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Chômage en hausse, RSA dans un an, croissance en baisse, nouvelle taxe et bouclier fiscal

ECONOMIE : LE CHAUD ET LE FROID

jeudi 4 septembre 2008 par JMT

Plus de trois ans après l’avoir proposé dans un rapport sur la pauvreté en avril 2005, Martin Hirsch a fait adopter par le Conseil des ministres son projet de revenu de solidarité active (RSA), avec le soutien du président de la République qui en a fait une des réformes phare du quinquennat.

Mais la solution choisie par Nicolas Sarkozy, une nouvelle taxe de 1,1% sur le capital, mal perçue dans la majorité et jugée "injuste" à gauche parce qu’elle exclut les hauts revenus protégés par le bouclier fiscal, laisse présager des débats agités au Parlement, qui s’empare du projet de loi à partir du 22 septembre.

Et ne voilà-t-y-pas que Jean-marc SYLVESTRE déserte France Inter

Un Réunionnais sur deux vit avec moins de 790 euros par mois

CLICANOO.COM

L’Insee a publié, hier, une étude sur le pouvoir d’achat des Réunionnais. En prenant comme base le niveau de vie des ménages de l’île, l’étude révèle que les Réunionnais ont vu leur revenu progresser entre 2001 et 2006. Une hausse qui profite essentiellement aux ménages les plus aisés.

Comment se porte le pouvoir d’achat des Réunionnais ?

Pour tenter de répondre à cette question, l’Insee a publié au mois de juillet dernier, une étude sur ce thème. Celle-ci révélait que le pouvoir d’achat des ménages à la Réunion avait progressé de 21 % au cours des 10 dernières années. Un chiffre qui a surpris l’opinion publique et qui suscité de vives réactions. Dans sa dernière enquête de conjoncture, Ipsos Océan Indien révélait en effet que 85 % des personnes interrogées au deuxième trimestre par l’institut de sondage se déclaraient inquiètes pour l’évolution de leur pouvoir d’achat.

La classe moyenne voit ses revenus régresser

Afin de corriger le tir, l’Insee a donc revu sa méthode de calcul en ajustant certains indicateurs. “Nos derniers résultats ont été durement critiqués. Pour notre nouvelle étude nous avons utilisé un concept plus proche de ce que le grand public appelle pouvoir d’achat.

En l’occurrence, nous avons pris comme base le niveau de vie des Réunionnais, défini comme le revenu rapporté au nombre d’unités de consommation du ménage”, explique Pascal Chevalier, le directeur régional de l’Insee de la Réunion.

Avec cette nouvelle base, l’Insee a constaté qu’entre 2001 et 2006 le niveau de vie moyen des Réunionnais a connu une hausse beaucoup plus limitée : moins de 4 % en euros constants. Dans le détail, le niveau de vie moyen à la Réunion s’établit à 1 030 euros par mois en 2006. Un chiffre inférieur à la métropole, où l’on touche en moyenne 1 460 euros mensuels.

L’Insee révèle en outre que la moitié de la population de l’île touche moins de 790 euros mensuels, contre 1 280 euros mensuels en métropole.

En outre, plus de 52 % des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté national, fixé à 817 euros par mois, contre 18 % en métropole.

Enfin, dernier chiffre qui confirme le faible niveau de vie des Réunionnais : les 10 % d’individus les plus modestes gagnent moins de 390 euros, alors que la tranche la plus pauvre de la population française touche 660 euros mensuels.

Difficile dans ces conditions de parler de pouvoir d’achat en hausse. Pourtant, l’Insee constate que l’évolution du niveau de vie a progressé depuis 2001.

Oui mais les résultats de l’enquête viennent nuancer cette affirmation. En effet, s’il y a bien eu un rattrapage entre la Réunion et la métropole en terme de niveau de vie, il a surtout profité à la moitié de la population la plus aisée.

Les chiffres de l’Insee l’attestent, c’est dans la tranche des ménages disposant d’un revenu supérieur à 30 000 euros annuels, que l’on constate la plus forte augmentation (+ 8%).

Certes les plus démunis… ont bénéficié eux aussi d’une hausse de leur niveau de vie. Mais celui-ci résulte davantage d’un rattrapage de certains minima sociaux.

L’Insee pointe aussi du doigt le fait que les 20 % de Réunionnais les plus riches détiennent 45 % de la masse des revenus, contre 37 % en France métropolitaine. Les autres catégories ont vu leur niveau de vie stagner, voire régresser.

L’Insee devrait publier, d’ici la fin de l’année, des résultats complémentaires. On pourra notamment y apprendre comment ces richesses supplémentaires sont dépensées par les ménages de l’île

J.E

-Ne pas confondre mesure et ressenti

Pouvoir d’achat à la hausse estime l’Insee. Pouvoir d’achat en baisse dénoncent les syndicats et les associations de consommateurs de l’île. Comment expliquer cette différence de perception ?

Pour l’Insee, il faut bien comprendre la différence entre mesure et ressenti. Tout d’abord parce que les chiffres qui sont communiqués par l’Institut, aussi précis soient-ils, ne restent en définitive qu’une moyenne.

“Difficile de reconnaître sa situation particulière dans une moyenne” reconnaît Pascal Chevalier. Deuxième élément d’explication évoqué par l’Insee : le fait que le grand public a tendance à estimer ses ressources financières en fonction du “reste à vivre”.

En clair, pour le particulier, son pouvoir d’achat se résume à ce qui reste sur son compte bancaire après avoir réglé ses dépenses pré-engagées (remboursement d’emprunt, loyers, eau, électricité, abonnement téléphonique et Internet, etc).

Or, ce type de dépense n’a pas arrêté d’augmenter ces dernières années. Les foyers disposant d’un abonnement mobile sont par exemple passés de 45 % à 78 % entre 2001 et 2006. Enfin, l’Insee rappelle qu’il est plus facile de percevoir une hausse de prix qu’une baisse. En résumé, les Réunionnais ont tort de s’inquiéter. Si l’Insee l’affirme...

