AID Association initiatives dionysiennes
La propagande de la "pénitentiaire" révélée

Vous aviez dit "La Honte de la République" ?

C’est toujours le cas !

vendredi 19 décembre 2008 par JMT

Des détenus ont filmé clandestinement leurs conditions de détention à la prison de Fleury-Mérogis et ont fait sortir les images afin de réaliser un documentaire. Le Monde en diffuse un extrait, édifiant, jeudi.

Des dizaines d’hommes entassés dans une pièce dont la grille est fermée à double tour. Et qui crient, refusant d’être ainsi filmés - certains sont torse nu.

Au 1er octobre 2008, 66 712 personnes sont sous écrou (+ 3 212 en un an, soit + 5,1%) soit : 16 738 prévenus détenus (- 4,6 %), 46 447 condamnés détenus (+ 6,7 %), 3 041 condamnés placés sous surveillance électronique (+ 47 %), 486 condamnés en placement à l’extérieur, sans hébergement pénitentiaire (+ 33 %).

Prison : Fleur-Merogis les images choc

le 19/12/2008 - 12h11

Des détenus ont filmé clandestinement leurs conditions de détention à la prison de Fleury-Mérogis et ont fait sortir les images afin de réaliser un documentaire. Le Monde en diffuse un extrait, édifiant, jeudi.

Des cellules exiguës et crasseuses, des douches ignobles... Plusieurs détenus de la prison de Fleury-Mérogis ont filmé en cachette leur quotidien.

Deux heures et demie d’images brutes montrant notamment des locaux vétustes et insalubres, des douches aux murs suintant d’humidité, les cellules dans lesquelles les prisonniers cuisinent des aliments sur des réchauds de fortune constitués de quatre canettes de boisson entre lesquelles brûle une serpillière imbibée d’huile alimentaire.

L’un des prisonniers interrogés, dont la voix a été altérée afin de préserver son anonymat, déclare : "On lance un appel pour qu’on change tout çà. Et de ne pas croire qu’ici c’est un lieu pour se réinsérer. Parce qu’il y a des mélanges. Cet après-midi, par exemple, je vais serrer la main à quelqu’un qui a fait un attentat".

L’un des auteurs des images explique au quotidien Le Monde qui diffuse, jeudi, sur son site internet plus de trois minutes d’images que, "quand on est en détention, on voit plein de reportages télé sur les prisons.

Mais ils ne montrent jamais ce qui se passe vraiment parce que l’administration organise les visites et ne montre que les bâtiments en bon état. On s’est dit qu’il fallait montrer l’autre côté de la détention".

"C’est vraiment la merde, tu deviens fou là-bas"

S’adressant à la jeunesse des quartiers difficiles, il ajoute : "Beaucoup pensent qu’aller en prison ce n’est pas grave et qu’ils en sortiront plus forts. Nous, on veut leur montrer que c’est vraiment la merde et que tu deviens fou, là-bas".

Les images brutes ont été confiées par leurs auteurs à deux réalisateurs, Karim Bellazar et Omar Dawson, qui dirigent la société de production I-Screen, dans le but d’en faire un documentaire et de le proposer à des diffuseurs.

"Préoccupation permanente" de l’administration pénitentiaire

L’administration pénitentiaire (AP) a réagi, jeudi soir, aux extraits de cette vidéo. Dans un communiqué adressé à la presse, l’institution rappelle notamment que "les conditions de prise en charge des détenus sont pour elle une préoccupation permanente.

Elle accueille aujourd’hui 63 619 personnes incarcérées pour une capacité de 50 963 places dont 3 873 personnes détenues à Fleury-Mérogis pour une capacité de 2 855 places".

L’AP précise que la prison où les images ont été tournées est "composée de cinq bâtiments faisant l’objet d’une rénovation pour laquelle le gouvernement a dégagé une enveloppe de 400 millions d’euros, soit un coût de 112 000 euros par place rénovée.

Inauguré le 27 octobre dernier, le bâtiment rénové D2, qui comprend 700 places neuves réhabilitées recevra les premiers détenus le 12 janvier 2009. L’ensemble des autres bâtiments seront réhabilités d’ici à 2016".

Centre de rétention de Mayotte : la vidéo qui accuse

MAYOTTE, correspondance RÉMI CARAYOL

DOCUMENT VIDEO« Libération » s’est procuré un document vidéo qui dévoile les conditions inhumaines de rétention des clandestins sur ce territoire français. Retrouvez en kiosque nos témoignages, enquête et reportage sur place.

Des dizaines d’hommes entassés dans une pièce dont la grille est fermée à double tour. Et qui crient, refusant d’être ainsi filmés - certains sont torse nu.

A quelques mètres, tout près des poubelles où se trouvent les restes du repas, des femmes et des enfants sont couchés sur des matelas de fortune. Des gamins crient, d’autres pleurent. Certains dorment. Derrière les toilettes, un jeune homme qui a fui la promiscuité s’est assoupi à même le sol.

Les images du film que Libération s’est procuré, tourné en octobre par un agent de la Police aux frontières (PAF) de Mayotte au sein du centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi, sont édifiantes. Ce jour-là, il y avait 202 retenus dans le CRA, qui n’est habilité à n’en recevoir que 60…

« Inadmissibles ».

« Ce film montre ce que nous vivons au quotidien », indique un agent de la PAF qui, après avoir vu les images, a accepté de nous répondre de manière anonyme.

