AID Association initiatives dionysiennes
Il est des lieux où la géothermie est une réalité

Petite revue de presse sur l’énergie géothermique

Quel est l’avenir de la géothermie ?

jeudi 19 juin 2008 par JMT

L’énergie des roches chaudes

Mardi 17 juin 2008, Prame Chopra, Traduit de l’anglais par Julia Gallin

Prame Chopra, ancien professeur de géophysique à l’Australian National University, estime que la géothermie dite des « roches chaudes sèches » est la solution énergétique de demain.

Posez la question des énergies renouvelables à n’importe quel ingénieur de réseaux électriques et il est probable qu’il vous dira qu’elles ne fournissent pas d’énergie constante. En d’autres termes, on ne peut pas compter sur les énergies renouvelables pour alimenter les réseaux 24 heures par jour, sept jours par semaine : le vent ne fait pas toujours tourner les éoliennes, le soleil ne brille pas la nuit sur les panneaux des centrales solaires et même l’énergie hydroélectrique peut faire défaut s’il ne pleut pas assez.

La nature imprévisible inhérente aux principales énergies renouvelables présente de sérieuses difficultés pour les planificateurs des systèmes électriques. La solution technique consiste à faire en sorte qu’une énergie constante fiable soit la principale composante des différentes sources de production d’électricité, suppléée par des « centrales de pointe » intégrées aux réseaux quand nécessaire. Dans certains pays, cette capacité de pointe repose sur l’énergie hydroélectrique, mais elle est assurée la plupart du temps par les combustibles fossiles, tels que gaz, diesel et fioul.

L’énergie constante est elle aussi assurée par les combustibles fossiles et près de 39% de la production mondiale d’électricité repose sur la combustion de charbon. Certains pays ont fait le pari du nucléaire, mais les gisements de combustibles nucléaires de bonne qualité semblent être limités, et les coûts de stockage des déchets et du démantèlement des centrales sont élevés.

Le défi est donc de réduire notre dépendance actuelle envers les combustibles fossiles et nucléaires pour la production d’énergie de base. La solution pourrait bien être sous nos pieds.

La Terre est une planète incroyablement chaude. A 6000 kilomètres sous la surface, le noyau du globe terrestre est aussi chaud que la surface du Soleil. Mais même à des profondeurs moindres, il existe des températures suffisantes pour produire de l’électricité. Cette énergie géothermique est utilisée pour produire une énergie constante fiable depuis plus de cent ans, et est couramment utilisée dans de nombreux pays, dont l’Italie, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la côte ouest des Etats-Unis.

La technologie est bien maîtrisée et la production s’élève à plus de 9000 mégawatts dans le monde. Mais l’énergie géothermique classique fait appel à des sources naturelles de vapeur ou d’eau chaude, qui se trouvent généralement dans les régions volcaniques, ce qui limite son intérêt pour la plus grande partie du monde.

Il existe une autre forme d’énergie géothermique bien plus intéressante, qui permettrait de couvrir les besoins de l’humanité en énergie constante et propre : la technologie des « roches chaudes sèches » (hot dry rocks-HDR). Elle utilise la chaleur présente dans les roches à quelques kilomètres seulement sous la surface de la Terre. Mais sans vapeur ou eau chaude naturelles pour véhiculer la chaleur à la surface, une solution technique devait être trouvée, et au cours des 35 dernières années, plus de 600 millions de dollars ont été dépensés dans le monde pour en trouver une.

Le concept est étonnamment simple : forer au moins deux puits à cinq kilomètres de profondeur, injecter de l’eau froide dans l’un, qui passe à travers les failles des roches chaudes et ensuite la ramener en surface, où l’énergie est récupérée dans une centrale électrique. Il suffit ensuite de réinjecter l’eau refroidie pour un nouveau passage dans les roches. Seule la chaleur est recueillie en surface, le reste est réinjecté en permanence, éliminant le problème des déchets.

En finale, ce sera le coût de la technologie géothermique des roches chaudes qui déterminera son rôle à long terme, parce que les forages coûtent cher, et que l’investissement doit être trouvé avant que les centrales puissent produire de l’électricité. Moins les sources de chaleur sont profondes et moins l’équipement coûte cher, plus l’énergie géothermique des roches chaudes est compétitive. Les prix toujours plus élevés des combustibles fossiles et nucléaires rendent également cette technologie plus attrayante, l’économie à long terme de l’énergie géothermique étant en fait bloquée par les mouvements des prix du pétrole.

Les aspects scientifiques et technologiques de la géothermie des roches chaudes ont présenté de nombreuses difficultés et ce n’est qu’aujourd’hui que les premières centrales électriques commencent à voir le jour. Une petite centrale fonctionne à Landau, en Allemagne, et d’autres sont en construction en France et en Australie.

