Lueur d’espoir en Bolivie
mercredi 17 septembre 2008 par JMT
Le dialogue entre l’exécutif et l’opposition est gelé depuis huit mois et des blocus et des affrontements entre adversaires et partisans du président Morales se déroulaient depuis trois semaines en Bolivie (10 millions d’habitants) le pays le plus pauvre de l’Amérique du sud.
Les gouverneurs des départements de Santa Cruz (est), Tarija (sud), Chuquisaca (sud-ouest), Beni (nord) et Pando refusent un projet de constitution gouvernemental qu’ils jugent trop étatiste et indigéniste, comprenant une réforme agraire qui réduirait la taille des exploitations agricoles, et une nouvelle répartition des recettes provenant des taxes sur les hydrocarbures.
Le Venezuela, lui même en butte aux mêmes problèmes d’une droite égoïste et vendue au néolibéralisme par simple esprit de lucre, est solidaire de la Bolivie et a déclaré également l’ambassadeur US "persona non grata"
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- Les dirigeants sud-américains au chevet de la Bolivie, p1
- Gouvernement et opposition sur la voie d’un accord en Bolivie, p1
- Bolivie : le gouvernement et l’opposition sur la voie d’un accord, p1
- Venezuela - Valse des ambassadeurs entre Caracas et Washington, p1
- Tentative de dialogue en Bolivie pour arrêter l’escalade de la violence, p1
Bolivie : accord à l’arraché entre gouvernement et opposition autonomiste
AFP - mercredi 17 septembre 2008, 06h21
Le gouvernement socialiste bolivien d’Evo Morales est parvenu mardi soir à signer un accord à l’arraché pour rétablir la paix avec les gouverneurs autonomistes et libéraux, après trois semaines de manifestations et d’affrontements.
Le gouverneur de la région de Tarija (sud), Mario Cossio, porte-parole des cinq gouverneurs autonomistes opposés à la politique socialiste du gouvernement, a signé mardi un accord de principe mardi soir à Santa Cruz (est) en présence du cardinal Julio Terrazas.
"C’est le début d’un grand accord national parce que nous devons la paix et la tranquillité à notre population" a déclaré M. Cossio qui a signé le texte au nom des gouverneurs autonmistes des régions de Santa Cruz (est), Pando et Beni au nord, Chuquisaca (sud-ouest) et Tarija (sud).

Le président bolivien Evo Morales et la présidente chilienne Michelle Bachelet, le 15 septembre 2008 Santiago du Chili
Plus tôt dans l’après midi, Mario Cossio avait jeté un froid en déclarant que le dialogue "n’était pas mort mais se trouvait à l’agonie" tandis que le vice-président Alvaro Garcia Limera lui demandait aussitôt de "reconsiderer" sa position.
M. Cossio réclamait la mise en liberté du gouverneur de Pando (nord), Leopoldo Fernandez, qui avait été arrêté dans la matinée accusé d’être à l’origine des affrontements qui ont fait 18 morts dans sa région.
Revenant sur sa déclaration alarmiste, le gouverneur Cossio annoncait en fin de soirée qu’un accord de principe avait été signé avec le gouvernement.
L’accord mentionne que l’Union des nations sud-américaines (Unasur), l’Eglise catholique, l’Union européenne et les Nations Unies serviront de témoins et d’aides au dialogue qui va commencer jeudi.
Le document prévoit la récupération par les autorités des bâtiments publics occupés par les manifestants, le retour à la paix et une enquête sur la mort de 16 paysans la semaine dernière dans la petite région de Pando.
Les deux parties ont aussi convenu de laisser de côté durant le dialogue le projet de nouvelle constitution critiquée par les opposants libéraux.
Le dialogue entre l’exécutif et l’opposition est gelé depuis huit mois et des blocus et des affrontements entre adversaires et partisans du président Morales se déroulaient depuis trois semaines en Bolivie (10 millions d’habitants) le pays le plus pauvre de l’Amérique du sud.
Les gouverneurs des départements de Santa Cruz (est), Tarija (sud), Chuquisaca (sud-ouest), Beni (nord) et Pando refusent un projet de constitution gouvernemental qu’ils jugent trop étatiste et indigéniste, comprenant une réforme agraire qui réduirait la taille des exploitations agricoles, et une nouvelle répartition des recettes provenant des taxes sur les hydrocarbures.
A Washington, le département d’Etat a appelé mardi les ressortissants américains à quitter la Bolivie. Il a annoncé le départ des volontaires américains du Peace corps, "compte tenu de l’instabilité en Bolivie".
