AID Association initiatives dionysiennes

Echec à l’OMC

mercredi 30 juillet 2008 par JMT

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés.

À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC.

Il semble que les alertes sur les prix et les ruptures d’approvisionnement des mois passés aient laissé quelques traces salutaires : "Il s’agissait "soit de favoriser les intérêts commerciaux, soit de protéger les conditions de vie des agriculteurs", a répondu le ministre du commerce indien Kamal Nath. "

Négociations de l’OMC : un échec qui pourrait être salutaire

30/07/2008 Attac France

Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés.

À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète.

Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes.

Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce.

À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC.

Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France, Montreuil, le 30 juillet 2008

Le train-train de l’OMC dans le mur

CHRISTIAN LOSSON QUOTIDIEN : mercredi 30 juillet 2008

A Genève, une réunion de l’OMC (Archive Reuters)

Neuf jours à guetter en vain, la fumée blanche au siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, le Vatican du commerce mondial. Neuf jours noirs pour voir une fois de plus le tortillard du « cycle du développement » de Doha, lancé en 2001, dérailler dans le noir.

Neuf jours de tractations entre plus de 30 ministres des 153 pays membres pour voir une OMC en quasi-jachère, son fonctionnement en totale faillite. Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, estimait à 50% les chances de réussite de ce sommet. Après avoir failli arracher un deal à moitié plein, il récupère un verre totalement vide. Rapide tour d’horizon d’un énième fiasco autour de la libéralisation de l’agriculture.

Le mécanisme de « sauvegarde » boit la tasse comme prévu

C’était le point dur dans le dossier déjà très dur de l’agriculture : le mécanisme de sauvegarde spécial, SSM en jargon OMCien. Le G7 commercial (Etats-Unis, UE, Inde, Chine, Brésil, Japon et Australie) s’y écharpait pendant 36 heures. Le SSM, un système qui permet de protéger les marchés locaux. Et de relever les droits de douane, en cas de cas de flambée des importations. Sur le riz (Chine), la viande (Corée du Sud) ou l’huile végétale (Inde).

Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, avait proposé que le SSM s’enclenche à partir de 40 % de flux supplémentaire d’importation . L’Inde (soutenue par la Chine) militait pour protéger son agriculture à partir de 10 % de tels flux. Les pays exportateurs agricoles tel l’Uruguay (rejoint par les Etats-Unis) trouvaient, eux, ces 40 % trop laxistes et souhaitent le relever, voyant dans ce filet de sécurité une forme de protectionnisme.

Mais voilà, la crise alimentaire mondiale et la souveraineté alimentaire sont passées par là. « Je ne veux pas mettre en danger la sécurité alimentaire de millions de paysans », s’était ainsi défendu le ministre indien du Commerce Kamal Nath. « Je ne veux pas que les SSM mettent en danger nos exportations », avait rétorqué l’Uruguayen Guillermo Valles.

La bataille s’est cristallisée dans un clash entre les Etats-Unis d’un côté, et l’Inde de l’autre. Faute de compromis entre une puissance mondiale engluée et des pays émergents qui décollent, l’impasse, à l’heure d’une recomposition géopolitique, était inéluctable.

La banane redérape, le coton tricote trop

Si le dossier de la protection des filières par les pays du Sud a été le catalyseur de l’échec, ce n’est pas le seul. Prenons ainsi le feuilleton de la banane, qui devait avoir trouvé son épilogue : un accord.

Mais les « petits » pays des ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) en ont eu marre d’avaler des couleuvres et d’écouter les joueurs de flûte qu’incarnent, à leurs yeux les « big players », ceux qui façonnent les accords.

Hier matin, les pays ACP ont donc ressorti leur cobra du panier : la menace de faire capoter tout deal global. Non à l’accord entre l’Europe et les pays d’Amérique latine - soutenus par les Etats-Unis -, qui prévoyait de baisser le droit de douane pour la « banane dollar » (latino-américaine) de 176 dollars la tonne à 114 dollars en 2016.

