AID Association initiatives dionysiennes
Défilés plus maigres que prévus, forme d’actions obsolète, fatigue, manque d’argent ?

UNE JOURNEE D’ACTION PEU DYNAMIQUE

Il n’y a pas que la gauche qui ne se remet pas en question !

mardi 17 juin 2008 par JMT

Encore un nouveau défilé dans la rue.

Sympa sous le soleil printanier mais comme pourrait dire Sarko en paraphrasant Jacquot : "Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre".

Faut dire qu’effectivementil a rien à cirer de la rue, vu qu’après les Français, il est en train de mettre au pas les bidasses : il en vire 1/4 en opinant du chef et en leur promettant "après 2012" des joujous plus performants à des prix faramineux ( annoncer le chiffre sur 15 ans permet d’essayer d’en foutre plein la vue parce qu’en moyenne annuelle ça fait tout de suite plus cheap et au total "pas mieux que les anglais" ) et une meilleure solde. Les promesses n’engagent que les andouilles qui les croient :-)

Pendant ce temps les journalistes poursuivent leur doux babil ronronnant, tous contents que la grève ait moins bien marché que prévu. Quand ils se feront vider à leur tour comme les autres par leurs entreprises préférant sous-traiter à des esclaves encore plus dociles et moins chers outre-mer, on se marrera avec eux :-)

Et ils ne nous disent pas tout, et en tous cas rien de ce qui pourrait fâcher Sarko and Co : vous saviez que les CRS chargeaient à Paris ces dangereux gauchistes qui bossent.....aux Impôts ????

10 jours de grève aux impôts sans qu’aucun média ne relaye l’info

Liste Discutons d’Attac France le 17 juin 2008

Bonjour,

Je voudrais faire savoir à un maximum de personnes (politiques, médias, contribuables) que dans beaucoup de centres des impôts, nous sommes en grève depuis 10 jours. 10 jours sans qu’aucun média (jusqu’à la petite intervention de la police pour l’huma et libé !) ne relaye l’info.

Aujourd’hui 29 mai, s’est passé quelque chose de très grave : à la direction des services fiscaux de paris nord, rue de Londres, 3 cars de CRS ont chargé le personnel des impôts.

Pendant ce temps là, tous les grévistes (Paris et banlieues) étaient rassemblés devant Bercy. Eric Woerth a refusé tout ce qui était proposé.

En sachant les problèmes des collègues de paris nord, la solidarité s’est mise en place, et tous sont allés se retrouver dans le 08ème face aux CRS. 10 jours de grève, de manifs, de blocage des centres des impôts, pour certains 7 jours non payés, des tensions pour faire réagir sur :

1-la fusion entre trésoreries et centres des impôts. Pas sur le fait en lui même. Mais sur le fait que cette fusion censée faciliter les démarches du contribuable va s’accompagner de 5000 suppressions de postes ! Que sur Paris, et ses loyers trop chers, le besoin de bâtiments adéquats pour cette fusion va entrainer pour certains une délocalisation en banlieue. Où est l’aide au contribuable ? Paradoxal. Et typique de la politique de casse de ce gouvernement.

2-Il est temps de se faire entendre.Quand un gouvernement envoie la police, ou des CRS contre le personnel des impôts, c’est que le mépris, la sourde oreille est présente. Ne pas écouter l’éduc nat. Ne pas écouter la rue contre le projet de réformer l’âge de départ en retraite, ne pas écouter des pêcheurs en colère....la liste continue dans le silence des médias et la non information

Je demande que cette info soit diffusée et relayée auprès de vos amis. Ce que les médias ne font pas, le bouche à oreille et internet le feront. Car la fatigue se fait sentir après 10 jours, et nous avons vraiment besoin de soutien. Merci. Elvie

C’est diffusé. Dommage qu’on l’ait eu si tard !JMT

La manif à Saint Denis de la Réunion

Environ un millier de personnes sous un agréable soleil, défilant derrière les banderoles, sonos et musiques de la CGTR et de la CFDT, comme ci devant l’ancien Hôtel de Ville.