Outremer : Le RSA entrera en vigueur avant fin 2010 dans les DOM

Article publié le 2008-09-03

Yves JEGO, Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer a annoncé mercredi 3 septembre, les dates de mise en application du RSA (Revenu de Solidarité Active) pour l’outremer.

Dans un communiqué de presse, Yves Jego se « se réjouit de l’adoption par le Conseil des Ministres du projet de loi concernant le revenu de solidarité active ».

Le RSA entrera donc en vigueur avant fin 2010 dans les DOM ainsi que les collectivités de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon. Il n’est pas fait mention de Mayotte dont le statut reste flou : actuellement Collectivité Départementale, Mayotte devrait devenir Département d’Outremer dans quelques mois.

Les dispositifs de retour à l’emploi spécifiques à l’outre-mer pourront ainsi être pleinement pris en compte dans le cadre de la réflexion globale sur l’insertion professionnelle engagée par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.

Pour le secrétaire d’Etat, « en remplaçant un système des minima sociaux qui décourageait bien souvent la reprise d’activité, le RSA sera un outil au service de l’emploi des ultramarins et du développement économique des territoires » tout en rappelant qu’il "fait du chantier de l’insertion professionnelle durable l’une de ses grandes priorité pour l’outre-mer".

Parallèlement, le secrétaire d’Etat annonce que "l’Agence Nationale pour l’insertion et la promotion des Travailleurs d’Outre-mer (ANT) sera réformée afin d’offrir aux jeunes une meilleure formation en mobilité, plus proche des besoins des entreprises".

Yves Jégo a par ailleurs annoncé lors de ses récents déplacements aux Antilles, à La Réunion et en Polynésie française une montée en puissance rapide du Service Militaire Adapté. "Ce sont 4000 jeunes qui bénéficieront demain de cette formation dont l’efficacité est reconnue des employeurs".

E.T.

Le Conseil des ministres adopte le RSA, malgré les réserves dans la majorité

Afp, 03/09/2008, 17h21

Le revenu de solidarité active (RSA) a entamé sa dernière ligne droite mercredi, avec son examen par le Conseil des ministres, mais Martin Hirsch doit encore gagner la bataille parlementaire fin septembre et convaincre à gauche, mais aussi à droite.

Plus de trois ans après l’avoir proposé dans un rapport sur la pauvreté en avril 2005, Martin Hirsch a fait adopter par le Conseil des ministres son projet de revenu de solidarité active (RSA), avec le soutien du président de la République qui en a fait une des réformes phare du quinquennat.

"Illustration du +travailler plus pour gagner plus+, selon les termes de Nicolas Sarkozy rapporté par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, le RSA marque "une rupture avec la politique d’assistance" et une "étape majeure dans l’histoire du droit social" français, selon le Premier ministre François Fillon.

Le RSA, qui sera mis en place au 1er juin 2009, vise à simplifier les minima sociaux en remplaçant le RMI, qui aurait eu 20 ans à la fin de l’année, et l’API, allocation versée aux familles mono-parentales, tout en incitant à la reprise d’activité grâce au maintien partiel d’une allocation tant que le salaire n’atteint pas un certain niveau.

Après plusieurs mois d’arbitrages, le gouvernement s’est mis d’accord sur son financement, une taxe additionnelle de 1,1% sur les revenus du capital, au prix du mécontentement d’une forte partie de sa majorité, inquiète de ce changement de cap en matière de fiscalité.

Le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, affirme mercredi au journal Le Monde appartenir "à une majorité qui préfère qu’on baisse les impôts". Il reconnaît que la taxe "était la seule solution", mais ne renonce pas à "trouver d’autres sources de financement", "après évaluation de l’efficacité du RSA".

Martin Hirsch tente de rassurer, d’ici aux débats au Parlement à partir du 22 septembre, à coups de chiffrage. Au Conseil des ministres, il a donné comme estimation "15% de Français" qui paieront "plus de 20 euros par an", "50% de Français qui ne paieront rien et 35% de 10 à 20 euros".

Parmi ceux qui ne paieront rien, figurent cependant les très hauts revenus qui bénéficient du "bouclier fiscal", dénoncent le parti socialiste, les syndicats et associations de gauche.

"Un bouclier fiscal, c’est un bouclier. Si vous commencez à exonérer telle ou telle disposition, ce n’est plus un bouclier", a justifié M. Chatel à l’issue du conseil des ministres.

Le complément de ressources, fixé à un taux moindre que n’aurait souhaité le Haut commissaire et que ne l’expérimentent des départements, coûtera, en crédits nouveaux, 1,5 milliard en année pleine.

Martin Hirsch défend cependant l’argument que le RSA est "un investissement pour l’avenir", les effets sur l’emploi compensant à terme les dépenses sociales.

Il estime dans une interview à La Tribune que 100.000 allocataires supplémentaires du RMI" retrouveront un emploi "dans les dix-huit mois", ce qui signifie une réduction de moitié du coût net du RSA, selon le Haut commissariat.

Satisfaits de l’abandon d’un financement par la suppression de la Prime pour l’emploi (PPE), le Parti socialiste et les syndicats ciblent quant à eux leurs critiques sur les risques que le RSA ne soit une "trappe à précarité et à bas salaires".

Le temps partiel subi et la précarité sont un "problème" qui "préexistait au RSA", répond Martin Hirsch, qui dit "être maintenant assez armé pour discuter avec les entreprises".

RSA - Martin Hirsch défend son dispositif

le 03/09/2008 - 09h57

Le projet de loi sur le RSA du Haut commissaire aux solidarités actives doit être examiné mercredi par le Conseil des ministres. Selon Martin Hirsch, avec le RSA, "environ 100.000 allocataires supplémentaires du RMI retrouveront un emploi dans les dix-huit premiers mois".

Alors que le projet de loi sur le RSA, qui le généralise au 1er juillet 2009, doit être examiné mercredi par le Conseil des ministres (lire l’ article : "Le point sur les dossiers chauds"), le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, défend son texte, qui compte nombre de détracteurs, dans le quotidien La Tribune.