En 2007, les pays producteurs d’Amérique latine avaient déjà exporté vers l’Europe 3,5 millions de tonnes contre seulement 800 000 tonnes pour les ACP, malgré une clause préférentielle. Ces derniers ont proposé 109 dollars la tonne pour la « banane-dollar », à partir de 2017. « Le temps de faire les investissements nécessaires pour adapter notre production », ont dit les ACP.

D’autres « petits joueurs » l’avaient d’autant plus mauvaise que rien n’avait bougé d’un iota sur le sujet-clé du coton. Colère donc du C4, « club de 4 » producteurs de coton africain (Mali, Tchad, Burkina, Tchad). Il se bat, depuis 2003 pour que les Etats-Unis baissent de 82 % ses subventions à ses 12 000 cotonniers. Des aides déstabilisantes pour les cours mondiaux et les 10 millions de paysans d’Afrique de l’Ouest. Et les « 150 millions » de Chinois, selon Pékin.

« En voulant trop protéger leurs propres intérêts, les Etats-Unis demandent un prix aussi élevé que le ciel », a poétisé le ministre chinois du Commerce, Chen Deming.

« Mais les Américains conditionnaient tout geste à une contrepartie des Chinois et des Indiens sur le mécanisme de sauvegarde », note Romain Benicchio, d’Oxfam.

L’Union européenne désunie, la France en embuscade.

Dans ce grand jeu de trocs et de marchandages entre plus de dix groupes mouvants dans les négociations, l’Europe a fait l’étalage de ses dissensions. Une division de plus dans les divisions.

Neuf pays (France, Italie, Irlande, Pologne, Hongrie, Grèce, Portugal, Lituanie et Chypre) avaient mal vécu le deal en préparation, qui prévoyait une baisse de 80 % des subventions internes à leurs agriculteurs.

Et demandé « une action décisive » de Peter Mandelson, commissaire européen, censé négocier au nom des 27 pays membres. Agacé par l’interventionnisme, surtout élyséen, Mandelson avait convié les Français à venir avec leur pique-nique.

Le parmesan ou le roquefort se sont donc invités sur les bords du Léman. Via les « appellations d’origine », qu’ils voulaient voir figurer et donc protéger dans le texte final. Des indications géographiques en langage OMC, qu’ils n’entendaient pas voir copiées par d’autre pays.

Sous haute surveillance, Mandelson a vu sa marge de négociations s’amenuiser. L’Europe, qui attendait avec impatience que les émergents abaissent leurs droits de douane pour accéder à leurs marchés - l’Inde ou le Brésil auraient dû ramener la moyenne de leurs droits de douane sur les produits industriels entre 11 % et 12 % -, attendra. Tout comme elle attendra aussi, des avancées sur le secteur des services (télécoms, banques, assurances), autant de débouchés désormais bouchés.

OMC : le fossé entre riches et pauvres s’élargit, l’avenir de Doha incertain

2008-07-30 13:20 GENEVE (AFP)

© AFP Une ombre sur le logo de l’OMC, le 29 juillet à Genève

L’échec des négociations à l’OMC révèle l’ampleur du fossé qui sépare pays riches et en développement sur les moyens de libéraliser le commerce mondial alors que les plus grandes incertitudes pèsent sur l’avenir du cycle de Doha.

Après neuf jours de discussions marathon, les représentants des 153 pays membres se sont séparés mardi soir sans accord, renvoyant aux calendes grecques la conclusion du cycle de Doha lancé en 2001.

Les discussions se sont déroulées essentiellement au sein du "groupe des sept" principales puissances commerciales (Etats-Unis, Union européenne, Japon, Chine, Inde, Brésil, Australie), même si certains pourparlers ont eu lieu dans le cadre de la "chambre verte" rassemblant une trentaine de pays.

"C’est dommage et décevant que les négociations ne soient jamais allées au-delà du groupe des sept", a déploré mercredi le ministre du commerce du Lesotho Popane Lebesa.

