AID Association initiatives dionysiennes
La métropole s’agite, la Réunion chipote

Front social : une semaine chargée

lundi 16 juin 2008 par JMT

Malgré la sanction populaire des dernières élections municipales, Sarkozy et son gouvernement ne cessent d’amplifier leur politique antisociale. Non seulement ils ne font rien pour les salaires et le pouvoir d’achat, mais ils s’attaquent à tous nos acquis sociaux. Hier, les franchises médicales, aujourd’hui les 35 heures et à nouveau les retraites.

APPEL D’AID POUR LA REUNION

MANIFESTATION UNITAIRE – 17 JUIN - 9h30 au Petit Marché à St Denis

Tous ensemble contre la régression sociale !

Malgré la sanction populaire des dernières élections municipales, Sarkozy et son gouvernement ne cessent d’amplifier leur politique antisociale. Non seulement ils ne font rien pour les salaires et le pouvoir d’achat, mais ils s’attaquent à tous nos acquis sociaux. Hier, les franchises médicales, aujourd’hui les 35 heures et à nouveau les retraites.

Ne les laissons pas faire !

Mardi 17 juin, avec les organisations syndicales, mobilisons-nous massivement !

Défendons les 35 heures !

Travailler plus pour le même salaire, voilà ce qui nous attend si le projet de loi remettant en cause les 35h devait être adopté. Dans ce projet, l’article 16 – le pire de tous – prévoit notamment que la durée du travail de tout salarié pourra être fixée sans accord collectif préalable par une convention individuelle de forfait en heures ou en jours qui pourra dépasser la durée légale.

Sans obligation pour les employeurs de payer les heures supplémentaires effectuées dans le cadre de ces forfaits. Les limites journalières (10h) et hebdomadaires (48h) pourront être dépassées. Ainsi que le nombre maximum de jours travaillés dans l’année (218).

Avec ce projet, il deviendrait possible de travailler 53 jours de plus dans l’année sans augmentation de salaire. Sous couvert « d’en finir avec le carcan des 35 heures », ce projet vise en réalité à faire disparaître toute réglementation de la durée du travail et tous les droits collectifs qui s’y rattachent en matière de salaires et de conditions de travail. Ce serait un immense recul social.

Retraites : non aux annuités supplémentaires !

41 annuités de cotisations, bientôt 42. Où s’arrêtera l’escalade ? Pourquoi pas demain la retraite à 63 ans comme le réclame le MEDEF par la voix de sa présidente ? Le gouvernement nous assure la main sur le coeur que c’est le seul moyen de maintenir le montant actuel de nos retraites.

Il ment et il le sait parfaitement car la durée de carrière moyenne des salariés reste de 37 ans (entrée dans l’emploi de plus en plus tardive, mises en pré-retraite, chômage massif des plus de 55 ans). Le seul effet de l’allongement prévu de la durée de cotisation sera de rendre de plus en plus difficile l’obtention d’une retraite à taux plein. Le but réel : nous pousser à financer nous- mêmes une partie de plus en plus importante de notre retraite en cotisant à des assurances privées qui en tireront de juteux bénéfices.

Pour ceux qui n’auront pas les moyens de payer, il restera le minimum vieillesse (628 euros par mois). Sûr qu’avec ça l’espérance de vie cessera d’augmenter et qu’on pourra baisser les « charges » des entreprises puisqu’il y aura de moins en moins de retraités à payer.

La solution : partager les richesses

La France n’est pas en faillite, elle n’a jamais été aussi riche, mais jamais la richesse n’a été aussi inégalement répartie. En cinq ans, les entreprises du CAC 40 ont multiplié leurs bénéfices par deux (de 57 à 105 milliards d’euros).

Les 500 familles les plus riches se partagent 280 milliards d’euros soit 15% de la richesse nationale (PIB), contre 6% il y a dix ans. Encore plus fort, les revenus des grands patrons ont augmenté de 40% entre 2006 et 2007.