"100.000 RMIstes retrouveront un emploi"

La création d’une taxe sur le capital visant à financer ce dispositif est en effet sujette à polémique et l’efficacité même de l’allocation pour réduire la pauvreté et encourager le retour à l’emploi fait débat. Mais selon Martin Hirsch, avec le RSA, "environ 100.000 allocataires supplémentaires du RMI retrouveront un emploi dans les dix-huit premiers mois".

Le Haut commissaire aux solidarités actives rejette notamment l’idée que le RSA puisse favoriser la précarité et le travail partiel subi, un "problème" qui "préexiste au RSA", selon lui.

Interrogé sur la nouvelle taxe sur le capital créée pour financer le surcoût du RSA par rapport aux dispositifs qu’il remplace (notamment le RMI et l’allocation parent isolé API), M. Hirsch indique qu’elle sera en vigueur "au 1er janvier 2009" et que "cette contribution ira à 100 % dans un fonds dédié, le fonds national des solidarités actives".

Selon lui, le RSA coûtera "un peu moins d’1,5 milliard en 2009, mais un peu plus en 2010". "Une réserve de 200 ou 300 millions d’euros", constituée en 2009, sera alors utilisée pour 2010, "sachant qu’en 2011 on retombera sur le rythme de croisière d’1,5 milliard". Martin Hirsch précise enfin que sa mission au gouvernement n’est "pas vraiment accomplie" et qu’il va désormais "suivre la mise en oeuvre du RSA".

(D’après agence)

Rentrée sociale - Le point sur les dossiers chauds

Olivier LEVARD - le 02/09/2008 - 17h55

Xavier Bertrand soutient Dominique Perben à Lyon Crédit Photo : Abacapress

Affaire classée ou sujet brûlant ? Du RSA à la loi sur l’intéressement, voici les sujets qui mobiliseront gouvernement et syndicats en cette rentrée chargée.

RSA, rémunération des salariés, aide aux transports... La rentrée sociale est chargée. Voici un tour d’horizon des réformes qui vont faire l’actualité.

RSA : Hirsch a tenu bon

Entré au gouvernement pour mettre en oeuvre ce nouveau dispositif, qui permet de cumuler allocation et faibles salaires, Martin Hirsch a gagné son pari malgré les réticences de certains membres du gouvernement, et obtenu le financement nécessaire pour une mise en route du Revenu de solidarité active (RSA) au 1er juillet 2009.

Mais la solution choisie par Nicolas Sarkozy, une nouvelle taxe de 1,1% sur le capital, mal perçue dans la majorité et jugée "injuste" à gauche parce qu’elle exclut les hauts revenus protégés par le bouclier fiscal, laisse présager des débats agités au Parlement, qui s’empare du projet de loi à partir du 22 septembre.

35 heures : la réforme à l’épreuve dans les entreprises

La réforme qui avait provoqué avant l’été la colère des syndicats a été publiée au Journal Officiel cet été. La loi "sur le dialogue social et le temps de travail" permettant la remise en cause des 35 heures au niveau des entreprises sera donc appliqué dès l’automne.

En clair, chaque entreprise pourra renégocier son temps de travail jusqu’à 48 heures par semaine et 282 jours pour les cadres au forfait, moyennant une majoration de salaire. Cela promet des négociations houleuses dans les entreprises...

Chômage : l’offre raisonnable bientôt en vigueur

La très polémique loi sur "l’offre raisonnable d’emploi", imposant aux chômeurs de réduire progressivement leurs prétentions de salaires et de lieu de travail va entrer en vigueur à l’automne.

Septembre verra aussi le début de la négociation de la nouvelle convention d’assurance chômage 2009-2011, qui fixera notamment le niveau des cotisations et des allocations chômage. Le gouvernement a déjà prévu une baisse progressive des cotisations d’assurance chômage, parallèlement à une hausse des cotisations retraite.

Rémunération : le gouvernement mise sur l’intéressement

Mesure phare en cette rentrée, l’examen, à partir du 22 septembre à l’Assemblée nationale, en session extraordinaire, du projet de loi "en faveur des revenus du travail" promis par Nicolas Sarkozy. Il entend notamment promouvoir l’intéressement dans les entreprises et fixer la revalorisation du Smic au 1er janvier.

Transport : le Medef résiste

François Fillon l’a rappelé il y a quelques jours. Les partenaires sociaux doivent envoyer au Premier ministre, avant le 15 septembre, leurs "préconisations" sur le projet d’aide directe au transport pour les salariés confrontés au coût de leur trajet domicile-travail.

Le sujet est brûlant : les syndicats et le gouvernement font pression alors que le Medef ne veut pas en entendre parler.

Sécurité sociale : encore des économies

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, sera présenté le 29 septembre, avec notamment, pour l’assurance-maladie, une taxation sur le chiffre d’affaires des complémentaires santé (mutuelles, assurances privées) et des réductions de dépenses de santé remboursées.

Roselyne Bachelot, la ministre de la santé a présenté ses pistes avec le ministre du budget, Eric Woerth. Le projet de loi "Patients, santé, territoires" qui réforme l’ensemble du système de santé sera ensuite présenté à l’automne,

En parallèle, reprise début septembre des négociations assurance maladie-syndicats de médecins, qui avaient échoué en juillet, notamment sur la revalorisation de la consultation de 22 à 23 euros.

Retraite et seniors : les 41 ans de cotisation dès 2009

2009 verra le passage progressif à 41 ans de la durée de cotisation exigée pour une retraite à taux plein. Fin octobre, le Parlement se penchera sur l’emploi des seniors, notamment sur la possibilité d’un cumul emploi-retraite, une hausse de la "surcote" pour les salariés ayant assez cotisé mais continuant à travailler, et une cotisation supplémentaire en 2010 pour les branches ou entreprises n’ayant pas conclu d’accord chiffré sur l’emploi des seniors.

