AID Association initiatives dionysiennes
Bilan d’un an au Ministère de la Justice et nouvelles propositions

DATI’S DATAS ?

même à l’UMP certains préfèrent pas Dati et pas datas ?

dimanche 29 juin 2008 par JMT

Un an après son arrivée place Vendôme, la garde des Sceaux est fragilisée. Sa proximité avec Nicolas Sarkozy l’a paradoxalement piégée.

Mais dans le monde feutré des magistrats, son absence de concertation et son instinct de "tueuse politique" ont détonné. Dans le monde policé des commissions parlementaires, c’est son imprécision sur les textes constitutionnels qui lui a coûté. En charge de la réforme institutionnelle, elle n’a pas su prendre ce chantier à bras-le-corps, laissant le secrétaire d’Etat Roger Karoutchi manœuvrer. "Elle est nulle", en a conclu Edouard Balladur.

Violences - Dati va créer un fichier sur les "bandes organisées"

le 29/06/2008 - 10h29

La création de ce "fichier sur les bandes organisées" fait suite aux incidents entre la police et des jeunes sur le Champs de Mars le week-end dernier à Paris. Elle demande en outre au maire de Paris Bertrand Delanoë d’installer une quinzaine de caméras de vidéo-surveillance sur le Champ de Mars.

La ministre de la Justice Rachida Dati annonce dans un entretien au Journal du Dimanche la création d’un "fichier sur les bandes organisées", après les incidents entre la police et des jeunes sur le Champs de Mars le week-end dernier à Paris.

Crédit Photo : TF1-LCI Le Champs de Mars à Paris

"Le phénomène (des bandes) n’est pas nouveau, mais nous souhaitons nous y attaquer. C’est pourquoi, je vous l’annonce, le préfet de police va créer un fichier sur les bandes organisées", explique la Garde des Sceaux, qui est également maire UMP du VIIe arrondissement de Paris. "L’idée est d’identifier ces bandes, d’anticiper leurs mouvements, de savoir comment elles se construisent, comment elles fonctionnent, comment elles agissent... De nombreux pays européens le font", ajoute Mme Dati.

Delanoë "face à ses responsabilités"

Des incidents avaient éclaté dans la nuit du 20 au 21 juin entre quelques dizaines de jeunes et des policiers sur le Champ de Mars à Paris (VIIe), où des milliers de lycéens fêtaient traditionnellement la fin des épreuves du bac. 29 personnes avaient été interpellées et 22 placées en garde à vue. Rachida Dati ajoute qu’en l’occurrence il y a eu "18 déferrements et deux personnes incarcérées".

Toujours au sujet du Champ de Mars, la ministre de la Justice rappelle par ailleurs que le préfet de police a pris "un arrêté d’interdiction de vente et de consommation d’alcool sur le Champ de Mars, entre 16 heures et 7 heures du matin".

En outre, elle demande au maire PS de Paris Bertrand Delanoë d’installer une quinzaine de caméras de vidéo-surveillance sur le Champ de Mars, "qui devront être opérationnelles de jour comme de nuit". Et de préciser que cette demande fait suite à une rencontre avec le président de la République avec qui elle a décidé "de placer le maire de Paris face à ses responsabilités".

(D’après agence)

Violences - Dati ne trouve "aucune excuse" aux casseurs de Vitry

le 27/06/2008 - 18h51

Crédit Photo : AFP/A.Julien La Garde des Sceaux, Rachida Dati, discute avec des habitants, le 27 juin 2008 à Vitry-le-François, lors d’une visite du quartier périphérique de Rome Saint-Charles, qui a connu mi-juin 2008 une flambée de violences.

La garde des sceaux a déclaré vendredi que la justice n’aurait aucune "faiblesse vis-à-vis des voyous" lors d’une rencontre publique à Vitry-le-François. Rachida Dati a annoncé un geste des assureurs à l’égard des victimes.

"Nous n’aurons aucune faiblesse vis-à-vis des voyous. Ils seront recherchés, interpellés, condamnés le plus fermement possible", a déclaré la garde des sceaux, Rachida Dati, vendredi lors d’une rencontre publique à Vitry-le-François.

