AID Association initiatives dionysiennes
Evolution de l’espece humaine, montée des eaux, cyclones, volcan, tsunami...

Il n’y en pas qu’en finance qu’on risque la cata !

Mais, heureuse nouvelle, nous survivrions à la disparition des abeilles ?

samedi 27 septembre 2008 par JMT

Gould et Darwin se rejoignent : il y a plusieurs mécanismes d’évolution des espèces, et l’homme n’y dérogerait apparemment pas.

Mais lui restera-t-il une planète vivable ? Entre le niveau des océans qui monte plus vite que prévu, sans qu’on ait des certitudes sur la vitesse et le niveau à une date donnée,les cyclones de plus en plus puissants il fallait se méfier des littoraux.

Or il apparaîtrait que les volcans de l’ile de la Réunion ont mal fait leur travail et qu’elle pourrait perdre quelques talus trop raides, déclenchant ainsi des vagues géantes et fort agressives pour l’ile et ses voisines.

Heureusement une bonne nouvelle : la disparition partielle des abeilles n’entrainera pas la diparition de l’agriculture car "En terme pondéral, 35% de la production mondiale de nourriture résulte de la production de cultures dépendant des pollinisateurs, 60% provient de cultures qui n’en dépendent pas (principalement les céréales) et 5% provient de cultures pour lesquelles l’impact des pollinisateurs est encore inconnu." La punition sera la perte de 10% du chiffre d’affaires agricole, 153 Milliards d’euros quand même, chiffre devenu depuis une semaine assez banal désormais pour cause de crise financière

Evolution des espèces : Gould avait-il raison ?

23/09/2008, 19:28

Charles Darwin pensait que le processus de sélection naturelle, moteur de l’évolution des espèces, conduisait graduellement à créer de nouvelles espèces. Malheureusement, l’examen des couches stratigraphiques ne présente pas les étapes intermédiaires de la spéciation.

Darwin expliquait cette absence par des lacunes géologiques. Darwin avait montré plusieurs exemples d’évolution où des caractéristiques anatomiques s’étaient progressivement transformées pour donner naissance à de nouvelles espèces.

Cette image présagerait elle l’évolution de l’Homme ? Auteur non identifié

Cette conception « gradualiste », soutient que les nouvelles espèces surviennent par transformation graduelle des espèces ancestrales. Ces transformations lentes et régulières impliqueraient l’ensemble de la population sur la totalité de son territoire.

Darwin n’a cependant jamais exclu la possibilité que d’autres transformations aient pu se faire selon un autre mécanisme. C’est précisément cette nouvelle perspective conceptuelle qui fut proposée en 1972 par Steven Jay Gould (disparu en 2002) et Nils Eldredge.

Pour ces deux grands scientifiques américains, l’évolution procéderait de manière non continue avec de longues périodes de stagnation entrecoupées par de brusques et courtes périodes de transformation rapide menant à la formation de nouvelles espèces.

Cette théorie des « équilibres ponctués » pourrait ainsi rendre compte de plusieurs observations paléontologiques. Par exemple, celle de ces espèces fossiles qui varient très peu morphologiquement au cours de leur existence qui a pourtant duré plusieurs millions d’années.

Ensuite, l’observation qui lui est souvent associée : celle d’une nouvelle espèce bien différenciée qui la supplantait subitement (en quelques dizaines de milliers d’années).

Et surtout, l’absence de formes intermédiaires entre les deux. Cette absence peut alors s’expliquer par le faible effectif des populations intermédiaires qui n’ont pas eu le temps de laisser de traces fossiles considérant les conditions très rares que nécessite la fossilisation.

Plusieurs espèces semblent ainsi avoir évolué selon la dynamique des équilibres ponctués. Un débat important subsiste toutefois dans la communauté scientifique en ce qui concerne l’importance relative du gradualisme (dont on a aussi des exemples convaincants) et des équilibres ponctués.

Darwin considère que l’agent sur lequel agit la sélection naturelle est l’individu. Cette sélection naturelle agit très progressivement et, sur les temps géologiques, modifie peu à peu la population jusqu’à faire naître une nouvelle espèce. Ce processus lent et continu est la microévolution qui s’effectue de manière graduée dans le temps.

