AID Association initiatives dionysiennes
Alors qu’un nouvel "accord de cessez-le-feu" vient d’être signé

GEORGIE-RUSSIE : le début de la 3ème guerre mondiale ?

avec la remarquable participation d’AgoraVox

samedi 16 août 2008 par JMT

Trois articles d’AgoraVox

Une leçon de géopolitique de Daniel Riot dans AgoraVox

Un exposé sur l’OCS (kézako ??) tiré de Wikipédia par AgoraVox

Et pour vous reposer de toute cette diplomatie, quelques explications en vidéo de l’un des meilleurs diplomates français, Hubert Védrine :-)

Voir notre article du 8 Août 2008 : Ossétie : encore un dégât collatéral de la dissolution de l’URSS

La Géorgie au royaume des poupées Russes

Samedi 16 Août 2008 par Dyur, Archiviste-documentaliste Maîtrise d’Histoire, DESS métier des Archives

Le 08/08/08 restera dans l’histoire du XXIème comme le premier Moment d’un parcours complexe de dominos dont le circuit fut bâtit tout au long du XXème siècle brique après brique !

Qu’est-ce à dire ?

D’un côté, la Chine qui entre de manière fracassante dans le concert des nations à travers la cérémonie démesurée des JO de Pékin. Sa civilisation peut désormais être reconnue à l’égale de celles des grandes puissances occidentales.

D’un autre côté, la Russie qui retrouve sa place de 2ème superpuissance politique sur la scène internationale.

Une telle coïncidence reflète une réalité beaucoup pragmatique. Alors que les Etats-Unis ont su provoquer la ruine des superpuissances communistes grâce à la suprématie économique de son système libéral à la fin du XXème siècle, ces dernières ont su apprendre de leur échec cuisant pour s’adapter à l’économie de marché.

Aujourd’hui, force est de constater qu’elles ont accompli leur développement socio-économique extrêmement rapide à l’aide des outils de la mondialisation mis en place par les Etats-Unis afin de s’accorder une hégémonie militaro-diplomatique écrasant.

Et la Géorgie dans tout cela ?

On peut, en effet, se demander quel est le lien entre l’évolution de ces grands courants géopolitiques et la Géorgie ? Il suffit de passer en revue le casting du conflit.

Deux provinces russophiles, Abkhazie et Ossétie du Sud, déclarent leur indépendance unilatéralement en 1992. Elles acquièrent leur indépendance à la fois par la force avec un soutien logistique de Moscou et par la démocratie avec un référendum en Ossétie du sud. Ce référendum est contesté par les puissances occidentales.

Or on se demande bien comment une province russophile et russophone qui a acquis son indépendance et vote pour ses institutions ne pourrait pas acquérir son indépendance au regard du droit onusien ? L’affaire du Kosovo apparait dans ce domaine beaucoup plus litigieuse sur le plan du droit international !

Un pays nouvellement indépendant, la Géorgie, lutte pour éviter de sombrer dans la pauvreté en monnayant le droit de passage sur son sol d’oléoducs et gazoducs aux puissances occidentales.

Or à quoi sert cet argent ? Il est utilisé par le nouveau président Saakachvili pour lutter contre la corruption, qui gangrène son pays, à l’image de tous les autres pays sans grandes ressources propres dans le monde, et pour s’armer à grands frais, auprès des Etats-Unis notamment via Israël.

Deux superpuissances, Etats-Unis et Russie, qui disposent toutes deux d’un droit de véto à l’ONU.

Cette simple présentation suffit à démontrer que la Géorgie n’est qu’une marionnette, un terrain d’entrainement, pour les diplomates des deux superpuissances. Elle constitue donc un point de tension particulièrement propice aux « tremblements de terres » géostratégiques !

Première poupée russe

Depuis des années les provocations entre séparatistes et géorgiens ne cessent d’émailler le quotidien de la région. La Géorgie, étant en quête de légitimité pour récupérer ses provinces, joue le jeu des grandes puissances en lançant les projets d’oléoducs et gazoducs pour embêter Moscou et entrer de manière accélérer à l’OMC, dans l’OTAN et s’afficher comme allié privilégié des Etats-Unis en envoyant des troupes en Irak !

La Russie de son côté ne force guerre le destin dans la mesure où la chute du communisme a désarmé sa diplomatie et où elle n’a rien à faire pour s’assurer l’alliance totale des séparatistes trop heureux d’avoir acquis une indépendance de fait que le temps se chargera bien de parachever.

Et le président Saakachvili le sait bien ! Fort du soutien militaire, économique et diplomatique des Etats-Unis, il pense avoir enfin les moyens militaires de ses ambitions : mâter les indépendantistes alors qu’il en est encore temps !

Le jour de la cérémonie des JO devrait donc jeter un voile pudique sur les morts civils qu’une intervention massive de son armée va engendrer. Car il ne fait aucun doute que l’intervention militaire géorgienne en Ossétie était le prélude à une épuration ethnique. Les Ossètes se seraient battus jusqu’au dernier pendant des années, à l’image des Tchétchènes contre la Russie.

Et la seule bonne question que l’on peut se poser est donc la suivante : Comment un président apparemment empreint de la légitimité démocratique que lui confèrent les urnes et le soutien des puissances démocratiques que sont censées représenter les Etats-Unis d’Europe et d’Amérique, peut-il décemment chercher à résoudre un problème ethnique par les armes et le sang ?!

Voilà bien tout l’enjeu de ce conflit !

Deuxième poupée russe

Par son intervention armée, la Géorgie pose donc davantage un problème aux nations occidentales qu’à la Russie !

Il est en effet facile à la Russie d’intervenir sans préavis de manière musclée pour repousser l’assaut sanglant de la Géorgie ! Les accords de paix signés par l’ancien président Chevarnadze et la Russie autorisent la présence de forces russes d’interposition dans les provinces indépendantistes.

La Russie a-t-elle besoin de demander l’aval du conseil de sécurité des Nations unies pour intervenir ? Non. Les Etats-Unis et l’OTAN s’en sont bien passés lors de la guerre du Kosovo qui a duré des mois contre la Serbie.

Rappelons alors que la Russie s’était élevée contre les occidentaux sans que sa position diplomatique n’ait soulevé plus d’intérêt que celle du Zimbabwe ! La jurisprudence du droit international plaide en faveur de la Russie. Là où les occidentaux ont bombardé la Serbie pour sauver les Albanais, les Russes ont écrasé l’armée géorgienne pour sauver les Ossètes.

Troisième poupée russe

Il a suffit d’à peine 48 heures à la Russie pour libérer l’Ossétie du Sud. Car au-delà des annonces du retrait de ses forces militaires d’Ossétie en signe d’apaisement diplomatique faites par le président Saakachvili, la vérité serait plus respectée si l’on observait la déroute infligée à ses troupes.

Il n’y a d’ailleurs pas à s’étonner étant donné le rapport de forces. Le président Saakachvili s’en offusque et dénonce une opération orchestrée de longue date par Moscou. Le pauvre homme serait tombé dans un piège tendu par Moscou à travers les multiples provocations frontalières entre Ossètes et Géorgiens !

