AID Association initiatives dionysiennes

CRISE GEORGIENNE

samedi 30 août 2008 par JMT

Crise géorgienne : Tbilissi rompt ses relations diplomatiques avec Moscou

AFP - samedi 30 août 2008, 05h07

Tbilissi a annoncé vendredi rompre ses relations diplomatiques avec Moscou, qui, sous le feu des critiques occidentales et à trois jours d’un sommet européen sur la Géorgie, a affirmé respecter les engagements de l’accord de cessez-le-feu.

"Nous n’aurons plus de relations diplomatiques avec la Russie (...) Selon la convention de Vienne, dans de tels cas, les diplomates russes vont devoir quitter la Géorgie", a déclaré à l’AFP, le vice-ministre géorgien des Affaires étrangères, Grigol Vachadzé.

Il a ajouté que Moscou serait notifié officiellement de cette décision, précisant que "les relations consulaires" seraient maintenues.

Depuis Stockholm, la chef de la diplomatie géorgienne, Eka Tkechelachvili a indiqué qu’il aurait été "maladroit" de maintenir des relations diplomatiques avec la Russie après qu’elle a reconnu l’indépendance des républiques séparatistes géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie.

La ministre a ajouté que cette mesure était "temporaire" et que Tbilissi verrait "quand et comment" les relations seraient rétablies après la fin de ce qu’elle a appelé "l’occupation" de la Géorgie, où Moscou maintient des positions avancées en plus de forces en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

Sur le front diplomatique, Moscou a vertement critiqué la décision du G7 de condamner la reconnaissance par la Russie de l’indépendance des républiques séparatistes géorgiennes.

La diplomatie russe a jugé que ses collègues du groupe des pays les plus industrialisés avaient adopté une mesure qui "a un caractère de parti pris et vise à justifier les actes agressifs de la Géorgie", assurant aussi avoir "rempli tous les six points" de l’accord de cessez-le-feu.

Les chefs de la diplomatie des sept pays les plus industrialisés (Canada, Japon, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Etats-Unis) avaient condamné mercredi la position russe dans son conflit avec la Géorgie.

Le président du Parlement d’Ossétie du Sud a pour sa part annoncé vendredi la signature d’un accord mardi sur la présence de bases militaires russes dans ce territoire séparatiste géorgien.

De passage à Tbilissi, des parlementaires belges, devant remettre un rapport à la présidence française de l’Union européenne, ont estimé que la "crédibilité" du président russe Dmitri Medvedev était en jeu, ce dernier ayant signé l’accord d’arrêt des hostilités, sans toutefois selon eux le respecter.

Ces escarmouches diplomatiques interviennent alors que lundi, à Bruxelles, doit se tenir un sommet extraordinaire de l’UE sur la situation en Géorgie, censé déboucher sur une position commune concernant l’attitude à adopter face à la Russie.

Une source à l’Elysée a cependant indiqué que la question de l’adoption de sanctions contre Moscou n’était pas à l’ordre du jour.

"Nous sommes toujours en phase de dialogue avec Moscou", a indiqué ce responsable, soulignant que "l’heure des sanctions n’(était) certainement pas venue".

Cette information contredit les propos de la veille du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

De son côté, la diplomatie russe a dit espérer que "la raison l’emportera sur les émotions" au sein de l’UE, tout en rejetant les critiques formulées par l’Otan sur la reconnaissance des indépendances abkhaze et ossète.

Une délégation géorgienne dirigée par le Premier ministre Lado Gourguénidzé sera à Bruxelles lundi, jour du sommet de l’UE.

"La Géorgie s’attend à ce que ce sommet de l’UE lui apporte une aide politique et économique", a expliqué le ministre géorgien de la Réintégration des régions séparatistes, Temour Iakobachvili. Il a cependant refusé de se prononcer sur l’opportunité d’adopter des sanctions contre la Russie.

Moscou s’est voulu rassurant sur ses relations économiques avec l’Occident, Dmitri Peskov, le porte-parole du Premier ministre russe Vladimir Poutine, affirmant que la Russie restera "un fournisseur sûr" de ressources énergétiques en dépit des tensions provoquées par la crise géorgienne.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, une nouvelle réunion sur la Géorgie, la sixième en trois semaines, n’a donné lieu jeudi à aucune décision concrète.