Mais Gould, sans remettre en cause sur le principe la sélection naturelle et l’évolution des espèces, est venu profondément modifier et enrichir ce scénario darwinien en posant l’hypothèse de l’évolution par équilibre ponctué. Selon cette théorie, l’espèce se comporte comme un individu darwinien qui sera soumis à tous les éléments de la sélection naturelle, pourra supplanter d’autres espèces, en donner de nouvelles et disparaître à son tour.

Pour Gould, la sélection naturelle ne peut pas, à elle seule, déterminer toutes les formes prises par les espèces dans le processus de l’évolution. Elle agit en synergie avec deux autre facteurs majeurs : les gènes architectes (dits " gènes homéotiques "), qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes lignes dans la plupart des embranchements et la capacité de changement au cours du temps de la fonction adaptative.

Gould a magistralement forgé et étayé un concept d’une grande richesse qui veut rendre compte de l’extrême diversité et complexité du vivant : la macroévolution.

Selon ce concept de macroévolution, les espèces forment, à côté des individus, des entités qui obéissent, à leur niveau d’organisation, à des processus propres de sélection, de dérive aléatoire ou de changement directionnel.

Cette macroévolution spécifique se traduit par l’apparition, au niveau des espèces, de " propriétés émergentes " qui ne se réduisent pas à celles des organismes qui les constituent.

Ce concept de macroévolution vient d’être confirmé de manière éclatante par l’observation scientifique de l’évolution récente d’une espèce de lézards, Podacis Sicula, dont cinq couples ont été déposés en 1970 sur une petite île de l’Adriatique. Il s’agissait de voir comment cette espèce allait se comporter et s’adapter par rapport à l’espèce de lézards déjà présents sur cette île.

Des observations effectuées récemment ont montré, de manière très étonnante, que l’espèce transplantée comptait à présent plus d’un millier d’individus et qu’elle était devenue majoritairement végétarienne alors qu’elle était insectivore sur son île d’origine. Mais le plus étonnant est que, pour permettre cette mutation rapide vers un régime essentiellement végétarien, ces lézards ont développé, en quelques années, un nouvel organe de digestion leur permettant de dégrader et d’assimiler leurs nouveaux aliments.

L’intuition géniale de Gould et sa théorie de l’équilibre ponctuel se trouvent donc pleinement vérifiées. Mais comme dans la nature rien n’est simple, cela ne veut pas dire que toute l’évolution des espèces est gouvernée par le "ponctualisme" et fonctionne par "sauts", suivis de longue période de stagnation.

Ce que Gould a montré de manière remarquable, élargissant, enrichissant et complexifiant la vision de Darwin, c’est que, dans certaines circonstances, sous l’effet de certaines pressions du milieu, une espèce avait, en tant que telle, la capacité d’évoluer très rapidement pour survivre et s’adapter à son nouvel environnement.

En fait, l’évolution des espèces semble se faire simultanément au niveau des individus et des espèces et à la fois de manière graduée et ponctuée, selon les périodes les espèces et les contraintes de l’environnement. En outre, l’évolution des espèces n’est pas obligatoirement irréversible et une espèce peut régresser à un stade antérieur si elle y trouve un avantage compétitif.

Exemple, les épinoches à trois épines du Lac Washington. A l’origine, tous ces poissons étaient recouverts d’une carapace protectrice à épines qui avait progressivement disparu à mesure que les prédateurs de ce poisson se faisaient plus rares.

Mais en 50 ans seulement, la moitié de ces poissons (contre 6 % en 1960) ont retrouvé leur armure complète car le nettoyage du lac a rendu l’eau beaucoup plus claire et les a rendus plus vulnérables aux prédateurs.

Gould aimait dire que " les bactéries sont les reines de la vie car elles ont vécu pendant trois milliards et demi d’années et sont plus diversifiées par leur biochimie que toutes les autres formes de vie ".

Pour Gould, l’histoire de la vie et l’évolution des espèces ne doivent pas être ramenées uniquement à la notion de "progrès" mais d’abord examinées à la lumière de la fabuleuse diversification du vivant et de sa prodigieuse capacité d’adaptation et d’homéostasie.

