AID Association initiatives dionysiennes
le sommet extraordinaire de l’Union entérine l’inexistence d’une politique européenne

Sacs d’embrouilles au Caucase

Qui sera le suivant à demander l’indépendance ?

mardi 2 septembre 2008 par JMT

L’ Union Européenne est empêtrée dans ses contradictions entre le soutien aux manigances étatsuniennes et l’appétit pour le gaz et le pétrole russes dont elle a désespérément besoin.

Quand à la Géorgie, elle contemple ses ruines et elle en est réduite à appeler l’Europe au secours (et les Américains qui l’on envoyée au casse-pipe, comme les Chiites en Irak et des tas d’autres crédules, ils sont où ?) .

Elle réalise apparemment qu’elle a fait la connerie du siècle avec le président Saakachvili. Celui-ci , formé à la Columbia University de New-York, porté au pouvoir par la "révolution des Roses" financée par Georges Soros et la CIA, vire à l’apprenti-dictateur et pour sauver un régime chancelant, a lancé cette agression stupide contre des gens qu’il prétend faire partie de son peuple, agression sans avenir et au mépris de tous les signaux lancés par la Russie qui faisait savoir qu’elle était prête à répliquer. Toutefois, il n’a pas oublié de mettre ses proches à l’abri en Ukraine, dont son épouse néerlandaise.

Et voici que les opposants au régime de l’Ingouchie, petite république autonome de Russie à l’Est de l’Ossétie du Nord, menacent de réclamer son indépendance suite à l’assassinat d’un des leurs. Malmenés par Staline qui les accusait de traîtrise, déportés en Sibérie, privés d’une partie de leur territoire rattaché à l’Ossétie du Nord, ils haïssent les Ossètes au moins autant que les Ossètes haïssent les Géorgiens. Evidemment, il y a du gaz et du pétrole !

Le piège Ossète

L’éternel retour de la question nationale en Europe par Bernard Dreano

INTERVENTION. L’offensive géorgienne en Ossétie du Sud le 7 août et l’occupation rapide par l’armée russe du territoire géorgien ont ouvert un nouveau cycle d’affrontement au Caucase. Bernard Dreano décrypte la situation en ouvrant sur la question nationale, une fois encore posée en Géorgie.

Bernard Dreano est coprésident du réseau international Helsinki Citizens’ Assembly

L’assassinat d’un opposant ingouche ravive le séparatisme

QUOTIDIEN : mardi 2 septembre 2008

De notre correspondante à Moscou LORRAINE MILLOT

« Nous allons devoir demander à l’Europe ou l’Amérique qu’ils nous détachent de la Russie… » L’opposition ingouche a menacé d’ouvrir un nouveau front au Caucase, après la mort de son leader, Magomed Evloïev, tué dimanche dans une voiture de police, d’une balle dans la tête. « Si nous sommes indésirables pour ce pays, alors nous ne savons plus que faire », a menacé Magomed Khazbiev, compagnon de route du leader tué.

Dimanche, il était allé accueillir son ami à l’aéroport de la République autonome d’Ingouchie, située entre la Tchétchénie et l’Ossétie du Nord. Avec d’autres sympathisants, il a observé, impuissant, comment un cortège d’une demi-douzaine de voitures, remplies de policiers en armes, et dirigé par le ministre local de l’Intérieur, est venu arrêter l’opposant dès sa descente d’avion.

Quelques kilomètres plus loin, la police a ensuite déposé le corps de Magomed Evloïev à l’hôpital de Nazran, la tête transpercée d’une balle. La police ingouche prétend que l’opposant aurait été tué par accident, après avoir tenté de s’emparer d’une arme dans la voiture. Ses amis dénoncent un « assassinat prémédité ».

Ancien procureur, fondateur du site d’information Ingushetia.ru, Magomed Evloïev était un opposant radical au régime de terreur que fait régner le président, Mourat Ziazikov, ancien général des services secrets nommé en 2002 par Vladimir Poutine à la tête de cette république de la Fédération de Russie. Il réclamait la démission de Ziazikov, ce qui lui avait déjà valu menaces et procès pour tenter de fermer son site.

Ses compagnonsmenacent maintenant de demander la sécession de l’Ingouchie. Juste après que la Russie a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud, l’appel est délibérément provocateur : les opposants ingouches pourraient espérer des soutiens géorgiens ou occidentaux, pour rappeler à Moscou combien sa politique caucasienne est dangereuse. Ingouches et Ossètes se haïssent au moins autant que ne le font Ossètes et Géorgiens.

Lors des guerres de Tchétchénie, l’Ingouchie était restée assez sagement fidèle à Moscou, mais la situation ne cesse de s’y dégrader depuis ces dernières années avec assassinats des derniers Russes qui y vivent, exactions des forces de l’ordre, enlèvements et vengeances incessantes.

Manifestation géante en Géorgie

QUOTIDIEN : mardi 2 septembre 2008

HÉLÈNE DESPIC-POPOVIC (à Tbilissi)

« Géorgie, Géorgie » et « Arrêtez l’agression russe ». C’est avec ces slogans que des dizaines de milliers de manifestants géorgiens sont descendus dans les rues de Tbilissi, hier en début d’après-midi, pour faire entendre leur voix à Bruxelles.

Des milliers d’automobilistes qui avaient couvert leurs véhicules d’immenses drapeaux ont tourné pendant des heures autour d’une chaîne humaine reliant les plus importants quartiers de la capitale. Alors que des panneaux géants, recouverts de photos de ruines et de blessés de guerre, rappellent l’ampleur du désastre, les manifestants ont fait la ronde.

« La joie est la seule réponse qu’on peut apporter à l’agression. S’ils voient qu’on s’amuse, peut-être qu’ils vont arrêter la guerre. Ici on attend que l’Europe agisse », dit Chalva Guelachvili, un jeune homme de 22 ans. Des manifestations similaires, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, ont eu lieu dans tout le pays.

voir l’article sur Wikipedia

NB : selon d’autres sources ce serait 1 million de manifestants dans toute la Géorgie dont 300.000 à Tbilissi

L’Europe suspend les négociations sur un partenariat avec Moscou

LIBERATION.FR : lundi 1 septembre 2008

De notre correspondant à Bruxelles (UE), Jean Quatremer

Nicolas Sarkozy à Bruxelles : « Yalta, c’est fini ». (photo Reuters)

Réunis à Bruxelles, les Vingt-sept ont été plus fermes que prévu avec la Russie en annonçant le gel des négociations en cours sur un partenariat renforcé avec Moscou.

Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union, a réussi à faire parler les Vingt-sept d’une seule voix à l’égard de la Russie, lors du Conseil européen extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui a eu lieu ce lundi après-midi à Bruxelles.

Ils ont condamné fermement l’agression militaire de la Georgie et la reconnaissance unilatérale par Moscou de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie, ont décidé de geler la négociation d’un accord de partenariat avec la Russie jusqu’à son retrait effectif « sur leurs positions antérieures au 7 août » et ont annoncé l’envoi sur place d’une mission pour vérifier l’application de l’accord de cessez-le-feu du 12 août dernier négocié par le chef de l’Etat français au nom de l’UE.