La ministre y a rencontré quelque 300 habitants, élus, responsables d’associations, enseignants, magistrats, avant de visiter le quartier de Rome Saint-Charles qui avait connu mi-juin une flambée de violences, après le meurtre d’un jeune homme de 22 ans sur fond de trafic de drogues. Une cinquantaine de jeunes gens avaient dégradé ou incendié des bâtiments et une soixantaine de véhicules. Le meurtrier présumé a été interpellé.

"Pendant trop longtemps nous avons eu de la compassion, voire des excuses pour les délinquants. Il n’y a aucune excuse à avoir vis-à-vis de tel actes qui sont des actes criminels", a ajouté Rachida Dati, sous les applaudissements d’une partie du public seulement.

Accompagnée du président de la commission des lois de l’Assemblée nationale et député UMP des Ardennes, Jean-Luc Warsmann, initiateur de la loi récente sur l’indemnisation des propriétaires modestes de véhicules incendiés, Rachida Dati a annoncé la mise en place de "mesures transitoires" pour Vitry-le-François.

"Le ministère de la Justice a demandé aux assureurs que les indemnisations se fassent le plus rapidement pour ceux ayant une franchise, avec aussi des marges de tolérance. Ils ont accepté de faire un geste", a déclaré la ministre.

(D’après agence)

Justice - Réforme - Pas de divorce express devant notaire

A.Gu. - le 23/06/2008 - 12h11

La commission Guinchard, qui s’apprête à rendre ses travaux sur une simplification des contentieux, n’a pas retenu la possibilité de divorcer à l’amiable chez le notaire.

Le prononcé d’un divorce par consentement mutuel doit rester la prérogative des juges. Les membres de la commission Guinchard, chargée par Rachida Dati de remettre à plat l’ensemble des contentieux afin de trouver des solutions pour désengorger les tribunaux et faire des économies, n’ont pas retenu l’idée de la Garde des Sceaux de transférer cette procédure chez le notaire. Selon le Figaro daté de ce lundi , "la possibilité pour les époux, d’accord sur une démarche amiable, de se rendre chez le notaire pour mettre un terme à leur mariage ne figure pas parmi les propositions que la commission s’apprête à remettre cette semaine" à la ministre de la Justice.

"Il faut recentrer la mission des magistrats sur ce qui constitue le coeur de la fonction judiciaire", avait déclaré Rachida Dati le 18 janvier dernier à l’occasion de l’installation de ce groupe de travail chargé notamment de réfléchir sur la réforme du divorce par consentement mutuel. Cette idée de la déjudiciarisation du divorce avait aussitôt soulevé la bronca dans les milieux judiciaires. Plusieurs syndicats - CGT, CFDT, Syndicat de la magistrature (classé à gauche), Unsa et le syndicat d’avocat Usaj - ont boycotté les travaux de la commission, évoquant un "démantèlement du service public de la justice".

Toujours selon le Figaro, la Chancellerie n’a pas pour autant renoncé à toute simplification et envisagerait, par exemple, que le juge puisse à l’avenir prononcer un divorce par consentement mutuel "sans convoquer les deux époux, s’il ne décèle pas de difficulté dans le dossier". Le délai pour le prononcé serait alors raccourci. Par ailleurs, Rachida Dati réfléchirait à la "généralisation du recours à la médiation et à la conciliation dans le contentieux familial", le juge n’intervenant qu’en cas d’échec. Le contentieux familial représente aujourd’hui plus de 60% de l’activité des tribunaux de grande instance.

Mariage annulé - L’inscription à l’état civil suspendue

le 19/06/2008 - 15h50

Crédit Photo : SXC.HU

La cour d’appel de Douai a prononcé jeudi la suspension de l’inscription à l’état civil de l’annulation d’un mariage pour cause de mensonge de l’épouse sur sa virginité. Le dossier sera réexaminé sur le fond le 22 septembre prochain.