D’ici avril 2009, les partenaires sociaux devront aussi se mettre d’accord sur de nouvelles mesures d’économie pour assurer l’avenir des caisse de retraites complémentaires des salariés et des cadres.

Formation : les entreprises sollicitées

Encore un dossier pour septembre. Les partenaires sociaux se retrouvent au début du mois pour une remise à plat totale de la formation professionnelle, avant un projet de loi prévu avant la fin de l’année. Contribution des entreprises, situation des PME, cas des jeunes sans qualification, et renforcement du DIF (droit individuel à la formation) seront débattus.

Pénibilité du travail : surmonter l’échec

Première étape sur ce thème, une rencontre "dès la rentrée" entre le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et les partenaires sociaux sur la pénibilité au travail, après l’échec, à la mi-juillet des négociations. Les partenaires sociaux, se prononceront aussi "avant le 15 septembre", sur l’ouverture d’une éventuelle négociation sur la médecine du travail, avant une réforme prévue par le gouvernement.

Des négociations couvriront aussi le harcèlement moral et la violence au travail, les Conditions de travail dans les petites entreprises, le renforcement des CHSCT (comités hygiène, sécurité et conditions de travail), ou encore le droit d’alerte des salariés sur la santé au travail.

Croissance : le défi de Hollande à Fillon

Europe1, 02/09/2008, 11h13

Le premier secrétaire du PS a "mis au défi le Premier ministre François Fillon de dire les conséquences" d’une croissance à 1% en 2008. Au micro d’Europe1, il a pris acte que le Premier ministre avait "admis le ralentissement" avec un taux de croissance de 1% en 2008 au lieu de 2 %.

François Fillon relèvera-t-il le gant ? Au micro de Jean-Pierre Elkabbach, François Hollande a "mis au défi le Premier ministre François Fillon de dire les conséquences" du chiffre de croissance 2008 "sur les finances publiques" et sur "le chômage qui progresse".

Le premier secrétaire du PS a pris acte que, la veille sur Europe 1 le Premier ministre avait "admis le ralentissement" avec un taux de croissance de 1% en 2008 au lieu de 2 %.

François Hollande a jugé "indispensable d’agir au niveau de l’Europe" et a préconisé une "mesure fiscale simple : moduler l’impôt sur les sociétés selon que le bénéfice de l’entreprise est réinvesti ou distribué aux actionnaires. On paierait moins d’impôt sur les sociétés quand le bénéfice est réinvesti".

L’homme qui murmurait à l’oreille des veaux et celui qui a fait péter la baudruche.

1er Septembre 2008- LBSJS HEBDO

Jusqu’au bout nous avons espéré, mais on ne peut plus le cacher, Jean-Marc nous a quittés.

Oui, l’éditorialiste économique Jean Marc Sylvestre a quitté France inter. Sans esclandre, sans tapage, le hussard noir du capitalisme a rejoint la direction de l’information de TF1.

C’est la rentrée, mais malgré sourires et entrain, nous avons le coeur bien lourd. Car nous pensons à ces centaines de milliers d’auditeurs désemparés, sans guide et sans boussole désormais.

Voilà 22 ans que chaque matin à 7h25, le Dalaï Lama du CAC 40 nous dit ce que nous devons penser. 22 ans qu’il réveille la France en lui parlant de l’horreur des 35 heures, des grèves qui prennent l’usager en otage, des privilégiés des régimes spéciaux, du Oui à la constitution européenne ou de la nécessité de « moderniser » le financement de la Santé et des retraites dans un pays archaïque où les entreprises sont écrasées par les charges.

Comment combler le manque que laisse cet infatigable télévangéliste du marché, cet humblepropagateur de la foi ultralibérale ? Et quelle simplicité ! Jamais dans les couloirs de France inter on ne l’a vu arborer la légion d’honneur que son ami Nicolas Sarkozy lui avait remis en 2004.

Toujours prêt à défendre les intérêts des nantis et des puissants et à nous enseigner la résignation par la modestie ou par l’évidence « Le libéralisme n’est pas une construction intellectuelle comme le marxisme, le monde a été créé ainsi, tel était le message de Jean-Marc, le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste, nous répétait-il » (Interview à VSD 20.01.05)

Pendant 22 ans, cet homme a murmuré à l’oreille des veaux. Un homme toujours prêt à lécher les maîtres du monde jusqu’entre les doigts de pieds là où ça sent pas toujours très bon.

Alors, bien sûr, France inter lui a trouvé un successeur. Mais de partout monte le choeur des auditeurs déboussolés « Pourvu que le prochain soit aussi caricatural ! » disent-ils « Jean-Marc n’avait pas son pareil pour vous faire monter l’adrénaline dés le matin, c’était bon pour démarrer la journée !

Jean-Marc Sylvestre, c’est le type qui est la caricature de tout ce qu’il défend. Il a fait réagir tant d’auditeurs, tant de colères et tant de rigolades entre le café et la brosse à dents, qu’il a plus fait pour dévoiler l’horreur économique que pour la faire avaler... Jean-Marc, tu vas nous manquer ! Jean-Marc reviens ! »

Bref, Jean Marc nous abandonne , mais heureusement, nous avons une consolation, Philippe Val est toujours là, toujours sur France inter, le philosophe Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, celui qui a eu le courage de virer l’infâme dessinateur Siné ! La grande affaire de l’été à laquelle personne n’a pu échapper.

Ah, comme l’équipe de Là-bas était malheureuse d’être en vacances au milieu des vahinées, et de ne pas pouvoir soutenir l’ami de BHL et de Laurent Joffrin, celui qu’Alexandre Adler prend pour Emile Zola, celui qui a eu le courage de faire lyncher le vieux Bob Siné, tout comme il a réglé son compte au tout puissant Denis Robert , tout comme il a anéanti le révisioniste Noam Chomsky et tous les autres antisémites qui encombrent cette planète !