« Yalta, c’est fini », s’est exclamé Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse finale : « le retour des sphères d’influence n’est pas à l’ordre du jour ».

Ce consensus était loin d’être acquis, les relations avec Moscou étant « le sujet le plus explosif entre les Etats membres de l’UE, bien plus que les relations avec les Etats-Unis », comme le souligne un diplomate français : les anciennes démocraties populaires et même Républiques soviétiques, dans le cas des pays Baltes, ont quelques raisons de se montrer particulièrement intraitables à l’égard de l’ancienne puissance occupante.

En revanche, l’Italie, l’Allemagne et même la France, ont tendance à se montrer compréhensif à l’égard de la Russie, voire « russophile » dans le cas de Silvio Berlusconi, le Premier ministre italien, qui a réussi à particulièrement agacer le chef de l’Etat. Ainsi, Rome ne voulait pas que l’agression russe soit qualifiée de « disproportionnée ».

Au terme d’un exercice de rédaction, le Conseil européen condamne finalement la « réaction disproportionnée » de Moscou, laissant ainsi entendre qu’il y a d’abord eu agression de la part de Tbilissi…

De même, l’Allemagne n’était pas très chaude pour que l’Union envoie en Ossétie du sud une mission d’observateurs indépendante de celle de l’OSCE, ainsi que le souhaite Moscou. Elle a fini par accepter « l’envoi immédiat d’une mission exploratoire » afin de préparer l’arrivée d’une mission d’observation européenne du cessez-le-feu.

De leurs côtés, la Pologne et les pays Baltes se sont laissé convaincre, avant le sommet, de ne pas exiger de « sanctions » contre la Russie. Le Président polonais, Lech Kaczynski, a néanmoins proposé qu’un nouveau conseil européen soit convoqué lundi 8 septembre au cas où Moscou n’aurait pas achevé son retrait afin de maintenir la pression. Proposition non retenue.

En revanche, Sarkozy, accompagné du président de la Commission, José Manuel Durao Barros, et du Haut représentant pour la politique étrangère, Javier Solana, se rendra de nouveau à Moscou et à Tbilissi le 8 septembre afin de s’assurer de ce retrait définitif.

Finalement, ce qui s’apparente le plus à des « sanctions », mot banni par la diplomatie européenne par crainte de braquer l’ombrageuse Russie, est la suspension de la négociation de l’accord de partenariat qui doit lier Moscou à l’Union.

« Que veut la Russie ? La défiance et la montée des tensions ? », s’est exclamé Nicolas Sarkozy. L’Union, elle, « souhaite un partenariat », mais pas dans les conditions actuelles. Pour l’avenir, si la Russie n’évacue pas la Géorgie, ce qu’il ne croit pas, le chef de l’Etat n’exclut rien : « il faut graduer les choses. Ce qu’on a fait est ce qu’il fallait faire. Le monde a suffisamment de conflits. Il ne faudra pas qu’on dise plus tard qu’on ne s’est pas donné tous les moyens d’éviter le conflit ».

Les premières leçons de la crise géorgienne commencent à être tirées par les Européens. Ainsi, Nicolas Sarkozy se voit conforté dans sa détermination de renforcer les capacités militaires de l’Union, l’une des priorités de la présidence française de l’Union, même si, pour le coup, « la solution de la crise entre l’Europe et la Russie n’est pas militaire ».

Néanmoins, pour être entendue, l’Union doit posséder d’autres armes que la seule diplomatie, chacun en prend conscience.

Accord Russie-UE : Bruxelles suspend les négociations

BERLIN, 1er septembre - RIA Novosti 22:07

L’Union européenne (UE) suspendra les négociations sur la signature d’un nouvel accord de coopération et de partenariat avec la Russie tant qu’elle ne retirera pas ses troupes de la Géorgie, a déclaré lundi à Bruxelles le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

L’ouverture des négociations portant sur le nouvel accord de coopération et de partenariat Russie-UE, destiné à prendre le relais de l’accord expiré en décembre dernier, avait auparavant été reportée en raison d’un contentieux avec la Pologne, puis avec la Lituanie. Le premier round des négociations sur l’accord s’est tenu le 4 juillet à Bruxelles.

La Géorgie a lancé le 8 août une offensive militaire contre l’Ossétie du Sud (république autoproclamée sur le territoire géorgien) et a pilonné Tskhinvali, la capitale, faisant plusieurs centaines de morts.

Pour protéger les civils, dont la majorité ont la nationalité russe, la Russie a déclenché une riposte militaire de grande envergure que de nombreux responsables occidentaux ont qualifiée d’usage disproportionné de la force.

Moscou, qui affirme avoir retiré ses troupes au-delà des lignes antérieures au déclenchement des hostilités, a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie par rapport à Tbilissi le 26 août.

L’UE aidera Tbilissi, y compris financièrement (Sarkozy)

BRUXELLES, 1er septembre - RIA Novosti. 21:48

L’Union européenne apportera une aide, y compris financière, à la Géorgie, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de l’UE à Bruxelles.

Il a souligné que la Géorgie avait besoin de cette aide et a promis de la lui accorder.

Le président français n’a toutefois pas précisé la date exacte de l’octroi de l’aide européenne à Tbilissi.

Abkhazie-Ossétie du Sud : l’UE condamne Moscou sans adopter de sanctions

BRUXELLES, 1er septembre - RIA Novosti. 21:43

L’UE a condamné lundi la Russie qui avait reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud (républiques autoproclamées sur le territoire géorgien), mais elle n’adoptera pas de sanctions, a déclaré lundi à Bruxelles le président français Nicolas Sarkozy.

L’Europe ne veut pas suspendre son partenariat avec la Russie. Elle condamne la réaction disproportionnée de la Russie mais juge nécessaire de poursuivre le dialogue avec elle, a indiqué M.Sarkozy lors d’une conférence de presse consacrée aux résultats du sommet extraordinaire de l’UE sur la Géorgie.

La Russie a reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud le 26 août dernier. La population de ces deux républiques autoproclamées a demandé de reconnaître leur souveraineté politique après que la Géorgie eut effectué, du 8 au 12 août, une opération militaire contre l’Ossétie du Sud.

L’armée géorgienne a pratiquement rayé de la carte la capitale Tskhinvali et de nombreuses autres localités, tuant plusieurs centaines de civils, selon les autorités sud-ossètes.

L’UE suspend les négociations sur un partenariat renforcé avec Moscou

AFP - lundi 1 septembre 2008, 21h19

Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte et Bernard Kouchner au sommet extraordinaire de l’UE, le 1er septembre 2008, à Bruxelles.

Les dirigeants de l’Union européenne ont été plus fermes que prévu avec la Russie lundi en annonçant le gel des négociations en cours sur un partenariat renforcé avec Moscou tant que les troupes russes déployées en Géorgie ne seront pas revenues sur leurs positions antérieures.