La cour d’appel de Douai (Nord) a prononcé jeudi la suspension de l’inscription à l’état civil de l’annulation d’un mariage pour cause de mensonge de l’épouse sur sa virginité, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette décision ne concerne pas le fond du dossier, à savoir l’annulation du mariage décidée par le tribunal de grande instance de Lille, mais empêche simplement que cette dernière soit inscrite à l’état civil et que les deux parties puissent se remarier. L’appel du parquet concernant l’annulation sera examiné au fond par la cour le 22 septembre.

La cour, qui a prononcé "l’arrêt de l’exécution provisoire" du jugement d’annulation, avait examiné le 19 juin l’affaire, après que le procureur de la République de Lille eut assigné le 6 juin en référé les deux parties.

Cette exécution provisoire risquait "de causer un préjudice irréparable, tant pour les deux parties que pour l’ordre public" et aurait été "à l’origine de conséquences manifestement excessives puisqu’elle permettrait aux deux parties de contracter un nouveau mariage qui risquerait dès lors d’être annulé", avait-il alors expliqué dans un communiqué.

M. Lemaire avait agi après que l’avocat de l’époux eut demandé aux services de l’état civil de la mairie de Mons-en-Baroeul (Nord) - où l’union a eu lieu - de transcrire le jugement.

Le mariage de la jeune femme, une étudiante infirmière d’origine marocaine âgée d’une vingtaine d’années, avec un ingénieur de Roubaix, musulman comme elle, avait eu lieu en juillet 2006.

Le tribunal de Lille avait annulé le 1er avril l’union du couple "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité. Rendue publique par les médias le 29 mai, cette décision - à laquelle les deux époux avaient acquiescée - avait immédiatement provoqué un tollé, du monde politique au milieu associatif.

Après avoir souligné que cette procédure pouvait être un moyen de "protéger" les personnes, la garde des Sceaux, Rachida Dati, avait finalement demandé que le parquet de Lille interjette appel, ce qu’il a fait le 3 juin.

Affrontements - Comment les violences ont commencé à Vitry-Le-François

le 17/06/2008 - 09h01

Crédit Photo : TF1/LCI Vitry-le-François, dimanche 15/6 matin

Le meurtre à l’origine des échauffourées était lié à un trafic de cannabis, selon le procureur de la République. Le suspect, un ancien militaire âgé de 22 ans, a reconnu un "différend" provenant de ce trafic et portant sur "plusieurs milliers d’euros".

Plusieurs heures d’affrontements entre une cinquantaine de personnes, "des jeunes forts violents et des moins jeunes", selon la préfecture, et les forces de l’ordre ; neuf blessés, une soixantaine de véhicules et plusieurs conteneurs à poubelles incendiés.

A l’origine de cette bouffée de violence qu’a connue ce week-end la petite ville de Vitry-Le-François, dans la Marne, une mort par balle. Mais les conditions de cette mort n’avaient pas été clairement établies. On en sait aujourd’hui un peu plus sur la manière dont tout a commencé.

Le début des violences serait bel et bien lié à un trafic de drogue. Le suspect, un ancien militaire âgé de 22 ans, a reconnu avoir tué samedi vers 21 heures d’une balle dans la tête un jeune homme, qui accompagnait un groupe de personnes, avec lequel il avait un "différend" portant sur "plusieurs milliers d’euros" concernant un trafic de cannabis, selon le procureur de la République.

"Il se sentait harcelé, menacé et il s’est rendu à ce rendez-vous avec une carabine 22 long rifle", a déclaré Madeleine Simoncello devant des journalistes, en précisant que le meurtrier présumé avait néanmoins "répété" pendant sa garde à vue "qu’il ne connaissait pas la victime".

"On ignore le rôle de la victime"

Le suspect, "très choqué, à la limite de se donner la mort", s’était d’abord réfugié au domicile de ses parents, puis dans un "autre lieu", avant de se rendre aux gendarmes samedi soir vers 1h20, a précisé le commandant de section de recherches de Reims, Michel Frottier, chargé de l’enquête.

"On ignore le rôle de la victime", a également expliqué le procureur qui a précisé qu’elle n’était pas connue des services de police. Mme Simoncello a ajouté que deux juges d’instruction avaient été désignés pour instruire cette affaire considérée comme "complexe".

