AID Association initiatives dionysiennes

GDAMD8- EN CHINE, IL N’Y A PAS QUE LES JEUX OLYMPIQUES !

par Jacques Pénitot

vendredi 15 août 2008 par JMT , PENITOT Jacques

Amis du Monde diplomatique

Jeudi 21 Août 2008 – 18h à 20h30

Café restaurant La « Tour de Mir », angle de la route de Moufia et de la rue du Béarn – Ste Clotilde

Repas en commun pour ceux qui le désirent

Débat 1 : EN CHINE, IL N’Y A PAS QUE LES JEUX OLYMPIQUES !

Avec comme support de courtes émissions réalisées par Arte, nous échangerons sur quelques thèmes relatifs à la Chine :

- Les barrages sur les grands fleuves

- Les influences de la Chine en Afrique

- La situation de Taiwan

- La situation des droits de l’Homme en Chine.

Débat 2 :ET NOUS PARLERONS DE LA SITUATION EN GEORGIE

PowerPoint - 1.5 Mo
Georgie 21 AOUT 2008

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voir : Ossétie : encore un dégât collatéral de la dissolution de l’URSS

Géorgie-Russie, les enjeux de la crise

La Valise Diplomatique vendredi 15 août 2008

Dans la nuit du 7 au 8 août, la Géorgie donnait l’assaut en Ossétie du Sud. Un cessez-le-feu avait été négocié en 1992 afin de mettre un terme au conflit armé consécutif à l’effondrement de l’Union soviétique. Il avait alors déjà opposé les Géorgiens aux Sud-Ossètes, qui avaient d’abord octroyé à leur région le statut de république autonome de Géorgie, avant de proclamer son indépendance face au refus de Tbilissi.

En moins de vingt-quatre heures, les unités blindées de la 58e armée de la Fédération de Russie, stationnées en république autonome d’Ossétie du Nord, sont arrivées sur le terrain. Elle visaient « à contraindre la Géorgie à la paix », selon les propres mots du président russe Dmitri Medvedev.

Du côté de l’Abkhazie, des bâtiments de guerre russe de la flotte de la mer Noire sont arrivés le 10 août au large de la Géorgie, en provenance de la base navale de Sébastopol dans le sud de la Crimée en Ukraine et du port russe de Novorossiisk.

Depuis lors, l’armée géorgienne a essuyé des revers successifs, bien que des avions de transport militaire américains aient rapatrié une partie des troupes géorgiennes déployées en Irak.

Lundi 11 août, les russes prenaient le contrôle de la capitale dévastée d’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Mardi 12, le président Medvedev annonçait la fin des opérations militaires russes en Ossétie du Sud. Mercredi 13, les autorités de la République autoproclamée d’Abkhazie annonçaient avoir chassé les troupes géorgiennes de la haute gorge de la rivière Kodori, que Tblissi occupait depuis juillet 2006 (1).

Depuis, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu fusent, tandis que le plan de paix défendu par le président français n’a toujours pas été signé par les belligérants. Moscou continue d’attaquer des cibles qu’elle estime stratégiques en Géorgie, hors zones de conflit. Ainsi, l’aviation russe détruisait dimanche près de Tbilissi une piste d’atterrissage pouvant être utilisée par les avions militaires géorgiens pour atteindre l’Ossétie du Sud.

En outre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, confirmait mercredi à Moscou que l’armée russe stationnait près des villes géorgiennes de Gori — bombardée, à proximité de la zone de conflit sud-ossète — et de Senaki, proche de l’Abkhazie.

Dans l’ouest de la Géorgie, tandis que l’armée russe liquidait les positions adverses à Senaki, qui abrite la 2e brigade d’infanterie géorgienne, elle faisait également des incursions à Zougdidi à la frontière abkhazo-géorgienne, et à Poti, un port de la mer Noire stratégique pour la Géorgie, puisqu’à partir de Poti est réexportée la majeure partie des hydrocarbures transitant par le pays. Cette nouvelle a considérablement inquiété, y compris le président américain George W. Bush qui en a fait mention dans sa récente allocution.

Voir la carte Mise en perspective régionale des enjeux énergétiques et territoriaux en Géorgie

Pouvant se permettre d’être plus offensifs, les candidats à la présidence américaine — le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama, par la voix de son conseiller en politique étrangère Zbigniew Brzezinski (2)— ont dénoncé l’objectif caché de la Russie dans ce conflit armé : rayer la Géorgie de la carte énergétique, et imposer ainsi la Fédération de Russie comme seul et unique territoire de transit des hydrocarbures en provenance des pays producteurs d’Asie centrale et du Caucase.