Perdus au milieu de la marée rouge et orange, nous remarquons les fanions noirs de trois amis du SAIPER-PAS.

Le tract AID a reçu un accueil très favorable, distribué en début et en fin de manifestation .Pour les étourdis qui auraient oublié de le réclamer, vous pouvez toujours le télécharger ci-dessous :

PDF - 120.8 ko
AIDtract20080617

Quelques représentants des médias ont suivi la manif et occupé un point stratégique pour la prise de vue, le monument aux morts situé près de l’ancien hôtel de ville, au coin de la rue de la Compagnie et de l’axe rue de Paris-Rue de la Victoire

Sous les arbres devant l’entrée latérale de la préfecture,à côté du parking où se tiennent les MOCRIEs "MOKALI" tous les mercredis soirs, nous avons recroisé un curieux personnage.....bizarre il rappelle quelqu’un.....

Retraites et 35H : CGT et CFDT perdent leur pari d’amplifier la mobilisation

AFP - mardi 17 juin 2008, 17h47

La CFDT et la CGT ont perdu mardi leur pari de mobiliser contre la réforme des 35 heures et des retraites plus de salariés que lors de la précédente journée d’action sur les retraites du 22 mai, mais s’affirment déjà prêtes à de nouvelles actions à la rentrée.

Les manifestations ont rassemblé, selon la CGT, 500.000 manifestants, contre 700.000 (de source syndicale), pour celles du 22 mai, auxquelles tous les syndicats appelaient, alors que cette fois ci seuls Solidaires (syndicats Sud) et la FSU s’y étaient ralliés.

La police, qui avait compté 300.000 manifestants le 22 mai, n’avait pas fourni de bilan mardi en fin de journée.

La CFDT a toutefois qualifié cette journée de "réussite", tandis que la CGT a estimé que le niveau de mobilisation était "comparable sinon supérieur à la fin mai", en tenant compte des "manifestations de la Fonction publique et du secteur public de la semaine dernière". Cela "représente un socle solide sur lequel peut s’appuyer le mouvement social", a-t-elle ajouté.

Le pari de dépasser les chiffres du 22 mai était risqué après la défection de FO, de la CFTC et de la CFE-CGC, en désaccord avec les deux grandes centrales sur l’évolution de la réprésentativité syndicale. Et la multiplication ces dernières semaines des appels à la mobilisation comme dans la Fonction publique mardi dernier a également pesé.

La CGT et la CFDT comptaient sur l’intérêt pour les 35 heures des salariés du secteur privé, qui ont été certes plus nombreux dans les cortèges mais pas en nombre suffisant.

A Paris, le défilé a rassemblé 18.000 personnes, selon la police, et 55.000 à Paris, selon les syndicats (contre 28.000 à 70.000 le 22 mai).

Atteint d’une lombalgie, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault n’a pu se joindre au cortège, aux côtés de ses homologues de la CFDT, François Chérèque, de la FSU, Gérard Aschieri, et de Solidaires, Annick Coupé.

En province, la mobilisation a été également moins suivie comme à Toulouse, avec 4.000 à 6.000 personnes dans les cortèges, suivant les sources, contre 14.000 à 25.000 fin mai.

Les préavis de grève, pour la plupart simplement destinés à permettre la participation aux défilés et peu suivies, n’ont engendré que des perturbations limitées, notamment dans les transports.

"Nous allons travailler à une rentrée en fanfare", a prévenu M. Thibault, qui s’inscrit "d’ores et déjà dans une mobilisation internationale du 7 octobre" sur le thème du "travail décent". François Chérèque a également prévu des "suites" au mouvement "après l’été, quand les salariés se rendront compte".

Le projet de loi sur la réforme du temps de travail dénoncé par les manifestants, et qui sera examiné mercredi en conseil des ministres, a finalement reçu l’appui de la présidente du Medef, Laurence Parisot. Elle aurait toutefois préféré une "autre voie" pour "faire évoluer les choses sur la durée du travail".