Mais lorsqu’on regarde la carte, on s’aperçoit bien vite de la proximité de la Tchétchénie qui est une zone de fixation des forces russes depuis des années. Il n’y a donc pas à s’étonner que la Russie qui dispose d’une armée d’un million d’hommes soit en mesure de frapper vite et fort dans cette région du monde, qui est stratégique à cause des ressources fossiles de la Caspienne et particulièrement instable !

En bref, l’action du président Saakachvili semble parfaitement insensée sur le plan géostratégique en plus du point de vu humanitaire ! Il n’y a donc pas à s’étonner qu’il n’apparaisse pas comme un interlocuteur crédible aux yeux des Russes.

En outre, un homme qui n’hésite pas à entrer en guerre sans se préoccuper du grave danger de mort qu’il fait courir à sa population peut-il être crédible ? Le président Medvedev avait donc beau jeu de demander la destitution du président Saakachvili en préalable au retour à la paix.

Là encore, l’action des Etats-Unis à l’encontre de Saddam Hussein en Irak, dont le dirigeant avait agressé militairement de nombreuses provinces rebelles de son pays renforce la jurisprudence du droit international en faveur de l’action Russe en Géorgie !

Quatrième poupée russe

En dépit de la légitimité en droit international acquise par la Russie dans cette affaire, les Etats-Unis jouent actuellement un jeu dangereux qui prend la forme d’un dénie de justice et d’une tentative d’humiliation de la diplomatie du Kremlin.

Georges Bush a, en effet, pris le parti de la Géorgie sans réserve ni droit de regard. Peu importe que les troupes Géorgiennes aient tué des centaines de civils Ossètes. Peu importe que les troupes Géorgiennes soient intervenues en Ossétie sans en appeler au préalable à la communauté internationale.

Georges Bush condamne la Russie sans même détenir le plus petit début d’argumentation. Et la Russie a parfaitement géré cette crise sur le plan militaire. S’appropriant les tactiques militaires de frappes dites préventives ou chirurgicales développées par les occidentaux, les Russes ne semblent pas avoir commis de faux pas.

Et les cris de Saakachvili n’en sont que plus pitoyables. Car ce conflit a bien sûr mobilisé l’essentiel de satellites espions des Etats-Unis et de l’OTAN. Or aucun d’eux n’ont confirmés, preuves à l’appuie les déclarations des Géorgiens.

En vérité les Etats-Unis s’enferment actuellement dans une logique internationale d’impérialisme extrêmement dangereuse pour la stabilité planétaire.

Ils savent que les 5 prochaines années seront les dernières durant lesquelles ils garderont la tête du leadership économique. Avec la mondialisation, cela équivaut à une perte équivalente de statut diplomatique.

Leur engagement en Irak, basé sur des preuves falsifiées, leur a fait perdre une grande partie de leur crédit diplomatique notamment dans les organisations internationales.

Cet engagement leur coûte, en plus de la perte de nombreux points de PNB par an, une immobilisation de l’essentiel de leurs moyens militaires qui ne leur permettent plus d’intervenir sur de nouveaux fronts. Ils n’ont plus les moyens d’aider leurs alliés.

En bref, plus les Etats-Unis perdent leur leadership mondial plus ils se replient sur des postures impérialistes très éloignées des idéaux prônés par la charte des droits de l’homme.

L’affaire de Guantanamo en est un parfait exemple. Pour ne pas perdre la face, ils continuent, avec des méthodes dignes des inventeurs de la propagande allemande de 1936, à stigmatiser les ennemis d’antan, qui ont pourtant vocation à devenir les futurs partenaires économiques de demain. Ils leur refusent le droit de participer aux idéaux humanitaires qui ont construit leur légitimité sur le devant de la scène internationale depuis la deuxième guerre mondiale !

Il faut, je crois, tirer les bonnes conclusions des renversements de tendance géopolitiques que nous vivons. Les Etats-Unis sont en passe de devenir, s’ils n’y prennent garde, le premier facteur de déstabilisation de la paix dans le monde.

A moins qu’ils n’acceptent de quitter leur costume de « gendarme du monde » que Bush père a endossé pour la première fois en Irak, il y a bientôt 20 ans. Mais l’orgueil du fils ne prend pas ce chemin !

La querelle du bouclier antimissile que les Etats-Unis cherchent à placer en Europe de l’Est sous prétexte de se protéger de l’Iran (dont les missiles ne dépassent pas une portée de 3000 kilomètres !!!) est un autre exemple du jeu arrogant, belliciste et fort dangereux de Georges Bush.

Cinquième poupée russe

Dans la cacophonie qui règne entre d’un côté la Russie, sûre de son bon droit, et de l’autre les défenseurs de la Géorgie que sont les Etats-Unis, l’OTAN, les pays baltes, l’Ukraine et la Pologne, au nom d’un passé mal digéré portant la graine de conflits sans fin, existe-t-il un espoir de paix ?

Certains, assez nombreux, ont rappelé le parallèle entre cette situation et celles vécues durant la guerre froide !

Mais cela montre surtout une chose. Les occidentaux sont encore dans cet esprit de guerre froide et s’imaginent qu’ils doivent encore sauver la planète ! Mais il n’y a plus rien à sauver en dehors des victimes du terrorisme.

Les occidentaux ont surtout montré qu’ils refusent de partager leur pouvoir de gendarme avec les anciennes superpuissances déchues qui retrouvent une place internationale à laquelle ils ont pleinement droit.

Alors un espoir de paix dans tout cela ? Et bien la diplomatie européenne vient pour la première fois de son existence de lui donner corps.

Et la France depuis si longtemps en retrait des initiatives de progrès en Europe reprend sa place initiale. La diplomatie française, peut-être la première du monde sur le plan qualitatif, s’est faite diplomatie européenne au profit de l’idéal fondateur de l’Union Européenne : la PAIX.

Car le grand projet de Schuman était bien la paix entre les ennemis centenaires, entre la France et l’Allemagne. Et c’est soutenu pleinement par l’Allemagne, que la France a su trouver les mots d’apaisement entre la Russie et la Géorgie.

Le président Sarkozy a su reconnaitre le droit de la Russie à défendre les russophones tout en sauvant la tête d’un Saakachvili dépassé par des évènements qu’il a lui-même déclenchés.

Les voix de la France et de l’Allemagne ont su porter haut l’idéal de paix de l’Europe au-dessus des basses provocations et des discours bellicistes américains. En ces instants nous pouvons dire que l’Europe a plus fait pour la paix dans le monde que les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.

Dans un tel contexte, on peut également se poser la question de la place des anciens pays du bloc communiste dans l’Europe ? Notre Europe a été fondée sur l’idéal de la paix. Peut-elle s’accommoder, sans sourcilier, des propos xénophobes antirusses, que l’histoire explique, mais que la volonté d’intégration dans l’Europe d’aujourd’hui ne peut comprendre ?

Ces propos sont en effet profondément anti-européens puisqu’ils ne portent pas l’étendard de la paix. Et alors que l’Europe vit depuis plusieurs années une crise d’identité très profonde, à cause de l’échec constitutionnel et des éternelles querelles corporatistes entre des pays aux économies trop différentes, il est temps d’ouvrir les yeux et de demander à chacun de nos pays : qu’attendons-nous de l’Europe ?