Car ils sont de plus en plus nombreux ces serpents, ils sont partout ! Ce n’est plus seulement Edgar Morin et Eric Hazan, plus seulement Pierre Bourdieu ou Hugo Chavez qui sont antisémites, plus seulement Bruno Guigue, Pascal Boniface, José Bové, Alain Badiou, Jacques Bouveresse, la rédaction du Monde diplomatique, Eyal Sevan ou Charles Enderlin, mais combien d’autres (sans parler de celui qui vous parle !) combien d’autres ?

C’est pourquoi Charlie Hebdo a rejoint la chasse contre ces sorcières. Depuis des années, un petit réseau d’inquisiteurs zélés ont trouvé une ficelle très efficace pour discréditer ceux qui leur déplaisent, c’est de les accuser ou de les faire accuser d’antisémitisme.

Un mot qu’ils jugent douteux, une critique de la politique israélienne, ou de la politique de Washington, ou de l’Otan, ou même de l’occident, et ils font de vous un nouveau Drumont, ou un nouvel Eichman.

Ils se disent « sionistes », ils disent défendre Israël mais ils sont de droite avant tout, même d’extrême droite, souvent proches des néocons américains, leur objectif c’est de salir leurs adversaires politiques, des gens classés à gauche, en les faisant passer pour antisémite.

Ca ne marche jamais, devant les tribunaux ces accusateurs perdent toujours, mais peu importe, pour eux c’est la calomnie qui compte.

C’est salir qui compte. Et ça, ça marche, toutes les personnes qu’on vient de citer ont subi des conséquences dans leur vie professionnelle ou privée.

C’est quelque chose d’ assez ignoble qui s’est collé à la vie politique, médiatique et intellectuelle en France, surtout depuis 2001, 2002.

Quelque chose qui inhibe, qui pervertit l’information, qui bloque les débats, c’est une immense censure non dite. C’est un terrorisme intellectuel tout à fait comparable au Maccarthysme américain ou à la terreur que faisaient régner les staliniens français dans les années 50/60 .

Or, tout ça vous le savez. Voilà des années qu’on en parle dans Là-bas si j’y suis. Tout le monde le sait. Et tout le monde se tait. Nous traversons des temps de résignation et de désespérance morne.

Mais sous la lâcheté, ça fermente quand même, ça couve, ça pue c’est vrai, mais ça s’accumule comme du gaz dans une bonbonne.

Et voilà que début juillet, BOUM ! Val a fait péter la grosse baudruche !

Ce maladroit s’est pris les pieds dans ses grosses ficelles. Il est tombé dans son propre piège et une immense poubelle de merde l’a entièrement recouvert, lui et ses « collaborateurs ».

Quelle injustice ! Alors même qu’il est celui qui aura le plus efficacement mis en évidence l’ignoble imposture du chantage à l’antisémitisme. Il l’a fait involontairement, sans aucun doute.

Mais peu importe. Car cette imposture est criminelle. La banalisation de l’antisémitisme est un crime contre la mémoire des victimes. A voir des antisémites partout, on en voit nulle part.

La banalisation de l’antisémitisme détourne et rend impossible la vraie lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Ce détournement doit être combattu partout et par tous, au grand jour.

Beaucoup d’autres choses ont surgi et cette histoire n’est pas terminée.

Celle-ci et d’autres nous attendent au coin du bois, au coin de la rue, au bout du monde.

Tiens bon la rampe Sally Mara, Là-bas repart pour un tour !

Là-bas, 1er Septembre 2008

RSA : la précarité pérennisée

Des salariés de seconde zone à la disposition du patronat

lundi 1er septembre 2008, par Olivier Bonnet

Il y avait d’abord le débat sur le financement du Revenu de solidarité active (RSA), que le gouvernement a naturellement arbitré dans le mauvais sens, épargnant les plus riches, abrités derrière leur bouclier fiscal. Nicolas Sarkozy avait pourtant annoncé : "L’État prendra ses responsabilités. Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme (…) J’estime qu’il est normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir plus de 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l’exclusion".

Chacun ? Menteur : les plus hauts revenus, dont l’imposition est plafonnée à 50%, seront exonérés de solidarité, alors qu’ils sont justement ceux qui peuvent le plus se le permettre sans dommage, tant ils nagent déjà dans l’opulence. Écœurante Sarkozie.

Mais le financement n’est pas tout : se pose aussi la question de fond des effets pervers que va générer cette mesure. S’il apparaît évidemment souhaitable, au premier abord, que les travailleurs précaires obtiennent grâce au RSA un complément de revenus qui leur permettra d’un peu surnager, cette main d’œuvre à bas prix ne risque-t-elle pas de se trouver pérennisée ?

C’est la thèse défendue par Serge Paugam, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, dans un passionnant article publié sur son blog Mediapart et intitulé RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée : "Entre le salarié et le bénéficiaire de l’aide sociale, il existera un statut social intermédiaire, celui de travailleur précaire assisté.

Si l’on peut espérer que, pour certains, ce statut ne sera qu’un pis-aller temporaire avant d’accéder à un emploi stable non assisté, on peut déjà craindre que le RSA participe à un mode généralisé de mise au travail des plus pauvres dans les segments les plus dégradés du marché de l’emploi.

Autrement dit, ce qu’il faut redouter, c’est l’institutionnalisation par les pouvoirs publics d’un sous-salariat déguisé. Après avoir résisté en France à l’instauration d’un « Smic jeune » ou du CPE en soulignant la menace de marginalisation durable d’une frange des salariés, on risque avec le RSA de réintroduire une formule d’infériorisation volontaire d’une partie de la main d’oeuvre. (...)

Les pauvres n’auront pas par le RSA un emploi au sens que l’on a donné à cette notion dans les luttes sociales en faveur de la garantie d’une carrière et d’une protection sociale généralisée. Ils ne seront que des « salariés de seconde zone »."

la suite

Sondage - Le pouvoir d’achat, souci principal des Français

le 01/09/2008 - 12h09

prix coût supermarché ticket de caisse inflation Crédit Photo : TF1

Le pouvoir d’achat reste la préoccupation principale pour une majorité de Français (51%), selon un sondage CSA paru lundi dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Un score qui franchit même pour la première fois la barre des 50%.