Le deuxième pipeline le plus large au monde, le Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui relie les champs pétroliers de la Caspienne au port turc de Ceyhan, en Méditerranée, en passant par l’Azerbaïdjan et le sud de la Géorgie, a été fermé début août en raison d’une explosion sur la partie de l’oléoduc située en Turquie de l’est.

L’attentat est attribué à la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Bien que le BTC n’ait pas été endommagé par les récents affrontements, la réouverture du pipeline, initialement prévue en septembre, pourrait en être davantage retardée.

En outre, Bristish Petroleum (BP) a annoncé avoir fermé le 12 août l’oléoduc Western Route Export Pipeline (WREP) et le gazoduc South Caucasus Pipeline (SCP) en raison des derniers événements survenus en Géorgie .

voir la carte Projets concurrents de gazoducs et d’oléoducs au Caucase

« La réputation de la Géorgie comme route alternative sécurisée pour les pipelines acheminant le pétrole et le gaz d’Asie centrale à la Méditerranée a été compromise » (3), a déclaré le 11 août Robert Johnson, directeur de l’énergie et des ressources naturelles au cabinet-conseil américain d’analyse des risques Eurasia Group. « Si vous supprimez l’option géorgienne de la table… ça fait le jeu de la Russie, car la plupart des autres options viables passent par le territoire russe. »

Ainsi, l’Azerbaïdjan, qui a suspendu le 10 août ses exportations de pétrole via les ports géorgiens de Koulevi et Batoumi, est en train déjà d’examiner l’acheminement du pétrole par l’oléoduc qui relie Bakou au port russe de Novorossiïsk, en mer Noire, via la Tchétchénie.

voir la carte Grand jeu autour du pétrole et du gaz

Alors qu’en mai dernier, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev avait signé la loi ratifiant l’accord entre le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan sur l’acheminement du pétrole kazakh vers les marchés internationaux via le BTC, le conflit russo-géorgien augure dès à présent de belles perspectives d’avenir dans la région pour Gazprom.

Dans ce contexte, les derniers événements survenus à la mi-juillet en Samtskhe-Djavakhétie, province du sud de la Géorgie par où passe le BTC, située aux confins de l’Arménie et de la Turquie, font sens à présent. Le 17 juillet, à Akhalkalaki, centre administratif de Djavakhétie, région peuplée à 95% d’Arméniens, a été menée une vague d’arrestations sans précédent dans les rangs des militants de l’Alliance démocratique du Djavakhk uni, le principal mouvement politique local (4). Le chef de file du mouvement ainsi que ses proches avaient été transférés à Tbilissi, sans avocat ni date de procès, ce qui laisse penser que les autorités géorgiennes voulaient neutraliser les Arméniens du sud de la Géorgie alors qu’elles s’apprêtaient à entrer en conflit avec l’Ossétie du Sud.

Une angoisse permanente d’éclatement du pays

Depuis l’effondrement de l’URSS, les tensions entre la population arménienne de Djavakhétie et l’autorité géorgienne ne se sont pas apaisées ; elle se sont même ravivées depuis l’accès au pouvoir de Mikhaïl Saakashvili. En jeu, les droits et les devoirs des minorités.

« La politique géorgienne est en réalité guidée par l’angoisse permanente d’éclatement du pays. Les minorités nationales qui peuplent majoritairement les territoires à la périphérie de la Géorgie, aux frontières de leur zone ethnolinguistique parente, sont en effet considérées comme une menace pour l’unité du pays (5) . »

Cette angoisse n’a pu que s’accroître après la déclaration d’indépendance du Kosovo, le 17 février dernier. Alors que les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l’Union européenne ont reconnu cette indépendance unilatérale, la Géorgie comme l’Espagne, sous pression dans leur propre pays, ne l’ont pas fait.

La Russie non plus, qui a dénoncé la politique de deux poids-deux mesures de l’Occident, et rappelé le parallèle avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en prévenant la « communauté internationale » des dangers d’un effet domino. La réalisation de l’oracle ne s’est pas fait attendre : au printemps, Moscou établissait des relations officielles avec les républiques autoproclamées d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Puis ce fut l’escalade.

Aujourd’hui, le plan de paix parrainé par la présidence française de l’Union européenne ne fait pas mention de l’intégrité territoriale de la Géorgie, laissant ouvertes des négociations futures à propos du statut des républiques autoproclamées. La ligne jaune ayant été définitivement franchie, il est difficile d’imaginer un retour à la situation qui prévalait, notamment en raison du fossé qui se creuse entre la Russie et les Occidentaux.

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel estimait aujourd’hui, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Medvedev à Sotchi, que « l’intégrité territoriale de la Géorgie [devait] servir de point de départ » dans les négociations de paix, son homologue russe répondait qu’« il [était] peu probable que les Ossètes et les Abkhazes puissent vivre au sein d’un seul Etat avec les Géorgiens ».