Loin d’affaiblir ou d’infirmer la théorie de l’évolution de Darwin, comme l’ont prétendu pour des raisons idéologiques certains courants créationnistes, la théorie de Gould, qui n’a jamais contesté les principes d’évolution des espèces et de sélection naturelle, est au contraire venue enrichir, élargir et complexifier de manière remarquable la vision darwinienne en utilisant tous les nouveaux outils scientifiques disponibles et en introduisant les notions clés de contingence et de macroévolution.

Immense scientifique, esprit libre et ouvert, Gould a révolutionné notre vision et notre approche de la vie en alliant audace conceptuelle et rigueur scientifique et en montrant que le vivant avait développé non pas un mais plusieurs mécanismes fondamentaux d’évolution et d’adaptation qu’il utilisait conjointement ou alternativement au niveau des individus et des espèces, pour assurer sa survie, sa diversification et produire, de manière largement contingente, sa complexification.

Auteur :René TREGOUËT

L’augmentation de l’intensité des cyclones tropicaux mise en évidence

22/09/2008, 13:55

Ouragan Isabel Auteur non identifié

Trois scientifiques, James Elsner et Thomas Jagger (Florida State University) et James Kossin (University of Wisconsin) viennent de publier dans la revue Nature les résultats d’une minutieuse analyse des cyclones tropicaux depuis 25 ans (basée sur les observations de satellites) mais focalisée sur les plus puissants d’entre eux.

Selon les chercheurs, si aucune tendance à la hausse n’a été mise en évidence jusque-là, c’est parce les climatologues s’intéressaient uniquement à la vitesse moyenne des vents de tous les cyclones. L’étude conclue à une augmentation des vents en surface et à une influence significative de l’augmentation des températures de l’atmosphère et des océans.

L’idée n’est pas nouvelle.

En 2005, Kerry Emanuel, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), avait suggéré que le réchauffement climatique mondial devrait augmenter la puissance des cyclones tropicaux (appelés ouragans aux Etats-Unis et typhons en Asie).

Sur le plan théorique, cette hypothèse est fondée puisque les cyclones se forment par élévation d’une colonne d’air réchauffée au-dessus de l’océan lorsque ses eaux ont une température suffisamment supérieure à celle de l’air ambiant.

Mais les observations manquent pour passer de l’hypothèse à l’affirmation. La puissance d’un cyclone n’est pas régie uniquement par les températures de l’air et de l’eau mais aussi par d’autres facteurs (vents, courants...), qui viennent réduire le développement de la colonne d’air chaud.

Au rythme moyen d’environ 90 cyclones tropicaux par an sur la planète, il n’est pas facile de dégager une tendance globale des variations individuelles. Comme pour toutes les questions concernant le réchauffement global, le problème est de distinguer les évolutions à différentes échelles, et donc d’éviter de mélanger les aléas de la météo et les évolutions profondes du climat.

Les modèles théoriques utilisés pour prédire la puissance d’un cyclone font intervenir une valeur maximale, appelée IMP (intensité maximale potentielle). Elle exprime la puissance qu’atteindrait un cyclone si toutes les autres conditions environnementales étaient sans effet.

Selon les modèles en vigueur, la plupart des cyclones n’atteignent pas la moitié de l’IMP. Mais en moyenne les plus puissants des cyclones sont les plus proches de leur IMP. Il ajoute que si ce modèle est correct, on devrait observer une tendance à l’augmentation de puissance des cyclones flirtant avec l’IMP.

C’est effectivement ce qui apparaît dans leur étude.

Les cyclones les plus puissants semblent avoir gagné en intensité, surtout en Atlantique nord et dans l’océan Indien. Selon les résultats publiés, la vitesse moyenne des vents aurait crû de 225 km/h en 1981 à 251 km/h en 2006, soit environ 11%, tandis que la température des eaux de surface océanique au niveau de la formation de ces cyclones aurait augmenté de 28,2 à 28,5°C.

En regardant uniquement les plus forts des cyclones tropicaux, pour lesquels le lien entre les tempêtes et le climat est le plus prononcé, nous pouvons observer la tendance à l’augmentation que nous indiquent à la fois la théorie et les modèles.

Les trois chercheurs ont analysé des données sur les cyclones tropicaux, qui sont appelés ouragans en Amérique et typhons en Asie, sur une période de 25 ans allant de 1981 à 2006.