Les Africains apparaissent comme les grands perdants car aucune des propositions de réduction des subventions agricoles des pays riches ne va entrer en application.

"L’un des principaux éléments de la crise alimentaire, à savoir les subventions, va continuer de nous hanter", a ajouté M. Lebesa, en estimant que le "cycle de négociations de Doha doit être relancé à la première occasion".

C’est cette même crise alimentaire qu’Américains et Indiens ont invoqué pour se renvoyer mercredi la responsabilité de l’échec des négociations.

Les discussions ont achoppé sur le mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM) permettant aux pays en développement d’augmenter leurs tarifs douaniers face à une subite et forte hausse des importations agricoles. Les Indiens voulaient un seuil de déclenchement très bas, les Américains beaucoup plus élevé.

© AFP Le président de l’OMC Pascal Lamy, le 29 juillet 2008 à Genève

"L’ironie est que le débat sur le SSM a eu lieu dans un contexte de crise alimentaire mondiale", a souligné la représentante américaine au commerce Susan Schwab mercredi, estimant que l’application des revendications indiennes aurait fait augmenter le prix des denrées alimentaires sur les marchés concernés.

Il s’agissait "soit de favoriser les intérêts commerciaux, soit de protéger les conditions de vie des agriculteurs", a répondu le ministre du commerce indien Kamal Nath.

Apparu en 2003 lors d’un précédent échec d’une conférence de l’OMC à Cancun (Mexique), le fossé entre pays riches et en développement s’est encore creusé à Genève.

Au sein du groupe des sept, c’est l’Inde au premier chef, mais aussi la Chine, qui se sont opposés aux Etats-Unis à la fois sur la question du mécanisme de sauvegarde mais aussi sur le coton, les Chinois demandant une forte baisse, voire l’élimination, des subventions américaines sur ce produit.

Le Brésil lui, a semblé pris entre deux feux, partagé entre son appartenance au G20 avec l’Inde et la Chine et le souhait d’obtenir un meilleur accès aux marchés pour ses produits.

Reste qu’il n’y a plus aucun calendrier pour la suite des négociations. Susan Schwab s’est interrogé mercredi sur les moyens de préserver certains acquis sans toutefois apporter de réponse mais en réaffirmant sa foi dans le système multilatéral de négociations.

Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy a estimé qu’il "faudra laisser la situation se décanter. Il est sans doute difficile de regarder loin devant à ce stade. Les membres de l’OMC devront se demander honnêtement s’ils souhaitent recoller les morceaux et comment le faire".

Le commissaire européen au commerce Peter Mandelson a souhaité mercredi une reprise du processus à l’automne "après un été de réflexion".

Mais déjà certaines voix s’élèvent pour remettre en question ce processus multilatéral de négociations.

"Il faut sans doute se reposer la question d’une organisation du débat entre 153 pays sur tous les sujets commerciaux. C’est devenu inatteignable", a estimé mercredi la secrétaire d’Etat française du Commerce Anne-Marie Idrac.

Les principaux partenaires de l’OMC "déçus" après l’échec des négociations

2008-07-30 10:03 GENEVE (AFP)

© AFP Le Commissaire européen au Commerce Peter Mandelson (G) lors d’une conférence de presse, le 29 juillet 2008 à Genève

La déception prédominait mercredi chez les principaux partenaires de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) après l’échec des négociations à Genève pour trouver un accord sur la libéralisation des échanges commerciaux.

Les négociations engagées depuis neuf jours à Genève ont échoué mardi faute d’accord entre pays riches et certains pays en développement sur l’agriculture.

Selon une source proche des négociations, "les Etats-Unis et l’Inde n’ont pas accepté les propositions de compromis, on est arrivé à une impasse". Le président de l’OMC Pascal Lamy a pour sa part refusé de se livrer au "jeu des accusations" et d’identifier les responsables de l’échec.

