un effort transnational pour développer et coloniser la Sibérie serait susceptible de stimuler la relation euro-russe(...) Avec une présence européenne plus marquée, la Sibérie deviendrait en quelque sorte un bien eurasien commun, exploité par accord multilatéral (qui) offrirait à la société européenne rassasiée ke défi d’une "nouvelle frontière". (Mais) la coopération avec la Russie doit s’accompagner d’initiatives complémentaires destinées à mieux asseoir le pluralisme géopolitique."

(italique par nous. "Le Vrai choix", p.141)

Autres découpages en vue ?

On a vu fleurir d’autres projets où la Russie serait partagée en trois : une Russie d’Europe à l’ouest de l’Oural, une Sibérie Occidentale et une Sibérie Orientale.

Les USA s’intéressent aussi à la Chine : l’insistance à parler du "Grand Tibet" qui représente le tiers ouest le moins peuplé de la Chine est le prélude là aussi à un partage en trois états, avec une Chine de l’Est maritime et riche et une Chine de l’Ouest continentale et surpeuplée


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