Le président américain George W. Bush a placé mardi la Bolivie sur une liste noire estimant que le pays andin n’avait pas respecté ses obligations de lutte contre le trafic de drogue.
Une soixantaine d’agents du service américain de lutte anti-drogue (DEA) ont déjà évacué la semaine dernière la zone de plantation de coca du Chapare, au sud de La Paz.
Le gouvernement a expulsé dimanche dernier l’ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, M. Philip Goldberg, l’accusant de conspirer avec l’opposition.
A Santiago du Chili, Evo Morales, premier président amérindien de Bolivie, a reçu lundi le soutien "unanime" de neuf chefs d’Etat de l’Union des nations sud-américaines (Unasur).
L’Unasur a décidé l’envoi en Bolivie d’une commission chargée d’aider les négociations entre gouvernement et opposition.
Les dirigeants sud-américains au chevet de la Bolivie
REUTERS - lundi 15 septembre 2008, 21h18

© REUTERS2008
SANTIAGO (Reuters) - Le président bolivien Evo Morales est arrivé au Chili où doit se tenir une réunion d’urgence de plusieurs dirigeants sud-américains pour tenter de trouver une issue à la crise politique que traverse la Bolivie.
De violents affrontements en marge de manifestations anti-gouvernementales ont fait une trentaine de morts ces derniers jours en Bolivie, dans la région de Pando.
À son arrivée à l’aéroport de Santiago, l’homme fort de La Paz a accusé plusieurs gouverneurs de riches régions pétrolifères de tenter de le renverser, et ce dans le but d’obtenir une plus grande autonomie.
"Nous avons assisté au pillage, au saccage de bâtiments institutionnels et à des tentatives d’agression sur des représentants de la police et de l’armée", a-t-il dit, faisant référence aux sabotages de gazoducs commis par des manifestants et à la mise à sac de certains bâtiments publics.
La plupart des chefs d’Etat des douze membres de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) sont attendus à Santiago.
Le chef de la diplomatie chilienne, Alejandro Foxley, a déclaré avant le début de cette réunion de crise qu’il était nécessaire d’envoyer un message de soutien unanime à Evo Morales, et ce dans l’optique de protéger "l’intégrité territoriale de la Bolivie".
Pav Jordan, version française Olivier Guillemain
Gouvernement et opposition sur la voie d’un accord en Bolivie
AFP - lundi 15 septembre 2008, 18h26

Le président bolivien Evo Morales (C) à son arrivée à l’aéroport de Santiago, au Chili, lundi 15 septembre
Après une semaine de troubles en Bolivie, gouvernement et opposition semblaient enfin lundi sur la voie d’un accord, tandis que l’armée recensait le nombre des victimes dans une région rebelle régie par la loi martiale.
Les représentants des deux camps ont achevé à l’aube sur une note optimiste une réunion marathon de plus de sept heures, au palais présidentiel de La Paz.
"Nous sommes sur la bonne voie", a déclaré Mario Cossio, porte-parole des régions dirigées par l’opposition libérale (Santa Cruz, Pando, Beni, Tarija et Chuquisaca), en conflit ouvert avec le président socialiste Evo Morales.
Le vice-ministre de la Décentralisation Fabian Yaksic a annoncé, au nom du gouvernement, la prochaine signature d’un document "souscrit par tous" pour entériner la fin des violences.
Les provinces d’opposition, qui détiennent les principales richesses naturelles, réclament une plus large autonomie et notamment la gestion du lucratif impôt sur les hydrocarbures.
Elles rejettent aussi le projet de Constitution et de réforme agraire que M. Morales, premier amérindien à la tête de l’Etat, veut faire adopter par référendum dans ce pays de 10 millions d’habitants, le plus pauvre d’Amérique du sud.
M. Morales devait regagner dans la soirée la Bolivie, où se poursuivront les négociations, après avoir reçu le soutien de ses pairs lors d’une réunion extraordinaire organisé au Chili par l’Union des nations sud-américaines (Unasur).
"Je suis venu ici pour expliquer aux présidents d’Amérique du Sud le coup d’Etat civil organisé par les gouverneurs" de l’opposition, a-t-il déclaré à son arrivé à l’aéroport de Santiago.
Hôte du sommet, le Chili qui préside l’Unasur a proposé l’envoi d’une mission conjointe avec l’Organisation des Etats américains (OEA) en Bolivie. Sa tâche serait d’"établir un calendrier pour en terminer avec la violence", a précisé Alejandro Foxley, le chef de la diplomatie chilienne.