Mais il est une chose certaine. La guerre de Géorgie a capté les regards internationaux. Et cette guerre a plus valeur de test pour les occidentaux que pour le bloc Russie/Chine : notre politique actuelle défend-elle réellement les valeurs de respect et de justice sur lesquelles nous avons fondé notre légitimité à dominer le monde ?

Si la réponse est positive, alors nous pouvons dormir tranquille pour de nombreuses décennies car la sincérité de notre action ne sera pas remise en cause par les pays émergeants.

Dans le cas contraire, nos idéaux humanitaires auront l’apparence d’alibis cachant une seconde vague de colonisation.

Alors, la guerre de Géorgie n’aura été que le premier moment d’un troisième conflit mondial qui s’annonce déjà.

Ossétie : Opinion publique contre opinion du pouvoir politique

Le Kosovo et l’Ossétie présentent les mêmes problèmes. Pourquoi veut-on absolument les résoudre différemment ? Sur ce point, les bloggeurs semblent avoir des idées contraires à celles des grands de ce monde.

Samedi 16 Aoüt 2008 André Serra

VOX POPULI, VOX DEI !

Avec cette crise du Caucase, les opinions sont surchauffées et vont dans tous les sens. Tout un chacun ressent un immense besoin d’y voir clair. Pourquoi ?

Eh bien, sans doute parce qu’il s’agit d’un combat mondial. À ma gauche, Saakachvili, Président de la Géorgie, frauduleusement réélu en janvier 2008. À ma droite, Poutine, Premier ministre de Russie, nommé par son ancien Premier ministre, élu Président du pays entre temps. Donc, de prime abord, ce procès se déroule entre deux grands défenseurs de la démocratie.

Le premier est assisté par Bush et sa secte de cireurs de pompes étatsuniennes. Le second assiste l’Ossétie du sud, sœur ethnique, linguistique et culturelle de l’Ossétie du nord, qui a été séparée d’elle en 1922 par Staline le grand charcutier.

Ce dernier, environné d’une multitude de petites nationalités difficiles à domestiquer, décida d’appliquer la doctrine incontournable de tout pouvoir digne de ce nom : diviser pour régner. Il conserva l’Ossétie du nord dans l’U.R.S.S en tant que région autonome, et donna l’Ossétie du sud à la Géorgie, également en tant que région autonome de ce pays.

Il en rajouta cependant un petit peu pour plus d’efficacité, en déportant les habitants de l’Ingouchie, musulmans d’un pays limitrophe de l’Ossétie du nord, puis en donnant aux Ossètes une partie de l’Ingouchie ainsi dépeuplée.

Mélange absolument détonant. Lorsqu’après 1989 les Ingouches reçurent l’autorisation de rentrer chez eux, ils y trouvèrent des Ossètes installés dans leurs maisons et sur leurs terres. Vous comprendrez que les embrassades furent assez sanglantes. Bref.

Par un référendum de novembre 2007, le peuple de l’Ossétie du sud vota à 99% l’affirmation de son désir d’être indépendant. Par ailleurs, on sait qu’il désire passionnément fusionner à nouveau avec le peuple d’Ossétie du nord, où il pourrait retrouver cousins, proches ou lointains, neveux et nièces, dans une langue et une culture bien distinctes de la langue géorgienne.

On comprendra que cela ne faisait pas l’affaire de Saakachvili, car il ne faut pas perdre de vue qu’il se dit démocrate. Lui préférait de beaucoup conserver le cadeau fait par Staline à son pays. C’aurait été porter un coup bas à sa mémoire, le cher homme !

Il en a donc parlé à son protecteur Bush, démocrate lui aussi. Il fallait faire cesser ce scandale. Depuis quand le peuple peut-il éprouver des désirs qui ne soient pas conformes à la démocratie ?

Bush comprit qu’il tenait là une bonne solution pour remonter dans les faveurs de son opinion publique, et peut-être même donner un coup de main à ce pauvre McCain qui peine dans les sondages des présidentielles étatsuniennes.

Il fournit donc moult armes de toutes natures, missiles, avions, drones à Saakachvili, en utilisant les bons soins d’Israël, qui ne pouvait évidemment pas lui refuser ce service. Ah ! Si Israël n’était pas là… il faudrait l’inventer.

Et pour faire marcher toute cette quincaillerie, il lui envoya aussi un bon millier de « conseillers militaires » afin d’apprendre à sa plantureuse armée comment s’en servir.

Bien entendu, les Russes qui, comme on le sait, ne sont pas démocrates, et par conséquent aveugles, sourds et muets, ne se sont absolument pas doutés de ce qui se préparait dans un silence absolument parfait, puisque les Étasuniens sont équipés de chaussures comportant des semelles de caoutchouc fabriquées par Nike.

Alors, le jour même où les joutes olympiques commençaient à Beijing [tiens ! tiens !], l’armée américanisée de Saakachvili se présenta à la frontière de l’Ossétie du sud, après une bonne préparation d’artillerie sur Tskhinvali, la capitale, pour tenir les Ossètes bien éveillés. Mais, passons sur ce que toute armée digne de ce nom fait subir à une population civile innocente.

À ce moment là, les Géorgiens, armés de pied en cap, eurent la grande surprise de voir débouler à leur rencontre une armée Russe caparaçonnée de chars de fort tonnage, qui n’étaient nullement romains. L’idée que ces nouveaux venus venaient les saluer ne leur traversa que très rapidement l’esprit, et ils prirent leurs jambes à leur cou pour rentrer prestement chez eux, à l’exception de quelques uns qui décidèrent de rester en Ossétie pour l’éternité.

On comprend le courroux qui s’empara de Bush, alerté par un Saakachvili angoissé. Une telle action de la part des Russes n’était pas du tout prévue dans leur plan, et on sait pertinemment que des plans dûment établis par le Pentagone ne peuvent absolument pas ne pas fonctionner.

Alors, le futur ancien Président des É-U EXIGEA ( !) des Russes qu’ils retournent dans leurs casernes. Lorsqu’il reçut ce message, Poutine sourit pour la première fois depuis de nombreuses années.

La plupart des grands chefs d’État du monde dénoncèrent alors l’attaque des Russes, car, par magie sans doute, l’agression de Saakachvili était devenue celle de Poutine dans la même soirée.

Bon ! La suite reste à venir. Mais j’ai tout de même été surpris sur le coup, et j’ai même failli changer d’avis sur la question. Alors j’ai voulu savoir si beaucoup de monde avait compris comme moi que c’étaient les Géorgiens qui avaient ouvert le bal, ou si d’autres pensaient au contraire que c’étaient les Russes, comme l’affirmaient toutes les cliques politiques ou presque.

Je suis donc allé consulter les blogs d’une bonne dizaine de sites de journaux et de nouvelles sur le web. Au total, j’ai donc lu entre 300 et 400 commentaires sur cette malheureuse affaire.