Les présidents russe et français, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy, se rencontreront le 8 septembre à Moscou, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi un conseiller du chef de l’Etat russe, Sergueï Prikhodko, cité par les agences russes.

Selon lui, la Russie va poursuivre ses contacts avec le président français, qui a négocié un accord de cessez-le-feu en six points visant à régler le conflit russo-géorgien à la mi-août lors de sa visite à Moscou et à Tbilissi.

L’ambassadeur de Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, a déclaré lundi soir que ce retrait avait déjà eu lieu. "Je pense que l’UE se trompe sur son évaluation de la situation sur le terrain, parce que la Russie a déjà retiré toutes ses troupes additionnelles", a-t-il dit.

"Tant que le retrait des troupes sur leurs positions antérieures au 7 août n’aura pas été réalisé, les réunions en vue de la négociation de l’accord de partenariat sont reportées", ont indiqué les leaders des 27 pays membres dans leur déclaration à l’issue d’un sommet extraordinaire à Bruxelles.

Le président en exercice de l’UE Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avaient indiqué qu’avec le diplomate en chef de l’UE Javier Solana, ils se rendraient dès lundi prochain à Moscou et à Tbilissi pour tenter d’accélérer le retrait russe du territoire de cette ancienne république soviétique.

Les négociations sur un partenariat stratégique avec Moscou, qui ont commencé en juillet et étaient prévues pour se poursuivre le 15 septembre à Bruxelles, visent à intensifier les liens économiques, énergétiques et politiques entre l’UE et la Russie, déjà liées depuis 1997 par un accord.

Selon la chancelière allemande Angela Merkel, les négociations pourront reprendre dès que les troupes russes se retireront des villes géorgiennes de Poti et de Senaki. "C’est le seul préalable", a-t-elle souligné.

Le président Sarkozy "va à Moscou le 8, si le 8 il devait y avoir une satisfaction complète (sur le retrait des troupes russes), ce report (des négociations) pourrait parfaitement être levé. Et s’il n’y a pas de réponse satisfaisante le 8, on continue à faire pression", a expliqué un haut diplomate français.

La déclaration, dont une première version ne mentionnait pas la suspension des négociations, semble avoir été durcie à la demande des Allemands, des Polonais et des Britanniques, selon des diplomates.

La plupart des dirigeants se sont félicités du "signal d’unité" et du "consensus" trouvé par l’UE, souvent divisée ces derniers mois face à Moscou.

"Nous sommes satisfaits qu’une voie ait été trouvée rassemblant les différents intérêts" des pays membres, a ainsi souligné Mme Merkel, dont le pays passe pour modéré envers la Russie.

Les dirigeants polonais, qui font, eux, partie des "durs" envers Moscou, se sont montrés eux aussi satisfaits des décisions prises à ce sommet extraordinaire, le premier convoqué depuis la guerre en Irak, qui avait marqué une fracture entre "Vieille" et "Nouvelle Europe" face à Washington.

"Nous sommes sur la bonne voie", a déclaré le président polonais Lech Kaczynski.

Son Premier ministre Donald Tusk, qui l’accompagnait à ce sommet, a lui salué "la position homogène, raisonnable et déterminée" de l’UE.

Plus généralement, l’UE a promis d’être "vigilante" sur ses relations avec Moscou et a demandé à la Commission "d’examiner attentivement et en profondeur la situation, "notamment dans la perspective du prochain sommet (UE-Russie) prévu le 14 novembre à Nice" (France). Sans pour autant agiter la menace de sanctions formelles contre la Russie à ce moment-là.

"Si un jour il faut en arriver là, le moment venu, chacun prendra ses responsabilités, et je les prendrai moi-même, mais ce moment-là n’est pas venu, et s’il doit venir, ce sera d’autant plus efficace que nous aurons su garder notre sang-froid au moment où il fallait privilégier le dialogue", a déclaré Nicolas Sarkozy.

"Ne lançons pas la guerre froide comme cela, ne tendons pas les relations, ne montrons pas les biceps, les démonstrations de force, les rodomontades, les sanctions, les contre-sanctions. Qui en sortira gagnant ?", a-t-il estimé.

Alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov appelait les Européens à ne pas soutenir le gouvernement du président géorgien Mikheïl Saakachvili, l’UE a aussi annoncé un renforcement de son aide économique et humanitaire à la Géorgie.

Elle a confirmé l’organisation prochaine d’une conférence internationale des donateurs pour aider à la reconstruction de ce pays, après la riposte foudroyante de Moscou qui a suivi la tentative par les troupes géorgiennes de reprendre le contrôle de la république séparatiste d’Ossétie du Sud.

Autopsie d’un conflit

LE MONDE

Sur les hauteurs de Tskhinvali, "capitale" de l’Ossétie du Sud, la base du bataillon des forces russes de "maintien de la paix" n’est plus que ruine. Les bâtiments où logeaient les soldats, l’unité médicale et les bureaux ont été les premières cibles de l’armée géorgienne lors de son offensive contre la province rebelle, dans la nuit du 7 au 8 août.

Qui a tiré le premier ? Le capitaine Vladimir Ivanov, commandant adjoint du contingent mixte (russe et géorgien) "de paix", est formel : "Les premiers tirs géorgiens ont été déclenchés le 7 au soir, à 23 h 30. Ils ont tiré à l’arme lourde, aux lance-roquettes et lance-grenades, aux obus de 122 mm et de 152 mm. Les tanks T72 situés sur les hauteurs visaient la ville et notre bataillon. A 6 heures, l’assaut a commencé. Les soldats venaient de trois directions différentes : des villages (géorgiens en Ossétie du Sud) de Tamaracheni, Ergneti et Nikosi. A 9 heures, l’aviation géorgienne est venue en soutien."

Pour comprendre, il faut avoir à l’esprit la topographie de l’Ossétie du Sud, l’enchevêtrement de villages ossètes et géorgiens, imbriqués les uns dans les autres. Les deux communautés vivent côte à côte mais dans la méfiance. Le discours est invariable : le fanatique, c’est toujours l’autre... Marqué par les fractures religieuses et ethniques, soumis aux jeux des alliances entre les grandes puissances, le Caucase, la "montagne des peuples", est une zone instable où les braises des conflits passés ne demandent qu’à être ravivées.

Dans cette région de hautes vallées encaissées dans la montagne, le contrôle des sources, des routes et des cols est depuis des siècles l’objet d’âpres luttes entre les différents groupes ethniques. En Ossétie du Sud, pas de cohabitation donc, mais un apartheid en place depuis l’effondrement de l’URSS ; la Géorgie, en proie aux démons du nationalisme, a voulu abolir le statut de région autonome accordé à la province depuis l’époque soviétique.

"Les Ossètes sont des déchets que nous allons expulser par le tunnel de Roki (qui sépare la Géorgie de la Russie)", avait dit à l’époque le président géorgien, Zviad Gamsakhourdia. Il fallait laver l’offense. Soutenue militairement par la Russie, l’Ossétie, après un conflit meurtrier, a fait sécession en 1992.