Au même moment à La Paz, une grande marche a réuni des dizaines de milliers de partisans de M. Morales, descendus de l’immense cité-dortoir voisine d’El Alto, peuplée par les communautés indigènes.
Les manifestants ont défilé au milieu d’un concert de pétards en brandissant des drapeaux boliviens, symbole de l’unité nationale, réclamant justice pour les victimes de la vague de violence.
"Gouverneurs, assassins. Nous voulons votre tête", "En prison, en prison", a scandé la foule qui a été empêchée par la police de s’approcher de l’ambassade des Etats-Unis, pays que M. Morales accuse de soutenir l’opposition dans sa fronde.
Les heurts entre partisans des deux camps ont fait cette semaine au moins 18 morts, une centaine de blessés et une cinquantaine de disparus dans le département de Pando (nord) où l’état de siège est en vigueur depuis quatre jours.
L’armée achevait lundi de rétablir l’ordre dans cette petite province de 70.000 habitants, située à la frontière avec le Brésil, reprenant le contrôle d’édifices publics à Cobija, la capitale régionale.
Les soldats recherchaient aussi le gouverneur de Pando, Leopoldo Fernandez, accusé d’avoir violé l’état de siège et organisé un massacre de paysans dans le village de Porvenir, où doit se rendre une commission d’enquête.
Les militaires recensaient les corps et recherchaient les disparus. Certains témoignages, non confirmés, évoquent une trentaine de victimes, alors que des villageois, en pleurs, ont commencé à enterrer les morts.
M. Fernandez, visé par un mandat d’arrêt, nie toute implication dans les violences, accusant le gouvernement de provoquer la population avec l’état de siège.
En signe d’apaisement, les gouverneurs des autres provinces rebelles ont ordonné la suspension des manifestations et des blocages routiers.
Bolivie : le gouvernement et l’opposition sur la voie d’un accord
AFP - lundi 15 septembre 2008, 15h11

Le gouverneur de la région de Tarija Mario Cossio et le vice-président bolivien Alvaro Garcia le 14 septembre 2008 à La Paz
Après une semaine de troubles en Bolivie, où l’intervention de l’armée dans une province rebelle se poursuivait, l’ouverture d’un dialogue entre gouvernement et opposition faisait surgir lundi l’espoir d’une issue pacifique, qui devait être encouragée lors d’un sommet des chef d’Etats latino-américains.
Les deux parties étaient sur la voie d’un accord pour mettre fin aux troubles, à l’issue d’une réunion de sept heures au palais présidentiel à La Paz, a rapporté lundi l’agence officielle ABI.
"Nous sommes sur la bonne voie", a déclaré Mario Cossio, porte-parole des départements dirigés par l’opposition libérale (Santa Cruz, Pando, Beni, Tarija et Chuquisaca), en conflit ouvert avec le président socialiste Evo Morales.
Après sept heures de discussions dans la nuit de dimanche à lundi, les négociations ont permis d’"atteindre 80% des bases d’un accord" ouvrant la voie au dialogue pour résoudre la crise politique, a expliqué M. Cossi, gouverneur du département de Tajira.
Le vice-ministre de la Décentralisation Fabian Yaksic s’est également félicité d’avoir jeté "les bases d’un accord" pour aboutir à un document qui "pourra être souscrit par tout le monde".
Les provinces d’opposition, qui détiennent les principales richesses naturelles, réclament une plus large autonomie et notamment la gestion du lucratif impôt sur les hydrocarbures.
Elles rejettent aussi le projet de Constitution et de réforme agraire que M. Morales, premier amérindien à la tête de l’Etat, veut faire adopter par référendum dans ce pays de 10 millions d’habitants, le plus pauvre d’Amérique du sud.
Le président Evo Morales devait regagner lundi La Paz, où se poursuivront les négociations, après avoir participé au Chili à une réunion extraordinaire de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), consacrée à la Bolivie.
La présidente chilienne Michelle Bachelet a prôné par avance une "attitude positive et constructive" afin de "soutenir les efforts du peuple et du gouvernement bolivien".
Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza, a également appelé lundi à Santiago à la pacification pour éviter une situation "irréversible".
"La situation a été en s’aggravant et nous sommes arrivés à un point où soit l’on parvient immédiatement à la fin des hostilités et on passe à la négociation, soit la situation peut devenir irréversible", a-t-il dit.