Une information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire. Selon la loi du 5 mars 2007, le parquet de Châlons-en-Champagne s’est dessaisi dimanche de l’enquête au profit du parquet de Reims, pôle de l’instruction depuis le 1er mars, chargé d’instruire les affaires criminelles. Et c’est donc au parquet de Reims que le meurtrier présumé a été déféré lundi.

D’après agence

Mariage annulé - La magistrate lilloise a reçu des menaces

le 08/06/2008 - 15h56

Crédit Photo : SXC.HU

Regrettant "l’emballement" autour de l’affaire du mariage annulé de Lille, Rachida Dati a révélé dimanche que la magistrate avait reçu des lettres anonymes. La garde des Sceaux a réaffirmé par ailleurs que cette décision judiciaire avait pour but de "protéger" l’épouse.

La magistrate du tribunal de grande instance de Lille, dont la décision d’annuler un mariage parce que l’épouse avait menti sur sa virginité a suscité une vague de protestations dans toute la France et une querelle polémique qui n’est toujours pas close, a reçu "des lettres de menace", a affirmé dimanche Rachida Dati.

La ministre de la Justice, qui était invitée sur Canal+, a regretté en faisant cette annonce un "emballement" autour de cette affaire. Le procureur de la République a précisé que "la magistrate a déposé plainte pour outrage à magistrat" et qu’une "enquête est en cours".

Sur le fond du dossier, Rachida Dati a demandé cette semaine au parquet de faire appel de ce jugement alors qu’elle avait estimé d’abord qu’il pouvait être un moyen de "protéger" les personnes.

"Je n’ai pas changé d’avis", a insisté sur Canal+ la garde des Sceaux. "J’ai fait appel pour que les avocats puissent étayer leurs conclusions, leurs demandes", a-t-elle expliqué en soulignant également que la procédure d’appel prévoit "qu’il y aura trois magistrats (et non plus un seul, ndlr) qui rendront une décision plus circonstanciée".

"Pas un acte de soumission mais de libération"

La ministre a répété par ailleurs que cette décision avait pour but de "protéger" l’épouse. Sur le fond du dossier, Rachida Dati a expliqué que "ce n’est pas la non-virginité qui a impliqué l’annulation du mariage. C’est qu’il y a eu mensonge", en vertu de l’article 180 du Code civil qui permet l’annulation du mariage en cas d’erreur "sur les qualités essentielles de la personne".

Rejetée par son mari après qu’il eut découvert lors de leur nuit de noces, le 26 juillet 2006, qu’elle n’était pas vierge, l’épouse avait accepté - après s’y être opposée - l’annulation voulue par son époux, devant la crainte d’une procédure trop longue. Son "acquiescement" à cette annulation "n’était pas un acte de soumission mais de libération", a souligné depuis l’avocat de la jeune femme.

D’après agence

Procès - Elle n’était pas vierge, le mariage est annulé

Amélie GAUTIER - le 06/06/2008 - 17h33

Crédit Photo : SXC.HU

Le tribunal de grande instance de Lille a annulé cette union entre musulmans "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe.

Ce qu’il s’est passé

C’est l’histoire d’un homme qui pensait épouser une femme vierge. Elle ne l’était pas. Alors, le mariage a été annulé. La décision a été rendue en avril par le tribunal de grande instance de Lille, une revue juridique y a consacré un article, Libération en a fait un papier publié jeudi. Et depuis, c’est l’émoi.

Tout commence en juillet 2006 du côté du côté de Mons-en-Baroeul, dans le Nord. Une union est célébrée. Celle d’un ingénieur français d’origine musulmane avec une étudiante de même confession. La fiancée affirme être chaste.

La nuit de noces donne une autre version. Les draps restent immaculés. "Vers les quatre heures du matin, les invités qui partageaient le dernier thé à la menthe avant de partir, virent arriver le jeune marié livide : son épouse lui avait menti", raconte Pascal Labbé, avocat au barreau de Lille et auteur de l’article dans le Dalloz.

"Comment démarrer une union par un mensonge ?"