"Le gouvernement est déterminé et aura le courage d’aller jusqu’au bout", a rappelé le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez.

A l’Assemblée nationale, l’opposition s’est déchaîné contre le projet, les socialistes dénonçant un retour "à 1919 et à la semaine de 48 heures", les Verts fustigeant "un coup porté à la famille et à la santé des salariés".

Le groupe socialiste recevra la semaine prochaine les chefs de file de la CFDT et de la CGT pour "élaborer une contre-attaque".

Manifestations sur les 35H et les retraites, mobilisation moins forte que le 22 mai

AFP - mardi 17 juin 2008, 15h16

55.000 personnes ont participé mardi à Paris, à la manifestation organisée dans le cadre de la journée d’action pour la défense des retraites et des 35 heures contre 70.000 lors de la journée unitaire du 22 mai sur les retraites, ont annoncé la CGT et la CFDT.

La préfecture de police dénombrait pour sa part 18.000 manifestants, contre 28.000 lors de la journée unitaire du 22 mai sur les retraites.

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a reconnu au départ du cortège parisien que la participation aux manifestations était "pour l’instant légèrement inférieure au 22 mai" pour cause notamment de "division syndicale", mais n’était pas "un baroud d’honneur".

Atteint d’une lombalgie et marchant lentement, le leader cégétiste a fait une brève apparition place de la Bastille, d’où devait partir la manifestation parisienne, mais ne s’est pas joint au défilé. Ses homologues de la CFDT et de la FSU, François Chérèque et Gérard Aschieri, sont venus le saluer, devant les photographes, à la terrasse du restaurant où il se trouvait.

"La participation est pour l’instant légèrement inférieure à celle du 22 mai, elle est plus importante chez les salariés du privé. Si l’on tient compte que certains fonctionnaires se sont déjà mobilisés la semaine dernière, on arrive à un degré de mobilisation assez voisin du 22 mai", a-t-il dit avant le début de la manifestation parisienne.

Pour M. Thibault, "la division syndicale a manifestement pesé".

"Je ne pense pas que c’est un baroud d’honneur. Nous avons le terreau pour poursuivre. Nous allons travailler à une rentrée en fanfare", a ajouté le leader de la CGT.

4 à 6.000 personnes ont défilé à Lyon (contre 8.500 à 12.000 le 22 mai), 6 à 15.000 à Grenoble (contre 8 à 30.000), 1.300 à 2.000 à Strasbourg (contre 2.200 à 6.000) et 1.500 à 3.500 à Nice (contre 2.500 à 10.000).

A Marseille, si le chiffre de la police est inférieur à celui du 22 mai (4.000 contre 8.200), celui des organisateurs est le même (60.000).

A Rennes, 3.500 personnes ont manifesté selon la police et 7.500 selon les organisateurs. Ils étaient entre 5.500 et 10.000 le 22 mai.

La CGT et la CFDT, à l’origine de cette journée d’action, à laquelle participent aussi Solidaires (syndicats Sud) et la FSU, s’étaient tous les deux fixé comme objectif de rassembler plus de personnes dans les rues que lors de la journée du 22 mai, à laquelle appelaient tous les syndicats.

Quelque 124 manifestations devaient avoir lieu mardi dans toute la France, a précisé la CGT.

Le 22 mai, la journée d’action était unitaire, à l’appel d’une intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa.

Les perturbations entraînées par ce mouvement étaient limitées dans les transports urbains. Les trafics SNCF et RATP étaient conformes aux services annoncés, avec peu de perturbations, sauf sur certains TER, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées et Pays de la Loire.

En Ile-de-France, la circulation des métros et des trains était quasi normale, à l’exception du RER B et de deux lignes au départ de la gare Saint-Lazare, fortement touchés. Des perturbations plus significatives touchaient certains réseaux de bus et de tramways en province, en particulier à Nice et à Rennes.

"Environ 7%" des agents de la SNCF se sont mis en grève mardi à l’appel de la CGT-cheminots, a indiqué le président de la SNCF, Guillaume Pepy, en marge d’un point-presse sur les TER.