Les heurts entre partisans des deux camps ont fait cette semaine au moins 18 morts, une centaine de blessés et une cinquantaine de disparus dans le département de Pando (nord) où l’état de siège est en vigueur depuis quatre jours.
L’armée achevait lundi de rétablir l’ordre dans cette petite province de 70.000 habitants, située à la frontière avec le Brésil, où des groupes armés avaient pris le contrôle d’édifices publics.
Les soldats recherchaient aussi le gouverneur de Pando, Leopoldo Fernandez, accusé d’avoir violé l’état de siège et organisé un massacre de paysans dans le village de Porvenir, où doit se rendre une commission d’enquête. Certains rapports non confirmés font état d’une trentaine de victimes.
Introuvable, M. Fernandez a affirmé qu’il n’avait "rien à voir" avec les exactions et promis qu’il ne serait "pas un fugitif", au cours d’un entretien téléphonique diffusé par la télévision.
En signe d’apaisement, les gouverneurs des autres provinces rebelles ont annoncé la suspension des manifestations et des blocages routiers.
Venezuela - Valse des ambassadeurs entre Caracas et Washington

Crédit Photo : TF1/LCI Hugo Chavez, le 19 juin 2008
La crise est ouverte entre le Venezuela et les Etats-Unis : Hugo Chavez a donné 72 heures à l’ambassadeur américain pour quitter le pays, et Washington a répliqué aussitôt. Le département américain du Trésor a annoncé en outre le gel des actifs de trois fonctionnaires vénézuéliens accusés de collaboration avec les Farc.
Hugo Chavez, le président du Venezuela, a ranimé la vieille querelle l’opposant au gouvernement américain qu’il accuse d’avoir fomenté un complot pour le renverser ou le tuer, et a donné 72 heures à l’ambassadeur de Washington à Caracas pour quitter le pays.
Comme attendu, vendredi Washington a répliqué en sommant l’ambassadeur du Venezuela Bernardo Alvarez de quitter les Etats-Unis et le département américain du Trésor a annoncé le gel des actifs de trois fonctionnaires vénézuéliens accusés de collaboration avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Washington tentait vendredi de minimiser la crise avec l’Amérique latine en attribuant l’expulsion de ses diplomates de Bolivie et du Venezuela à des problèmes internes dans ces deux pays.
"Cela reflète la faiblesse et le désespoir de ces dirigeants confrontés à des défis internes et leur incapacité à communiquer efficacement à l’étranger pour obtenir un soutien international", a ajouté le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack au cours d’un point de presse.
"Je veux éviter la guerre civile au Venezuela"
Un complot présumé de coup d’Etat et d’assassinat du président Hugo Chavez a été révélé jeudi par la diffusion dans un programme de la télévision publique d’un enregistrement de trois militaires vénézuéliens en pleine conspiration.
Dès cet instant, le président Chavez a accusé les Etats-Unis et leur président George W. Bush, d’en être l’origine. Chavez a dans la foulée annoncé l’ordre d’expulsion de l’ambassadeur américain à Caracas, en solidarité avec la Bolivie qui avait la veille expulsé le représentant américain à La Paz, accusé d’encourager les troubles dans ce pays. Les Etats-Unis ont décidé à leur tour d’expulser l’ambassadeur de Bolivie à Washington.
"Je veux éviter la guerre civile au Venezuela et qu’ils me tuent. Je n’ai pas peur pour moi, mais de ce qui adviendrait ensuite", a affirmé Hugo Chavez qui a déjà été la cible d’un coup d’Etat déjoué, en avril 2002.
Mais selon la presse locale, ce complot présumé visant Chavez et son gouvernement mérite une attention limitée en comparaison de la relation du Venezuela avec les Etats-Unis à la suite de la décision d’expulsion de l’ambassadeur américain Patrick Duddy.
Le procès dit de "la mallette"
Les principaux quotidiens nationaux avaient d’ailleurs choisi vendredi d’axer leur "une" sur la crise diplomatique. "L’ambassadeur des Etats-Unis expulsé", titrait Ultimas Noticias et "Le président Chavez expulse l’ambassadeur des Etats-Unis", pour El Nacional.
Quant au quotidien El Universal, il a pris le parti de lier cette crise diplomatique au procès dit de "la mallette" qui se déroule à Miami. Cette affaire implique quatre ressortissants sud-américains, accusés d’être des agents du gouvernement vénézuélien qui ont introduit en contrebande une somme de 800.000 dollars en Argentine destinée à la campagne électorale de Cristina Kirchner. Un procès que le président Chavez a qualifié de "show".