La seule région qui fait exception à la règle, y compris pour les cyclones les plus forts, est le Pacifique Sud, plus chaud que les autres régions dès le début de la période analysée mais où l’élévation des températures a été moindre.

Les auteurs de l’étude précisent qu’ils n’ont pas pris en compte le rayonnement solaire ou l’impact de phénomènes climatiques comme El Nino dans leurs calculs et soulignent que les facteurs d’incertitude restent nombreux.

Auteur : CATastrophes NATurelles.net

L’activité pollinisatrice des insectes dans le monde estimée à 153 milliards d’euros par an

22/09/2008, 11:44

crédit : © C. Magdelaine - notre-planete.info

Une étude de chercheurs français, de l’INRA et du CNRS, et allemand, permet de chiffrer la valeur de l’activité pollinisatrice des insectes, abeilles principalement, à 153 milliards d’euros en 2005 pour les principales cultures dont l’homme se nourrit.

Ce chiffre représente 9,5% de la valeur de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. Les résultats de cette étude sur l’évaluation économique de la vulnérabilité de l’agriculture mondiale confrontée au déclin des pollinisateurs sont publiés dans la revue "ECOLOGICAL ECONOMICS".

La production de plus des trois quarts des cultures, soit la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d’épices et de stimulants (café, cacao), bénéficie de l’activité pollinisatrice des animaux, alors qu’un quart n’en dépend pas du tout.

En terme pondéral, 35% de la production mondiale de nourriture résulte de la production de cultures dépendant des pollinisateurs, 60% provient de cultures qui n’en dépendent pas (principalement les céréales) et 5% provient de cultures pour lesquelles l’impact des pollinisateurs est encore inconnu.

Dans ce contexte, le déclin des insectes pollinisateurs est une préoccupation majeure. L’ampleur des conséquences de ce déclin est une question toujours ouverte, en particulier la valeur économique du service de pollinisation.

En s’appuyant sur la revue bibliographique de la dépendance aux pollinisateurs des principales cultures qui nourrissent l’humanité publiée en 2007 et les données FAO (2007), l’étude parue dans ECOLOGICAL ECONOMICS calcule la valeur de la contribution des pollinisateurs à la production alimentaire à l’échelle mondiale : la valeur totale de ce service de pollinisation estimée sur la base des prix en vigueur en 2005 s’établit à 153 milliards d’euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale.

Trois catégories de cultures sont principalement concernées : les fruits, les légumes, avec une valeur estimée à 50 milliards d’euros chacun, suivis par les oléagineux avec 39 milliards. L’impact sur les stimulants (café, cacao...), les fruits à coque et les épices serait de moindre ampleur.

La recherche a également permis de mettre en évidence que la valeur moyenne des cultures dépendantes des pollinisateurs était très supérieure (760 € par tonne) à celle des cultures non dépendantes comme les céréales ou la canne à sucre (150 € la tonne).

Le ratio de vulnérabilité, défini comme le rapport entre la production dépendante et la production totale exprimées en valeur, varie largement selon les catégories de culture avec un maximum de 39% pour les stimulants (café et cacao), 31% pour les fruits à coque et 23% pour les fruits.

L’étude a aussi mis en évidence une corrélation positive entre la valeur par unité de récolte d’une catégorie de culture et son ratio de vulnérabilité aux insectes pollinisateurs : les catégories de culture les plus dépendantes de la pollinisation par les insectes, sont aussi celles qui ont la valeur économique la plus importante.

Les résultats montrent que les équilibres alimentaires mondiaux seraient profondément modifiés pour trois catégories - les fruits, les légumes et les stimulants - en cas de disparition totale des pollinisateurs : la production mondiale ne suffirait plus à satisfaire les besoins aux niveaux actuels. Les régions importatrices nettes comme l’Union européenne seraient plus particulièrement touchées.

Cette étude ne constitue cependant pas une prévision puisque les estimations proposées n’intègrent pas les réponses stratégiques que producteurs et filières agroalimentaires adopteraient pour faire face à une telle disparition. Par ailleurs, les calculs simulent une disparition totale et non un déclin graduel. Si quelques travaux montrent une proportionnalité entre déclin et production, la relation reste encore à confirmer.