Quelle ne fut pas ma surprise de me rendre compte que, dans une proportion de 4 sur 5, soit 80%, ces commentaires désignaient Saakachvili comme agresseur et provocateur, mais plus encore Bush et ses courtisans, dont ils dénonçaient l’agressivité et l’impérialisme. Quand à ceux qui désignaient Poutine et la Russie d’un doigt vengeur, ils étaient immédiatement taxés de naïveté et de suivisme par le commentaire qui suivait le leur.

C’est troublant, et montre que les finasseries politiques conduisent trop souvent à des impasses dangereuses, alors que le peuple, qui détient la souveraineté, paraît-il, mais que l’on ne consulte qu‘une fois tous les quatre à cinq ans, est souvent plus réaliste que ceux qui prétendent les diriger, et même aussi que les médias qui se contentent assez souvent d’adopter la pose du perroquet.

Plus troublant encore, alors que les problématiques du Kosovo et de l’Ossétie sont strictement les mêmes, les grands de ce monde insistent bruyamment pour qu’elles soient résolues différemment.

On a fait du Kosovo un État indépendant en le prenant à la Serbie qui le possédait juridiquement depuis des lustres, mais on veut empêcher l’Ossétie du sud de l’être pour ne pas modifier les frontières de la Géorgie.

Dans les deux cas, il s’agit pourtant de populations fort différentes de celles qui les oppriment. Il s’agit strictement du même problème dans les deux cas.

Mais, il y a cependant une toute petite différence. Ici, Saakachvili est américain, et il s’agit des « INTÉRÊTS de l’Amérique ».

@ André Serra

OTAN : Attention Danger !

Samedi 16 Août 2008 par Jean-Jacques Rousseau

L’OTAN avait peut-être une petite utilité du temps de la guerre froide en tant que traité d’assistance et de coopération militaire entre l’*Europe et les USA.

Il faut dire "peut-être" et "petite" puisque la France qui a refusé d’y participer entièrement a pu ainsi garantir son indépendance politique et sa capacité d’intervenir comme médiatrice dans certaines crises et apaiser les tensions entre blocs dogmatiques, armés jusqu’aux dents et prêts à détruire le monde pour avoir le dernier mot dans quelque quiproquo ridicule. C’est ce non-alignement relatif de la France qui a certainement sauvé le monde de l’horreur.

Aujourd’hui cette organisation apparait de plus en plus comme un moyen d’intervention militaire pour contourner à la fois les principes de la Charte de l’ONU comme ceux de "règlement pacifique des différents" et de "non-recours à la force" et aussi ces mandats d’intervention contraignants de l’ONU qui fixent un cadre strict pour les interventions armées respectueuses du droit international.

Ce réseau d’alliance militaire sous commandement unifié qui maintient une solidarité presque mécanique entre les forces armées de différentes nations augmente le risque ; en multipliant le nombre de ses membres, en favorisant un réarmement général, en suivant une politique sécuritaire court-termiste de réponse immédiate, en prônant une sorte de pré-éminence des militaires sur les diplomates, en jouant quasiment le rôle d’une autorité souveraine sans se tenir strictement aux règles et aux procédures des institutions internationales qui permettent le dialogue, la concertation et une réflexion pluraliste, de se laisser entrainer à quelques gestes de provocation ou d’y répondre sans le recul nécessaire pour modérer les réactions et réfléchir aux conséquences : entrainant ainsi le monde entier dans une terrible tragédie.

Nous en avons eu la démonstration au cours de cette crise géorgienne et il faut suivre les différentes réactions de cette organisation pour évaluer le parti pris extrême et la dangereuse fragilité nerveuse de ses dirigeants.

Ce mardi 12 aout 2008 une réunion extraordinaire des ambassadeurs des 26 pays membres de l’Otan s’est tenue au siège de l’Alliance peu après l’annonce de la décision des autorités russes d’arrêter leurs opérations militaires en Géorgie.

Ils ont reçu le chef de la mission de la Géorgie auprès de l’Otan, Revaz Beshidze, chargé de représenter la ministre des Affaires étrangères Eka Tkeshelashvili, "bloquée en Géorgie par la situation sur le terrain".

Mais l’Otan a refusé d’entendre M. Rogozine, représentant permanent de la Russie auprès de l’Otan, qui avait demandé la possibilité d’exposer la position de son pays. (1)

Le secrétaire général de l’Otan a assuré mardi qu’un conseil Otan-Russie "se tiendra très prochainement".

Dmitri Rogozine a pris acte de cette explication et mis en garde les alliés. "Un partenariat donne une possibilité d’écouter. Si nos partenaires ne veulent pas nous écouter, alors ce n’est plus un partenariat", a-t-il averti.

Ensuite tout au long de son intervention, le secrétaire général de l’Otan M. Jappe de Hoop a condamné à plusieurs reprises "l’usage excessif et disproportionné de la force par la Russie", mais il s’est refusé à critiquer l’intervention militaire menée par la Géorgie en Ossétie du sud, une région séparatiste pro-russe, considérée comme le détonateur de la crise avec Moscou. "Je ne veux pas entrer dans les considérations de qui a fait quoi quand", a-t-il éludé, lorsque la question lui a été posée.(2)

Bien au contraire d’une position équilibrée, dans la déclaration officielle de l’Otan, le parti est pris donc d’écarter le porte-parole russe et d’orienter les critiques uniquement vers la Russie dont - il faut le rappeler - les forces d’interposition présentes en Ossétie depuis plus de 16 ans n’avaient jamais fait l’objet de réclamation officielle suffisamment fondée de la part de la Georgie devant la communauté internationale pour être acceptée. (3)

Mais chose plus extraordinaire, le conseil des ambassadeurs de l’Otan à exprimé leur solidarité et leur soutien aux autorités de Tbilissi alors qu’il ne faisait plus de doute à ce moment que ces mêmes autorités avaient pris l’initiative le 7 août d’ouvrir les hostilités en bombardant des cibles civiles à l’aide de lance-roquettes multiples et en ordonnant à leurs forces terrestres et aérienne de pénétrer sur le territoire d’Ossétie du sud sans tenir compte des avertissements des forces d’interposition !

Pour ajouter au tableau, hier le 13 aout 2008, les Etats-Unis demandent une nouvelle réunion de l’Otan...

"Les Etats-Unis ont officiellement demandé une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan sur la situation en Géorgie, a annoncé mercredi une porte-parole de l’Alliance atlantique, Carmen Romero. La porte-parole, qui a précisé que la Russie ne participerait pas à la réunion, a indiqué que celle-ci pourrait avoir lieu en début de semaine prochaine."(4)

Ils insistent pour que la Russie n’y soit pas présente , ni entendue pour présenter sa position et ses objections.

On devine donc facilement par là que ce sont les Etats-Unis qui ont décidé d’exclure de la réunion du 12 août M. Dmitri Rogozine pour mieux organiser un front anti-russe et pro-georgien conforme à leur doctrine sécuritaire et à leur stratégie caucasienne.

Mais en allant plus loin on pourrait se laisser prendre à réfléchir...

Quel est l’intérêt pour les Etats-Unis : d’occulter la responsabilité georgienne dans l’éclatement de cette crise, de prendre le risque d’une dégradation du partenariat avec la Russie, de réagir avec autant de maladresse et une mauvaise foi si évidente ?