Dès le lendemain, l’époux s’estimant bafoué décide de se séparer de sa jeune femme. Selon la revue juridique, le père du marié ramène in petto la fraîche mariée chez ses parents. Quelques jours plus tard, le marié engage une procédure de nullité. "Il m’a expliqué qu’il ne pouvait pas bâtir une union solide sur du mensonge", raconte son avocat Me Labbé à LCI.fr

L’article 180 du code civil dispose que "s’il y a eu erreur dans la personne ou sur les qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité". "Dans notre cas, le tribunal a estimé que la virginité était une qualité essentielle parce que les époux en avaient convenu ensemble avant, explique Me Labbé. C’était une donnée importante pour ce couple dès le départ", justifie encore le défenseur.

Devant le tribunal, la jeune femme reconnaît son mensonge. "L’épouse ayant reconnu avoir menti, le jugement est parfaitement logique", estime encore l’avocat du mari. Et de se demander : "comment démarrer une union par un mensonge". Parmi ces "erreurs" qui sont retenues ou pourraient être retenues dans de telles procédures de nullité : la découverte après le mariage que le conjoint est divorcé, qu’il a menti sur sa nationalité, qu’il est impuissant etc.

"La question de la religion n’est pas essentielle"

Submergé d’appels de journalistes depuis la publication de cette histoire, le défenseur se dit affolé par la tournure que prennent les choses. "Il ne faut pas donner à ce dossier une coloration religieuse qu’il n’a pas, insiste Me Labbé. Nous sommes à une époque où tout le monde divorce pour un oui pour un non. Ici, la question de la religion n’est pas essentielle".

Même son de cloche du côté du culte musulman qui précise à l’AFP que l’islam n’exige pas que l’épouse soit vierge et des musulmans peuvent s’ils le souhaitent épouser des femmes divorcées déjà mères.

Pour Me Labbé, cette nullité ne doit pas être considérée comme un opprobre jeté sur la pauvre femme qui n’était pas vierge. "C’est dans l’intérêt du couple que de voir son mariage annulé. Un divorce, ça reste".

L’émoi

La secrétaire d’Etat au droit des femmes Valérie Létard s’est dite "consternée" que certaines interprétations du code civil puissent conduire "à une régression du statut de la femme", après l’annulation d’un mariage entre musulmans, parce que l’épouse avait menti sur sa virginité.

"Une telle décision est une atteinte à l’intégrité des femmes et une violation aux droits fondamentaux de tout individu", est-il ajouté dans le communiqué, soulignant que "cette réalité est d’autant plus choquante que le gouvernement multiplie les mesures en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes".

"Une "régression" pour Ni putes ni soumises : sa présidente a qualifié de "régression" l’annulation de ce mariage. "Nous qui nous sommes battues pour notre émancipation, nous pensions qu’après le procès de Bobigny (où la justice avait donné raison à une femme qui voulait avorter, ndlr), la Justice avançait vers le progrès et vers la défense du droit des femmes !", a fait valoir Silehm Habchi.

"Toutes les filles et femmes que je côtoie depuis ce matin sont ulcérées par cette régression et surtout amères de savoir qu’en France la virginité peut être considérée comme une ’qualité essentielle’ ! Nous sommes aujourd’hui trahies par notre propre justice, qui instaure une véritable fatwa contre la liberté des femmes !", a-t-elle ajouté.

L’un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a souhaité vendredi que la chancellerie "déclenche un recours dans l’intérêt de la loi pour dire le droit". "Si c’est la question de la virginité qui a motivé l’annulation du mariage, je demande à la chancellerie de déclencher un recours dans l’intérêt de la loi pour dire le droit", a-t-il déclaré.

"C’est une mise en cause de l’égalité hommes-femmes, les hommes ne pouvant être mis en cause pour les mêmes motifs", a-t-il estimé. "S’il y a eu stricte application de la loi, c’est que la loi n’est plus bonne, il faut la modifier. Si on est allé au-delà de la loi, à ce moment-là il faut que ce soit sanctionné", a jugé Dominique Paillé, un autre porte-parle de l’UMP, sur RMC/BFM-TV.