La santé et la retraite

Il y a neuf mois, 48% des sondés avaient placé le pouvoir d’achat comme souci principal, contre 32% en octobre 2005, selon le même institut de sondage.

Suivent la Santé (35%) et la garantie de retraite (30%), comme autres inquiétudes des Français, bien avant l’emploi (26%), l’environnement (25%) et l’éducation (22%). Ils ne sont que 7% à se soucier de leurs droits en tant que salariés.

Ce sondage a été réalisé par téléphone le 27 août auprès d’un échantillon représentatif de 1.007 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

(D’après agence)

RSA - Face aux risques, Wauquiez prévoit de l’évaluer au bout d’un an

le 31/08/2008 - 22h44

Laurent Wauquiez Crédit Photo : LCI

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a reconnu dimanche qu’il existait un risque de voir le RSA devenir une "trappe à temps partiel", alors qu’il était interrogé par l’AFP sur la critique selon laquelle le RSA pourrait enfermer certains bénéficiaires dans des emplois précaires et mal rémunérés.

Le gouvernement a toujours été "lucide" sur ce risque, a-t-il dit. Face à ce risque, "il faudra être très pragmatique, en adaptant la loi aux pratiques constatées en cas d’abus du système de la part des employeurs", explique-t-il dans une interview à paraître lundi dans Direct Matin Plus.

Interrogé par l’AFP sur cette éventuelle adaptation de la loi, M. Wauquiez a répondu : "Il ne faudra pas qu’on hésite à faire une clause de rendez-vous pour voir comment ça fonctionne, si (...) c’est un chemin de retour vers le plein emploi ou s’il y a des tirs à ajuster pour éviter que des personnes soient scotchées durablement sur des emplois à temps partiel". Ce "rendez-vous" pourrait avoir lieu "une fois qu’on aura vu tourner le RSA pendant un certain nombre de mois, voire un an", propose-t-il.

Parallèlement, pour Laurent Wauquiez, "dès lors qu’on a un dispositif plus généreux, on est aussi fondé à être plus exigeant et ce qu’on applique sur les chômeurs en termes d’équilibre droits-devoirs est destiné également à s’appliquer à ceux qui sont au RSA".

"Si jamais vous avez un allocataire du RSA qui est inscrit à l’ANPE et qui refuse deux emplois, oui, évidemment on lui appliquera exactement le même dispositif", a-t-il ajouté en référence aux sanctions prévues par la loi.

Le ministre reconnaît toutefois qu’ "un parcours d’insertion de quelqu’un qui est au RMI", peut justifier un accompagnement "plus long, par exemple s’il faut mettre en place des actions de lutte contre l’illettrisme".

(D’après agence)

Solidarité - Financement du RSA : "choix juste" ou moindre mal ?

le 29/08/2008 - 09h26

RSA emploi chômage Crédit Photo : TF1

Quand Libération souligne le "caractère équitable du prélèvement", le Figaro crie à la politique de Gribouille : taxer le capital, c’est "taxer les classes moyennes". L’Humanité fustige pour sa part la "logique profonde" du RSA : " la création d’une couche nouvelle de travailleurs échappant au droit du travail".

Choix juste et équitable pour certains, solution la moins mauvaise - voire la pire - pour d’autres : le financement du revenu de solidarité active par la taxation du capital sème de trouble chez les éditorialistes, ce vendredi.

Yves de Kerdrel, dans Le Figaro, est vent debout contre la mesure annoncée par Nicolas Sarkozy. "Gribouille, qui se cachait dans un ruisseau pour ne pas être mouillé par la pluie, n’aurait pas fait pire", s’insurge l’éditorialiste, qui estime que taxer le capital, c’est "taxer les classes moyennes".

Guillaume Goubert dans La Croix partage ce dernier avis, mais le nuance en considérant que la décision du président français "met le capital au service du travail. C’est si rare par les temps qui courent. Comment ne pas s’en réjouir ?"

Maurice Ulrich, dans L’Humanité, à l’instar de son confrère du Figaro, ne s’en réjouit pas du tout. Car pour lui, la "logique profonde" du RSA, "c’est la création d’une couche nouvelle de travailleurs échappant au droit du travail, dépendant du bon vouloir ou du bon coeur des employeurs, dans un entre-deux permanent entre l’allocation de solidarité et un semblant de salaire, dans un entre-deux entre la pauvreté sans travail et la pauvreté avec."

"Il eut fallu aussi toucher les plus riches"

Laurent Joffrin, dans Libération, ne partage pas cette analyse. "Sauf à pratiquer l’opposition de Pavlov, il n’y a pas lieu de barguigner sur l’intérêt du revenu de solidarité active", écrit-il. "Certes, il eut fallu aussi toucher les plus riches, aujourd’hui protégés par leur bouclier fiscal. Mais enfin... Il suffit d’écouter les couinements émis par le Medef et la droite libérale pour se convaincre du caractère équitable du prélèvement."

Le Monde est sur la même longueur d’onde, en estimant que la taxation du capital est "un choix juste et habile. (...) Alors que les revenus du travail sont plus taxés que ceux du capital, il s’agit d’une mesure d’équité qui permettra la généralisation du RSA". Et le journal du soir de souligner le "mérite de M. Sarkozy d’être, sur ce dossier, à contre-courant de son camp".

En écho, Daniel Ruiz, dans La Montagne, note lui aussi que Nicolas Sarkozy est "à contre-courant de ses troupes", tout en soufflant à la gauche, comme l’écrit Erwan Quéré dans L’Alsace, "le monopole du coeur".

Paul Burel, dans Ouest-France, ne voit dans tout cela ni habileté ni équité. Pour lui, Nicolas Sarkozy a juste été "condamné, sous l’habillage du réalisme, à bricoler" et "à trancher (...) entre une mauvaise solution, celle de l’impôt qu’il a choisie, et une très mauvaise solution, celle du détricotage de la prime pour l’emploi qu’il a rejetée".