La réponse est peut-être trouvée lorsqu’on lit cette déclaration du candidat républicain à la Maison-blanche datée du 11 aout : "Ossétie du Sud : McCain propose l’envoi d’un contingent de l’OTAN "Le Conseil de l’OTAN devrait se réunir en session extraordinaire pour réclamer le cessez-le-feu et examiner la possibilité d’introduction en Ossétie du Sud d’une force internationale de maintien de la paix, et se pencher sur les conséquences (du conflit) pour les relations entre l’OTAN et la Russie", a-t-il déclaré lors d’une allocution lundi en Pennsylvanie."

"Cui Bono ?" A qui profite le crime ?

Et si cette provocation georgienne, si cette réaction inévitable des forces russes, si ces crimes contre des civils impuissants et terrorisés aussi bien en Ossétie qu’en Géorgie n’étaient que les éléments nécessaires d’une mise en scène pour mettre en place un nouveau scénario, présenter un nouvel ennemi à abattre ?

Serait-ce dans l’intention de contraindre les citoyens américains à serrer les rangs autour d’un homme fort qui saura, avec l’aide du complexe militaro-industriel et de nouveaux crédits, affronter une menace nouvelle (fabriquée de toutes pièces sous nos yeux) selon une recette qui a fait si souvent pencher les votes vers le parti républicain et ses va-t’en-guerre extrémistes ?

Si cette hypothèse se trouvait vérifiée cela voudrait dire que l’Otan a perdu toute crédibilité et ne peut plus assurer cette mission originelle de coopération et d’assistance militaire en toute sérénité et avec le sérieux nécessaire. Mais que cette organisation est devenue au fil des ans aussi terroriste et illégale que l’ennemi qu’elle a toujours prétendu combattre.

Dans ce cas il faut déjà se résoudre à ajouter ce nom à la liste des organisations mettant en danger la paix et les droits fondamentaux des peuples au niveau international : il faut réclamer la dissolution de l’Otan.

Pour conclure nous devons certainement nous féliciter de la promptitude de réaction de M. Nicolas Sarkozy qui n’a pas voulu laisser se refermer sur Moscou ce piège médiatique et diplomatique mis en place par l’Otan et les Etats-unis.

Avec vivacité et ouverture d’esprit, il a décidé de rencontrer le président russe Dimitri Medvedev et son premier ministre M. Vladimir Poutine pour discuter avec eux les conditions de la paix avec le souci fixe et constant d’épargner les vies humaines.

C’est en quelque sorte, même si cette initiative a été présentée comme celle du président de l’Union européenne, le retour au premier plan de la grande tradition d’une politique étrangère non-alignée, humaniste et conciliatrice de la France, loin de toute crise d’hystérie, de manipulation sournoise, de sinistre arrière-pensée mercantile.

Souhaitons qu’un tel sens de la politique internationale, qu’une présence active de cette classe se maintienne pour faire reculer la tyrannie d’où qu’elle vienne dans l’intérêt de tous les peuples et de la civilisation.

J J Rousseau

Leçons de la guerre du Caucase..."L’Europe, ce petit cap d’Asie"...

Jeudi, 14 Août 2008 15:00

>>> Les nouvelles cartes géopolitiques de la Russie se trouvent à Pékin.

>>> Les dangers des surenchères américaines

>>> Les illusions dangereuses des Polonais

>>> Remettre l’entente franco-allemande au coeur de la construction europénne

>>> Exiger une vraie réforme de l’OTAN

Une analyse de Daniel RIOT pour Relatio-Europe

C’est maintenant entre Washington et Moscou qu’une grande partie d’échecs géopolitique s’engage. Les menaces américaines de mesures de rétorsions sur divers terrains (stratégiques, diplomatiques, commerciaux, économiques) sont prises au sérieux à Moscou.

A tel point que des journaux russes s’en inquiètent « La réaction de la communauté mondiale à la guerre en Géorgie a logiquement posé une limite à la politique étrangère de confrontation appliquée par la Russie ces dernières années », écrit le le quotidien Gazeta.ru. relayé par Ria Novosti .

Mais les menaces russes faites en réponses sont-elles suffisamment prises en compte à Washington ? Le « partenariat » russo-américain qui devait se développer est plus que menacé. Or, il ne se développait pas qu’au seul bénéficie des Russes...Les Américains (et les Européens) pâtiraient sérieusement aussi d’un retour à l’esprit de la « guerre froide » et au primat des rapports de forces...

Cette question reste sans réponse en cette fin de mandat de Bush. D’un Bush qui aura échoué sur presque tous les terrains, sans en avoir pris conscience, et qui ne se rend pas compte, visiblement, que l’échec de son « protégé » géorgien est aussi, surtout peut-être, « son » échec.Et celui des Européens qui le suivent aveuglément.

L’échange de vues qu’ont aujourd’hui dans le Var Sarkozy et la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, (attendue en fin de journée à Tbilissi) ne suffira sans doute pas à aborder les enjeux les plus lourds de ce conflit caucasien qui est un révélateur et un levier plus qu’un théâtre « local »....

Hélène Carrère d’Encausse résume bien l’une des conséquences les plus claires, dans une tribune publiée par le Figaro : « Cette guerre confirme, en définitive, le retour de la Russie sur la scène internationale, une Russie sûre d’elle-même, affichant ses intérêts nationaux sans complexe et, c’est nouveau, l’acceptation par la communauté des nations de traiter avec cette Russie-là et non avec un État diminué. Saakachvili, dans son projet fou de défier la Russie, lui aura rendu probablement le plus grand des services qu’elle ait connus au cours de ces dernières années. »

Face à cette donnée, Washington peut se lancer dans des surenchères pour « accroître l’isolement de la Russie », comme dit Condoleezza Rice. Elle oublie que c’est d’abord pour éviter son « encerclement » que les Russes ont frappé vite et fort contre les troupes géorgiennes lancées dans une aventure suicidaire par un dirigeant plein d’illusion (comme les Polonais le sont à leur manière) sur les capacités et les volontés de réagir des Américains.

Elle oublie aussi (un rapport sérieux américain vient de le confirmer) que la lutte contre les hyper-terrorisme nécessite des coopérations accrues avec la Russie. Elle oublie encore et surtout quels risques la planète a couru au siècle dernier avant que la « détente » porte ses fruits..

Le monde vu de Moscou (cosmovision)

La surenchère américaine, elle est d’abord verbale pour l’instant. Recours à une terminologie dépassée, mais dangereuse : les grands maux commencent toujours par de gros mots... Coups de clairons militaristes de l’OTAN : fanfare et fanfaronnades ont la même racine...

Mais elle est aussi matérielle. L’accélération des négociations avec la Pologne sur le bouclier antimissile en est le premier signe. Or les futures installations de « Patriots » et pas seulement de radars transforment aux yeux de Moscou ce « bouclier » en « lance » et conforte les stratèges russes dans leur certitude que le Pentagone, avec cet ersatz terrestre de « guerre des étoiles », vise Moscou et non Téhéran. Attention à la relance d’une course aux armements stratégiques déjà très nette en Alaska et dans le grand nord ! .