Le secrétaire général du parti Patrick Devedjian a souligné que "c’est la première fois que les principes jurisprudentiels sont appliqués à un tel cas et cela revient à intégrer la pratique de la répudiation dans le droit positif".

Selon lui, "c’est tout à fait inacceptable et par ailleurs incompatible avec les principes républicains qui régissent notre société et qui refusent qu’un droit quelconque puisse être fondé sur la virginité". "L’UMP souhaite que les voies de recours soient employées et qu’en définitive la Cour de Cassation puisse mettre un terme à une situation très dérangeante pour la collectivité nationale", a-t-il insisté.

Elisabeth Badinter a "honte" de la justice : "Je suis ulcérée par la décision du tribunal d’accepter de juger ça parce que la sexualité des femmes est une affaire privée et libre en France, absolument libre", a déclaré la philosophe et écrivain sur France Inter. "Très inquiète" de ce jugement, elle estime que "ça aboutit tout simplement à faire courir nombre de jeunes filles musulmanes dans les hôpitaux pour se faire refaire l’hymen. Et par conséquent au lieu pour un tribunal de défendre les femmes, de défendre ces jeunes femmes, au contraire il accentue la pression sur elles". "Et je vous dis franchement, je pense à cette malheureuse jeune fille, humiliée, publiquement humiliée, revenant dans sa famille, ce qu’elle a dû vivre a dû être épouvantable. (AFP)

Le député UMP Jacques Myard a exprimé son "indignation" face à une décision "choquante (qui) avalise un intégrisme archaïque".

Le PS a dénoncé un jugement "atterrant" qui "bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre, librement, comme les hommes, leur sexualité" et le PCF l’a qualifiée de "scandaleuse".

Politique - Rachida Dati, les raisons d’un printemps pourri

Renaud PILA - le 06/06/2008 - 13h24

Crédit Photo : Abacapress Rachida Dati

Analyse - Un an après son arrivée place Vendôme, la garde des Sceaux est fragilisée. Sa proximité avec Nicolas Sarkozy l’a paradoxalement piégée.

"J’en ai fait une star".

Lorsque Nicolas Sarkozy parlait ainsi de Rachida Dati à ses visiteurs, sans doute savait-il déjà qu’il aurait à la protéger lorsqu’elle se trouverait dans la tourmente, il connaît la fragilité du statut de "star", surtout en politique.

Mais sans doute aurait-il dû la coacher comme tout bon agent artistique pour éviter le désenchantement actuel. Mercredi matin, en conseil des ministres, le chef de l’Etat lui a apporté son plein soutien après la polémique sur le mariage annulé pour cause de virginité.

Il ne pouvait faire autrement. Complètement isolée dans son propre camp sur cette affaire, la garde des Sceaux était apparue à cran la semaine dernière à l’Assemblée. Et puisque en la nommant à la Chancellerie, Nicolas Sarkozy en a fait le symbole de son ouverture "à la diversité", son échec serait aussi le sien, comme aime à le répéter l’hôte de l’Elysée.

La sortie provocatrice de Rachida Dati contre le groupe socialiste a donné lieu à une bronca passionnée. C’est un grand classique en politique : la meilleure défense, c’est l’attaque. Stratégie peu glorieuse mais les passions retombées, sans doute peut-on réfléchir à la teneur de son intervention.

Il y avait dans les propos de la garde des Sceaux une vérité juridique indéniable : le mariage en annulation permet à la femme de gagner du temps sur ce qu’aurait exigé une procédure de divorce. Le juge n’a fait qu’appliquer une loi qui protège parfois. Mais, puisqu’il y avait ambiguïté sur un motif inacceptable (la virginité), Rachida Dati a demandé l’appel. Dans cette affaire, "elle a réagi avec intelligence et cœur", commente le député Hervé Mariton.

Son mariage annulé ? "C’était une question vitale"

En exposant face aux députés son parcours personnel, elle a osé ce qu’il ne faut pas oublier : cette affaire, c’est aussi la sienne. Dans "Je vous fais juges", le livre d’entretien qu’elle a publié l’an dernier avec le journaliste Claude Askolovitch (chez Grasset), Rachida Dati raconte avoir fait annuler son propre mariage : "c’était une question vitale."