Un porte-parole de la direction de la SNCF a précisé que la proportion de grévistes s’élevait exactement à 7,6% à 11H00.

Les directions de La Poste et France Télécom ont recensé respectivement 5,5% et 8,7% de grévistes à la mi-journée, et "aucune perturbation".

Le taux de grévistes s’élevait à 2,8% dans les trois Fonctions publiques en milieu de journée, et 3,5% dans la seule Fonction publique d’Etat, a indiqué le ministère.

Le 22 mai, dernière journée d’action sur les retraites, les taux de grévistes s’élevaient à 8,6% dans l’ensemble des trois Fonctions publiques et à 9,1% dans la Fonction publique d’Etat.

Le ministère de l’Education a fait état mardi d’un faible taux d’enseignants grévistes, de moins de 3% dans le primaire et le secondaire réunis, avec un maximum de 5,09% en collèges. Pour l’ensemble des enseignants et personnels du primaire et du secondaire, le taux de grévistes est en moyenne de 2,68%, selon un communiqué.

Les travailleurs portuaires, qui protestent par ailleurs depuis deux mois contre une réforme de leur secteur, étaient également appelés à l’action ainsi que les salariés des transports aériens. Le trafic aérien était toutefois normal mardi matin, selon la direction générale de l’aviation civile (DGAC)

La grève, soutenue par les partis de gauche et les écologistes, a en revanche perturbé les tranches matinales de France Inter et de France Musique.

Nouvelle journée d’action pour les retraites et les 35h

REUTERS - mardi 17 juin 2008, 06h34

La CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU appellent salariés du public et du privé à manifester ce mardi à travers la France pour s’opposer aux projets du gouvernement sur les retraites et le temps de travail.

Après une faible mobilisation le 10 juin dans la fonction publique, la CGT espère réunir plus de monde que le 22 mai, où elle avait revendiqué 700.000 manifestants à travers le pays. Plus de 120 défilés sont annoncés.

Mais la division syndicale risque de peser. FO, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa boudent en effet cette journée, reprochant à la CGT et à la CFDT d’avoir signé avec le patronat un texte ouvrant la porte à un aménagement des 35 heures.

Dans les transports, la SNCF et la RATP prévoient de faibles perturbations.

Le trafic TGV et grandes lignes est normal mais les Trains express régionaux (TER) connaissent "quelques perturbations" dans le Sud, notamment en Aquitaine, Languedoc-Roussillon, et en Midi-Pyrénées, selon la SNCF.

La circulation des trains est également perturbée sur le réseau Transilien de Paris Saint-Lazare, avec une prévision de trafic de 65% en heure de pointe.

Dans les transports en commun à Paris, seule la ligne B du RER est affectée, avec un train sur deux, et l’interconnexion à la Gare du Nord est suspendue. Le trafic est normal sur le reste du réseau RER, les métros et les bus, selon la RATP.

La direction d’Air France ne prévoit pas d’annulations ou de retards de vols, malgré les préavis de la CGT et de la CFDT, mais la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) n’exclut pas néanmoins quelques perturbations, notamment en début de journée, et invite les passagers à s’informer directement auprès de leur compagnie.

"DÉBAT POLITIQUE"

Les syndicats s’opposent à l’allongement à 41 ans en 2012 de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein et au large assouplissement des 35 heures prévu par l’avant-projet de loi qui sera présenté mercredi en conseil des ministres.

Mais la détermination du gouvernement, qui a répété qu’il ne reculerait pas sur ces questions, et l’attentisme de l’opinion font douter certains d’entre eux.

François Chérèque et Bernard Thibault, dirigeants de la CFDT et de la CGT, estiment que le gouvernement a menti sur la question des 35 heures et risque de provoquer une perte de confiance durable s’il ne recule pas sur ce dossier.

"La confiance est rompue", redit François Chérèque dans un entretien publié mardi par Le Parisien.