Les Russes ne vont pas rester les bras croisés, même si l’installation de missiles en Biélorussie n’est encore qu’une hypothèse... Faut-il avoir la mémoire bien courte pour oublier les risques qu’ont fait courir les Pershings et les SS-20...

Des euromissiles sont des missiles installés en Europe avant d’être des missiles défendant l’Europe. Nos amis polonais rêvent d’un « parapluie » et d’un « paratonnerre ». Ils oublient que les sites sont d’abord des cibles potentielles. Et ils oublient que, structurellement, l’Union européenne est solidaire de leur sécurité...Cela devrait leur faire éviter des décisions trop solitaires.

L’espace paneuropéen risque ainsi de redevenir un champ de manœuvre très miné. Et l’Union européenne, écartelée par ses propres divisions, dépourvue de vraie stratégie, victime de ses vues basses, risque de se retrouver soit vassalisée soit neutralisée et de toute façon très ...exposée.

Sans les moyens de s’affirmer « Europe européenne » et de garantir la seule souveraineté qui compte : celle de l’indépendance dans la défense de ses intérêts, dans la sûreté de ses approvisionnements vitaux, dans la sauvegarde et le développement de son modèle social, de sa culture. Ce qui est impossible au niveau national restera-t-il improbable au niveau de l’Europe ?

Ce risque plus clair que jamais est né ou été aggravé par une série d’erreurs et d’imprévoyances. Sans anticiper les analyses des historiens de demain :

>>> Un élargissement de l’OTAN sans une réforme en profondeur qui prenne vraiment en compte la dissolution du Pacte de Varsovie

>>>Une sous-évaluation des potentialités du Conseil de l’Europe après l’implosion de l’Empire soviétique, entre la fausse bonne idée de Mitterrand sur sa Confédération européenne et les mirages d’une OSCE condamnée à compter les points dans des compétitions qui lui échappent

>>>Les retards pris dans le renforcement de l’Union, notamment sur le plan politique et stratégique, par défaut d’analyses sur les mutations littéralement révolutionnaires des rapports de forces dans le monde

>>>Les tentations helvètes de trop de pays européens qui ont sabrée avec une belle inconscience dans les budgets militaires alors que ceux-ci connaissaient des bonds considérables sur toutes la planète

>>> Une inconscience porteuse d’illusions face aux « conflits gelés » nés de l’implosion de l’URSS et une approche des ponts chauds plus locale et affective que géopolitique et géostratégique (le Kosovo est constitue l’exemple le plus significatif).

>>>Une sous-estimation « occidentale » des conséquences de l’émergence chinoise et des rapprochements sino-russes

C’est sur ce dernier « front » que se situent les meilleures cartes russes. Pendant que Bush brillait par ses clowneries à Pékin, Poutine avait des entretiens longs et sérieux avec les dirigeants chinois...

Quand les stratèges de la maison Blanche menacent d’ « isoler la Russie », ils oublient de regarder la carte du monde vue de Moscou et de Pékin. Et ils ne tiennent pas suffisamment compte de ce que peut devenir l’Organisation de Shanghaî, cette OCS complètement négligée par les chancelleries occidentales qui ont complètement surestimé les rivalités et les antagonismes russo-chinois.

C’est en regardant ces cartes que l’on prend la pleine mesure du constat visionnaire de Paul Valéry : « L’Europe est un petit cap d’Asie »...

C’est en suivant les activités non médiatisées ici de cette entente qui n’a pas même le statut d’organisation internationale mais qui cultive des synergies et scellent des ententes que les Américains et les Européens auraient prendre plus au sérieux, surtout ces dernières années au lieu de considérer l’OCS comme un « trompe l’œil » pour reprendre l’expression de chercheurs de l’IFRI.

Carte de l’Organisation de Shanghai

Le pays le plus grand du monde s’alliant avec le pays le plus peuplé du monde est un trompe l’œil pour ceux qui se mettent le doigt dans l’œil. Il est temps de voir les évolutions du monde telles qu’elles sont et non telles que l’on aimerait les voir.

Pour les Américains, le bilan de Bush peut se résumer en un constat : l’Hyperpuissance impériale qui se prenait pour le gendarme du monde et pour l’invincible n’a plus les moyens de conduire une politique impérialiste. Ni même de jouer les « parapluies » de ses alliés.

Ce qui était devenu le « Centre » à la faveur des deux guerres européennes étendues au monde, des guerres nationaliste, coloniales et idéologiques, et des totalitarismes brun et rouge se retrouve à la périphérie.

Parce que l’Asie s’est réveillée. L’Amérique reste bien sûr un Géant. Mais il doit plus veiller sur le Pacifique que sur l’Atlantique, la Baltique ou la Méditerranée. Et les gratte-ciel de Shanghai comptent plus, au sens propre et au figuré, que ceux de New-York, cette ville-monde fille d’Europe.

C’est ce qu’oublient les Européens qui de Londres à Varsovie, en passant par Vilnius, Kiev et...Tbilissi considèrent leur « liens privilégiés » avec l’Amérique comme une assurance-vie.

Le monde vu de Pékin (Cosmovision)

Autant les Européens se doivent de rester de fidèles alliés des Etats-Unis, autant l’antiaméricalisme est « effectivement une maladie infantile » d’Européens plus verbeux que vertueux, autant l’Europe doit d’abord compter sur ses propres forces pour dessiner et garantir son avenir.

C’est d’ailleurs le concept même d’ « Occident » qui doit être remis en cause. Il est plus mythique, chargé de symboles légendaires mais trompeurs, que fondé, légitime et réaliste. L’Europe (qui l’a forgé) doit la première en tirer les leçons.

Première leçon, évidente : l’entente franco-allemande doit recouvrer coté français l’importance qu’elle n’aurait jamais du perdre. Sarkozy et ses conseillers qui éprouvent des difficulté à comprendre nos amis allemands et à se faire comprendre d’eux doivent, d’urgence, réviser leur manuel du « savoir vivre en Européen lucide »

Deuxième leçon, tout aussi claire : la réforme de l’OTAN doit être plus réfléchie et plus profonde. La préparation du sommet prévue l’an prochain à cheval sur le Rhin, dans l’eurodistrict, à Strasbourg et à Kehl prend une importance supplémentaire. Même si les incertitudes électorales américaines sont gênantes.

Troisième leçon, impérative : avec ou sans ratification du traité de Lisbonne, il est urgent de constituer, à partir de ce qui existe (l’Eurocorps et la Brigade franco-allemande), un « Euroland » de la sécurité extérieure. Schengen n’est pas igné par tous, l’euro n’est pas adopté par tous : que ceux qui en sentent le besoin impératif se regroupe dans un noyau (forcément dur, puisqu’un noyau mou n’est plus un noyau) de coopération (ou d’intégration) renforcée. Qui voudra et pourra en prendre l’initiative, avec tact et intelligence ? Qui osera mettre à plat ce dossier de la « défense européenne » que tout le monde réclame mais dont personne ne veut ? Qui aura l’audace de mettre cette question essentielle au cœur de la prochaine campagne (déjà commencée) des « élections européennes » ?