Plusieurs militaires soupçonnés d’être impliqués dans ce complot présumé ont été arrêtés et interrogés. Le vice-amiral de la Marine, à la retraite, Carlos Millán, a rejeté ces accusations et affirmé qu’il n’avait aucune intention de fuir le pays.
"Les prochains jours, les prochaines semaines vont être difficiles mais nous résisterons à l’agression impérialiste", a prévenu Chavez devant un parterre de centaines de ses partisans qui s’étaient rendus au palais présidentiel jeudi soir en témoignage de solidarité.
D’après agence
Tentative de dialogue en Bolivie pour arrêter l’escalade de la violence
AFP - vendredi 12 septembre 2008, 21h55

Le président bolivien Evo Morales
Le gouvernement socialiste du président Evo Morales et l’opposition autonomiste de droite devaient se rencontrer vendredi soir pour tenter d’endiguer la vague de violences qui a embrasé la Bolivie depuis 48 heures, faisant au moins huit morts et une centaine de blessés.
Le gouverneur de la région de Tarija (sud), Mario Cossio a accepté de se rendre vendredi soir au palais présidentiel de La Paz pour rencontrer les responsables du gouvernement à la demande du président Morales et de l’influent ministre de la présidence, Juan Ramon Quintana.
L’escalade de la violence en Bolivie, qui a fait huit morts et une centaine de blessés, a entraîné une crise diplomatique régionale avec la décision surprise du président Hugo Chavez d’expulser l’ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela, par solidarité avec La Paz.
L’expulsion de l’ambassadeur des Etats-Unis à Caracas, Patrick Duddy, est la deuxième en 48 heures d’un chef de mission diplomatique américaine en Amérique du Sud, après la décision mercredi du président bolivien Evo Morales de déclarer persona non grata l’ambassadeur américain à La Paz, Philip Goldberg.
Le président Morales a lancé vendredi un appel au dialogue au gouverneur Mario Cossio, le porte-parole de l’opposition bolivienne, et a écarté une intervention de l’armée pour mettre fin aux affrontements.
Le chef de l’Etat a affirmé qu’il continuait "à miser sur le dialogue, la dignité et l’unité du pays malgré les provocations" et a écarté l’éventualité d’une intervention militaire, assurant qu’il avait interdit "d’utiliser les armes à feu contre le peuple".
L’Eglise catholique, le bureau du médiateur (Défenseur du peuple), l’OEA (Organisation des Etats Américains), l’Union européenne et les Nations Unies pressent le gouvernement et les opposants de négocier une trève et d’entamer un dialogue pour résoudre la crise politique que traverse le pays.
Les forces armées boliviennes ont rejeté vigoureusement vendredi dans un communiqué l’"immixtion étrangère" du président vénézuélien Hugo Chavez qui avait déclaré jeudi qu’il soutiendrait des groupes armées en Bolivie si son ami le président Evo Morales était "tué ou renversé".
La Bolivie a rétabli vendredi les fournitures de gaz à l’Argentine et au Brésil qui étaient fortement pertubées depuis 48H à la suite de divers incidents, a annoncé le vice-ministre des hydrocarbures M. William Donaire.
Les exportations de gaz pour le Brésil s’élèvent de nouveau à 30,5 Millions de mètres cube/jour (MMCJ) alors qu’elles avaient baissé à 11 MMCJ lors de l’explosion d’un gazoduc et de la prise de contrôle d’une station de pompage par des manifestants au sud de la Bolivie.
M. Morales, le premier président indigène de l’histoire du pays, avait accusé mercredi l’ambassadeur des Etats-Unis d’encourager une division de la Bolivie, un pays andin de 10 millions d’habitants partagé entre paysans indigènes d’un côté, blancs et métis de l’autre, et de conspirer contre le gouvernement.
Depuis quatre jours, des heurts et des manifestations sporadiques se poursuivent dans les cinq provinces de Santa Cruz (est), Tarija (sud), Beni et Pando (nord) et Chuquisaca. Dans plusieurs régions, les manifestants anti-gouvernementaux se sont emparés de bâtiments des douanes, des impôts, de centraux téléphoniques ou même de petits aéroports.
Evo Morales, tenant de l’anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs des provinces boliviennes, qui refusent un projet de constitution qualifiée d’"étatiste et indigéniste". Ce projet doit être soumis à un référendum le 7 décembre.
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Amis du Monde Diplomatique
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