Jean-Baptiste Vey et Gérard Bon, édité par Sophie Louet

Pluralisme anémié sur France Inter : nouveaux décomptes des cartons d’invitation

Mathias Reymond - ACRIMED- Publié le jeudi 12 juin 2008

« Ecoutez la différence » ? Ecoutons la différence… pas si différente de celle des autres radios généralistes en matière de pluralisme des idées et des opinions, comme on a déjà eu l’occasion de le vérifier lors de la campagne référendaire de 2005, lors de l’élection présidentielle de 2007 ou dans les émissions économiques [1].

Confirmation par le décompte des cartons d’invitation distribués par Nicolas Demorand dans les matinales de France Inter et Roland Mihaïl le dimanche à 18h30 : ils n’aiment pas s’encombrer de voix dissonantes.

Les invités de Nicolas Demorand

Si la tranche matinale (7h-10h) de France Inter est l’une des plus écoutées de la station, c’est aussi là que le pluralisme est le plus anémié [2].

Sur 199 émissions programmées entre le 3 septembre 2007 et le 9 juin 2008, on ne compte pas moins de 329 invités (parfois les mêmes). Nicolas Demorand (ou son remplaçant) interroge généralement une seule personne, mais occasionnellement – lors d’émissions spéciales, par exemple – plusieurs.

Si l’on met de côté les émissions consacrées à des pays étrangers (Israël, Palestine, Italie, Russie…) et à des thèmes particuliers (l’euthanasie, la maladie d’Alzheimer, la situation politique en Corse…) où il peut arriver qu’une demi-douzaine d’invités se bousculent le même jour devant un même micro (38 invitations), et si l’on écarte les 26 invités sans appartenance politique ou idéologique déclarée (juristes, sportifs, médecins, etc.), les 18 associatifs (AIDS, …) et les 19 artistes, on recense 228 invitations politiques au sens large du terme. 228 invités dont les discours sont idéologiquement marqués.

Sur ces 228 invitations 127 invitations s’adressaient à de personnalités politiques, dont 58% pour l’UMP ou le gouvernement Fillon et 29% pour le PS (soit 87% pour l’UMPS, comme on dit parfois), les places restantes étant chichement offertes aux Verts (3,3%), au FN (1,7%), au Modem (3,3%) et à la gauche extra-parlementaire (4,7%). Ces chiffres révèlent, sans surprise, que la diversité politique s’efface devant l’opposition entre les deux grands partis de gouvernement.

A cela, on peut ajouter 26 experts qui enseignent le libéralisme économique (Jacques Attali, Patrick Artus, Daniel Cohen, Pascal Perrineau, Jean-Paul Betbèze, etc.), 21 philosophes et sociologues qui adorent les médias (Bernard-Henri Lévy – 3 fois -, Glucksmann père et fils, Alain Finkielkraut, etc.), 15 journalistes qui pérorent partout (Jean-François Kahn, Jean-Marie Colombani, etc.), 12 représentants du patronat (Medef et PDG), et quelques stars de la mondialisation libérale (Bill Clinton, Tony Blair, Pascal Lamy ou Jean-Claude Junker).

C’est beaucoup comparé aux 4 intellectuels plus ou moins hétérodoxes, comme Joseph Stiglitz, Jean Ziegler ou Michel Onfray et aux 10 syndicalistes radicaux. Sur 14 syndicalistes invités, il est vrai, 10 ne se bornent pas, à des titres divers (CGT, FO ou SUD) à préconiser un syndicalisme d’accompagnement des réformes gouvernementales.

Bilan : pour 87 apôtres de la pensée dominante, on compte seulement 14 hérétiques inégalement avérés.

Sur ces 228 convocations au micro de Demorand, on peut donc assurément classer les 74 UMP, les 4 Modem, les 2 FN, les 12 représentants du patronat, et les 9 stars internationales du côté des défenseurs du capitalisme.