L’impact du déclin des insectes pollinisateurs a ensuite été évalué du point de vue du consommateur. Il entraînerait une diminution de la production agricole, et par suite, une augmentation des prix agricoles. Le consommateur serait donc pénalisé parce qu’il consommerait moins et à des prix plus élevés.

Pour évaluer cette perte, les chercheurs ont émis différentes hypothèses en termes de réaction des prix à une offre agricole diminuée. Selon ces hypothèses, la perte pour le consommateur serait comprise entre 190 milliards d’euros (faible réaction des prix) et 310 milliards d’euros (forte réaction des prix).

Loin de conduire à la disparition catastrophique de l’agriculture mondiale, la disparition des pollinisateurs, en particulier celle des abeilles domestiques et sauvages qui constituent les principaux insectes pollinisateurs des cultures, entrainerait cependant des pertes économiques substantielles.

Ces chiffres ne concernent que les cultures directement impliquées dans l’alimentation humaine. Il conviendrait de les affiner, notamment en tenant compte de l’impact sur la production des semences, très important pour de nombreuses cultures fourragères et légumières ; cet aspect augmenterait la valeur estimée de l’activité pollinisatrice.

Il conviendrait aussi de tenir compte de l’adaptation des producteurs et des consommateurs, par exemple sous la forme de substitutions entre produits : ce deuxième effet diminuerait la valeur estimée de la pollinisation.

Reste enfin l’impact sur la flore sauvage, qui n’a pas été pris en compte, et tous les services écosystémiques qu’elle fournit à l’agriculture et à l’ensemble de la société.

Auteur : Institut National de la Recherche Agronomique

Grosses incertitudes sur le niveau de la hausse des océans

18/09/2008, 15:06

crédit : © C. Magdelaine - notre-planete.info

Sous-estimée ? Surestimée ?

La hausse du niveau des mers que risque d’entraîner le changement climatique fait des vagues. Si l’on en croit une étude parue début septembre dans la revue Science, son évolution ne sera peut-être pas aussi catastrophique que certains l’avaient laissé entendre voilà quelques mois. Elle sera vraisemblablement, en revanche, bien supérieure aux prévisions du Groupe intergouvernemental d’experts pour l’évolution du climat (GIEC).

Retour sur les différents épisodes de cette polémique.

En février 2007, les experts gouvernementaux du GIEC (ou IPCC, en anglais) annoncent, dans leur quatrième rapport, que le niveau des mers pourrait augmenter de 18 à 59 cm vers 2100, avec une fourchette plus vraisemblablement comprise entre 28 et 43 cm.

Cette prudence dans les prévisions est assortie d’explications. « On ne saurait exclure des valeurs plus élevées, mais la compréhension de ces effets est trop limitée pour évaluer la vraisemblance ou fournir une meilleure estimation ou un seuil maximum », justifient les experts.

Ces derniers font allusion aux phénomènes de rétroaction, encore mal connus, susceptibles d’accélérer la fonte du Groenland et de l’Antarctique, deux des trois facteurs contribuant à l’élévation du niveau des eaux avec la fonte des petits glaciers.

D’ailleurs, le jour même paraît dans la revue Science une étude indiquant que la hausse du niveau des mers a été 50 % plus rapide entre 1990 et 2001 que ne l’avaient estimé ces mêmes experts, dans leur troisième rapport de 2001.

Stefan Rahmstorf affirme que les données recueillies montrent une élévation annuelle de 3,3 mm, soit 50 % de plus que les 2 mm annoncés. Le chercheur allemand table, lui, sur une élévation moyenne à long terme de 50 cm à 1,4 mètre.

Mais c’est un des paramètres les plus difficiles à modéliser.

On ne peut pas exclure que cette différence corresponde à une oscillation sur une échelle de temps décennale, et non à une accélération du processus.

Or les modèles, qui ne voient que les tendances à long terme, ne prennent pas en compte ces oscillations.

Les prévisions alarmistes lancées depuis, en décembre 2007, n’ont donc guère surpris. Les valeurs avaient pourtant de quoi dérouter : on parle alors d’1,60 mètre d’ici à la fin du siècle.

Les chiffres les plus fous circulent alors.