Le conflit, à défaut de s’être régionalisé, a exalté les tensions déjà existantes avec la Russie et précipité les événements. Le 13 août, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, signait ainsi un décret soumettant à la décision de Kiev les manœuvres navales et aériennes de la flotte russe de la mer Noire stationnée au port de Sébastopol. Il avait d’ailleurs menacé, le 10 août, d’interdire aux navires de guerre russes, s’étant rendus au large des côtes d’Abkhazie, de regagner leur port d’attache.

Le 14 août, un accord préliminaire a été signé à Varsovie sur le déploiement d’un bouclier anti-missile américain sur le territoire polonais, que la Russie juge dirigé contre elle. Le face-à-face prévisible entre la Russie et les Etats-Unis s’est finalement produit.

Le choix que demandait il y a deux jours Sergueï Lavrov aux Etats-Unis de faire « entre le prestige d’un projet virtuel [la Géorgie] et un partenariat qui implique des efforts conjugués [avec la Russie] » est peut-être déjà dépassé.

La confrontation stratégique entre Moscou et Washington aux marches de l’Europe est entrée dans sa phase active. C’est le retour à un ordre passé, nous entraînant vers une nouvelle guerre froide (6).

Florence Mardirossian (1) Lire Florence Mardirossian, « Géorgie-Russie, les raisons d’une escalade », Le Monde diplomatique, octobre 2006.

(2) Kate Connolly, « Obama adviser compares Putin to Hitler », The Guardian, Berlin, 12 août 2008.

(3) Eric Watkins, « BP declares force majeure on WREP, SCP systems », Oil & Gas Journal, Los Angeles, 13 août 2008.

(4) « “Yerkir” Union’s Appeal to International Community With Respect to the Recent Events in Akhalkalaki », Erevan, 30 juillet 2008.

(5) Zones ethnolinguistiques parentes : Djavakhétie et Arménie, Kvémo-Kartlie et Azerbaïdjan, Ossétie du Sud et Ossétie du Nord Abkhazie et Caucase du Nord-Ouest. Lire Florence Mardirossian, « La géopolitique du Sud-Caucase », juin 2006.

(6) Michel Korinman (dir.), « Russie. La nouvelle guerre froide ? », Outre-Terre, revue française de géopolitique, n° 19, Editions Erès, 2008.

* Florence Mardirossian est analyste des conflits du Caucase, Observatoire des espaces nationaux et internationaux de l’Université Paris-Sorbonne (OGENI).

En kiosque

Manière de voir, n° 100, Un siècle russe, août-septembre 2008, 7 euros.

Le parti pris adopté par ce numéro de Manière de voir pour aborder l’histoire de l’Union soviétique puis de la Fédération de la Russie apparaît résolument original : l’angle de vue est celui des relations tourmentées de fantasmes et de désirs, de répulsion et de fascination, tout en réciprocité, entre l’Europe occidentale, mais aussi l’Amérique du Nord, et ce continent « eurasien » qui oscille perpétuellement entre deux pôles.

(..) Comme toujours, une chronologie pertinente ainsi que des ressources cartographiques, bibliographiques ou cybernétiques abondantes accompagnent le lecteur.

Sylvie Braibant, rédactrice en chef, TV5.

Dans le diplo du mois d’août

- LVMH : Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires.

- Veolia, Alstom et le tramway de Jérusalem.

- Comment fut inventé le peuple juif.

- Belgique : Avec les jeunes de Bruxelles enfermés dans leurs quartiers. Heurts et rumeurs à Anderlecht - Des limites de l’urbanisme.

- Environnement : Gratte-ciel verts, une utopie concrète. - Derrière la vitrine écologique du golfe.

- Haïti, ce pays en dehors, par Christophe Wargny. - Des centaines de milliers d’esclaves au paradis dominicain.

- Une trajectoire financière insoutenable. Alan Greenspan et la montée des menaces Les élites, la crise et le macaroni de Mauss.

- Et bientôt le train sifflera au Laos.Ces familles américaines qui défient l’école publique. Un marché de l’amateurisme éducatif. En France, des motivations non religieuses.

- INTERNET : Journaliste, ou copiste multimédia. A l’ère de l’ « informatique en nuages ». Internet, une industrie lourde.

- Cortázar, le magicien.

- Ayn Rand : ni dieu, ni maître, ni impôts.

- L’art (contemporain) de bâtir des fortunes avec du vent. Résistance des musées français. Les peintres chinois ont la côte.

- La machine à abrutir

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

Jeudi 28 Août : Cafeco 134 : "Chomsky & Compagnie"

Jeudi 4 Septembre : ZAPOLOGIE 1

Jeudi 11 Septembre : Repaire de Là-Bas si j’y Suis n°35 : « 11/09/01-7 ans après ? »


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Valise Diplomatique 5 Aout

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