AID Association initiatives dionysiennes
80.000 manifestants à Paris à l’appel de 47 organisations

Signal clair au gouvernement !

On ne peut pas faire n’importe quoi avec l’Ecole

dimanche 19 octobre 2008 par JMT

Un pays, une école, notre avenir.

L’éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous !

Appel des 21 organisations

Notre pays a cette chance extraordinaire de disposer d’un grand service public laïque d’Education. Il traduit notre choix républicain d’une société où tous les citoyens vivent ensemble. Mais imagine-t-on ce que deviendrait ce principe, sans ce tour de force de l’accueil de tous les jeunes, sans distinction, réalisé quotidiennement par notre École ?

Cette Ecole publique, que nous aimons pour ses réussites incontestables, rencontre aussi des difficultés. C’est pourquoi nous souhaitons passionnément qu’elle évolue et se transforme pour s’acquitter vraiment de sa mission démocratique : faire réussir tous les jeunes, pas seulement les plus favorisés ou les plus « méritants ».

Pour nous, ce débat et cet effort concernent tous les citoyens car, à travers l’avenir de la jeunesse, c’est celui du pays qui se joue.

Or, en lieu et place de ce que devrait nécessiter cette grande cause nationale, rassemblant largement les citoyens, à quoi assistons-nous ? Au spectacle d’une politique gouvernementale qui, au-delà des habillages, ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser.

Plus que tout discours, la préparation du budget 2009 en est la démonstration : 13500 suppressions d’emplois programmées, soit, dans le cadre triennal dans lequel ce budget s’inscrit, plus de 40 000 postes promis à disparition sur les 3 ans, à rajouter aux 11 200 suppressions de cette année !

Tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative, mais nous affirmons que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous.

Aussi, nous poussons aujourd’hui un cri d’alerte : cette politique va détériorer sur le long terme le service public d’Education. Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités.

De ce projet, nous ne voulons pas ! Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre Ecole publique en mettant au cœur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix.

Nous en appelons à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Education est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’Education dans l’affaiblissement.

Quelle place veut-on donner à l’Education dans notre pays ? Quel citoyen, quelle citoyenne, veut-on préparer ? Nous n’acceptons pas que la société découvre a posteriori qu’on aurait répondu à sa place, en catimini, à ces questions fondamentales !

Alors, mobilisons-nous ensemble, débattons, parlons, proposons, interpellons l’opinion, agissons sans attendre !

Rassemblons-nous tous dans une grande manifestation nationale le dimanche 19 octobre à Paris.

Les organisations à l’initiative de cet appel :

AFL - Cé - CEMEA - CRAP-Cahiers pédagogiques - FAEN - FCPE - FEP-CFDT - FERC-CGT - FGPEP - FIDL - Les FRANCAS - FSU - GFEN - ICEM-pédagogie Freinet - JPA - La Ligue de l’Enseignement - SGEN-CFDT - SUD Education - UNEF - UNL - UNSA Education

Les organisations qui soutiennent cet appel :

AEAT - AFPEN - AGEEM - AMUF - ANATEEP - APBG - APSES - APKHKSES - ATTAC France - CFDT - CGT - CMR - CNAJEP - CNAL - CSF - EEDF - FFMJC - FNAME - Bureau national FNAREN - FNDDEN - FNFR - FOEVEN - LDH - MRAP - OCCE - PRISME - Solidaires - UDPPC - UFAL - UNSA

Education - Les enseignants dans la rue

le 19/10/2008 - 13h54

La manifestation pour l’éducation nationale a démarré dimanche à Paris, réunissant des dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs.47 organisations syndicales de l’enseignement appellent le gouvernement à investir dans l’éducation à l’heure de la crise au lieu de supprimer des postes.

Crédit Photo : TF1/LCI Manifestation dans l’Education et la fonction publique le 15 mai 2008

La manifestation pour la défense de l’Education nationale a démarré dimanche à Paris, près de la place d’Italie, peu après 13 heures, réunissant des dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs. 47 organisations syndicales demandent au gouvernement d’investir dans l’éducation à l’heure de la crise au lieu de supprimer des postes.

La ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse a estimé dimanche matin sur Europe 1 (voir la vidéo) que les raisons de la manifestation nationale de dimanche pour la défense du service public de l’éducation et contre les suppressions de postes étaient "injustifiées et décalées".