La garde des Sceaux a donc aboli à l’Assemblée la distance nécessaire entre son histoire intime et le poste qu’elle occupe. Modernité d’une femme au parcours atypique ou dégradation d’une fonction régalienne comme ministre de la Justice, à chacun d’apprécier.

Rachida Dati devrait en revanche méditer sur le peu de soutiens de son camp dans cette tempête. Tout comme lors des démêlés de ses frères avec la justice. "Depuis sa jeunesse difficile, elle a la rage de vaincre, analyse une élue UMP, donc avec elle toute relation est un rapport de forces. Et si vous lui conseillez d’être plus cool, elle pense que vous voulez lui piquer sa place."

Cette dureté, la garde des Sceaux l’assume. "La politique n’est pas un domaine propice pour l’amitié profonde", déclare-t-elle à L’Express qui fait sa couverture cette semaine sur "ses caprices". En cause, la hausse des frais de réception de son ministère et ses excès de glamour.

Il est vrai que dans une fonction comme la sienne, les symboles de luxe font mauvais ménage avec la sobriété voire l’austérité nécessaires. Et ses clichés en robe Dior, les députés UMP en ont fait leurs choux gras dans les couloirs de l’Assemblée. "Elle a trop profité de son statut de visage de la France qui change, avec Sarkozy comme bouclier", lâche l’un d’entre eux. C’est du gâchis".

Du gâchis ? Sans doute pour une personnalité contrastée qui a eu le mérite de vouloir bousculer une administration judiciaire parfois corporatiste. A la hussarde, elle a foncé dès son arrivée pour mettre en œuvre les réformes du chef de l’Etat : loi sur la récidive, rétention de sûreté, carte judiciaire, ordonnance de 1945 sur les mineurs.

Mais dans le monde feutré des magistrats, son absence de concertation et son instinct de "tueuse politique" ont détonné. Dans le monde policé des commissions parlementaires, c’est son imprécision sur les textes constitutionnels qui lui a coûté. En charge de la réforme institutionnelle, elle n’a pas su prendre ce chantier à bras-le-corps, laissant le secrétaire d’Etat Roger Karoutchi manœuvrer. "Elle est nulle", en a conclu Edouard Balladur.

"Sarkozy n’abandonnera pas cette icône de la rupture"

Mais de tout ça, elle s’en moque, seule la confiance du président lui importe. Et c’est là toute la fragilité de la méthode Dati et du système Sarkozy. Nommée à la faveur du prince, sans aucune expérience ministérielle, elle n’a pas su depuis un an se construire une autonomie politique.

Sans réseaux d’élus ni fidèles dans l’équipe Fillon, elle se retrouve seule, son absence de la réunion des sept ministres en vogue le jeudi à l’Elysée en est le symbole. Rachida Dati est entrée au gouvernement plus pour ce qu’elle représente que pour ce qu’elle est. Et sa personne ne mérite ni vénération médiatique ni exécution sommaire.

Après son ascension éclair, elle doit se recentrer sur son action, loin des paillettes qu’elle aimait tant, pour être jugée sur ses résultats, sans favoritisme ni ostracisme. "Personne ne sait combien de temps Sarkozy laissera Rachida place Vendôme mais quoi qu’il en soit, il n’abandonnera pas cette icône de la rupture, leurs histoires sont liées.

Il pourrait lui trouver une circonscription dans la capitale ou une place aux Europénnes, cela lui permettra enfin de vivre sa vie", fait remarquer une figure de la droite parisienne. Dans "Sarkozy et "ses" femmes" (Chez Plon), deux journalistes expliquent comment le chef de l’Etat a conçu son casting féminin il y a un an. Ils affublent la garde des Sceaux du rôle de "première favorite".

A 41 ans, il est temps pour Rachida Dati d’inventer le sien, elle ne manque ni de ressources ni de culot. L’urgence est pour elle d’habiter enfin sa fonction en abandonnant l’auto-émerveillement que lui a suscité son conte de fées.