Sans oublier les 65 milliards d’exonérations de cotisations sociales accordées chaque année aux entreprises, les 73 milliards de réduction d’impôts dont bénéficient les grandes fortunes par le biais des « niches fiscales » les plus diverses et, bien sûr, le désormais célèbre « cadeau fiscal » de 15 milliards que Sarkozy a offert aux plus riches pour fêter son élection l’année dernière.

N’en déplaise à Mme Parisot, il y a dans notre pays plusieurs dizaines de milliards d’euros disponibles, récupérables et transférables en toute équité pour répondre aux besoins vitaux de nos concitoyens.

téléchargez et imprimez le tract d’AID pour le 17 juin 2008

PDF - 120.8 ko
AIDtract20080617

Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ?

L’Association Initiatives Dionysiennes est un regroupement de citoyens qui veulent une gauche qui s’attaque véritablement à la domination du capitalisme libéral, aux injustices sociales et aux désastres environnementaux qu’il engendre ici et partout dans le monde.

AID agit pour le rapprochement politique de toutes les forces de la gauche antilibérale et de l’écologie progressiste.

Les réunions organisées par L’Association Initiatives Dionysiennes, Repaire de là-bas si j’y suis, Amis du monde diplomatique et Caféco,se déroulent les 2è, 3è et 4è jeudis du mois à 18h00 au café restaurant « La Tour de Mir » à Ste Clotilde.

Ces réunions sont ouvertes. Pour nous contacter : initiatives.dionysiennes@laposte.net

Information sur une initiative nationale relayée à La Réunion par certains de nos membres

L’alternative à gauche, organisons-la !

Alors que les attaques de la droite au pouvoir contre les salariés et les chômeurs se démultiplient, plusieurs dizaines de personnalités de gauche, du mouvement syndical et associatif, du monde de la recherche et de la culture viennent de lancer un appel au rassemblement de toutes les forces de gauche qui refusent le libéralisme.

Publié dans l’hebdomadaire POLITIS, cet appel reçu en quelques jours le soutien de plus de 8000 citoyens.

Pour en prendre connaissance et le signer : http://www.appel-a-gauche.org

Pour la constitution d’un groupe local suite à cet appel : georges.blanchon@wanadoo.fr

Routiers, taxis, ambulanciers perturbent la circulation dans plusieurs régions

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

AFP/FREDERICK FLORIN Des camions à Selestat, dans le Bas-Rhin, lors de l’opération escargot oragnisée par les trois principaux syndicats de routiers, lundi 16 juin.

Les routiers ont ouvert, lundi 16 juin, une semaine sociale qui s’annonce tendue avec la manifestation pour la défense des 35 heures et des retraites le 17 juin. Toujours remontés contre le prix trop élevé du gazole, les transporteurs routiers veulent maintenir la pression en organisant de nouveau dans toute la France une série d’opérations de protestation à l’appel des trois principales organisations du secteur. Ils ont toutefois pris soin de programmer leurs actions entre 9 heures et 16 heures pour ne pas gêner outre mesure les candidats au baccalauréat.

Ailleurs en Europe

Le mouvement des routiers continue également dans d’autres pays européens.

En Espagne, une organisation de routiers a annoncé à partir de dimanche une marche sur Madrid pour protester contre l’absence de réaction du gouvernement. Cette association de routiers indépendants avait été la première à se mettre en "grève illimitée", le vendredi 6 juin, avant que le syndicat des petits patrons routiers espagnols Fenadismer n’engage, trois jours après, un mouvement similaire. Depuis, Fenadismer et deux autres syndicats, Cofedetrans et Antid, ont suspendu temporairement le mouvement.

En Allemagne, Karlheinz Schmidt, responsable de la fédération patronale du secteur, a annoncé que les transporteurs routiers allemands vont devoir augmenter leurs tarifs de 10 % environ cette année, à cause du prix élevé des carburants. –(Avec AFP.)

Dès l’aube, un cortège d’une centaine d’ambulanciers s’est formé au péage de Saint-Arnoult, dans les Yvelines, et les véhicules se sont rendus ensemble devant le ministère de la santé à Paris, a annoncé le Centre national d’informations routières (CNIR).

