AID Association initiatives dionysiennes
De l’enfance à l’Université.......

Remous généralisés

et les chercheurs s’y (re) mettent !

mercredi 4 février 2009 par JMT

Interview - Dominique Versini, la Défenseure des enfants, souhaite interdire par une loi les châtiments corporels sur les enfants, comme c’est déjà le cas dans de nombreux autres pays.

Le syndicat UNEF invite les étudiants à participer "à une journée de grève et de manifestation" le 10 février, date d’une mobilisation nationale des enseignants-chercheurs. Les enseignants-chercheurs contestent la réforme de leur statut ainsi que celle de la formation des enseignants du primaire et du secondaire.

Interview - Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup, explique pourquoi la réforme du statut d’enseignant-chercheur suscite une levée de boucliers dans les facs. Les syndicats dénoncent notamment la mise en oeuvre d’une "logique managériale".

Education - La fessée bientôt interdite par une loi ?

Propos recueillis par Alexandra GUILLET - le 04/02/2009 - 17h48

Interview - Dominique Versini, la Défenseure des enfants, souhaite interdire par une loi les châtiments corporels sur les enfants, comme c’est déjà le cas dans de nombreux autres pays.

Crédit Photo : DR Dominique Versini, défenseure des enfants

LCI.fr : Dans un rapport présenté ce mercredi devant l’ONU à Genève, vous proposez d’interdire par une loi tout châtiment corporel en France, dont la fessée. Pourquoi ?

Dominique Versini, la Défenseure des enfants : Je propose que soit inscrit dans une loi l’interdiction des châtiments corporels, que ce soit en famille, à l’école, ou en tous autres lieux.

Jusqu’à présent la France ne l’a pas fait de façon formelle. Et, surtout, on s’aperçoit que ce n’est pas un débat qui se réduit à la simple fessée. Il y a des endroits en France où des enfants reçoivent une éducation qui comprend des châtiments corporels qui dépassent largement ce stade. I

l me semble qu’à titre pédagogique, si la loi ne dit pas qu’on doit élever ses enfants autrement que par des méthodes violentes, on ne fera pas progresser les méthodes éducatives. Je crois fermement que l’on peut avoir de l’autorité sans pour autant avoir recours à de la violence physique ou morale.

Ile de la Réunion : "des méthodes éducatives qui, par tradition, relèvent plus du dressage que de l’Education"

LCI.fr : Jusqu’à présent vous étiez pourtant contre l’adoption d’une telle loi, jugeant cela un peu excessif. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

D.V. : J’ai changé d’avis lors d’un séjour à l’île de la Réunion, où l’on m’a signalé beaucoup de violences intrafamiliales sur les enfants et des méthodes éducatives qui, par tradition, relèvent plus du dressage que de l’Education.

Je pense que si une loi dit clairement que l’on doit élever ses enfants avec amour et fermeté, mais sans violence physique, cela aidera à faire progresser les méthodes éducatives.

Il faut aussi que nous ayons un grand débat et une grande campagne de sensibilisation à l’éducation des enfants. Cette campagne s’inscrirait dans celle mise en place par le Conseil de l’Europe qui, d’ailleurs, demande depuis longtemps à la France d’interdire les châtiments corporels, comme cela est déjà le cas dans de nombreux autres pays européens.

LCI.fr : où cela ?

D.V. : Dans 18 pays d’Europe. C’est notamment le cas en Suède (ndlr : depuis 1979). Là-bas, ce qu’il y a de très positif, c’est qu’ils ont mis en place dans toutes les mairies des groupes pédagogiques avec les jeunes parents pour travailler sur la question de l’autorité et les mentalités ont changé.

"La loi montrera un cadre d’éducation à suivre"

LCI.fr : Si on légiférait sur cette question en France, est-ce que cela voudrait dire que demain un enfant qui se plaindrait d’avoir reçu une tape ou une fessée pourrait assigner ses parents en justice ?

D.V. : On ne peut pas dire les choses comme cela. La loi montrera un cadre d’éducation à suivre. A partir de là, il faudra analyser de quoi il s’agit. Si on est dans le cas d’une petite baffe ou d’une petite fessée, les juges seront faire la différence.

On ne dispose pas de chiffres sur la maltraitance mais il y a des enfants qui, plus que la fessée, reçoivent des coups et subissent des paroles violentes ou blessantes. C’est pour eux que je veux que la loi soit claire. La violence intrafamiliale existe, il y a un tabou à lever.

LCI.fr : Autre thème, dans votre rapport vous demandez un débat national sur l’incarcération des mineurs. Pourquoi ?

D.V. : Il va bientôt y avoir une réforme de l’ordonnance de 45 sur la justice des mineurs. A cette occasion on va légiférer pour savoir à quel âge un enfant peut être pénalement responsable, à quel âge il peut être incarcéré.

Va se poser la question des peines. Il s’agit d’un sujet extrêmement important. Il faut réfléchir d’abord et avec des professionnels. On ne doit pas être uniquement dans une vision répressive de la justice. Elle doit aussi être éducative.