Moscou avait échoué jeudi à obtenir un soutien clair à ses actions en Géorgie auprès de ses partenaires de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS - Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan), relevait vendredi la presse russe.

Géorgie - Moscou prêt à utiliser l’arme pétrolière contre l’UE ?

le 29/08/2008 - 16h30

Crédit Photo : TF1-LCI Dmitri Medvedev

Face aux critiques, nombreuses mais impuissantes, de son intervention militaire en Géorgie, la Russie persiste et bloque les discussions. Au Conseil de sécurité de l’Onu, elle continue à pratiquer la stratégie de l’enlisement : c’est ainsi qu’une réunion sur la Géorgie, jeudi, la 6ème en trois semaines, a donné lieu à un nouveau dialogue de sourds ponctué de propos aigres-doux... mais à aucune décision concrète.

La Russie a rejeté les critiques occidentales mais s’est trouvée isolée pour sa reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. En séance, aucune délégation n’a approuvé la reconnaissance de l’indépendance des deux territoires.

Et les représentants de la Chine, du Vietnam et de la Libye, qui se placent d’ordinaire aux côtés de la Russie dans les débats au Conseil de sécurité, n’ont pas prononcé un mot.

Face à ses collègues qui déploraient l’usage de la force en Géorgie, l’ambassadeur russe a ironisé sur les interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

L’Europe, pour sa part, brandit la menace de sanctions. Un sommet européen extraordinaire se tiendra lundi à Bruxelles pour examiner les conséquences de la crise entre Moscou et la Géorgie.

Mais la menace reste pour l’heure théorique : si l’Union européenne est unie pour condamner la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes géorgiennes, la plupart de ses membres rechignent à sanctionner sévèrement la Russie.

Du côté de l’Elysée, on estime que "l’heure des sanctions n’est certainement pas venue". De son côté, l’Allemagne refuse d’évoquer à l’avance les décisions que l’Union européenne pourrait adopter au sommet extraordinaire de Bruxelles de lundi.

Mikheïl Saakachvili réclame un soutien économique

Moscou n’en prépare pas moins sa riposte, et pourrait bien, s’il faut en croire le Daily Telegraph, frapper le point faible des Européens : l’énergie. Selon le journal, le gouvernement russe aurait demandé à au moins l’une de ses compagnies pétrolières, Loukoil, de se préparer à réduire les livraisons à l’Europe dès lundi si l’UE prend des sanctions contre Moscou.

Le Daily Telegraph évoque "des informations qui ont commencé à circuler" sur une possible coupure de l’oléoduc Droujba qui dessert la Pologne et l’Allemagne.

Face à ces informations, le porte-parole du Premier ministre Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a temporisé vendredi en assurant que la Russie restera "un fournisseur sûr" des ressources énergétiques de l’Occident, en dépit des tensions provoquées par la crise géorgienne : "La Russie a toujours eu un comportement prévisible avec ses partenaires et elle va le maintenir".

Des propos qui semblent évacuer les menaces qu’ont déjà pu connaître, en 2006, certains pays européens sur leur approvisionnement lors des difficiles négociations sur le prix du gaz entre l’Ukraine et la Russie...

D’autre part, le numéro deux de l’Agence internationale de l’Energie, a également réfuté cette possibilité. "Il semble clair que la Russie n’a pas l’intention de perturber" l’approvisionnement énergétique vers l’Europe, qui dépend largement de Moscou pour sa consommation de pétrole et gaz", a-t-il déclaré.

C’est aussi sur le plan économique que se positionne le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui multiplie les appels à l’aide aux pays occidentaux. "Nous avons besoin d’un nouveau plan Marshall pour la Géorgie, afin que l’économie se remette en route", a-t-il lancé dans une interview diffusée vendredi par la radio allemande Deutschlandfunk.

"Nous avons besoin que l’Europe et des Etats-Unis s’engagent à soutenir la Géorgie et que les investissements ne soient pas faits ailleurs".

Mikheïl Saakachvili a par ailleurs plaidé pour l’envoi d’une force internationale de maintien de la paix afin de protéger les Géorgiens "contre de nouvelles agressions russes" et pour que les "centaines de milliers de personnes qui ont été chassées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud puissent rentrer chez elles en toute sécurité".