Mariage annulé - Sarkozy réaffirme son soutien à Dati

le 05/06/2008 - 16h55

Crédit Photo : TF1/LCI Rachida Dati à l’Assemblée (3 juin 2008)

Nicolas Sarkozy a rendu hommage mercredi au travail de la ministre de la Justice, critiquée par la gauche pour sa position sur l’affaire du mariage annulé à Lille.Attaquée par la gauche sur l’affaire du mariage annulé par la justice pour mensonge de l’épouse sur sa virginité, Rachida Dati avait dénoncé "l’échec" de la politique d’intégration des socialistes.

Au lendemain du tollé dans les rangs de l’opposition suscité par Rachida Dati qui a dénoncé "l’échec" de la politique d’intégration des socialistes (voir la vidéo), Nicolas Sarkozy a rendu hommage au travail de la ministre de la Justice, mercredi en Conseil des ministres .

"Le président a dit des choses très claires concernant Rachida Dati et qu’elle est victime apparemment d’un début de campagne de lynchage mais qui n’a aucun sens, aucune justification", a déclaré Yves Jégo à la presse à la sortie du Conseil des ministres, mercredi.

"Je crois qu’il faut que cette campagne cesse au plus vite parce qu’elle n’a pas de sens, elle n’est fondée sur rien, si ce n’est peut-être une volonté de nuire à quelqu’un qui fait bien son travail et qui représente au sein du gouvernement une sensibilité dont on a besoin", a-t-il poursuivi.

"Le président a fait part de sa satisfaction face au travail de sa Garde des Sceaux et je crois que c’est un sujet qui est d’ailleurs régulier", a insisté Yves Jégo. "Il salue son courage et les efforts qu’elle fait dans un ministère difficile pour moderniser la justice et la rendre plus efficace au service des Français, il l’a redit aujourd’hui", a-t-il insisté.

"Des moments où les vérités sont bonnes à dire"

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a indiqué pour sa part que le président Sarkozy avait "rappelé" que Rachida Dati "avait permis des réformes très importantes dans le domaine de la justice, la réforme de la carte judiciaire, des peines planchers, la récidive ou les peines de sûreté". "Donc, il l’a encouragée à continuer dans cette direction", a-t-il poursuivi, lors de son point de presse hebdomadaire.

Interrogé sur les vifs échanges mardi à l’Assemblée entre Rachida Dati et les socialistes, Luc Chatel a relevé que la ministre avait "effectivement mis en cause la politique d’intégration des gouvernements socialistes successifs, qui a été un échec criant.

Aujourd’hui si nous rencontrons ce type de difficultés et si nous sommes amenés à prendre en compte de telles situations, c’est bien qu’au départ il y a eu un échec", a-t-il affirmé. Selon lui, "il y a des moments où les vérités sont bonnes à dire et bonnes à entendre et c’est ce qu’a fait Rachida Dati hier à l’Assemblée nationale" (voir la vidéo).

A propos de l’appel que Rachida Dati avait finalement demandé au parquet d’interjeter dans cette affaire, Luc Chatel a déclaré : "On avait besoin de clarifications".

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a estimé de son côté qu’en attaquant la gauche sur sa politique d’immigration, Rachida Dati (Justice) n’avait pas "franchi la moindre ligne rouge".

Accoyer juge "prématurée" la création d’un groupe de travail

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a jugé mercredi "prématurée" la création d’un groupe de travail ou d’une mission parlementaire sur l’affaire du mariage annulé de Lille.

"Nous devons laisser la justice travailler en toute indépendance et dans la sérénité", déclare-t-il. "Créer aujourd’hui un groupe de travail ou une mission parlementaire, à la suite de cette décision de première instance, serait prématuré et ne manquerait pas d’être interprété comme une pression sur la justice, contraire au principe de la séparation des pouvoirs", ajoute-t-il.

Une façon d’opposer une fin de non-recevoir au patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui a suggéré dans la matinée la création d’un "groupe de travail" à l’Assemblée, pour se pencher à la fois sur l’aspect juridique de cette affaire et le "problème de société" qu’elle pose.

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