Illustration de ce développement séparé : en Ossétie du Sud, chacune des deux communautés a sa propre conduite de gaz, sa propre arrivée d’eau, sa propre route de contournement ; depuis la sécession, les villageois de l’enclave géorgienne au nord de Tskhinvali peuvent se rendre à Gori (Géorgie) en évitant les villages ossètes.

Et les Ossètes, pour aller de Tskhinvali à Djava, au nord de la province, empruntent une déviation afin de ne pas traverser les villages géorgiens. Un seul axe routier principal mène au tunnel de Roki, l’unique porte d’accès à la Russie. C’est par cette passe, un tunnel de 5 kilomètres sous la montagne qui relie l’Ossétie du Nord (Russie) à celle du Sud (Géorgie), que Moscou a envoyé sa 58e armée, le 9 août.

MIKHEÏL SAAKACHVILI, UN "MALADE MENTAL" POUR MOSCOU

Alan Djoussoev, 34 ans, confirme : "le 7 août, je suis allé jouer au basket. Après, on a décidé de se baigner dans la rivière. Puis je suis rentré chez moi. C’est alors que tout a commencé. Je suis descendu au sous-sol pour en sortir quand les bombardements ont cessé, vers 4-5 heures. Puis les tanks sont entrés. On ne s’attendait pas à une telle attaque, la riposte n’était pas très bien organisée. Nous avons réussi à les repousser deux fois, mais on n’aurait pas pu le faire une troisième si les Russes n’étaient pas arrivés, dans l’après-midi du 9 août, pour nous aider."

Le grand frère russe, protecteur de ce petit peuple indo-européen depuis le XVIIIe siècle, ne pouvait rester sans réagir. Aux yeux du Kremlin, l’affaire est entendue : les Géorgiens ont tout déclenché, tuant "2 000 civils" ossètes et 18 soldats russes des forces de "maintien de la paix".

Selon la version russe du conflit, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, profitant de ce que le monde entier avait les yeux tournés vers la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, a lancé une opération de reconquête par la force de la province séparatiste dans la nuit du 7 au 8 août.

Décrit comme "un malade mental", il est déclaré responsable du "génocide" des Ossètes du Sud. Un psychiatre russe a analysé son "syndrome" en direct à la télévision. Il "sera jugé", le parquet militaire russe l’a promis. L’opinion publique adhère. A la télévision, dans les conversations à bâtons rompus autour d’une tasse de thé dans la cuisine, les épithètes pleuvent : Saakachvili, "agent des Etats-Unis", est "un criminel de guerre", "pire qu’Hitler".

Entre Vladimir Poutine et Mikheïl Saakachvili, l’hostilité personnelle est abyssale. Parmi les ingrédients de cette guerre, il y a la vendetta personnelle. Tout oppose l’ancien agent du KGB au caractère froid, formé à Dresde, en ex-Allemagne de l’Est, et nostalgique de la puissance soviétique, et le jeune trublion géorgien, éduqué à la Columbia University, soutenu et applaudi par les Etats-Unis en tant que héraut de la démocratisation dans l’ex-URSS, qui se campe en héritier du roi David le Bâtisseur, artisan de l’unité du pays au XIIe siècle.

LE 7 AOÛT, UNE JOURNÉE DE DUPES

Vu de Tbilissi, le conflit ne commence pas avec l’offensive géorgienne du 7 août, mais avant. En juillet et août, les villages géorgiens de l’enclave (Zemo-Nikozi, Kvemo-Nikozi, Nuli, Avnevi, Eredvi, Ergneti) sont à plusieurs reprises la cible de tirs des séparatistes ossètes. Les 28 et 29 juillet, ils font feu sur un groupe de soldats de la paix et d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en route vers les villages de Tchorbaouli et d’Andisi, sans faire de victimes.

Le 1er août, un pick-up transportant six policiers géorgiens explose sous l’effet d’une bombe à retardement, faisant cinq blessés graves. En représailles, Tskhinvali subit des tirs d’artillerie en provenance des villages géorgiens. Le 2 août, les séparatistes ossètes ripostent à l’arme lourde. Tbilissi accuse alors la Russie de fournir les rebelles en armes et en munitions, via le tunnel de Roki.

La guerre éclate le 7 août. Cette journée a comme un parfum de dupes. Alarmé par la situation sur le terrain, le négociateur géorgien, Timour Iakobachvili, décide de se rendre à Tskhinvali, déjà désertée par ses habitants. Là, il attend Iouri Popov, le diplomate russe. En vain. Le diplomate ne peut venir à cause d’une crevaison. Il n’a pas de pneu de rechange !

Le "président" ossète, Edouard Kokoïty, lui non plus ne se déplace pas. Seul Marat Koulakhmetov, le commandant de la "force de paix" mixte, reçoit le négociateur géorgien. Au cours de la conversation, il lui dit son ras-le-bol des séparatistes ossètes, devenus incontrôlables.

Le soir, à 19 heures, Mikheïl Saakachvili, rentré précipitamment d’une cure d’amaigrissement en Italie, déclare un cessez-le-feu côté géorgien. A 22 h 30, deux membres de la "force de paix" géorgienne sont tués et six blessés. Les villages géorgiens de Tamaracheni et de Kourta sont ensuite pilonnés par l’artillerie ossète. Mais il y a plus alarmant. A ce moment précis, les Géorgiens en sont sûrs, une colonne russe de 150 blindés entre dans le tunnel de Roki. L’information leur aurait été transmise par un satellite américain. Moscou niera.

A partir de là, il faut faire vite, sinon l’armée russe sera, dès l’aube, aux abords du pont du Kourta, qui marque l’entrée dans l’enclave. L’armée géorgienne reçoit l’ordre de marcher sur Tskhinvali, l’aviation est mobilisée, les lance-roquettes multiples entrent en action depuis les villages géorgiens. Mais la puissance de feu des séparatistes associée à la supériorité aérienne russe vont vite avoir raison des défenses géorgiennes.

PUNIR LA GÉORGIE

Les militaires géorgiens ont beau avoir été bien entraînés par les "boys" de l’armée américaine, leur matériel a beau être dernier cri (les chars sont dotés de systèmes de vision nocturne à infrarouge et de GPS), ils ne font pas le poids. Les professionnels (37 000 hommes) sont envoyés en première ligne, le reste de la troupe, 100 000 réservistes mal entraînés, est dépassé par les événements. La supériorité aérienne russe est absolue. Pourtant, pendant la guerre éclair, la défense aérienne géorgienne se targue d’avoir abattu 20 appareils russes. Faux, dit Moscou, qui reconnaît toutefois la perte de quatre appareils, dont un bombardier T22 à long rayon d’action.

Le 8 août, Vladimir Poutine est à la manoeuvre. Il rejette tous les arguments que lui soumet Nicolas Sarkozy à Pékin en marge des JO. Le président français tente de le dissuader de lancer son armée à l’assaut : "Donnez-moi quarante-huit heures de cessez-le-feu et j’obtiens le retrait des Géorgiens. - Niet. - Donnez-moi vingt-quatre heures et ils se retirent. - Niet. Ils seront punis !"