Plusieurs dizaines de transporteurs routiers sont également rassemblés au Perthus, sur l’autoroute A9 à la frontière franco-espagnole. "On ne va pas bloquer la circulation, mais après cette action au Perthus, nous allons participer à une opération escargot", a déclaré Roland Bacou, responsable régional Languedoc-Roussillon de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers (Unostra).

PERTURBATIONS DANS UNE MAJORITÉ D’AGGLOMÉRATIONS

Sur la rocade bordelaise, une soixantaine de camions et des taxis ont perturbé la circulation sur la RN 10 entre 9 heures et 12 heures, afin de protester contre la hausse des prix du gazole.

Dans l’Est, un double convoi, comprenant environ 120 véhicules au total, a démarré de Sélestat, dans le Bas-Rhin, vers le nord et le sud de l’Alsace, freinant le trafic sur l’A35, l’A36 et l’A4. Les artisans taxis strasbourgeois ont également organisé une "marche lente" à partir de 10 h 30 dans le centre-ville de Strasbourg.

La circulation était en revanche coupée en début d’après-midi sur l’autoroute A81 en direction de Paris à hauteur de La Gravelle, près de Laval. "Les routiers bloquent le péage en direction de Paris depuis environ 13 h 15 et empêchent tout véhicule d’entrer sur l’autoroute", a précisé le Centre régional d’informations routières (CRIR).

A Toulouse, la circulation à faible allure de plusieurs dizaines de poids lourds provoquait des bouchons cumulés de plus d’une dizaine de kilomètres, sur l’autoroute A64, entre Roques et Bordelongue.

Une opération escargot a été lancée par les routiers en Charente-Maritime à Chevance, sur la RN 10 en direction de Bordeaux.

A Nice, des barrages filtrants ont perturbé les accès à l’aéroport sans conséquences graves ni embouteillages.

Sur l’autoroute A7, dans la région de Salon-de-Provence, une opération escargot rassemblant une centaine de poids lourds a pris la direction du site pétrolier de La Mède, avant de se disloquer vers 13 heures.

Des opérations ayant perturbé le trafic ont également eu lieu sur les rocades de Montauban (Tarn-et-Garonne), Auch (Gers), Tarbes (Hautes-Pyrénées), Auch et Perpignan.

A Orléans, 120 poids lourds ont ralenti le trafic sur la RN 20, avant de se regrouper au centre-ville pour dresser un bûcher avec un camion en plastique sur une potence.

Le trafic sur l’A13 et l’A131 au départ de Rouen et Caen a également été ralenti. Les abords des agglomérations de Lyon, Dijon, Nevers et Auxerre étaient aussi concernés.

Etranglés par la cherté du pétrole – le poste carburant représentant 30 % de leurs dépenses –, les routiers français estiment souffrir d’une fiscalité désavantageuse comparé à leurs rivaux européens, aussi bien sur le gazole que dans le domaine social.

"Nous avons demandé un gazole européen professionnel pour que tout le monde ait le même tarif", a rappelé Jérôme Cordier, secrétaire national de l’Unostra.

La table-ronde patronat-syndicat-gouvernement au ministère des transports prévue le 19 juin s’annonce chargée. La FNTR compte reconduire ses actions de protestation le 25 juin, au cas où elle ne serait pas entendue.

La journée de mardi, point d’orgue d’une semaine sociale agitée

LEMONDE.FR

Mardi 17 juin : transports et fonctionnaires mobilisés sur les retraites et les 35 heures

Mercredi 18 juin : grève dans l’audiovisuel, la défense et les cliniques privées

Jeudi 19 juin : les personnels de santé mobilisés

Vendredi 20 juin : manifestation pour la défense des hôpitaux de proximité

Au lendemain de la mobilisation des routiers, ambulanciers et taxis, la CGT et de la CFDT, rejoints par la FSU et Solidaires, ont appelé à une journée d’action mardi 17 juin pour la défense des retraites et des 35 heures. Ces grèves et manifestations ont lieu à la veille de la présentation en conseil des ministres du projet de loi sur la démocratie sociale, un texte qui refond les règles de représentativité syndicale en France et accorde de nouvelles souplesses sur le temps de travail, qui vident de sa substance la loi sur les 35 heures, selon les syndicats.

