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L’hyperprésident prend ses désirs pour des réalités

Sarkozy : les irlandais devront revoter.....

jeudi 17 juillet 2008 par JMT

Et bien, revotez... Réactions irlandaises

Le Jeudi 17 Juillet 2008 à 07h15

Les propos de Nicolas Sarkozy, qui suggérait mardi de faire revoter les Irlandais sur le traité de Lisbonne, ont provoqué un tollé dans le pays concerné. Les partisans du « non » comme ceux du « oui » déplorent l’absence de respect du résultat du référendum du 12 juin.

« Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l’Union européenne) tant qu’il n’y aura pas de nouvelles institutions » avait déclaré mardi le Président de la République française. Dans le pays qui a rejeté à 53% le traité de Lisbonne, ces mots n’ont pas laissé indifférent le camp du « non ».

« Cela illustre bien la nature anti-démocratique de ce qui se passe à Bruxelles » a déclaré l’homme d’affaire et héraut du non, Declan Ganley.

Pour le Sinn Féin, le seul parti irlandais ayant appelé au « non » le 12 juin dernier, la position du président français est « profondément insultante pour le peuple irlandais ».

Quant au Parti travailliste, qui avait pourtant milité pour le « oui », M. Sarkozy a « commis un sérieux faux pas ».

Côté gouvernement, le Premier ministre Brian Cowen a tenté de minimiser les propos du Président français. The Irish Times rapporte ses propos : « Nous devons reconnaître qu’il y a eu de nombreux avis exprimés en Europe sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés après le rejet ».

A Paris, on tente de rattraper le coup. La tâche de nuancer les propos du chef de l’Etat revient à l’eurosceptique conseiller Henri Guaino : l’organisation d’un nouveau référendum n’est que « l’une des solutions » envisagée. Qui plus est, les Irlandais ne revoteraient pas sur le même texte, a ajouté M. Guaino. Le Président devrait lui même « évaluer la situation » lors de sa visite à Dublin le 21 juillet prochain.

Le chef du Labour irlandais, Eamon Gilmore, reste sceptique : « On nous a fait comprendre que l’une des principales raisons de la visite du président en Irlande la semaine prochaine était de lui permettre d’écouter les positions du peuple irlandais sur ce qui doit être fait. [...] Cependant, s’il a déjà arrêté sa décision sur cette question, ça risque d’être une écoute plutôt vaine ».

VOTE « NON » IRLANDAIS : DECLARATION DE JACQUES NIKONOFF ET MICHELE DESSENNE.

Le Grand Soir- 24 juin 2008

Résumé de la déclaration

Le vote majoritaire des Irlandais en faveur du « NON » au traité de l’Union européenne (dit traité de Lisbonne), qui était une copie conforme du traité constitutionnel européen déjà rejeté en 2005 par une majorité de Français et de Néerlandais, suscite naturellement de nombreux commentaires.

Ceux qui émanent de la gauche ayant mené la bataille du « NON » en 2005 nous inquiètent car ils témoignent de profondes différences d’appréciation provoquant son éparpillement et son impuissance. Or la question européenne est centrale pour l’union des gauches : aucune grande force politique de gauche ne peut advenir sans une réévaluation complète de sa perspective européenne.

C’est pourquoi nous souhaitons nous adresser aux dirigeants et aux électeurs de la gauche en leur faisant part de nos réflexions.

En prenant connaissance des analyses et prises de position des uns et des autres, cinq questions cruciales méritent, selon nous, un approfondissement du débat :

* quel sens politique donner au « NON » irlandais ? * faut-il se fixer pour objectif d’aménager la cadre actuel de la construction européenne ? * faut-il un nouveau traité ? * faut-il un processus constituant européen ? * comment poursuivre les mobilisations « pour une autre Europe » ?

Les deux porte parole du M’PEP considèrent que le résultat du référendum irlandais ne traduit aucune perspective politique autour de laquelle la gauche française ou européenne pourrait se rassembler. La grande diversité des motivations du vote « NON » ne permet pas de porter un jugement global sur ce scrutin, hormis une forte et juste exigence de souveraineté nationale et populaire des Irlandais.

Une « autre Europe », avec ou non une constitution européenne au contenu progressiste, est rigoureusement impossible dans le cadre politique et idéologique actuel de l’Europe.

Les gouvernements sont très à droite, et quand ils ne le sont pas ils sont socio-libéraux. En cela ils ne font que refléter les opinions publiques en Europe.

Dans ces conditions, une constitution européenne ou un nouveau traité n’auraient aucune chance d’être progressistes. Sauf si on croit à la chimère selon laquelle il serait possible d’élaborer des textes constitutionnels « neutres », faisant abstraction de tout contenu idéologique.

Toutes les hypothèses dont les deux porte parole du M’PEP font la revue sont inopérantes. La plupart des dirigeants de la gauche doivent comprendre que le mythe européen est arrivé à son terme, ce dont témoignent particulièrement les trois référendums où le « NON » l’a emporté.

Il faut que toute la gauche s’y fasse et le reconnaisse : l’Union européenne actuelle n’est pas un cadre aménageable. Elle est à déconstruire pour que les peuples réapprennent à disposer d’eux-mêmes tout en retrouvant les voies de la solidarité internationale.

L’idée même d’une « autre Europe » est devenue obsolète dès lors que l’oligarchie rejette la démocratie. Elle est en train de bâillonner les peuples d’Europe, elle est un garrot, un nœud coulant qui étouffe l’espoir. Cette Europe ne sera jamais sociale, ni démocratique, ni féministe, ni écologique.

La grande perspective qui s’offre aujourd’hui, enthousiasmante, passe donc par la sortie de l’Union européenne et la construction d’une Europe à la carte, ou à géométrie variable, fondée notamment sur les principes de la Charte de La Havane. C’est plus démocratique, efficace, réaliste et sérieux !

Michèle Dessenne et Jacques Nikonoff sont porte parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

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télécharger le tract de la MOCRIE-97400 du 16 Juillet 2008


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