"Nous avons fait en deux ans des changements profonds dans l’éducation. Nous allons poursuivre", a insisté la ministre, citant "le soutien scolaire pour les plus défavorisés", "l’assouplissement de la carte scolaire", "la revalorisation en cours des carrières des enseignants", la "refonte des programmes du primaire".

Qu’à cela ne tienne, "L’inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l’Education. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu’accordait la Nation à l’Education", estiment les organisateurs.

La mobilisation a lieu peu avant l’examen à l’Assemblée le 4 novembre du budget 2009 de l’Education, qui prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8500 en 2007. Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu’en 2012, "ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d’Education", jugent les organisateurs. "Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils.

"360 milliards" pour les banques

La crise économique plaide au contraire, selon eux, pour investir dans l’éducation. "En période de crise, il y a un besoin de l’Etat, car c’est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Education.

"A l’heure où l’on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l’éducation, c’est hypothéquer lourdement l’avenir. Une politique de rigueur risque d’ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef.

"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu’il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l’éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

La quasi-totalité des syndicats d’enseignants, sauf le Snalc, appellent à manifester, de même que le principal syndicat des chefs d’établissements, les étudiants de l’Unef, les lycéens de l’UNL et la Fidl, les parents d’élèves de la FCPE, plusieurs associations pédagogiques.

Marque d’une volonté d’interpeller l’opinion sur "la place" de l’école, l’appel s’est élargi aux confédérations syndicales CGT et CFDT, ainsi qu’à Solidaires, l’Unsa, la Ligue des droits de l’homme, la Confédération syndicale des familles, le Mrap ou encore Attac.

Outre le motif général de la mobilisation, d’autres griefs sont avancés comme les déclarations de Xavier Darcos sur l’école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l’école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.

69% des Français approuvent le mouvement, selon un sondage

69% des Français estiment que la mobilisation des enseignants contre les suppressions de postes et les récentes réformes dans l’Education nationale est "justifiée", selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France qui paraît ce dimanche.

Interrogés sur la manifestation nationale prévue dimanche à Paris pour demander au gouvernement "d’investir dans l’Education nationale" au lieu de supprimer des postes, 27% des sondés ont jugé le mouvement "tout à fait justifié" et 42% "plutôt justifié". 31% des personnes interrogées l’estiment en revanche "injustifié".

La manifestation du 19 octobre, note l’IFOP, recueille une sympathie des Français presque aussi forte que le mouvement des pêcheurs au printemps dernier (71%), et supérieure aux principaux mouvements sociaux des dernières années. Le mouvement de protestation des enseignants en 2003 n’avait été, à l’époque, jugé justifié que par 55% des Français, rappelle l’IFOP.

Ce sondage a été réalisé du 9 au 10 octobre 2008 par téléphone sur un échantillon de 957 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

Manifestation nationale à Paris en faveur de l’Education

PARIS (AFP) - 19/10/08 07:46

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont attendus dimanche à Paris pour demander au gouvernement d’investir dans l’éducation à l’heure de la crise au lieu de supprimer des postes, politique qui "va détériorer sur le long terme" le service public d’éducation.

Photographe : Stéphane de Sakutin AFP/Archives :: Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri lors d’une manifestation le 7 octobre 2008 à Paris

Une "manifestation nationale", à l’appel de 47 organisations, partira vers 13h00 de la place d’Italie, en direction de la Bastille.

"L’inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l’Education. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu’accordait la Nation à l’Education", estiment les organisateurs.

La mobilisation a lieu peu avant l’examen à l’Assemblée le 4 novembre du budget 2009 de l’Education, qui prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8.500 en 2007. Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu’en 2012, "ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d’Education", jugent les organisateurs.

"Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils.

La crise économique plaide au contraire, selon eux, pour investir dans l’éducation. "En période de crise, il y a un besoin de l’Etat, car c’est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Education.

"A l’heure où l’on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l’éducation, c’est hypothéquer lourdement l’avenir. Une politique de rigueur risque d’ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef.

"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu’il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l’éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri. "Ce qui remonte de la province (...) est que nous sommes sur la lancée d’une manifestation réussie", a-t-il commenté mercredi.