D’après agence

La face cachée du RSA

29 août 2008

Hirschsarkoinsertion_2

Depuis plusieurs mois, le débat sur le revenu de solidarité active de Martin Hirsch se focalise sur les modalités de son financement. Son principe même fait en revanche consensus, à droite comme à gauche et chez les éditorialistes.Tout le monde se félicite de cette réforme d’inspiration sociale, d’autant plus maintenant qu’elle va être financée par un prélèvement sur les revenus du capital.

Il y a pourtant quelque chose dans son principe qui dérange et qui semble lourd d’effets pervers, beaucoup moins "sociaux".

Comme l’idée généreuse du revenu minimum s’est transformée en trappe à inactivité, le RSA, qui cible les travailleurs pauvres, risque d’encourager le développement des petits boulots mal payés en habituant les entreprises à l’idée que l’Etat à vocation à compléter des salaires insuffisants pour vivre. Ce faisant, le RSA annonce, ni plus, ni moins, que la suppression du SMIC !

La réforme prend appui sur le travers historique du RMI qui cumulait indifféremment revenus du travail et revenu d’assistance pour la définition du revenu minimum. Ainsi, lorsqu’un RMIste retrouvait un travail, le montant de son nouveau salaire était déduit de son allocation, ce qui incitait peu à la reprise d’emploi, surtout lorsque celle-ci est accompagnée de dépenses nouvelles.

L’idée de base du RSA était donc de permettre un certain cumul entre revenus du travail et revenus d’assistance, de manière à ce qu’une reprise d’activité, même pour un petit boulot, se traduise par un surcroît effectifs de revenus. Présentée de manière dynamique, dans le cadre d’une trajectoire de retour à l’emploi, la réforme semble inspirée par le pur bon sens et parfaitement incontestable.

Le problème, c’est que le RSA n’est pas qu’une allocation temporaire destinée à accompagner le retour à l’emploi. C’est une allocation universelle qui a vocation à se substituer aux minimas sociaux. Elle s’appliquera à donc tous, aux anciens RMIstes comme aux travailleurs pauvres.

Le choix d’une l’allocation liée au retour à l’emploi, dont l’assiette aurait été calculée sur l’évolution des revenus de l’allocataire, aurait pu être fait. Il me semble d’ailleurs que c’était l’esprit initial du dispositif. Outre que cela aurait été très compliqué à mettre en oeuvre, cette option aurait posé un problème au regard du principe d’égalité.

Pour un même travail à temps partiel, un ancien RMIste aurait gagné plus que quelqu’un qui ne serait pas passé par le RMI. Et surtout, le mode de sortie de l’allocation aurait été probablement difficile à gérer. Les bénéficiaires (qui par hypothèse ont des revenus faibles) auraient certainement mal vécu de voir leur revenus décroître progressivement ou brutalement quelques mois ou quelques années après la reprise d’un travail.

Le choix à donc été fait de faire du RSA une allocation universelle qui concerne aussi bien les travailleurs pauvres que les titulaires des minimas sociaux selon le principe « à salaire et situation familiale identique, aide identique »

Ainsi, le RSA s’appuie sur un montant de base correspondant au RMI auquel on retranche 38% des revenus du travail. Pour un célibataire sans enfant, le RSA représentera 317 € pour un SMIC à tiers temps, 251 € pour un smic à mi-temps et presque plus rien pour un SMIC. En clair, la nouveauté du RSA est d’instituer un complément de salaire pour les travailleurs à temps partiel.

Pour les personnes concernées, il s’agit incontestablement d’une très bonne nouvelle, d’autant plus que les petits boulots se sont considérablement développé ces dernières années, faisant apparaître cette nouvelle catégorie de « travailleurs pauvres »

Le RSA ressemble furieusement à un traitement symptomatique. En se contentant de traiter au moyen d’une aide sociale un effet indésirable du système économique (les travailleurs pauvres) sans s’attaquer à la cause, on risque d’encourager le phénomène et d’entrer dans une spirale inflationniste.

Le RSA est une réforme d’inspiration éminemment sarkozyste, illustration du « travailler plus pour gagner » plus à destination des précaires et de la volonté présidentielle de « libérer le travail »

La faille du RSA apparaît plus clairement lorsqu’on remet la réforme dans la perspective de politique du temps de travail du gouvernement. Dans sa volonté d’en finir avec le fameux « plafond » des 35 heures, le gouvernement a décidé d’encourager fiscalement les heures supplémentaires, pour le salarié comme pour l’entreprise, mais il a aussi utilisé l’outil normatif pour accroître les contingents d’heures-sups.

En toute logique, cette politique d’accroissement de la quantité de travail devrait être accompagnée d’une action similaire pour les situations de sous emploi. Or le RSA ne traite le problème que sous l’angle du salarié. Rien ne vient inciter l’entreprise à donner à ce salarié plus d’heures de travail, ni même limiter le recours au temps partiel.

Sarkozy a répété pendant toute sa campagne que les 35 heures devaient être « un plancher pas un plafond ». S’il a fait sauter le plafond, il a oublié de poser le plancher.

Le RSA, tel qu’il a été conçu, fait donc peser sur la collectivité tout le coût du temps partiel contraint. Si une entreprise décide de supprimer un poste à temps plein pour le remplacer par trois tiers temps, elle gagne en flexibilité sans que cela ne lui coûte rien de plus.

Et cette décision entraînera une dépense de 951 € (s’il s’agit de célibataires sans enfants) à la charge de l’Etat ! De ce fait, il encourage les entreprises à recourir à des petits contrats de tiers ou de mi-temps. Le RSA est, de fait, un vecteur de l’émiettement du temps de travail.

On pourrait pourtant considérer aisément qu’une entreprise lorsqu’elle embauche quelqu’un, a le devoir de lui accorder un salaire qui lui permet de vivre décemment.

C’est précisément l’objet du SMIC. Le RSA, en renonçant à ce principe fondamental change le rapport entre l’entreprise et son salarié. Elle n’est plus un "employeur" mais seulement une "utilisatrice de main d’œuvre".