On doit se poser très sérieusement la question de savoir ce que le jeune va faire pendant son temps d’incarcération, pour qu’il prenne la mesure de l’acte commis et surtout qu’il ne recommence pas en sortant. Tous les professionnels sont d’accord pour dire qu’aujourd’hui la prison est tout sauf un lieu de réinsertion.

Universités - L’Unef appelle les étudiants à se joindre aux enseignants

le 03/02/2009 - 21h29

Le syndicat invite les étudiants à participer "à une journée de grève et de manifestation" le 10 février, date d’une mobilisation nationale des enseignants-chercheurs. Les enseignants-chercheurs contestent la réforme de leur statut ainsi que celle de la formation des enseignants du primaire et du secondaire.

Crédit Photo : TF1/LCI Un amphi de la fac de Tolbiac

Avec les enseignants-chercheurs, les étudiants ? Alors que les enseignants-chercheurs de nombreuses universités françaises ont entamé lundi une grève pour protester contre la réforme de leur statut ainsi que celle de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, le syndicat étudiant Unef appelle "à une journée de grève et de manifestation" le 10 février prochain.

Le but de cette journée ? "Obtenir un changement de cap en matière de politique universitaire et des réponses pour faire face à la crise et lutter contre la précarité", a déclaré mardi le président de l’Unef, Jean-Baptiste Prévost, ajoutant que le syndicat "soutient toutes les initiatives organisées jeudi dans un grand nombre de villes universitaires".

Cet appel répond à celui lancé lundi soir par une coordination nationale des universités réunie à Paris IV, qui a appelé à intensifier la grève entamée depuis quelques jours par les enseignants-chercheurs et qui a lancé deux journées d’actions : des manifestations et actions jeudi partout en France et une manifestation nationale à Paris le mardi 10 février.

"On sent aujourd’hui que le mécontentement étudiant monte dans les universités et que Valérie Pécresse [la ministre de l’Enseignement supérieur] doit répondre aux inquiétudes qui s’expriment", a ajouté le président de l’Unef.

Comment ? "En renonçant aux 900 suppressions de postes" dans l’enseignement supérieur et "en remettant à plat la réforme du financement à la performance des universités", a conclu Jean-Baptiste Prévost.

Une grogne "vraiment très forte"

Mais du côté des enseignants, c’est surtout contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs qu’on se mobilise. Mardi, Valérie Pécresse a écarté toute idée d’un retrait du décret réformant ce statut, s’en remettant aux présidents d’université pour apaiser la fronde.

"Le retrait serait un recul considérable pour tous les chercheurs", a affirmé la ministre, assurant que ce qui est en cause, c’est "la façon dont le président d’université va appliquer le décret". D’où le fait qu’elle s’en remette aux présidents d’universités pour "rassurer" et construire une "charte" destinée à la "bonne application" du décret.

Des propos qui n’ont pas rassuré mardi les enseignants mobilisés. "La grogne est vraiment très forte", a estimé Lionel Collet, président de la Conférence des présidents d’université.

Alors que le décret modifiant leur statut a été transmis vendredi en Conseil d’Etat, les enseignants-chercheurs craignent l’arbitraire des présidents d’universités dans la "modulation" de leur service, c’est-à-dire la répartition entre enseignement, recherche et autres tâches, ainsi que dans leur avancement.

Ils redoutent ainsi une hausse des heures d’enseignement et une atteinte à leur indépendance. "Une charte, ce n’est pas contraignant, mais c’est à nous, CPU, d’établir ce code de bonne conduite et de faire ce que nous pouvons pour qu’il soit respecté", a fait valoir Lionel Collet.

Pour autant, a-t-il ajouté, "ce n’est pas uniquement en abordant la question du statut des enseignants-chercheurs qu’on apaisera" la grogne. Le mécontentement est également due à la "réforme du recrutement et de la formation" des enseignants du premier et second degré, dont les opposants demandent le retrait, et aux suppressions de postes dans l’enseignement supérieur.

Sur le terrain, de nouvelles universités ont voté la grève mardi, comme Rennes I et Rennes II jusqu’à lundi prochain, l’IEP de Rennes et l’INSA-Rennes.

Plusieurs centaines d’enseignants-chercheurs et d’étudiants ont également manifesté au Mans et à Rouen. A Paris, une centaine d’enseignants-chercheurs ont également organisé une opération de "lancer de chaussures" contre le ministère.

(D’après agence)

Université - Enseignants-chercheurs : les raisons de la colère

Propos recueillis par Matthieu DURAND - le 03/02/2009 - 16h43

Interview - Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup, explique pourquoi la réforme du statut d’enseignant-chercheur suscite une levée de boucliers dans les facs. Les syndicats dénoncent notamment la mise en oeuvre d’une "logique managériale".

Crédit Photo : TF1-LCI

LCI.fr : Aujourd’hui, quelles sont les conditions de travail d’un enseignant-chercheur ?

Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup, maître de conférences en mathématiques à l’Université de Tours : C’est un métier extrêmement difficile que l’on fait par passion. L’enseignant-chercheur est recruté sur concours - un concours très sélectif - après de nombreuses années d’études.

Statutairement, il doit remplir une triple mission : être un chercheur actif pendant 50% de son temps ; être un enseignant attentif pendant 192 heures par an et enfin, participer à l’ensemble des tâches collectives de l’Université, c’est-à-dire accompagner les étudiants qui font des stages, se charger de l’encadrement des mastères, etc. Autant de tâches qui sont extrêmement chronophages.

LCI.fr : Que reprochez-vous à l’évolution du statut d’enseignant-chercheur que pousse le gouvernement ?

J. F. : De porter atteinte à un aspect essentiel de notre activité, à savoir de définir la priorité de nos tâches scientifiques et pédagogiques.

C’est de notre liberté scientifique dont il est question. Avec cette réforme, l’arbitrage sur les recrutements, la charge de travail, les thématiques de recherche reviendra aux présidents d’université alors qu’auparavant, cet arbitrage était décidé dans le cadre des 54 sections du Conseil national des universités.

Ces sections organisées par discipline sont composées d’enseignants-chercheurs élus aux deux-tiers et nommés par le ministère pour le reste.

Là, on bascule dans une logique managériale où le président de l’université aura tout pouvoir. Il sera le seul à décider ce qu’est une bonne thématique de recherche.

Et cela s’inscrit dans une logique de non remplacement des départs à la retraite. D’où une plus grosse charge de travail pour les enseignants-chercheurs en place.

LCI.fr : Quelles sont les revendications des enseignants-chercheurs ?

J. F. : Nous demandons au gouvernement de revenir sur la suppression des 1030 emplois inscrits au budget 2009 et nous demandons également que soient créés dès 2009 4000 emplois : 1000 postes d’enseignants, 1000 de personnels administratifs, 1000 de chercheurs et 1000 d’ingénieurs et techniciens.

LCI.fr : Où en le dialogue avec Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche ?

J. F. : La ministre n’a jamais voulu construire [la réforme, NDLR] avec les syndicats. Ce qui compte pour elle, ce sont les médias et qu’elle soit la meilleure élève du gouvernement.

C’est pour cela que beaucoup d’universitaires sont actuellement en grève administrative, en grève des cours aussi. Deux journées de manifestations sont également prévues : le jeudi 5 février en régions et le mardi 10 à Paris.

LCI.fr : Par rapport à la mobilisation des chercheurs en 2004, comment situez-vous ce mouvement ?

J. F. : Il est beaucoup plus puissant qu’en 2004 et la principale différence est que le mouvement de 2004 est parti des labos tandis que celui de 2009 est parti des universités. Sinon, les revendications sont les mêmes.

Universités - La fronde des chercheurs en colère

le 03/02/2009 - 12h33

La coordination nationale des universités a lancé un appel à la grève illimitée pour dénoncer un projet de décret sur le statut d’enseignant-chercheur et la réforme de la formation des enseignants. Elle appelle aussi à manifester les 5 et 10 février.

Crédit Photo : TF1/LCI Vote de la mobilisation dans un amphi pour protester contre la réforme du statut des enseignants chercheurs (2 février 2008)

Pour Pécresse, retirer le décret serait un "recul"

La coordination nationale des universités a appelé lundi à une grève illimitée dans toutes les universités, ainsi qu’à une journée de manifestations en France jeudi et à une manifestation nationale à Paris le mardi 10, selon deux motions adoptées à l’unanimité moins deux abstentions lundi. La coordination "constate que les ministères n’ont à ce jour retiré ni le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs, ni la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré".

Déjà, la grève a commencé lundi dans certaines universités où les cours n’ont pas eu lieu, d’autres n’étant pas touchées. "Au moins 45% des activités d’enseignement" étaient touchées par des grèves d’enseignants-chercheurs, selon le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur. "Il y a eu des perturbations limitées et sporadiques : dans certaines universités, pas de cours et rétention de notes", selon le ministère de l’Enseignement supérieur.

Des actions hétérogènes

Grève des cours d’un jour, rétention des notes, grève d’une semaine... les situations étaient diverses. "Il ne s’agira pas forcément de facs mortes partout", a souligné Sarah Hatchouel, professeur d’anglais à l’université du Havre et membre du comité d’organisation de la coordination, en précisant que chaque université pouvait décider de son moyen d’action au niveau local.

La coordination appelle également à une "cérémonie nationale de non remise des maquettes des masters le vendredi 13 devant le ministère et les rectorats", en référence aux nouveaux masters que devront suivre les étudiants se préparant à l’enseignement, selon la réforme prévue par le gouvernement. La coordination "encourage" enfin les enseignants "à faire cours en dehors des cadres habituels" et les syndicats à "faire le lien avec le primaire et le secondaire".

D’après agence

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Universités : Pour Pécresse, retirer le décret serait un "recul"

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