Les premières centrales devront passer par les étapes opérationnelles et financières obligées avant que l’énergie géothermique des roches chaudes sèches puisse commencer à influer sur les réserves énergétiques mondiales. La réorganisation des réseaux électriques du globe sera une tâche coûteuse, quelle que soit la combinaison des technologies utilisées. Les systèmes retenus devront aussi être fiables et accessibles à grande échelle.

Les constructions en cours de nouvelles centrales sont autant de signes d’espoir pour une utilisation généralisée de l’énergie géothermique, source inépuisable d’une énergie constante sans empreinte carbone.

Prame Chopra est le fondateur et directeur de Geodynamics Limited, la première société d’énergie géothermique des roches chaudes à être cotée en bourse.

© Project Syndicate, 2008. Merci à Jeanicot pour le lien de ce très intéressant article

Inauguration du site pilote en géothermie profonde de Soultz-sous-Forêts

ENERGIES - Actu-Environnement.com - 16/06/2008

Accompagné du ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire Jean-Louis Borloo et de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le Premier ministre François Fillon a inauguré le 13 juin dernier, le site du projet franco-allemand de production d’électricité par géothermie de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin).

Lancé en 1987, ce projet a nécessité 16 années d’études. Il vise à démontrer la faisabilité de l’utilisation de la chaleur des roches sèches fracturées. De l’eau peux-y être injectée à 5.000 m de profondeur et par échange thermique, ressortir en surface à 200°C à un débit de 100 litres/s. Cette chaleur est ensuite transmise à un fluide qui sous forme de vapeur alimente une turbine.

Lors de son déplacement, le Premier ministre a symboliquement injecté le premier KWh géothermique dans le réseau d’électricité de Strasbourg qui achète le courant produit et le diffuse sur son réseau. En cas de succès, ce projet de centrale pilote sera suivi par la réalisation en 2015 d’un prototype industriel de 20 MWe capable d’alimenter en énergie électrique une ville de 20.000 habitants.

Par sa présence, le premier ministre a voulu rappeler que le défi énergétique exige des réponses structurelles. Les pays développés comme la France n’ont peu ou pas de prise sur le prix du pétrole. Il n’y a, pour eux, qu’une issue durable : elle consiste à devenir moins dépendants de cette énergie, a-t-il expliqué.

Encourager la consommation d’hydrocarbures, ce serait commettre un contresens historique. Ce serait prolonger une illusion, en attendant la hausse suivante et je refuse d’entrer, avec le Gouvernement, dans cette logique de courte vue, a-t-il ajouté.

F.ROUSSEL

SOULTZ-SOUS-FORETS Point sur les travaux dans les domaines scientifique et technique

Le projet EGS (1) Pilot Plant de Soultz arrive dans une phase importante de son histoire, avec la mise en service des installations géothermiques de surface en vue de la production d’électricité.

A l’heure où ce projet va fournir de l’électricité à partir de l’exploitation de la chaleur du sous-sol, un bilan récapitulatif de l’ensemble des résultats scientifiques doit être dressé. Pour cela, l’EHDRA (2), forum d’échanges scientifiques relatifs aux projet Soultz va produire un livre blanc (position paper) dont les lignes directrices seront présentées lors de la conférence finale du projet européen fin septembre 2008 à Soultz.

Cet achèvement du projet Soultz va permettre également de faire le point sur la production scientifique réalisée au cours de ces vingt années d’exercice. Une quarantaine de thèses de doctorat a été soutenue et environ 200 publications avec comité de lecture ont été produites entre 2001 et 2008.

Parallèlement à la finalisation du projet Soultz, le projet Européen ENGINE (3) qui est une plateforme d’échange et d’information entre les acteurs de la géothermie en Europe va produire plusieurs chapitres ou "Best Practice Handbook". Ces documents regrouperont non seulement les acquis et les méthodologies d’étude des réservoirs EGS (1) mais aussi les besoins et les manques identifiés depuis les phases d’exploration, de forage, de stimulation et d’exploitation.

Le projet Soultz est ainsi le projet EGS (1) le plus connu et le plus cité dans le monde de la géothermie profonde.

(1) EGS : Enhanced Geothermal System (2) EHDRA : European Hot Dry Rock Association (3) ENGINE : ENhanced Geothermal Innovative Network for Europe

la suite.....

Liens

Article GEOTHERMIE sur Wikipedia

Article GEOTHERMIE A LA REUNION sur Wikipedia

TOUT CE QUE VOUS VOULIEZ SAVOIR SUR LA GEOTHERMIE

ENERGIES RENOUVELABLES sol(ID)aires

LA GEOTHERMIE POUR LA PRODUCTION D’ELECTRICITE


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