La quasi-totalité des syndicats d’enseignants, sauf le Snalc, appellent à manifester, de même que le principal syndicat des chefs d’établissements, les étudiants de l’Unef, les lycéens de l’UNL et la Fidl, les parents d’élèves de la FCPE, plusieurs associations pédagogiques.

Marque d’une volonté d’interpeller l’opinion sur "la place" de l’école, l’appel s’est élargi aux confédérations syndicales CGT et CFDT, ainsi qu’à Solidaires, l’Unsa, la Ligue des droits de l’homme, la Confédération syndicale des familles, le Mrap ou encore Attac.

La pétition en ligne des organisateurs (www.uneecole-votreavenir.org) avait reçu vendredi plus de 28.500 signatures.

Outre le motif général de la mobilisation, d’autres griefs sont avancés comme les déclarations de Xavier Darcos sur l’école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l’école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.

La réforme en seconde

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Télécharger une présentation powerpoint provenant du site du SNES

La pétition de l’UdPPC

Pétition en ligne : défense des sciences, en particulier physique-chimie

Les informations reçues sur la réforme du lycée et particulièrement sur la classe de seconde ont suscité la vive réaction du Conseil de l’UdPPC car c’est à la disparition de la physique chimie en seconde que nous sommes confrontés !

En seconde 18 modules semestriels de 3 heures seraient répartis en 3 blocs :

11 modules pour les enseignements "fondamentaux", lettres, maths, langue vivante 1, langue vivante 2, éducation physique et sportive, histoire-géographie.

4 modules pour les enseignements "d’exploration" sciences économiques et sociales, initiation aux sciences de l’ingénieur, sciences médico-sociales, informatique de gestion et de communication, langue vivante 3, arts, histoire des arts, sciences…

3 modules pour les enseignements et activités d’accompagnement qui relèveront de l’autonomie pédagogique de l’établissement.

Les sciences ne seraient donc pas fondamentales !

Signez la pétition en ligne

En suivant le lien ci-dessus vous pourrez signer la pétition qui reprend le texte adopté le samedi 27 septembre par le Conseil de l’UdPPC.

L’Union des professeurs de physique et de chimie, l’UdPPC, défend depuis plus d’un siècle l’enseignement de la physique et de la chimie en collège et en lycée. Elle est représentative, de par ses milliers d’adhérents, de l’ensemble des professeurs de ces disciplines tant dans l’enseignement public que dans l’enseignement privé.

Nous avons toujours choisi la voie de la réflexion de fond en insistant sur le double intérêt de la Nation à avoir d’une part des citoyens formés par nos disciplines, qui confrontent l’élève au réel, et d’autre part des physiciens et chimistes de haut niveau dans les industries, les universités et les laboratoires.

Les craintes exprimées par de nombreux groupes industriels, avec lesquels nous avons des contacts suivis, de ne plus trouver en France les scientifiques dont ils vont avoir besoin dans les prochaines années, ont motivé dans une large mesure les travaux de notre association au cours des dernières années.

C’est pourquoi nous découvrons avec stupeur que, en l’état actuel de la réflexion menée sur l’avenir du lycée, la classe de seconde ne comporterait pas d’enseignement de sciences expérimentales dans les enseignements fondamentaux, ni en physique et chimie, ni en sciences de la vie et de la Terre. Il nous semble même que leur place ne serait pas assurée dans les enseignements d’exploration !

Nous affirmons qu’il est impossible d’avoir un enseignement fondamental composé à 70% de disciplines non scientifiques dans une classe dite de « détermination ». C’est pourquoi nous demandons fermement de voir figurer au sein de l’enseignement fondamental des modules de sciences expérimentales indispensables à la culture des citoyens du XXIe siècle.

D’autre part, certains élèves ont en fin de collège un projet scientifique affirmé : devenir chercheurs, professeurs, techniciens ou ingénieurs. C’est notamment le cas des 40000 élèves des sections STL et STI qui poursuivent tous, après le bac, une formation scientifique dans l’enseignement supérieur. Nous demandons donc que ces élèves puissent suivre en seconde des enseignements adaptés à leurs goûts par la création dans tous les lycées de France de modules d’exploration de physique et chimie.

Par ailleurs, alors que dans les collèges s’ouvre le travail d’orientation, il est actuellement impossible de présenter aux élèves de 3eme les formations qui leur seront proposées l’an prochain. Aussi, soucieux de l’intérêt des élèves et de leurs familles, nous demandons un report d’un an de la réforme.

