AID Association initiatives dionysiennes

JEUNESSE

vendredi 16 janvier 2009 par JMT

Dans sa grande bonté et sa fureur réformatrice,le petit père des français qui vient de donner un vrai sous-ministre ( un haut commissaire !) aux "djeuns", et la gratuité des musées, s’occupe maintenant aussi du permis de conduire, parchemin ô combien initiatique et qui devenait de plus en plus problématique à obtenir, objet d’un véritable parcours du combattant normalement commencé au collège, voire au primaire ! A quel pays où il faut que le Président d’occupe de tout pour que ça marche...... tout ? enfin presque, le déficit budgétaire par exemple on s’asseoit dessus :-)

Quand la « jeunesse » devient plus qu’un mot...

Le Mercredi 14 Janvier 2009 à 01h42

« La jeunesse n’est qu’un mot » disait Bourdieu en 1978 évoquant ainsi les réalités différentes que cachait le mot « jeunesse ». Nicolas Sarkozy semble lui bien le conjuguer au singulier : gratuité des musées pour les moins de 25 ans, réforme du permis de conduire et création d’un Haut Commissariat à la Jeunesse...

Avec Martin Hirsch, pour la première fois, les jeunes ont « leur » ministre. En politique aussi, gouvernement après gouvernement, les jeunes ne cessent de devenir une catégorie à part entière...

En 1936, sous le Front populaire, est créé un sous-secrétariat d’Etat aux Sports et aux loisirs. Léo Lagrange est chargé de ce portefeuille que la droite tournera en dérision via la formule « ministère de la paresse ».

S’il n’a pas en charge les loisirs des « jeunes » mais bien plus celui des « masses » (selon ses propres termes) M Lagrange porte une attention particulière à ces derniers, notamment en encourageant la créations d’Auberges de Jeunesse. Il sera en poste jusqu’en 1938.

En fait, il faudra attendre la IV République (1946) pour qu’un sous secrétariat d’Etat ait réellement la jeunesse dans son intitulé : le sous-secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports.

Ensuite, sauf entre 1958 et 1963, la Jeunesse est confiée à un membre du gouvernement avec d’autres attributions (education, sport, Arts, etc...) sous forme de ministère, de secrétariat ou de sous secrétariat. Martin Hirsch sera le premier à s’occuper exclusivement de la « Jeunesse ».

Alfred Sauvy évoque la « montée des jeunes » tandis que dans Le Monde, Edgar Morin publie plusieurs articles sur la « montée de la culture juvénile »... La presse aime alors à relayer le triptyque « blousons-noirs », rock et délinquance... Les jeunes, les adolescents (les chercheurs dissocieront les deux) ont désormais leur musique, leurs vêtements et leurs histoires.

Holden Caufield, le héros de L’Attrape coeur, roman de l’américain J-D Salinger publié en 1951, devient, par excellence, le symbole de l’adolescent, phénomène littéraire qui ballade sa "crise d’ado" dans les rues de New York.

En créant un Haut Commissariat à la Jeunesse, Nicolas Sarkozy prolonge donc l’autonomisation de cette tranche d’âge. D’ailleurs, le Président a justement confié à Martin Hirsch la tâche de « refonder une politique de la jeunesse autour d’un objectif simple : l’accès à l’autonomie, l’accès à une autonomie responsable et solidaire »...

Réforme du permis de conduire, l’avis d’un directeur d’auto-école

Le Mercredi 14 Janvier 2009 à 09h35

Le Journal du Dimanche en date du 30 novembre dernier annonçait, selon les experts, une véritable « révolution » du permis de conduire. Mardi dernier François Fillon a présenté son projet de réforme de cet examen ô combien contesté…

Flash sur les dispositions phares mais aussi appréciation d’un professionnel sur ces nouvelles propositions : Jean Bernard Mendiboure, Directeur de l’auto école ECF Dupleix à Paris a accepté de faire part à en3mots de son avis sur la question.

En3mots : Concernant l’examen du code tout d’abord, le projet de réforme envisage de l’individualiser, chaque candidat pouvant le passer sur un ordinateur personnel avec, cela va sans dire, une série qui lui est propre. Que penser de cette avancée ?

JB Mendiboure : C’est une bonne mesure au sens où elle permet de libérer des inspecteurs qui, de fait, seront plus disponibles pour faire passer l’examen pratique de la conduite. Ainsi, les délais aujourd’hui pratiqués (entre 4 et 6 mois) seront raccourcis et les passages plus rapides. De plus, cet examen, plus personnalisé évitera toute suspicion de tricherie, ce qui facilitera le travail de l’administration.

En3mots : S’agissant de la conduite accompagnée, le projet proposé par François Fillon cherche à favoriser cette méthode d’apprentissage voire à l’insérer entre deux passages à l’examen. Pensez-vous que cela soit une bonne solution ?

JBM : Absolument ! Nombreuses sont les hypothèses où un examen n’est pas validé à cause d’une manœuvre mal effectuée or, l’attente pouvant aller de 4 à 6 mois parfois, l’élève qui veut garder son niveau doit prendre au minimum tous les 15 jours des cours (environ 2h)...

A ce train là c’est presque 600 euros de plus à rajouter au budget initial ! Avec la possibilité de conduire avec un adulte, l’élève continuerait à apprendre et ne perdrait tout ce qui lui a été précédemment enseigné lors de sa formation.

La conduite accompagnée reste la meilleure des solutions, non seulement elle est moins coûteuse mais en plus elle assure une bien meilleure conduite à ceux qui la pratiquent qu’aux autres. Les assureurs ne s’y trompent pas et la différence est visible 500 euros de moins sont à noter entre les véhicules de conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée ou pas.

En3mots : L’examen de la conduite devrait changer pour ne plus être un « décompte d’erreurs » mais plutôt un « bilan de compétence et de comportement » du candidat. Un examen moins tatillon à priori... N’est ce pas dangereux à vos yeux ?

JBM : Je pense que cette proposition est raisonnable. Il faut chercher à évaluer une globalité, un comportement plus que du détail comme le fait de mordre sur une ligne blanche ou rater un créneau.

Cela rendra l’examen plus réaliste, on ne peut continuer à disqualifier un élève en raison d’une faute si le reste est bon. Sans cesse les auto-écoles ont du s’adapter au travers des réformes successives (livret, manœuvres..). La formation est aujourd’hui de qualité, il est temps pour l’administration de se remettre en question !

En3mots : Quelle est, selon vous, la plus importante mesure à faire passer ?

JBM : Aujourd’hui, une évolution indispensable doit avoir lieu. Il ne faut plus laisser les candidats dans la nature après l’obtention de l’examen. Il faut imposer des rendez vous après 6 mois, 1 an afin de faire le point sur la situation, les hésitations, les doutes rencontrés…

Les auto-écoles doivent continuer leur mission pédagogique. Après tout, aucun métier n’existe sans formation continue, le suivi sur le long terme est absolument décisif.

D’autres mesures envisagées par la réforme :

- Diminution du délai de passage du permis en dessous de 3 mois

- 370000 places d’examens créées sur trois ans via le recrutement de 55 inspecteurs supplémentaires

- Le fonds de cohésion sociale va apporter sa caution aux candidats n’arrivant pas à décrocher un prêt

- 15 millions débloqués pour les allocataires du Revenu de solidarité active.

Anne laure Henault

A lire

L’article de Florence Tamagne : Le "blouson noir". Codes vestimentaires, subcultures rock et identités adolescentes dans la France des années 1950 et 1960 : cliquez ici

Article d’Olivier Galland Adolescence, post-adolescence, jeunesse : retour sur quelques interprétations cliquez ici


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