D’après agences

La Russie fustige le G7 et veut rassurer avant le sommet de l’UE

AFP - vendredi 29 août 2008, 13h10

La Russie a accusé vendredi les pays du G7 de prendre le parti de Tbilissi dans la crise géorgienne et assuré avoir respecté le plan de paix négocié par la présidence française de l’UE, à trois jours d’un sommet européen extraordinaire consacré à la Géorgie.

En condamnant la reconnaissance par Moscou des républiques séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, le G7 a pris une "mesure (qui) a un caractère de parti pris et vise à justifier les actes agressifs de la Géorgie", a déploré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il réagissait à une déclaration commune mercredi des chefs de diplomatie des sept pays les plus industrialisés (Canada, Japon, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Etats-Unis) condamnant les "actions" de leur "collègue du G8", la Russie.

Le président du Parlement d’Ossétie du Sud a annoncé la signature d’un accord mardi 2 septembre sur la présence de bases militaires russes dans ce territoire séparatiste géorgien.

Moscou a en outre affirmé qu’elle "confirmait sa bonne volonté pour une coopération constructive dans le cadre du G8 et à un échange franc sur toutes les questions d’actualité".

La diplomatie russe a aussi assuré avoir "rempli tous les six points" du plan de paix au conflit russo-géorgien, négocié par le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l’Union européenne.

En outre, Moscou restera "un fournisseur sûr" des ressources énergétiques de l’Occident, en dépit des tensions provoquées par la crise géorgienne, a affirmé vendredi le porte-parole du Premier ministre Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Ces déclarations interviennent avant le sommet européen extraordinaire lundi à Bruxelles sur cette crise, au cours duquel l’UE n’adoptera pas de sanctions contre Moscou, selon une source à l’Elysée.

"Nous sommes toujours en phase de dialogue avec Moscou, pas en phase de sanctions", a indiqué cette source, soulignant que "l’heure des sanctions n’est certainement pas venue".

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner affirmait jeudi que "des sanctions (contre Moscou) étaient envisagées et bien d’autres moyens", tout en soulignant que Paris ne proposait pas lui de telles sanctions, alors que les Européens sont divisés sur cette question.

Avant la mise en cause du G7 par Moscou, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait accusé jeudi Washington d’avoir orchestré le conflit en Géorgie pour donner un "avantage" à un candidat à la présidentielle américaine, une thèse aussitôt rejetée par la Maison Blanche.

Poutine n’a pas donné pas de nom mais semblait viser le républicain John McCain, soutenu par le président George W. Bush et opposé au démocrate Barack Obama.

Ce dernier soutient la position de Tbilissi, a affirmé vendredi le président du Parlement géorgien après une rencontre avec M. Obama lors de la Convention du parti démocrate à Denver, dans l’ouest des Etats-Unis.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, une nouvelle réunion sur la Géorgie, la 6e en trois semaines, n’a donné lieu jeudi à aucune décision concrète.

Moscou a aussi échoué a obtenir le soutien espéré au sommet jeudi de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS - Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan) à Douchanbé, relevait vendredi la presse russe.

La Chine et les alliés d’Asie centrale de la Russie ont préféré adopter un profil bas dans le conflit géorgien, voire défendre l’intégrité territoriale après la reconnaissance par Moscou des républiques séparatistes géorgiennes, estimaient plusieurs quotidiens russes.

Géorgie - Passe d’armes entre Kouchner et son homologue russe

le 28/08/2008 - 17h16

Crédit Photo : TF1/LCI Bernard Kouchner (28 août 2008)

Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré ne pas exclure des sanctions européennes contre la Russie, provoquant la colère de son homologue moscovite. Bernard Kouchner a néanmoins affirmé que la France n’était pas partisane de "couper les relations avec la Russie."

Alors que Nicolas Sarkozy s’emploie à faire baisser la tension entre Moscou et Tbilissi, son ministre des Affaires étrangères hausse le ton. Bernard Kouchner a affirmé "ne pas exclure" des sanctions européennes à l’encontre de la Russie.