En reportant intégralement sur l’Etat la responsabilité de veiller à ce chacun puisse vivre par son travail, le RSA porte donc en germe, la suppression du SMIC.

Malakine

Emploi - Légère hausse du nombre de chômeurs en juillet

le 28/08/2008 - 21h22

Chômage Image d’archives/TF1

Pour le troisième mois consécutif, le nombre de demandeurs d’un emploi a augmenté en juillet, de 0,1%. Sur l’année, la tendance à la baisse constatée depuis 2005 s’amenuise.

Le nombre de chômeurs inscrits à l’ANPE a enregistré une nouvelle hausse mensuelle en juillet, augmentant très légèrement de 0,1% par rapport à juin. Le chiffre s’élève donc à 1,9 million demandeurs d’emploi, selon les résultats communiqués jeudi par le ministère de l’Emploi.

Depuis le début de l’année, c’est la cinquième hausse mensuelle des inscriptions à l’ANPE, avec janvier (+0,7%), mars (+0,4%), mai (+0,3%) et juin (+0,2%), et la troisième hausse consécutive depuis le mois de mai. Sur un an, la tendance à la baisse des inscriptions à l’ANPE que l’on observait depuis 2005 s’est encore amenuisée, n’atteignant plus que -2,6% en juillet par rapport à juillet 2007.

Malgré cette légère hausse, la ministre de l’Emploi Christine Lagarde s’est félicitée dans un communiqué de "la stabilisation globale du nombre de demandeurs d’emploi depuis 7 mois, dans un contexte économique pourtant rendu difficile par l’envolée du prix du pétrole et le rebond de l’inflation".

Son secrétaire d’Etat Laurent Wauquiez a déclaré que "ceux qui ont crié à la récession jouent les oiseaux de mauvais augure artificiellement". "Cela étant, la situation de l’emploi nécessite toute notre vigilance", selon lui. A noter que le nombre de demandes d’emploi des moins de 25 ans a baissé de 0,3% en juillet.

En juillet, le nombre de chômeurs, prêts à accepter, non seulement un CDI mais aussi un temps partiel, un CDD ou un intérim a augmenté par rapport à juin, de 0,3% et se maintient au-dessus de la barre des deux millions. Ce chiffre s’approche de la définition retenue par l’Insee pour calculer son taux de chômage au sens du Bureau international du travail, qui sera publié le 4 septembre.

(D’après agence)

Solidarité - Quels seront les revenus taxés pour financer le RSA ?

le 28/08/2008 - 14h35

Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch (août 2008) Crédit Photo : TF1/LCI

Actions, revenus fonciers, assurances-vie : la quasi-totalité des revenus du capital seront concernés par la future taxe. Désormais, les revenus du capital, jusque-là taxés à 11%, le seront à hauteur de 12,1%.

Le Revenu de solidarité active (RSA), qui, après une phase d’expérimentation dans 34 départements, va être généralisé dans les délais souhaités par Martin Hirsch, au 1er juillet 2009, sera donc financé par une taxation des revenus du capital, à hauteur de 1,1%.

Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy ; l’annonce, révélée mercredi par Les Echos, a été officialisée ce jeudi par le chef de l’Etat. Elle a mis fin au suspense entretenu depuis plusieurs mois sur l’avenir du RSA.

En avril, Nicolas Sarkozy avait annoncé que le RSA serait financé par un redéploiement de la prime pour l’emploi, qui ne sera finalement pas touchée. De même que ne seront pas remis en cause les droits connexes à l’actuel RMI (exonérations de la taxe d’habitation et de la redevance) ou la prime de Noël. Et pour financer ce dispositif, les revenus du capital, jusque-là taxés à 11%, le seront désormais à hauteur de 12,1%.

Les revenus du capital désormais taxés à 12,1%

La quasi-totalité des revenus du capital seront concernés par la future taxe, des assurances-vie aux actions en passant par les revenus fonciers. Ce qui implique que cette taxe touchera un nombre significatif de foyers.

Ainsi, douze millions de personnes sont titulaires d’un contrat d’assurance vie, selon la Fédération française des sociétés d’assurance. En juin, l’encours des contrats d’assurance vie et de capitalisation s’élevait à 1154 milliards d’euros.

En ce qui concerne les actions, un Français sur six (16% exactement) en détenait en 2004, selon l’Insee. D’après Didier Cornardeau, président de l’Association des petits porteurs actifs (Appac), on recensait en 2008 en France 6,5 millions de petits actionnaires, contre 7 millions en 2007.

Sachant que fait partie de cette catégorie tout actionnaire individuel qui ne détient pas plus de 200 actions d’une même société cotée en Bourse, directement ou via un Plan d’épargne en actions. Les trois-quarts des petits actionnaires habitent le sud de la France et sont des retraités pour la plupart.

En ce qui concerne les revenus fonciers, ils concernent quatre millions de foyers, selon les déclarations de revenus de 2002 déposées en 2003, pour un montant s’élevant a 16,6 milliards d’euros, selon la direction générale des impôts.

Pour la grande majorité des foyers, il s’agit d’un revenu annexe qui représente en moyenne 15% de leur revenu global. Le nombre de foyers concernés augmente depuis 10 ans de 2,4% en moyenne par an.

Le montant moyen annuel de ce revenu est de 4180 euros (pour un loyer moyen de 10.500 euros). Environ 40% des agriculteurs et des professions libérales déclarent des revenus fonciers, mais seulement 7% des salariés.

D’après agence

VIDEO

Le pouvoir d’achat des Anglais fait grise mine 03 septembre 2008 - 13h00

Le pouvoir d’achat des Britanniques est aussi en baisse. Une équipe de TF1 a suivi une mère de famille pendant ses courses.

La revalorisation de leur retraite ne suffit pas

02 septembre 2008 - 20h00

Face à l’inflation, la hausse de 0,8 % des retraites, entrée en vigueur lundi, ne suffit pas à calmer syndicats et associations de retraités.


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