La prise de Tskhinvali par les Géorgiens, le 8 août à 14 h 30, sera de courte durée. Le surlendemain, l’armée, défaite, reçoit l’ordre de se retirer. Le 11 août en fin de journée, des colonnes de véhicules font route vers Gori, aux portes de l’enclave séparatiste, pourchassées par l’aviation russe. La guerre est finie, l’occupation russe commence. Il faut punir la Géorgie, l’affaiblir aussi afin de couper court à ses aspirations de rejoindre l’OTAN.

Grisés par leur victoire, les Russes sont prêts à tout. Le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, confie à son homologue américaine, Condoleezza Rice, que la Russie n’acceptera jamais de négocier avec Mikheïl Saakachvili : il doit partir. Aux yeux de Moscou, la "révolution des roses" de 2003, qui a porté "Micha" au pouvoir, n’était qu’un vaste complot orchestré par Washington.

CÔTÉ RUSSE, L’ÉTAU MILITAIRE ÉTAIT PRÊT

Depuis quand la guerre était-elle en préparation ? "L’armée russe savait que la Géorgie préparait une offensive. Mais l’état-major croyait que le premier coup serait porté contre l’Abkhazie (l’autre province séparatiste de Géorgie) par voie de terre et de mer. Cette hypothèse était envisagée depuis deux ou trois ans. Quelques jours avant l’offensive contre Tskhinvali, des troupes aéroportées ont donc été transférées vers l’Abkhazie", a expliqué au Monde l’expert militaire russe Viktor Baranets.

La présence de troupes russes du génie, déployées au printemps en Abkhazie pour réparer la voie ferrée abkhaze (le tronçon entre Otchamtchira, le port abkhaze où 5 000 soldats russes ont débarqué le 10 août, et Soukhoumi), découlait donc de cette hypothèse ? Réponse de l’expert : "Si notre armée répare des lignes de chemin de fer, n’importe quel imbécile peut comprendre qu’il s’agit de préparatifs en vue d’un transfert de troupes ! Les Géorgiens ne pouvaient pas ne pas comprendre ce dont il s’agissait. C’était un message à l’adresse des Géorgiens !"

Les Russes avaient préparé l’étau militaire dans lequel ils allaient enserrer la Géorgie. Vladimir Poutine attendait une occasion à saisir. Les bâtiments russes de la flotte de la mer Noire, affirme une source haut placée au ministère de la défense d’un pays européen, ne peuvent pas appareiller dans des délais aussi courts - quelques heures -, "il leur faut des jours pour être prêts, étant donné leur état de vétusté". La coordination des opérations navales, aériennes, et terrestres russes, dans la pénétration du territoire géorgien, témoigne de cette anticipation. Impossible, soulignent les experts, d’envoyer en quarante-huit heures 20 000 hommes et 2 000 chars en Géorgie sans avoir rien préparé.

En fait, la guerre était en gestation depuis longtemps. Le premier coup de semonce date de la déclaration d’indépendance du Kosovo, le 17 février. Vladimir Poutine, encore président pour quelques semaines, fait alors savoir qu’il y aura des conséquences sur les conflits non résolus de l’ex-URSS, donc sur les régions séparatistes de Géorgie.

Le 16 avril, au moment du sommet de l’OTAN à Bucarest, la Géorgie et l’Ukraine voient pas se confirmer leur espoir d’adhérer un jour à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. L’élite politico-militaire russe, qui ne s’est jamais consolée de la perte de l’empire, tsariste ou soviétique, est prête à tout pour contrer une nouvelle expansion de l’Alliance atlantique à ses frontières. Dominer l’espace postsoviétique, reconquérir cette zone considérée par la Russie comme relevant de la sphère de ses intérêts traditionnels : tel est l’un des objectifs affichés par le Kremlin.

Parce qu’il comprend qu’il ne pourra pas entraver les aspirations atlantistes de la Géorgie et de l’Ukraine, Vladimir Poutine signe un décret autorisant l’établissement de relations officielles entre la Russie et les entités sécessionnistes géorgiennes. Le 21 avril, Mikheïl Saakachvili lui téléphone, le prie de revenir sur sa décision. Le dirigeant géorgien évoque les soutiens que lui apporte l’Ouest. Le président russe lui répond : "Tes déclarations occidentales, tu peux te les mettre au c..."

GÉORGIE - ETATS-UNIS, SIX ANS DE COOPÉRATION

Brusquement, la situation se dégrade en Abkhazie. Un drone géorgien, de fabrication israélienne, y est abattu, un incident rapporté dans un document de l’ONU. Le risque de déflagration semble alors plus grand en Abkhazie, sur le littoral de la mer Noire, qu’en Ossétie du Sud, région agricole sans grand intérêt stratégique. Mais l’Ossétie du Sud, avec ses "hommes aux épaulettes" inféodés au Kremlin, s’est avérée plus facile à déstabiliser.

Entre le mois d’avril et le déclenchement de la guerre en août, Washington n’a eu de cesse de mettre en garde la direction géorgienne : surtout ne pas céder aux provocations russes, ne pas lancer d’opération armée vers l’une ou l’autre des enclaves séparatistes. Les renseignements américains, qui surveillent les concentrations de troupes russes dans le nord du Caucase, préviennent Mikheïl Saakachvili que s’il agit, les représailles russes seront importantes, avec une campagne de bombardements aériens.

Les Américains sont renseignés en direct sur les envies géorgiennes d’en découdre : depuis des années, ils ont des conseillers dans les structures de sécurité et au ministère de la défense à Tbilissi. Les premiers "bérets verts" (forces spéciales) américains ont atterri en Géorgie en 2002 dans le cadre de la lutte contre Al-Qaida. A l’époque, Vladimir Poutine avait déclaré qu’il n’y voyait "aucune tragédie". Aujourd’hui, il accuse les Etats-Unis d’avoir "créé ce conflit spécialement" à des fins de politique intérieure.

Soucieux d’échapper au tête-à-tête avec le grand voisin du Nord, Mikheïl Saakachvili a toujours cherché le soutien des pays occidentaux. Mais à l’Ouest, on ne comprend rien à ces "conflits gelés", dont les braises ne cessent de rougeoyer. A son arrivée au pouvoir en 2004, le président géorgien a promis de ramener les territoires irrédentistes dans le giron du pouvoir central.

Trois mois après son élection, il avait réussi, sans un seul coup de feu, à se débarrasser d’Aslan Abachidzé, le roitelet d’Adjarie (région du sud de la Géorgie, à la frontière avec la Turquie). Sans doute est-il persuadé, quatre ans plus tard, qu’il peut tenter le coup de force en Ossétie en Sud. Au pire, il réussira à internationaliser le problème des "conflits gelés".

Pour Moscou, l’urgence est tout aussi grande. En décembre, l’Alliance atlantique réexaminera la candidature de la Géorgie et de l’Ukraine. Et puis la communauté internationale commence à s’intéresser de plus près à la résolution des conflits. En juillet, le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s’est rendu à Soukhoumi, la "capitale" abkhaze, avec un plan de paix dont il pensait qu’il avait l’agrément des Abkhazes et des Russes.