"Des sanctions sont envisagées et bien d’autres moyens", a-t-il déclaré lors d’un point presse à l’occasion de la XVIe conférence des ambassadeurs de France, à Paris. "Il y a certains qui proposeront des sanctions, d’autres qui les refuseront", a-t-il ajouté, précisant que la France, présidente en exercice de l’Union européenne, s’efforcerait d’obtenir un consensus des Vingt-Sept lundi lors du Conseil extraordinaire.

"Nous essayons d’élaborer un texte fort, signifiant notre volonté de ne pas accepter" la situation en Géorgie. "Rien n’est plus important que l’unité face à un problème aussi grave. Rien ne serait plus dommageable que de sortir de la réunion de lundi sans une unité, non pas de façade, mais une unité politique réelle", a-t-il souligné.

"Ça veut dire un compromis pour chacun". Prié de dire si la France penchait pour des sanctions, Bernard Kouchner a répondu : "La fonction d’un président de l’Union européenne n’est pas d’imposer ses idées, mais de faire accepter soit ses idées par tout le monde, soit que les 27 tous ensemble trouvent un compromis.

""Vous voulez insister pour me faire dire qu’il y aura des sanctions proposées par la France. Je ne vous le dis pas. Il n’y en aura pas. La France sera attentive à toutes les propositions", a-t-il dit. De son côté, la Maison Blanche a indiqué que les Etats-Unis poursuivaient le réexamen de leurs relations avec la Russie mais qu’il était "prématuré" d’envisager à ce stade des sanctions américaines contre Moscou.

Bernard Kouchner a "l’imagination malade"

La menace même sous-jacente a suscité l’ire de Moscou. En visite au Tadjikistan, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé la "confusion totale" des Occidentaux. "Mon ami Kouchner a aussi déclaré que nous allions bientôt attaquer la Moldavie et l’Ukraine et la Crimée (...). Mais c’est une imagination malade et cela s’applique probablement aussi aux sanctions", a-t-il déclaré face aux journalistes.

Face à cette montée en puissance du dirigeant moscovite, le ministre français des Affaires étrangères a tenu à corriger le tir."Je n’ai pas l’esprit malade. Les Russes sont un peu nerveux ces derniers temps", a répondu Bernard Kouchner sur Europe 1. "Je voudrais préciser qu’il n’a jamais été question de sanctions proposées par la France. (...) J’ai dit que d’aucuns pensaient à des sanctions, la France n’y pense pas", a-t-il expliqué.

Lors de sa conférence de presse, Bernard Kouchner avait affirmé que la France n’était pas "partisane de couper les relations avec la Russie". "Cela se réglera (...) par la négociation", a dit le chef de la diplomatie française. "Il faudra du temps, ne nous faisons pas d’illusions".

La Russie teste avec succès un missile "furtif"

La Russie a testé avec succès son missile de longue portée Topol conçu pour échapper aux systèmes de défense antimissile, a annoncé jeudi un porte-parole de l’armée russe.

L’annonce survient alors que Washington et Varsovie ont formellement signé la semaine dernière l’accord prévoyant l’installation sur le territoire polonais d’éléments du projet de bouclier antimissile que la Russie considère comme une menace contre sa sécurité.

"Ce tir avait pour mission spécifique de tester la capacité du missile à échapper aux systèmes de détection au sol", a précisé un colonel des Forces stratégiques russes. Testé sur le site de lancement de Plesetsk, le missile RS-12M Topol, recensé sous le nom de SS-25 Sickle dans la nomenclature de l’Otan, a une portée maximale de 10.000 km et peut emporter une ogive d’une puissance explosive de 550 kilotonnes.

(D’après agence)

L’Occident appelle Moscou à ne pas entamer une nouvelle guerre froide

AFP - mercredi 27 août 2008, 19h42

La pression sur la Russie, très critiquée après avoir reconnu les séparatistes géorgiens, s’est accrue mercredi, la Chine se disant "préoccupée", tandis que les Occidentaux l’appelaient à ne pas "entamer" une nouvelle guerre froide.

Le G7 "condamne" la décision de la Russie de reconnaître l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, selon un communiqué commun publié mercredi par le département d’Etat américain.

"Nous condamnons les actions de notre collègue du G8", indiquent les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Japon, de France, d’Allemagne, d’Italie, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis dans ce communiqué commun.

Pékin, silencieux jusque-là, s’est dit "préoccupé par les derniers développements en Ossétie du Sud et en Abkhazie", a annoncé l’agence Chine Nouvelle, citant un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang.