Selon lui, « il est très fréquent que le nombre de retenus dépasse les 150, voire les 200 ». « Le record cette année est de 240 », assure-t-il. Quant aux conditions d’accueil, « elles sont inadmissibles. […] Il n’y a que 60 matelas - et encore depuis peu. Les douches sont visibles depuis la salle des hommes. Il n’y a pas de toilettes réservées aux femmes et aux enfants. »

Un autre agent de la PAF de Mayotte va plus loin. « Les conditions de rétention des sans-papiers sont indignes, dit-il. Les gens sont traités comme des animaux. Et nous, on a la pression de la hiérarchie pour faire notre boulot sans rien dire.

L’objectif, c’est de répondre aux attentes du ministère. » Si cet agent a accepté de nous parler, c’est d’abord parce qu’il n’a « pas fait ce boulot pour traiter ainsi les gens. Ce que je vois à Mayotte, je ne l’ai vu nulle part ailleurs ».

C’est aussi « parce que s’il y a un accident un jour, c’est nous, les lampistes, qui payerons, alors que la hiérarchie est parfaitement au courant de ce qui se passe ici.

Par exemple, on est obligé de fermer à clé la salle des hommes pour éviter qu’ils s’échappent par le toit. Nous ne sommes que 5 agents, nous ne pouvons donc tous les surveiller. Mais s’il y a un incendie, ils seront bloqués… Nous sommes dans l’illégalité ! »

Le CRA de Mayotte détient le record national de reconduites à la frontière avec 16 000 refoulés en 2007 - un sommet qui devrait être égalé en 2008. Des chiffres faramineux s’expliquant par la proximité historique, géographique et culturelle des Mahorais avec les Comores, d’où viennent la majorité des immigrés (lire page suivante).

Malgré les travaux en cours afin d’améliorer les conditions d’accueil - une pièce pour la restauration, des toilettes pour femmes et un coin enfants sont prévus, Flore Adrien, présidente du groupe local de la Cimade, dénonce elle aussi ces conditions d’accueil « indécentes ».

Surtout, affirme-t-elle, « le droit des personnes n’est pas respecté : des mineurs isolés sont expulsés, des Français qui n’ont pas le temps de montrer leurs papiers ou des Comoriens présents depuis vingt ans sur le territoire aussi… »

En décembre 2006, le syndicat Unsa police Mayotte avait déjà dénoncé « la surpopulation et le "toujours plus" [engendrant] des tensions que le personnel du CRA ne peut plus supporter ».

« Allons-nous attendre un incident grave pour agir ? » interrogeait le syndicat dans un tract, qui rappelait que « pour satisfaire aux lois de la République, nous respectons les textes en vigueur, mais il faut aussi que l’administration respecte les règles qu’elle a elle-même édictées ».

Avertissements.

Le 15 avril, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait jugé ce CRA « indigne de la République ». « Les conditions de vie […] portent gravement atteinte à la dignité des mineurs retenus », notait également la commission.

« Malgré ces avertissements, la direction n’a rien changé », déplore l’un de nos informateurs. « Certes il y a des travaux pour améliorer l’accueil, mais la logique de traiter ces personnes comme des chiffres reste la même. Et les moyens ne suivent pas. »

Yvon Carratero, le directeur de la Police aux frontières cité dans un rapport de la commission des lois du Sénat publié début décembre, affirme que le CRA, « qui accueillait naguère 200 personnes », en accueille désormais « 50 à 80, grâce à une meilleure organisation des modalités d’éloignement ».

Le film, tourné après la rencontre du fonctionnaire avec les sénateurs, prouve le contraire. « Rien n’a changé », certifie l’un de nos deux informateurs.

- vidéo version libération

Vidéo exclusive tournée à l’intérieur du centre de rétention de Pamandzi à Mayotte, en octobre 2008.

- video version amnesty-france

Dans le cadre de la Journée internationale des migrants, Amnesty International (AI) a adressé le 17 décembre 2008 aux ministres de l’Intérieur et de l’Immigration une vidéo et des photos prises à l’intérieur du centre de rétention de Pamandzi à Mayotte.

La vidéo montre des migrants, hommes, femmes, enfants et nourrissons, entassées dans des salles fermées par des grilles à l’intérieur des locaux insalubres du centre.

Pour AI, ces conditions de maintien en rétention peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants pour les personnes qui les subissent.

Pour accéder à notre page spéciale Centre de rétention à Mayotte

Pour en savoir plus sur la Journée internationale des migrants

VIDEOS

Prison : Les images chocs de Fleury-Mérogis, filmé de l’intérieur

18 décembre 2008 - 22h02

Des détenus ont filmé clandestinement leurs conditions de détention à l’intérieur de la prison de Fleury-Mérogis. Les images.

sur le site dailymotion

Arpenter le Champ Pénal-Lettre d’information sur les questions pénales et criminologiques

Directeur de la publication : Pierre V. Tournier

Au 1er octobre 2008, 66 712 personnes sont sous écrou (+ 3 212 en un an, soit + 5,1%) soit : 16 738 prévenus détenus (- 4,6 %), 46 447 condamnés détenus (+ 6,7 %), 3 041 condamnés placés sous surveillance électronique (+ 47 %), 486 condamnés en placement à l’extérieur, sans hébergement pénitentiaire (+ 33 %).

Le nombre de personnes détenues est de 63 185 (+ 2 122 en un an, soit + 3,5 %).

Le nombre de détenus en surnombre est de 13 514 (+ 1 601 en un an, soit + 13 %).

RTF - 224.1 ko

Télécharger le numéro ACP N°114 -115 ARPENTER le champ pénal

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