La tentative échoue devant ce qui apparaît comme une volte-face de Moscou. "Steinmeier a été piégé par les Russes", estime une source au sein de l’OSCE. Le Kremlin lui aurait fait miroiter une ouverture avant de sceller l’échec de son voyage, preuve de l’impuissance européenne.

La Russie ne veut à aucun prix que la communauté internationale mette son nez dans ces confettis de l’empire soviétique. Les "conflits gelés" - l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en Géorgie, la Transnistrie en Moldavie - sont autant de leviers possibles de déstabilisation de la périphérie.

Dirigés en toute opacité par des satrapes corrompus à la botte du Kremlin, ces "trous noirs" aux contours flous ont le don de plaire à l’élite politico-militaire russe, obsédée par la restauration de l’empire. "La douleur fantomatique de la perte de l’empire soviétique reste vive, comme un membre amputé que l’on sent encore...", avait coutume de dire le sociologue défunt Iouri Levada (1930-2006).

En quatorze ans, chacun des trois présidents russes a eu sa guerre. En 1994, Boris Eltsine lance les chars à l’assaut de la Tchétchénie ; cinq ans plus tard, Vladimir Poutine met le second conflit tchétchène au centre de sa campagne électorale. Avec l’intervention en Géorgie, l’obsession militaire refait surface. Il fallait bien que Dmitri Medvedev, lui aussi, ait sa guerre.

Marie Jégo, avec Alexandre Billette, Natalie Nougayrède, Sophie Shihab et Piotr Smolar Article paru dans l’édition du 31.08.08

Le conflit dans le Caucase, "un effet de la politique soviétique des nationalités"

LE MONDE

Entretien avec Thorniké Gordadzé, chercheur, politologue, responsable de l’Observatoire du Caucase à l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA)

Pour un chercheur en sciences sociales, qu’est-ce qui frappe tout d’abord dans la crise actuelle en Géorgie ?

La guerre russo-géorgienne montre surtout la persistance du phénomène étatique. On nous annonce la disparition irréversible des Etats et des frontières avec la globalisation, mais écouter MM. Poutine et Medvedev, c’est revenir en 1938-1939, voire au XIXe siècle.

Même le premier ministre français, François Fillon, a motivé le rejet des candidatures ukrainienne et géorgienne à l’entrée dans l’OTAN par le souci du respect d’un équilibre entre grandes puissances. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas repris de tels concepts !

En Russie, le mot "empire", comme référence positive, comme objectif avoué, est dans toutes les bouches ou presque... Il ne s’agit pas d’un "empire" de style nouveau, à l’américaine, mais de revendications à l’ancienne, en termes de territoires : l’Abkhazie, la Crimée, le Donbass, Narva, le nord du Kazakhstan, etc.

Le monde change, la globalisation est un fait indéniable, mais les Etats s’adaptent : ils en font même leur miel. Il suffit de voir la machine de guerre idéologique que sont devenues les chaînes de télévision russes entre les mains du Kremlin et de Gazprom.

L’Etat s’affirme également dans le cyberespace : tous les sites officiels géorgiens ont été attaqués par des hackers (pirates) quelques jours avant le début du conflit. Et la ressemblance parfaite avec la cyberattaque anti-estonienne de 2007, pendant la crise du "soldat de bronze" (polémique russo-estonienne et incidents à Tallinn autour du déplacement d’un monument à la gloire des soldats de l’armée soviétique), fait supposer qu’ils agissaient pour le compte de l’Etat russe.

D’un autre côté, les Etats amis de la Géorgie, l’Ukraine et l’Estonie, ont vite offert l’hébergement des sites géorgiens, tandis que Tbilissi a coupé l’accès sur son territoire de tous les sites du domaine ".ru".

Pourquoi le conflit a-t-il démarré précisément en Ossétie du Sud ?

Les conflits interétatiques commencent toujours quelque part. A Sarajevo, à Dantzig, ou à partir d’un événement qui paraît à première vue insignifiant. Il suffit qu’un ou des Etats soient prêts pour faire la guerre, et les prétextes se trouvent aisément - comme celui de la défense de ses citoyens.

Aujourd’hui, le conflit ethnique entre Géorgiens et Ossètes est souvent donné comme seule grille de lecture de ce qui se passe. C’est très partiel, donc partial. Oui, il y a des problèmes ethniques en Géorgie, mais il faut voir leurs origines.

Ainsi, les Ossètes et les Abkhazes ne sont pas les deux seules minorités de la Géorgie. Ce sont même ses minorités numériquement les moins importantes. Les Arméniens, les Azéris ou les Russes sont deux à cinq fois plus nombreux en Géorgie que ces deux peuples caucasiens.

Mais jamais, dans leurs cas, les tensions et ressentiments réciproques n’ont dégénéré en conflit ouvert. Pourquoi ? Parce que l’identité n’explique rien en soi. Oui, les Ossètes ont leur propre langue, classée par les linguistes dans le groupe iranien, alors que le géorgien est caucasique.

Mais cela n’explique pas le sécessionnisme, ni le fait qu’ils n’aient pas été absorbés dans la nation géorgienne, trente fois plus nombreuse, alors que des groupes parlant des langues différentes du géorgien littéraire, ou ayant une religion différente, se sont fondus tout au long des XIXe et XXe siècles dans la nation géorgienne sans renoncer à leurs marqueurs culturels.

C’est la politique et l’Histoire qui peuvent expliquer l’échec de l’intégration de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Dans les circonstances actuelles, parler uniquement des nationalismes géorgien et ossète, c’est oublier l’essentiel : la montée du nationalisme en Russie.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, le patriotisme revanchard, les appels au retour de l’empire sont bel et bien devenus l’idéologie de l’Etat.

Comment expliquez-vous alors la volonté d’indépendance des Abkhazes et des Ossètes ?

La formation des nations, dans le monde, va du centre à la périphérie. Et ce processus rencontre des résistances ici et là. La Géorgie n’échappe pas à cette règle. D’autant qu’elle n’a pas de tradition centraliste forte, comme la France.

La Géorgie n’est en fait que l’ensemble de ses périphéries. Ses périodes de monarchie centralisée ont été brèves, les empires voisins l’ont souvent dominée. Mais des identités régionales fortes sont parfaitement compatibles avec une identité nationale forte.

Je pense qu’il y a une raison fondamentale au succès du nationalisme géorgien dans certaines périphéries, et à son échec en Abkhazie et en Ossétie du Sud : ce sont les particularités institutionnelles soviétiques, l’existence ou non d’un statut autonome dans le schéma ethno-fédéral soviétique.

A la différence d’autres périphéries, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont reçu de l’Etat soviétique un statut autonome. L’Abkhazie avait certes des antécédents historiques de forte autonomie : il existait une principauté abkhaze, entre les XVe et XIX e siècles, plus ou moins contrôlée par les rois géorgiens.