23424 personnes ont déjà signé la pétition.

Pétition UFAL

UFAL, Union des FAmilles Laïques école

15 octobre 2008

Manifestation du 19 octobre

En prenant ses fonctions de ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos affectait de redonner toute sa place à la transmission des savoirs, c’est-à-dire à l’instruction.

La communication organisée autour de la réforme des programmes du primaire pouvait donner l’illusion qu’on allait désormais favoriser un enseignement à la fois élémentaire et progressif. Cela n’était, hélas, qu’un pur effet d’annonce.

Le ministre a très vite cédé à ceux qui critiquaient le « retour au fondamentaux » et fustigeaient l’apprentissage de la grammaire. La réduction du nombre d’heures d’enseignement résultant de la suppression du samedi matin ainsi que la suppression de 11 200 postes annoncée pour la rentrée 2008 montrèrent à ceux qui espéraient encore que la politique menée par Xavier Darcos obéissait en fait à une logique purement comptable : il s’agissait moins de redorer le blason terni de l’école publique que d’appliquer à l’éducation nationale la politique de « réduction des coûts » menée par le gouvernement.

C’est pourquoi, dès le mois d’avril, l’Ufal lançait une pétition pour dénoncer les mesures prises par le ministre de l’éducation nationale. La réforme du lycée annoncée par Xavier Darcos révèle aujourd’hui dans toute son ampleur l’attaque dont l’école républicaine fait l’objet.

Loin de renforcer l’institution scolaire, la politique de Xavier Darcos a en fait pour principal objectif de parachever la destruction de l’école républicaine.

Cette réforme vise en effet à transformer le lycée en un vaste marché : les élèves pourront choisir, au gré de leurs envies, des matières qui devront leur survivance au succès qu’elles remporteront.

En supprimant le redoublement de la seconde à la première, le ministre affiche le cynisme de sa politique : il s’agit moins de garantir aux élèves les conditions d’une instruction solide que de « gérer les flux » à moindre coût, de la seconde jusqu’au baccalauréat.

Consciente de la gravité des conséquences d’une telle « réforme », l’Ufal a accepté de s’associer à l’appel lancé par vingt organisations pour une vaste manifestation le 19 octobre à Paris. (...)

Le Secteur École De L’UFAL

Contre la réforme des écoles annoncée par Xavier Darcos

Contre la démolition de l’école républicaine, l’UFAL dénonce la politique de rentabilité et d’obscurantisme du ministère libéral Sarkozy-Fillon-Darcos.

Réduction drastique et programmée des moyens alloués à l’école publique : après 11 200 suppressions de postes à la rentrée 2008, le projet de budget en prévoit 13 500 pour 2009, 15 000 pour 2010.

Ces suppressions devraient se poursuivre au moins jusqu’en 2012. Le ministre prétend les compenser par des heures supplémentaires et divers artifices : coupes sombres dans les postes de RASED, réintégration de MAD (mis à disposition), etc.

Donc, alourdissement de la charge des enseignants avec baisse de la qualité de leur travail, dégradation de l’accompagnement des élèves en difficulté et affaiblissement des organismes qui participent aux missions d’enseignement, d’éducation et de culture.

À l’école primaire, diminution des horaires par la suppression de la classe du samedi matin : les élèves les plus fragiles, qui sont aussi le plus souvent ceux qui vivent dans un milieu anxiogène, ont besoin de temps et de sécurité pour étudier à l’école.

La suppression d’un jour de classe aggrave les déterminations sociales liées au milieu familial. Les heures de soutien, surchargeant les jours de classe restants, ne pourront guère réparer un échec scolaire qu’on entretient ainsi.

La réforme du lycée :

Au lycée, c’est la désorganisation de l’enseignement qui est annoncée avec le lycée modulaire, approuvé par Philippe Meirieu (Les Échos, 18.07.08) : le savoir y serait découpé en modules offerts au choix de l’élève transformé en consommateur, avec bien entendu réduction des horaires.

Il ne sert à rien de mettre en avant l’exemple de la Finlande, où les conditions sociales et culturelles sont différentes, où les moyens sont importants et où le lycée modulaire est préparé en amont. C’est plutôt le modèle anglo-saxon ultralibéral qui inspire la politique du ministère.