Daniel RIOT

Dernier livre de daniel RIOT : "L’Europe, cette Emmerdeuse"

REPERES (WIKIPEDIA)

L’OCS rassemble le pays le plus vaste du monde (la Fédération de Russie) et le plus peuplé (la Chine).

Population

La Population des cinq pays membres permanents réunis représente 1 milliard 515 millions d’habitants . Celle des quatre États observateurs 1 milliard 240 millions d’habitants. Soit en tout, 2 milliard 755 millions d’habitants.

Superficie

La superficie des cinq pays membres représente 24 millions de km2 . La superficie des quatre États observateurs : 6,3 millions de km2 Soit 30,3 millions de km2 au total.

Ressources énergétiques

Les membres de l’OCS regroupent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel, 40% du charbon, et 50% de l’uranium[2].

Forces Militaires

Parmi les différentes forces militaires mobilisables, on trouve notamment :

• Russie : 1,1 million d’hommes, 11000 ogives nucléaires, 70 sous-marins.

• Chine : 2,25 millions d’hommes, 402 ogives nucléaires, 70 sous-marins.

Pour l’année 2006, les dépenses militaires des pays membres de l’OTAN s’élèvent à 796,7 milliards de dollars contre officiellement 85 milliards pour l’OCS (dont 49,5 milliards pour la Chine et 34,7 pour la Russie).

Réalisations

Les acquis de cette structure se placent essentiellement dans le domaine de la sécurité : manœuvres communes (sino-kazakhes, puis sino-russes[4] en 2005), instance commune de lutte contre le terrorisme.

Depuis la conférence d’Astana, la coopération s’étend également à la lutte contre les séparatismes, le terrorisme et l’extrémisme (islamique), ainsi que, contre l’expansionnisme américain, par une déclaration exigeant la fermeture des bases américaines dans la région.

Elle offre également un lieu de discussion entre les deux grandes puissances voisines de l’Asie centrale, qui se disputent l’influence sur cette région. Des prises de position communes entre la Chine et la Russie ont permis de faire reculer l’influence des États-Unis dans la région

Pour certaines sources[5], cette organisation constitue une alternative à l’OTAN, susceptible de faire pencher de son côté l’Inde, dont les États-Unis recherchent l’alliance face à la Chine.

Pour l’IFRI[6], elle n’est qu’un trompe-l’œil et n’a aucune action concrète, par exemple dans l’Afghanistan voisin.

En 2007, des manœuvres militaires conjointes sont organisées sous le nom Mission de paix 2007[7]. Elles regroupent les six états membres pour des missions d’entraînement, du 6 au 17 août.

Voici plusieurs années que les développements de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) appellent l’attention des observateurs occidentaux. Conduit du 8 au 17 août 2007, l’exercice anti-terroriste « Mission de Paix-2007 » a mobilisé quelque 6.500 hommes et 90 appareils issus pour la première fois de tous les pays membres.

D’aucuns analysent le renforcement de l’OCS, à travers manœuvres et exercices, comme l’institutionnalisation d’une « coalition anti-hégémonique » sino-russe, vouée à se muer en une alliance militaire, alter ego eurasiatique de l’Otan, qui contrebalancerait la poussée des Etats-Unis et de l’Organisation atlantique dans le bassin de la Caspienne et en Asie centrale. Les choses sont sans doute plus nuancées.

La fondation de l’Organisation de Coopération de Shanghaï et son apparente montée en puissance ont pour toile de fond le renforcement des relations entre la Russie post-soviétique et la Chine populaire, engagée par Deng Xiaoping dans une forme de « communisme de marché ».

Au lendemain d’un sommet du G7 organisé à Moscou, Boris Eltsine se rend en Chine, du 24 au 26 avril 1996, pour y lancer un « partenariat stratégique » entre les deux pays.

De nombreux accords sont alors signés, concernant la mise en place d’un « téléphone rouge », des transferts de technologie nucléaire, l’exploitation des ressources énergétiques, la coopération militaro-industrielle et les échanges commerciaux.

La recherche de synergies en Asie centrale se traduit par la signature à Shanghaï, le 26 avril 1996, d’un traité de sécurité régionale liant aussi le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizstan ; les cinq formant ainsi le « Groupe de Shanghaï » de 1996 à 2000.

Ce traité concerne les frontières communes aux cinq pays signataires (quelque 8.000 km) et constitue le socle de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, fondée le 26 avril 2001, avec pour mission la lutte contre le terrorisme et le séparatisme.

En sus des pays précédemment mentionnés, l’OCS accueille l’Ouzbékistan le jour même de sa constitution. En juillet 2005, l’Inde, le Pakistan et l’Iran ont obtenu un statut d’observateurs, à l’instar de la Mongolie l’année précédente[1].

Au cœur de l’OCS, le duopole Moscou-Pékin joue le rôle de poutre maîtresse. L’hostilité russe et chinoise à l’encontre des Etats-Unis lors de la crise irakienne a été l’occasion de renforcer les liens entre les deux puissances.

Le 3 décembre 2002 est signée une déclaration conjointe qui s’ouvre sur un appel au respect d’un « monde multipolaire »[2]. Depuis, la consolidation de ce duopole s’est imposée aux observateurs à travers la multiplication des faits et gestes : commune exigence d’un « monde multipolaire » et initiation d’un triangle diplomatique Moscou-Pékin-New Delhi à Vladivostok, en juin 2005, pour donner corps à cette « vision » de l’ordre international ; règlement de l’essentiel des différends frontaliers (le tracé de 97% des 4.300 km de frontières russo-chinoises est défini) ; exercices militaires conjoints et signature de nouveaux contrats d’armement[3] ; renforcement de la coopération énergétique avec l’engagement de Moscou à construire deux gazoducs à l’horizon 2011.

Schématiquement, la Chine a besoin de la Russie pour moderniser son armée et satisfaire ses besoins énergétiques ; la Russie, elle, a besoin de la Chine pour ouvrir des débouchés à son économie (industrie de défense et secteur énergétique) et se maintenir dans la course technologique.

Contrôle mutuel

Ce tandem russo-chinois vise aussi à contrarier l’« unilatéralisme » américain. Suite aux difficultés des relations russo-américaines (durcissement de la politique intérieure russe, problématique des relations russo-ukrainiennes et russo-géorgiennes, soulèvement en Ouzbékistan) et des relations sino-américaines (loi anti-sécession du 14 mars 2005, dirigée contre Taïwan), Pékin et Moscou durcissent le ton et usent à leurs fins propres du cadre de l’OCS.

Le sommet d’Astana du 5 juillet 2005 appelle les Etats-Unis à retirer leurs troupes du territoire de l’Ouzbékistan et du Kirghizstan, Etats membres de l’OCS. C’est dans ce contexte que la présence du président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors du sommet de Shanghaï, le 15 juin 2006, et la perspective d’une possible adhésion de l’Iran à l’OCS ont fait surgir le spectre d’une future alliance eurasiatique, rivale de l’Otan et vecteur politico-militaire d’un futur « siècle altaïque ». Le sommet de Bichkek du 16 août 2007 et l’exercice « Mission de Paix-2007 » confirmeraient la chose.

En l’état actuel des choses, il ne semble pourtant pas que les membres de l’OCS -Chine et Russie en tout premier lieu- aient la volonté et les moyens de fonder une alliance politico-militaire, destinée à contrebalancer l’Otan.