Mais l’Ossétie du Sud est une invention bolchevique. Je parle bien sûr de l’entité ethno-territoriale nommée Ossétie du Sud et non des Ossètes, qui vivaient sur le territoire des diverses principautés et royaumes géorgiens depuis au moins le Moyen Age.

Leur migration vers la Géorgie s’est accrue vers la fin de la période féodale, quand les seigneurs géorgiens étaient à court de main-d’oeuvre, leurs paysans étant décimés par les guerres incessantes.

Et quand les bolcheviks ont conquis la Géorgie, par une guerre courte mais sanglante, en 1921, ils ont considéré la Géorgie comme un nid de l’antibolchévisme, du nationalisme bourgeois et aristocratique, tandis que les Ossètes et les Abkhazes étaient pour eux des nations paysannes et opprimées.

Ils ont su mettre à profit le conflit de classe qui sous-tendait le conflit communautaire. D’autant que les Ossètes et les Abkhazes avaient déjà tenté, à l’instigation des bolcheviks, de proclamer le pouvoir soviétique, respectivement en 1918 et en 1920. Et qu’ils avaient été réprimés alors par la Géorgie indépendante.

Après la victoire des bolcheviks, les deux régions ont obtenu un statut autonome. Le but était instrumental, mais le résultat a largement contribué à la formation des consciences nationales abkhaze et ossète. Les gens ont sincèrement et parfaitement intériorisé leur identité.

C’est l’effet principal de la politique soviétique des nationalités. La division de l’URSS en républiques fédérées, autonomes et régions autonomes, a créé des élites communistes indigènes qui ont favorisé la fabrication - j’utilise ce mot dans sa dimension scientifique et non péjorative - de cultures ethniques locales. Ce n’est donc pas un hasard si, dans les années 1990, le conflit a éclaté dans les périphéries qui avaient connu à l’époque soviétique un statut autonome, et non pas partout où des minorités étaient présentes.

Le nationalisme géorgien et son déni des minorités, traitées d’"hôtes ingrats", ne seraient donc pas en cause ?

C’est un peu comme partout. Voyez la Côte d’Ivoire, la Malaisie, les îles Fidji, le Kosovo, la Palestine... On s’y affronte pour savoir "qui était là avant". Une fois de plus, la globalisation et la mobilité accrue des gens ne font qu’accentuer ce problème. Dans le cas géorgien, j’ai été parmi les premiers à dénoncer la théorie des "hôtes ingrats".

Mais il faut bien voir que cette attitude se retrouve chez tous les peuples caucasiens. Par exemple, depuis quelques jours, le site officiel de l’Ossétie du Sud ouvre avec la citation d’un intellectuel géorgien du siècle dernier, qui écrit quelque part que le peuple géorgien aurait quitté la Mésopotamie il y a quelques millénaires pour arriver dans le Caucase. Ce n’est donc pas un peuple autochtone, et il n’a pas droit à la terre à laquelle il prétend.

Cela peut faire sourire, mais de tels exemples sont légion. Un auteur géorgien a provoqué une émeute chez les Abkhazes, en 1954, en voulant démontrer que ces derniers ne seraient descendus du Caucase du nord qu’à partir du XVIIe siècle. La politique soviétique des nationalités a d’ailleurs favorisé ce type de littérature.

Pour le bien-fondé du statut privilégié donné à un peuple particulier sur un territoire, il fallait un récit dit "scientifique" de l’ethnogenèse du peuple en question. On remontait parfois à l’âge de pierre, en déclarant doctement que telle ou telle tribu était l’ancêtre de telle ou telle nationalité soviétique. Les nombreux instituts de recherche et les très officielles Académies des sciences s’y attelaient.

Le premier président géorgien, Zviad Gamsakhourdia, bien qu’anticommuniste, était tout pétri de ces idées. Il a précipité les tensions ethniques dans le pays et poussé Ossètes et Abkhazes vers Moscou. Il disait que ces autonomies étaient des "plaies" sur le corps de la nation, et il voulait les supprimer...

Une remarque : on dit qu’il a supprimé l’autonomie des Abkhazes, alors qu’au contraire, pour obtenir leur promesse de ne pas déclarer d’indépendance, il a accepté qu’ils gardent la majorité au Parlement et dans l’exécutif régional, alors même qu’ils ne formaient que 17,8 % des 525 000 habitants de la région !

Les Ossètes ont eu moins de faveurs : ils ont été punis à cause de leur loyauté envers l’Union soviétique, et on leur a supprimé l’autonomie. Ainsi a commencé le premier conflit ethnique armé en Géorgie.

Quand à Mikheïl Saakachvili (le président géorgien), on peut le critiquer sur de nombreux points, mais il faut voir que son nationalisme n’est plus soviétique. Il veut une Géorgie unifiée certes, mais pas fondée sur l’idéologie ethnique, exclusive. Il a fait des propositions d’autonomie extrêmement poussée aux Ossètes et aux Abkhazes. Mais, après tant d’années de conflits, elles ne pouvaient trouver un écho favorable.

Et elles ne sont venues qu’après le début de l’absorption des deux régions par la Russie. Elles n’avaient aucune chance de réussite.

Propos recueillis par Sophie Shihab Article paru dans l’édition du 31.08.08

Au sommet de Shanghai, la Russie mollement suivie par ses alliés

QUOTIDIEN : vendredi 29 août 2008

De notre correspondante à Moscou LORRAINE MILLOT

La Russie s’est trouvé un allié, le Hamas, pour soutenir sa reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, les deux provinces géorgiennes qui ont fait sécession avec son aide. « Nous comptons sur le fait que la décision de Moscou sera un précédent pour la reconnaissance des peuples qui luttent pour la liberté et la justice ! » a salué le porte-parole de l’organisation islamiste et terroriste palestinienne, Ayman Taha, dans un communiqué posté en russe sur le site du mouvement.

Pour le reste, soumise à un nouveau feu de critiques et de condamnations occidentales, la diplomatie russe s’est lancée dans une quête assez laborieuse de partenaires qui l’accompagneraient dans son aventure géorgienne.

Au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui réunit Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan, Dmitri Medvedev a réussi hier à faire adopter une déclaration « soutenant le rôle actif de la Russie dans les opérations de paix et la coopération dans la région ».

Carte OCS : En bleu les membres, en vert les observateurs

Même ces amis asiatiques et ex-soviétiques de la Russie se sont pourtant bien gardés de la suivre sur la route du séparatisme. Au contraire, la Chine a de nouveau exprimé sa « préoccupation au sujet des derniers développements de la situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie », par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang.

Une ironie funèbre veut que l’organisation de Shanghai, lors de sa refondation en 2001, se destinait justement à lutter contre le terrorisme et le séparatisme…

« Encercler ».

« La politique russe en Géorgie ne fait certainement pas peur à la Chine ou à l’Inde [observateur à l’OCS, ndlr], les pays les plus importants de cette organisation, car ils sont coutumiers de ce genre de méthodes, au Tibet ou au Cachemire », décrypte Dmitri Trenine, directeur-adjoint du centre Carnegie de Moscou.