Pour l’UFAL, l’école doit d’abord former l’homme libre et le citoyen. Comme la liberté est impossible à l’ignorant, elle doit dispenser aux enfants, quelles que soient leurs origines, les savoirs émancipateurs (langue, littérature, mathématiques, physique, histoire, langues anciennes, etc.) qui lui permettrent d’exercer son jugement critique en même temps qu’ils le rendront apte à l’exercice d’un métier.

Ces savoirs ne doivent pas être cloisonnés et morcelés : répartis en disciplines, mais articulés en une cohérence encyclopédique au vrai sens du terme, ils doivent être acquis progressivement et patiemment, selon un cheminement raisonné.

Le projet de réforme prévoit au contraire une instruction au rabais. La physique disparaîtrait du tronc commun obligatoire en seconde. Or à travers la physique l’élève prend conscience de la façon dont la raison, aidée des mathématiques, peut appréhender les lois de la nature. La suppression de la physique obligatoire est une prime accordée à l’irrationnel et aux pressions religieuses, surtout pour les élèves les plus fragiles.

De même, l’histoire cesserait d’être obligatoire en première et terminale, alors qu’elle est indispensable à la formation du citoyen. Le ministre dément ces projets de suppression, mais un ballon d’essai a été lancé, auquel il est essentiel de réagir.

Pratiquement, le lycée modulaire semestriel signifie la complication des emplois du temps, du travail des enseignants, la réduction des conseils de classe à deux par an, donc moins de bilans sur le travail des élèves.

En outre, le poste des professeurs dont la discipline ne figurera pas dans le tronc commun sera tributaire du succès qu’ils remporteront auprès des élèves. On expose ainsi l’enseignement aux phénomènes de modes, aux parcours pour initiés et au risque de la démagogie. En arrière-plan, c’est la redéfinition du service des enseignants, voués à des fonctions d’animateurs sociaux plus que de dispensateurs de savoirs.

Enfin, cette réforme rend l’avenir du baccalauréat très incertain : on voit mal comment Xavier Darcos pourra éviter d’introduire dans cet examen une dose importante de contrôle continu. Dire, comme il le fait, que « le bac pas le principal problème », c’est sous-entendre qu’il ne manquera pas de s’en occuper.

Ce qu’il faudrait faire :

En réalité, on sait très bien d’où viennent les difficultés des lycéens et des bacheliers à l’université : non pas d’un manque liberté de choix, mais du fait que l’enseignement dispensé en amont ne leur a pas donné les bases suffisantes ; cela en raison d’une politique menée depuis longtemps et qui, par touches successives, porte atteinte à l’efficacité de l’école républicaine : faute de moyens pour une lutte de grande ampleur contre l’échec scolaire en contrebalançant les pressions de la société, mais aussi à cause des réductions d’horaires dans des disciplines fondamentales (un élève sortant du collège a reçu depuis le début de sa scolarité 800 heures de français de moins qu’en 1976) à cause de programmes et instructions obscurantistes qui ont enlevé à l’enseignement sa progressivité méthodique (suppression de l’enseignement systématique de la grammaire, refus de l’enseignement de la chronologie, abandon de la notion de démonstration, etc.) et, sous prétexte de faire construire son propre savoir par l’enfant, l’ont livré à la perplexité et ont refusé aux plus défavorisés ce que les autres trouvaient dans leur milieu d’origine.

Aujourd’hui le ministre prétend reconstruire en revenant à des programmes qui remettent à l’honneur le savoir. Mais c’est un pur effet d’annonce : à quoi servent des programmes ambitieux quand les horaires et même les structures ne sont plus là ?

Pendant que s’organise ainsi la faillite de l’enseignement public, les officines de soutien scolaire fleurissent, subventionnées par nos impôts, et l’école privée recueille les enfants dont les parents, même sans religion, veulent qu’ils étudient. C’est la « réforme de velours »[1] qui prépare la privatisation de l’école, en attendant la mainmise sur elle des pouvoirs religieux.

Notes

[1] Voir le livre Main basse sur l’école publique, par Eddy KHALDI et Muriel FITOUSSI : www.main-basse-sur-ecole-publique.com/

Le Secteur École De L’UFAL

Appel à signer de l’Ufal :

Non aux suppressions de postes

Pour une Ecole publique digne de ce nom

Signer la pétition


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