D’aucuns se plaisent à rappeler qu’une fonte totale du Groenland entraînerait une élévation du niveau des océans de sept mètres. Voici 9 000 ans, c’est ce qu’avait provoqué la fonte de la banquise des Laurentides au Québec (à raison de 1,3 mètre par an), suivie par un bond de 5 mètres 1 500 ans plus tard.

D’ailleurs, une étude parue en ligne dimanche dernier dans la revue Nature Geoscience vient de montrer que cette fonte avait été beaucoup plus rapide que prévu.

Mais les deux situations ne sont pas comparables : le Groenland est baigné par des eaux froides et sa géologie diffère de celle de l’Amérique du Nord. Cette perspective est néanmoins régulièrement agitée comme un épouvantail.

Les glaciologues de l’université du Colorado remettent aujourd’hui les pendules à l’heure : une hausse supérieure à deux mètres n’est pas réaliste. Elle ne serait possible « que si toutes les variables physiques connaissaient une accélération maximum ».

La valeur la plus plausible selon eux est de 80 cm. Ils rejoignent ainsi les estimations des auteurs des travaux sur le Groenland, qui tablent sur un mètre.

Ce qui revient néanmoins à pousser à l’exil les 100 millions de personnes vivant à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.

Auteur : CATastrophes NATurelles.net

Le Piton de la Fournaise pourrait générer un méga tsunami à la Réunion

08/09/2008, 15:32

Eruption du Piton de la Fournaise : rencontre entre la lave et l’océan crédit : Thierry Dupont

Il y a environ 4 700 ans le flanc est du volcan du Piton de la Fournaise (Réunion) s’est effondré dans la mer. Quelques dizaines de kilomètres cubes se sont abîmées dans l’océan, déclenchant probablement un méga tsunami.

Méga, dans ce cas, signifie que la vague a sans doute dépassé les cent mètres de haut. Le conditionnel est cependant de mise, aucune preuve formelle n’ayant été retrouvée. Mais l’hypothèse est discutée dans le petit monde des scientifiques spécialisés en tsunami.

En effet, les scientifiques n’ont pas la certitude que ça se soit passé en une seule fois, mais ils savent, en revanche, que le (ou les) glissement(s) de flanc vont très vite. La montagne s’effondre quasi instantanément dans la mer. Les débris de cet énorme glissement de flanc ont été retrouvés au large de la côte de Bois-Blanc, sur la commune de Sainte-Rose.

Chercheur au laboratoire Magmas et Volcans de l’université Clermont II, Kelfoun Karim et d’autres scientifiques ont modélisé une éventuelle déstabilisation complète du piton de la Fournaise. Les scientifiques ont expérimenté deux types de déstabilisation, l’une dans le massif du piton de la Fournaise, l’autre au large de Saint-Paul avec des volumes déplacés de plus en plus importants.

Dans le scénario le plus catastrophique,où il a été considéré l’effondrement de toute la zone du Piton de la Fournaise comprise dans l’enclos soit 90 km3 de roches. Des vagues pluridécamétriques toucheraient Saint-Denis onze minutes après l’initiation de l’effondrement.

L’eau pourrait entrer jusqu’à 5 km à l’intérieur des terres touchant des villes comme Saint-André. Des vagues encore plus importantes de l’ordre de 100 m de haut pourraient toucher Maurice située dans l’axe de l’effondrement.

Dans le plan de secours spécialisé tsunamis, cette éventualité est envisagée mais elle n’est pas prise en compte. D’autres sources de tsunamis existent, glissements de terrain, chutes de roches suite à l’effondrement d’un flanc de volcan ou d’une falaise, concèdent les auteurs du plan.

Ces aléas ne sont pas étudiés dans ce document car ils mettent en œuvre d’autres méthodes d’alerte auprès des populations et leur récurrence est de l’ordre de plusieurs milliers d’années.

Ce risque pluriannuel est confirmé par le directeur de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise : les connaissances en la matière sont parcellaires.

Les scientifiques n’ont aucune expérience scientifique de tels événements. En étant extrêmement prudent on suppose donc qu’une telle catastrophe serait précédée de signes précurseurs sous la forme de séismes.

Si un tel phénomène devait intervenir sa soudaineté ne laisserait qu’un temps de réaction (trop bref) pour qu’un quelconque plan puisse servir à quelque chose.


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