De là à se charger des problèmes russes, et donner de nouvelles munitions à leurs propres séparatistes, il y a pourtant un abîme que personne n’est pressé de franchir. La crise actuelle illustre bien le fait que la diplomatie russe ces dernières années a préféré s’époumoner contre l’Otan, qui « se rapproche » au point de « l’encercler », plutôt que souder sa propre coalition d’alliés, fiables en toutes circonstances.

L’organisation de Shanghai, dont la Russie envisageait ces dernières années de faire un « contre-Otan »face à l’influence américaine en Asie centrale, ressemble encore à un club de discussion (le « club des dictateurs » persiflent les mauvais esprits), avec quelques programmes d’entraînement antiterroriste ou de lutte contre le trafic de drogue.

« Mais son rôle pourrait se développer, estime Dmitri Trenine. Comme toujours lorsqu’elle a un souci à l’Ouest, la Russie va davantage se tourner vers l’Est. Et d’ailleurs elle n’a pas vraiment besoin d’alliés militaires. Elle a besoin de partenariat politique et économique, pour lequel les pays de Shanghai peuvent être d’un grand soutien. »

Chine gagnante.

La Chine pourrait bien être « le seul joueur qui ressort vraiment gagnant du conflit noué en Géorgie entre la Russie et l’Occident », concluait hier le quotidien russe Kommersant, rappelant comment Pékin a multiplié les contrats économiques avec l’Ouzbékistan ou le Tadjikistan dernièrement.

« La Chine a beaucoup d’opportunités économiques à offrir à nos partenaires d’Asie centrale, confirme l’analyste Alexandre Konovalov, tandis que la Russie offre surtout le souvenir de la gloire soviétique. Le fait que notre politique fasse peur est aussi un facteur. »

La Chine est gagnante tant que l’attention des Etats-Unis est détournée par le comportement provocateur de la Russie, ajoute Dmitri Trenine. Mais renforcer Pékin n’est pas forcément non plus dans l’intérêt ultime de la diplomatie russe.

Giulietto Chiesa : « L’Europe a été imprudente avec la Géorgie »

20/08/08 par Viola Fiore, Paris. Traduction Laura Brignon

La Russie a affirmé avoir cessé ses opérations militaires dans le Caucase le 12 août dernier, acceptant ainsi l’accord de paix que lui proposait Nicolas Sarkozy au nom de l’UE. Entretien avec le journaliste italien Giulietto Chiesa, également député européen, sur le conflit actuel en Ossétie du Sud.

(Photo : Wikipedia)

La dernière fois qu’il s’est rendu à Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, c’était au printemps dernier. La vie de Giulietto Chiesa est marquée par l’histoire récente de la Russie et celle des anciennes Républiques soviétiques.

Après avoir occupé des postes importants au sein du Parti communiste italien (dissout en 1991) dans les années 1970, il a travaillé comme correspondant à Moscou pour les quotidiens Unità et La Stampa, et a écrit de nombreux ouvrages sur la transition vers l’ère postsoviétique. Il a finalement quitté la Russie en 2000.

Depuis, Giulietto Chiesa a été élu député au Parlement européen en 2004, d’abord dans le groupe des Libéraux et des Démocrates, puis au sein du PSE (Parti socialiste européen). Il écrit toujours aujourd’hui pour des publications italiennes, européennes, russes et américaines.

Chiesa, lors d’une manifestation à Roma en 2007 Photo : Wikipedia

Avant la guerre, quelles étaient les orientations politiques prédominantes chez les Ossètes ?

Pendant mon récent séjour en Ossétie du Sud, j’ai parlé russe avec des dizaines et des dizaines de personnes de tous les âges, et je peux vous assurer que je n’en ai pas trouvé une qui désire que la Géorgie reprenne le pouvoir.

La raison est simple : chaque famille a perdu au moins un de ses membres dans la guerre qui les a opposés aux Géorgiens en 1992. En 1991 en effet, lors de la déclaration d’indépendance de la Géorgie, l’Ossétie du Sud et l’Abhkazie s’étaient à leur tour déclarées indépendantes, ce qui déclencha la guerre.

De plus, la Géorgie a montré, avec sa dernière agression, qu’elle ne considère pas les Ossètes comme ses citoyens. Elle a mis en œuvre un véritable nettoyage ethnique et a poussé les Ossètes à quitter en masse leur propre pays.

Que pensez-vous de la réaction de la Russie ?

La Russie a fait très précisément ce qu’elle avait à faire. La Géorgie laissait deux alternatives à la Russie : soit se retirer après avoir eu des morts au sein de ses contingents qui sont en Ossétie légalement, rappelons-le, selon les accords de Dagomys signés en 1992 par la Géorgie.

De plus, se retirer signifiait laisser la population ossète sans protection, ce qui représente environ 100 000 personnes dont la majeure partie détient un passeport russe. Soit repousser les troupes d’invasion géorgiennes hors du territoire de la République autonome d’Ossétie du Sud, et c’est ce qui a été fait.

Quel est le rôle de l’Union européenne dans la crise du Caucase ?

La rencontre de Nicolas Sarkozy avec le Président russe Medvedev et la proposition européenne d’un accord de paix m’a semblé être une bonne initiative, bien qu’arrivée un peu en retard, et utile pour que tout rentre dans l’ordre.

Cependant, j’estime que l’Europe a sa part de responsabilité dans cette guerre : en soutenant inconditionnellement le Président Saakashvili et ses revendications sur l’Ossétie du Sud et l’Abhkazie, elle lui a fourni un alibi.

« L’Europe a fourni un alibi à la Géorgie »

On ne déclare pas une guerre par hasard, et si Saakashvili l’a fait, c’est qu’il pensait être couvert par les États-Unis, avant tout, mais aussi par l’Union européenne, à laquelle il prévoit d’adhérer dans un futur proche.

Il ne faut pas s’étonner si, quand il a annoncé à la télévision que ses troupes allaient agresser l’Ossétie du Sud, Saakashvili s’est fait filmer avec le drapeau européen.

Pourquoi ce drapeau installé là, derrière le Président de la Géorgie, pays qui ne fait pas partie de l’Union ? Voilà, je crois que l’Europe aurait dû être plus prudente vis à vis de la Géorgie. Et c’est pour vérifier l’état des relations entre l’Union européenne et la Géorgie que je me suis déplacé personnellement en Ossétie du Sud, au printemps dernier.

Que pensez-vous de la couverture médiatique de cette guerre ?

Je pense, de manière générale, que l’information fournie par la plupart des médias est une honte pour l’Occident. Les journaux télévisés occidentaux ont diffusé des images et des titres entachés par des discours tendancieux.

Il a été dit que la Russie voulait conquérir la Géorgie alors même qu’il est absolument impossible de démontrer cette affirmation. On a présenté Saakashvili comme une sorte de pauvre victime du grand méchant Poutine, et on a oublié très souvent de montrer Tskhinvali rasée par les bombardements géorgiens.

Depuis la guerre en Irak, je n’ai pas vu pire traitement journalistique.

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Voir notamment le dossier Guerre du caucase


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