En s’attribuant une (large) marge d’erreur de 5%, on peut dire que 95% des 41 PS-Verts, 95% des 26 experts, 95% des 21 philosophes des médias, 95% des 15 journalistes et 3 des 4 syndicats réformateurs (le quatrième étant l’UNEF) sont favorables à l’économie de marché. On obtient ainsi un total de 202 invités (parfois cumulés) favorables au libéralisme économique.

Chez les hétérodoxes, on peut formellement classer (en étant toujours très ouvert et consensuel) les 6 personnalités politiques de la gauche de gauche, les 10 syndicalistes et les 4 penseurs hétérodoxes, comme des critiques du libéralisme économique, auxquels on peut ajouter, 6 invités inclassables ou qui se réclament plus ou moins ouvertement de la gauche du PS comme Jean-Luc Mélenchon, Benjamin Stora, Bruno Julliard ou Marc Ferro. Soient un total de 26 invitations.

En définitive, sur les 228 invitations politiques ou idéologiques des matinales de France Inter, 88,6% sont des adeptes de la pensée de marché et des zélateurs de la mondialisation libérale et 11,4% y sont plus ou moins opposés…

Pluralisme, quand tu nous tiens…

Les invités de Roland Mihaïl

Cette disproportion… disproportionnée l’est encore plus dans le 18/20 dominical de France Inter, présenté par Pierre Weil. Durant cette émission, Roland Mihaïl interviewe un invité pendant une dizaine de minutes.

Sur les 33 invitations entre le 7 octobre 2007 et le 8 juin 2008, 12 places ont été attribuées à des membres de l’UMP ou du gouvernement Fillon, 3 au Parti socialiste, et zéro à d’autres organisations politiques. Les PDG, représentants du Medef ou autres directeurs d’entreprises, ont eu droit à 6 invitations. Les experts orthodoxes (Jacques Attali, Jean-Luc Parodi) se sont exprimés deux fois.

A côté de cette armée de gardiens de la pensée dominante, les syndicalistes n’ont pu s’exprimer que 3 fois. A cela ajoutons, le juge Bruguières, le dessinateur Plantu (Le Monde), Bernard Lapasset – président de la fédération française de rugby -, le chrétien-démocrate Jean-Claude Junker, 1er ministre Luxembourgeois, et trois représentants des communautés religieuse : 2 chrétiens et un juif (Richard Prasquier, le président du CRIF). Des représentants de l’Islam ? Zéro. Des invités se réclamant de la confession musulmane ? Zéro.

France Inter, « la différence » ? Certainement. La radio marque son originalité, puisque sur les 33 invitations dominicales, 29 étaient masculines et 4 féminines.

France Inter, « la différence » ? A n’en pas douter. Sur les 33 invitations, 2 voix ouvertement critiques se sont exprimées (Bernard Thibault de la CGT, et Jean-Claude Mailly de FO), 4 voix « réformatrices » (Jack Lang, François Hollande – deux fois -, et François Chérèque de la CFDT), et 21 voix totalement ajustées à la doxa dominante (12 UMP ou membres du gouvernement, 6 représentants du patronat, 2 experts libéraux, et Jean-Claude Junker).

Pluralisme, quand tu nous tiens… (bis)

Mathias Reymond

Nota bene : Régulièrement, on nous objecte : « Oui, mais… Et l’émission de Daniel Mermet ? » (qui n’a pas, il est vrai, d’équivalent sur les autres radios généralistes). A quoi, il suffit de répondre que :

1/ « Là-bas si j’y suis » est d’abord une émission d’enquêtes et de reportages. Orientées ? Certes… Mais pourquoi n’y en a-t-il pas plus, orientées différemment ? ;

2/ Cette émission doit d’abord son audience à sa qualité et non aux horaires de sa diffusion, tandis que le pluralisme anémié est réservées aux horaires de grande écoute ;

3/ La « niche » consentie est une « niche » concédée, sans enthousiasme particulier, pour des raisons d’image : Daniel Mermet et son équipe ne sont pas dupes.


[1] Voir Les invités des matinales de la radio ou Les voix enchanteresses de l’économie sur France Inter.

[2] Décompte effectué grâce à la banque de données du journal Le Plan B.


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