L’OCS ne dispose pas d’outils militaires qui lui soient dédiés et ne semble pas devoir s’en doter, nonobstant la rhétorique anti-terroriste et anti-séparatiste du dernier sommet de Bichkek. Soulignons à ce propos le refus de la Chine de jumeler les structures de l’OSC et celles de l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective), autrement plus substantielle sur le plan militaire ; rappelons aussi que Pékin avait également refusé que les manœuvres militaires soient placées sous le double patronage de l’OCS et de l’OTSC.

L’hypothétique mise en place d’une force collective permanente, contre le terrorisme et le séparatisme, laisse songeur. On imagine difficilement l’armée russe prêter main-forte à l’armée chinoise au Turkestan oriental (contre des indépendantistes ouïghours) et, en retour, des militaires chinois venir épauler leurs homologues russes dans le Caucase-Nord (contre des clans tchétchènes).

De même, il semble peu probable de voir les dirigeants russes accepter l’instauration d’une base militaire chinoise en Asie centrale au prétexte de donner corps à la rhétorique « anti-hégémonique ».

A Pékin comme à Moscou, on semble plus soucieux de se contrôler mutuellement, à travers l’OSC, que de refouler Américains et Alliés depuis l’Asie centrale. Ainsi la Chine et la Russie n’ont-elles pas encore obtenu la fermeture de la base aérienne de Manas au Kirghizstan (où sont stationnés 1.200 militaires américains depuis 2001) et le sommet de Bichkek n’a pas même abordé cette question[4].

Le succès ou l’échec de l’Otan en Afghanistan conditionnent le futur de l’aire centre-asiatique et ces enjeux sont peut-être plus prégnants, aussi bien à Moscou qu’à Pékin, que la présence militaire ponctuelle des Alliés dans la région.

Vers une future « OCSE » eurasiatique ?

L’exercice militaire « Mission de Paix-2007 » ne doit donc pas faire illusion. Plus que de véritables manœuvres où les unités russes et chinoises vérifieraient l’interopérabilité de leurs systèmes d’armes et de leurs structures de commandement, il s’agit là d’un spectacle médiatique mis en scène pour la presse russe, avec explosions spectaculaires et passages de dizaines d’avions.

Ce spectacle sert la politique russe et les moyens mis en œuvre projettent des images de puissance, à destination des acteurs étatiques engagés dans la région, mais aussi des électeurs russes, sensibles au discours de la « derjava » (« puissance »). La dimension politico-électorale russe n’est bien évidemment pas le seul facteur à prendre en compte ; l’exercice « Mission de Paix-2007 » doit être interprété comme l’application sur le terrain des mesures de confiance et de désamorçage des crises, fondement historique de l’OCS.

Pas plus les Russes que les Chinois n’entendent se laisser entraîner dans une opposition aux Etats-Unis qui ne servirait pas leurs propres intérêts. On notera par ailleurs que la Russie organise début septembre un exercice parallèle avec l’Inde, baptisé « Indra », geste significatif de méfiance à l’encontre de la Chine.

Dès lors, qu’est donc l’OCS ? Pour cerner les contours de cette structure eurasiatique, il faut en appréhender la dimension économique. Dans les semaines qui précèdent l’avant-dernier sommet, Cyrille Gloaguen, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, la met en exergue : « A l’instar du Kazakhstan, les républiques d’Asie centrale voient surtout dans cette organisation l’opportunité de se désenclaver et de s’ouvrir des marchés vers la Chine, l’Inde, l’Iran et le Pakistan.

De fait, l’OCS est en passe de devenir un forum dans lequel l’ensemble des pays de la région, à commencer par l’Iran, l’Inde et le Pakistan, s’efforcent de coordonner leurs politiques commerciales et énergétiques »[5].

Le sommet de Bichkek confirme cette analyse. Une nouvelle fois, la rhétorique du désenclavement et de la coopération énergétique a dominé les débats et le récent passé de l’OCS montre que les motivations d’ordre économique et sécuritaire peuvent déboucher sur des accords fonctionnels. A contrario, les déclarations relatives à la politique américaine sont plus difficiles à concrétiser.

L’OCS pourrait donc être définie comme un forum économique, sans pour autant négliger la dimension politique et sécuritaire des coopérations engagées. Ainsi l’Organisation de Shanghaï a-t-elle envisagé de se doter d’une mission permanente d’observation des élections. Ce forum évoluerait vers une « OSCE » eurasiatique, concurrente virtuelle de l’Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe, instance autrefois privilégiée par la diplomatie russe.

Rivalités russo-chinoises

Au sein de cette possible « OSCE » eurasiatique, les intérêts des Etats membres ne convergent que partiellement. Les relations Moscou-Pékin en témoignent. Alors que les dirigeants chinois demandent une coopération énergétique et technico-militaire plus étroite et plus qualitative, les dirigeants russes excluent la mise en place d’une zone de libre-échange et semblent craindre que l’OCS ne serve de plate-forme à la promotion des intérêts chinois en Asie centrale.

Concrètement, les contrats d’armes marquent le pas et la construction d’un gazoduc vers la Chine est subordonnée à la mise en exploitation de nouveaux gisements sibériens.

Par ailleurs, les Etats membres d’Asie centrale savent jouer des rivalités russo-chinoises et utiliser l’OCS pour les promouvoir (voir l’accord Astana-Pékin du 20 août 2007 sur la construction de gazoducs et d’oléoducs).

La participation pleine et entière à l’Organisation de Coopération économique (fondée en 1985 par la Turquie, l’Iran et le Pakistan. outre les Etats centre-asiatiques, l’Afghanistan et l’Azerbaïdjan en sont membres) et la mise en œuvre dans ce cadre d’un accord commercial, en 2008, offrira à ces pays de nouvelles opportunités pour contrebalancer le poids de Moscou et de Pékin.

Au final, l’OCS n’est décidément pas une organisation symétrique destinée à rivaliser avec l’Otan ; la Russie et la Chine constituent des réalités trop massives et antagonistes pour pouvoir s’engager fermement dans une alliance et, moins encore, dans un pacte militaire.

Par ailleurs, la dimension sécuritaire de cette organisation ne doit pas éclipser les aspects civils de la coopération entre Etats membres. L’OCS est un forum au sein duquel les grands pays de la région cherchent à désamorcer les conflits latents qui les opposent mais aussi à accorder leurs intérêts, sur les plans énergétique et économique.

Les convergences diplomatiques ne sont certes pas à négliger : l’OCS permet d’évoquer les questions de sécurité entre voisins, sans interférence occidentale, et de faire contrepoids aux Etats-Unis sur quelques questions sensibles (Corée du Nord, Iran, Soudan). Ni plus, ni moins.

L’apparente vitalité de l’OCS et les convergences rhétoriques russo-chinoises ne sauraient donc dissimuler les sourdes rivalités géopolitiques qui marquent ce « milieu des empires » qu’est l’Asie centrale. Dans un proche avenir, la Chine pourrait en effet considérer que les périphéries russes et l’aire altaïque relèvent de son « étranger proche »

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