Entamées en novembre 2001 à Doha au Qatar, les négociations sur la libéralisation du commerce mondial auraient dû en principe s’achever fin 2004.

"C’est un pas en arrière pour le système du commerce international, plus grand que la perte d’opportunités commerciales", a regretté le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson.

Il s’agit pour lui d’un "échec collectif (...) mais les conséquences ne seront pas égales, elles seront ressenties de manière disproportionnées par ceux qui sont les plus vulnérables dans l’économie mondiale".

"La rupture de ces négociations est une mauvaise nouvelle pour les entreprises, les travailleurs, les fermiers et surtout les pauvres dans le monde", a déploré le président de la Chambre de commerce américaine, Tom Donohue.

L’absence d’accord est "extrêmement regrettable", a réagi le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda.

Selon le ministre australien du Commerce, Simon Crean, l’échec est "particulièrement frustrant" car "un accord était clairement possible". Seule "une question concernant l’accès au marché des pays en voie de développement (...) a provoqué le blocage".

"Je me sens très déçu", a affirmé le ministre chinois du Commerce Chen Demin, qui attribue cet "échec tragique" à "l’incapacité de deux pays à surmonter leurs différences", sans les nommer. "Je ne veux pas blâmer les ministres concernés. Ils ont peut-être des facteurs au plan intérieur complexes et profonds".

© AFP Le ministre des Affaires étrangères du Brésil Celso Amorim, le 29 juillet 2008 à Genève

Pour le ministre néo-zélandais du Commerce, Phil Goff, ce sont les Etats-Unis et l’Inde qui ont fait échouer les négociations : "Une différence d’opinion entre l’Inde et les Etats-Unis sur les seuils du mécanisme de sauvegarde en agriculture (...) n’a pas pu être réglée".

Le ministère mexicain de l’Economie a estimé qu’"à un moment où (...) la hausse des prix des aliments atteint des niveaux historiques, le monde avait besoin d’un dénouement positif".

Une déception partagée par le ministre canadien du Commerce international Michael Fortie, qui a souligné que l’OMC constituait "une tribune importante pour le Canada", et par le Brésil, pour qui "cet accord à l’OMC était important parce qu’il aurait ouvert les marchés dans tous les pays".

"La confiance placée par mon pays dans l’organisation mondiale du commerce et le système multilatéral reste intacte et je suis sûr (...) que nous pourrons surmonter cela pour progresser et atteindre notre but", a affirmé le ministre indien du Commerce Kamal Nath.

"Les Etats-Unis continuent de soutenir le système de négociation multilatérale et l’OMC en tant qu’institution", lui a fait écho la représentante américaine au commerce Susan Schwab . "J’espère que nous pourrons nous retrouver dans un cadre de négociation plus ambitieux et que nous pourrons parvenir à une conclusion", a-t-elle ajouté.

S’exprimant sur une possible reprise des négociations dans le futur, la secrétaire d’Etat française au Commerce Anne-Marie Idrac a souligné qu’il faudrait "tenir compte de l’absence de consensus" au sein des Etats de l’Union européenne sur les négociations à l’OMC "dans les étapes qui viendront".

Le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier a réaffirmé que Paris était pour un "accord équilibré", critiquant le refus des grands pays émergents de faire, selon lui, les "efforts" nécessaires. "La clé, c’est la réciprocité non pas à l’égard des pays les plus pauvres (...) mais des pays émergents", a-t-il ajouté.

Le gouvernement allemand a regretté l’échec des négociations, qui auraient pu donner à "l’économie mondiale un signal important au bon moment". Berlin "va travailler avec insistance à une reprise des négociations", a affirmé le secrétaire d’Etat à l’Economie Bernd Pfaffenbach.

En Suisse, l’organisation patronale helvétique Economiesuisse "regrette" l’échec des négociations, disant craindre "que la conclusion de Doha soit une nouvelle fois reportée".