Cette déclaration est tombée peu avant une rencontre du président russe Dmitri Medvedev avec son homologue chinois Hu Jintao à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, dans le cadre d’un sommet des pays de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

M. Medvedev, qui avait réservé sa première grande visite officielle à la Chine après son investiture en mai, est soucieux tout comme son prédécesseur Vladimir Poutine de ménager un axe Moscou-Pékin alors que ses relations avec les Occidentaux sont des plus tendues.

Augmentant la pression, le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, a déclaré à Kiev qu’il revenait à la Russie de "ne pas entamer" une nouvelle guerre froide, tout en estimant qu’il serait "contre-productif de l’isoler".

"La Russie était, est et restera le dernier pays au monde à vouloir une répétition de la guerre froide", lui a répondu le porte-parole du Premier ministre russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé une reconnaissance qui "vise à un changement unilatéral des frontières" et appelé la Russie à retirer "sans délai" ses forces militaires de Géorgie "sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités".

La France, présidente en exercice de l’Union européenne, a aussi accusé Moscou de s’être placé "hors la loi internationale" en Géorgie et d’avoir "d’autres objectifs", après l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, dont "la Crimée, l’Ukraine, la Moldavie".

Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, déterminé à faire entrer son pays dans l’Otan, a estimé que la reconnaissance par la Russie de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud constituait "une menace pour la paix" dans toute la région et en Europe.

L’UE devrait clairement soutenir une adhésion de l’Ukraine pour éviter que ce pays ne devienne, après la Géorgie, "la prochaine cible des pressions politiques" de la Russie, a souligné le commissaire européen à l’Elargissement, le Finlandais Olli Rehn.

L’Otan a appelé la Russie à "revenir sur sa décision" de reconnaître l’indépendance des deux territoires, qui "viole de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU" sur "l’intégrité territoriale de la Géorgie".

La Géorgie a pour sa part décidé de réduire ses liens avec la Russie, ne laissant que deux diplomates en poste à Moscou, a déclaré à l’AFP le ministre géorgien des Affaires étrangères, Mme Eka Tkechelachvili.

"Nous n’aurons plus d’ambassadeur à Moscou, seuls un diplomate confirmé et un diplomate de second rang travailleront dans notre ambassade en Russie", a-t-elle dit.

Dans la région, la confrontation entre Russes et Occidentaux a pris un tour concret en mer Noire, où Moscou accuse l’Otan de concentrer des forces navales, sous couvert d’exercices et d’aide humanitaire à la Géorgie.

La flotte russe a reçu l’ordre de surveiller les mouvements des navires des pays l’Otan en mer Noire, a annoncé le chef d’état-major adjoint des Forces armées russes, Anatoli Nogovitsyne.

La Russie prend des "mesures de précaution", a souligné le porte-parole de Vladimir Poutine. "Espérons que nous n’assisterons pas à une confrontation directe", a-t-il lancé.

Au même moment, un bateau des gardes-côtes américains, le Dallas, chargé de matériel humanitaire, arrivait à Batoumi, dans le sud-ouest de la Géorgie. Il devait repartir dans la journée, une fois sa cargaison déchargée.

Le croiseur "Moskva", vaisseau amiral de la flotte russe de la mer Noire, ainsi que d’autres vaisseaux militaires russes ont accosté de leur côté en rade de Soukhoumi, capitale de l’Abkhazie.

VIDEOS

Ossétie : La pression monte entre Géorgie et Ossétie du sud

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Alors que le président russe a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du sud, la pression est montée d’un cran entre le petit état et la Géorgie.

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Crise russo-géorgienne : Kouchner accuse Moscou de préparer un nettoyage ethnique

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"On a peur d’une guerre et on n’en veut pas", a affirmé le chef de la diplomatie française mardi soir sur France 2, après le coup de force du président russe.

EXCLUSIF TF1/LCI : Medvedev : "la balle est dans le camp des Européens"

26 août 2008 - 17h54

Vidéo - Retrouvez l’intégralité de l’interview exclusive accordée mardi par le président russe à Vincent Hervouët, l’envoyé spécial de TF1/LCI. La Russie a reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux provinces géorgiennes.


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