OMC : échec des négociations de Genève après neuf jours de marathon

2008-07-30 09:33 GENEVE (AFP)

© AFP Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy lors d’une conférence de presse, le 29 juillet 2008 à Genève

Les négociations engagées depuis neuf jours à Genève pour tenter de trouver un accord dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont échoué mardi faute d’accord entre pays riches et certains pays en développement sur l’agriculture.

"Cette réunion a échoué", a constaté le directeur général de l’OMC Pascal Lamy, lors d’une conférence de presse.

Selon une source proche des négociations, "les Etats-Unis et l’Inde n’ont pas accepté les propositions de compromis, on est arrivé à une impasse". M. Lamy a pour sa part refusé de se livrer au "jeu des accusations" et d’identifier les responsables de l’échec.

Entamées en novembre 2001 à Doha au Qatar, les négociations sur la libéralisation du commerce mondial auraient dû en principe s’achever fin 2004.

© AFP La représentante américaine au Commerce Susan Schwab au siège de l’OMC, le 29 juillet 2008 à Genève

La représentante américaine au Commerce Susan Schwab a pour sa part déploré mardi que les négociateurs soient arrivés très près d’un accord vendredi dernier mais sans toutefois parvenir à conclure.

"Dans un contexte de crise alimentaire mondiale, il est ironique que le débat se soit focalisé sur comment et de combien les pays pourraient augmenter leur barrières face aux importations de denrées alimentaires", a-t-elle déclaré à la presse.

Elle faisait allusion au souhait exprimé par l’Inde de pouvoir fixer un seuil bas pour le déclenchement du mécanisme de sauvegarde en agriculture.

Celui-ci permettrait à un pays en développement d’augmenter ses tarifs face à un afflux d’importations de produits agricoles ou à une forte baisse des prix pour ces produits sur son marché. Washington s’y opposait, estimant que le mécanisme pourrait devenir un outil protectionniste.

© AFP Le ministre du Commerce indien Kamal Nath répond aux questions des journalistes, le 28 juillet 2008 au siège de l’OMC à Genève

Tant Mme Schwab que le négociateur indien Kamal Nath ont fait part de leur optimisme sur la suite du processus et de leur foi dans le système multilatéral de négociations.

"La confiance placée par mon pays dans l’organisation mondiale du commerce et le système multilatéral reste intacte et je suis sûr (...) que nous pourrons surmonter cela pour progresser et atteindre notre but", a déclaré M. Nath.

Mais un diplomate indien a déploré que les Etats-Unis aient refusé de bouger sur le mécanisme de sauvegarde. "C’est une question d’importance vitale pour nous", a souligné un diplomate indien.

Selon d’autres, la rigidité de Washington sur cette question servait à tenter d’échapper à une négociation sur les subventions américaines pour le coton.

"Les Etats-Unis ne pouvaient se permettre de lâcher du terrain sur le coton et ne voulaient même pas en discuter. En tenant bon sur le mécanisme de sauvegarde, ils savaient que l’Inde ne lâcherait pas non plus et porterait la responsabilité de l’échec", a affirmé un diplomate d’un pays asiatique sous le couvert de l’anonymat.

Pascal Lamy avait décidé à la fin juin de convoquer les pays membres de l’OMC à compter du 21 juillet pour tenter de trouver un accord. Il avait alors évalué les chances d’accord à plus de 50%.

© AFP Le commissaire européen chargé du commerce Peter Mandelson, le 28 juillet 2008 au siège de l’OMC à Genève

Le cycle de Doha avait déjà connu un échec en septembre 2003 lors de la conférence de Cancun (Mexique) qui s’était déjà transformée en affrontement Nord-Sud autour de la question agricole.

Les négociations de Genève ont également permis de mettre à jour d’importantes divisions au sein de l’Union européenne. Neuf pays, conduits par la France et l’Italie se sont publiquement opposés aux concessions faites par le commissaire européen chargé du commerce, Peter Mandelson qui négociait au nom des 27 pays de l’UE.

L’Union européenne a négocié "ouvertement et de bonne foi", a indiqué M. Mandelson. "Aucun paquet n’est parfait, et je ne cache par le fait qu’il y ait eu des sujets difficiles. Mais l’UE est unie dans son soutien à un cycle de Doha ambitieux", a-t-il déclaré.


Forum

  • OMC : un échec porteur d’espoir
    31 juillet 2008, par Véronique VEINBERG

    Communiqué de presse - 30 juil 2008

    L’échec des négociations de l’OMC est plutôt une bonne nouvelle au regard des risques qu’un accord précipité générait comme dangers pour les populations mondiales. La question agricole a été au cœur des débats et la raison même de cette issue.

    Les gouvernants mondiaux doivent comprendre l’urgence de fixer des règles internationales au service de la production, des producteurs, ainsi que des consommateurs, plutôt que de répondre aux exigences du commerce et des spéculateurs.

    La position de l’Inde et de la Chine, sur la capacité à préserver leurs agricultures face aux importations est une avancée dans la direction de la souveraineté alimentaire que nous proposons comme principe d’organisation mondiale. Pour cela il faut une régulation mondiale favorisant les agricultures familiales ou villageoises pour des productions vivrières.

    La Confédération paysanne réaffirme la nécessité pour toute politique agricole de se doter d’outils de protection des frontières. L’absence de protection et d’outils de régulation des marchés agricoles est inévitablement la porte ouverte à la spéculation, dont les conséquences alimentaires, sociales et écologiques sont dramatiques. La crise financière et la crise alimentaire subies par l’ensemble des citoyens en témoignent.

    Depuis des années les tenants de la finance et du commerce international nous promettent des lendemains qui chantent grâce à l’ouverture des frontières. La réalité de ces derniers mois avec la flambée des prix alimentaires montre que ce n’est ni le moyen de produire, ni le moyen de répartir les richesses pour répondre aux besoins des populations.

    La Confédération paysanne alerte sur les dangers de même nature qu’occasionnerait la mise en place d’accords bilatéraux généralisés.

    Au nom du droit à la souveraineté alimentaire, de plus en plus de pays réclament : « l’OMC doit sortir de l’agriculture » !

    Contact :

    Régis Hochart, porte-parole : 06 08 75 00 73

    Jacques Pasquier, secrétaire général : 06 72 44 14 83

    104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel

  • Le Cycle de Doha de l’OMC est un échec ! 7 ans, çà suffit !
    31 juillet 2008, par Hubert HERVET

    mercredi 30 juillet 2008

    L’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a montré une fois de plus son incapacité à résoudre les problèmes de la planète. L’accord proposé par François Lamy, socialiste français, porte-parole des dirigeants des firmes multinationales et relayé par les organisations multilatérales et l’administration étatsunienne était mauvais pour les pays comme le nôtre (libre-échange destructeur d’emploi dans les services) mais aussi pour les pays du Sud (destruction des productions vivrières).

    Et pourtant la solution existe :

    prendre pour base la Charte de la Havane de 1947 en lieu et place du Consensus de Washington de 1979.

    développer la laïcité économique à savoir la séparation de la sphère publique économique (protection sociale solidaire de haut niveau partout et pour tous, enseignement et services publics sur les biens communs de l’humanité) et de la sphère privée marchande.

    développer à l’échelle de l’humanité les droits laïques et sociaux (liberté absolue de conscience et d’expression, séparation de la sphère publique de l’autorité et de la constitution des droits et des libertés et de la société civile privée, droit opposable à l’emploi et au logement, droit à une alimentation de qualité et équilibrée grâce à des cultures vivrières échappant au cycle des échanges internationaux, développement d’un droit international du travail de haute qualité).

    L’UFAL entend sur ces bases développer des synergies internationales pour oeuvrer à une alternative à l’impasse de Doha dans laquelle les puissants de la planète ont entraîné toute l’humanité.

    Pour l’UFAL nationale,

    H.HERVET Président de l’UFAL-UNION DES FAMILLES LAÏQUES- de la REUNION

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