SNCF. Seule la CGT, premier syndicat de l’entreprise, a déposé un préavis national de grève afin de "permettre aux cheminots de participer aux manifestations".

RATP. La CGT, premier syndicat, est la seule à avoir déposé un préavis de grève.

Transports urbains hors Ile-de-France. Des préavis de grève, allant de 59 minutes à 24 heures, ont été déposés par la CGT et la CFDT dans 43 réseaux : à Marseille, Bordeaux, Toulouse et Rennes ainsi que, par ordre alphabétique, Abbeville, Angoulême, Annemasse, Belfort, Bourges, Boulogne-sur-Mer, Bourges, Brest, Cannes, Charleville-Mézières, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Dijon, Douai, Dunkerque, Evreux, L’Isle d’Abeau, La Rochelle, Le Creusot/Montceau-les-Mines, Le Mans, Lorient, Maubeuge, Montluçon, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Pau, Périgueux, Poitiers, Roanne, Rouen, Saint-Etienne, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Toulon, Vichy, et Vierzon.

Aéroports. La CGT, CFDT et Solidaires ont déposé des préavis nationaux pour couvrir leurs personnels. A Air France, la CGT et la CFDT ont lancé des appels à la grève "pour permettre aux salariés de participer aux manifestations", mais qui devraient être sans conséquences.

Ports. La fédération CGT des ports et docks, ultra-majoritaire dans le secteur, a appelé "l’ensemble des travailleurs portuaires à bloquer les ports pendant quarante-huit heures", jusqu’à mercredi compris, contre la réforme du gouvernement, en cours d’examen par les députés.

Fonction publique. Les fédérations de fonctionnaires CGT, CFDT, Solidaires et FSU ont déposé des préavis nationaux de grève pour les trois fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale). Chaque syndicat est ensuite libre d’appeler à la grève ou seulement à la "mobilisation", c’est-à-dire aux manifestations.

Education. Le SNES-FSU (majoritaire dans les collèges-lycées), le SGEN-CFDT, la CGT et Sud-Education ont déposé des préavis de grève, en demandant pour la plupart de ne pas perturber les épreuves du bac.

La Poste. Trois syndicats (CGT, CFDT, Sud) appellent à la grève.

France Telecom. La CGT, la CFDT et Sud appellent à la grève.

Météo France. Poursuite de la grève prévue jusqu’au 24 juin. Les syndicats dénoncent le "plan stratégique 2009-2017" de la direction, qui prévoit 500 à 550 suppressions d’emplois et la fermeture de la plupart des centres départementaux durant cette période.

Audiovisuel public. L’intersyndicale, qui regroupe dix syndicats, appelle à un arrêt de travail de 24 heures pour "sauver le service public audiovisuel", et "défendre le pluralisme de l’information", une semaine avant la remise du rapport de la commission Copé sur la télévision publique sans publicité. L’appel concerne l’ensemble des chaînes de France Télévisions et de Radio France, ainsi que Radio France Internationale (RFI) et l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

Santé. Journée nationale de mobilisation des cliniques privées pour demander une "hausse de salaire pour tous", après une "perte de pouvoir d’achat" de 11 % en huit ans qui a provoqué l’apparition de "salariés pauvres" dans le secteur. L’intersyndicale des fédérations santé CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO "appelle l’ensemble des salariés du secteur à se mobiliser et à lancer toutes les actions que ceux-ci jugeront utiles [grèves, débrayages, assemblées générales...]".

Défense. Quatre fédérations (CGT, CFDT, FO et UNSA) appellent à la grève et à des manifestations régionales, pour protester contre les choix du "livre blanc" de la défense, au lendemain de la présentation par Nicolas Sarkozy des orientations pour les quinze prochaines années.

Ports. La fédération CGT des ports et docks appelle à poursuivre les blocages des ports commencés mardi.

Santé. Six syndicats (CGT, Sud, FO, UNSA, Sniass, CFTC), appellent les fonctionnaires du secteur à la grève pour défendre les Ddass et les Drass (Directions départementales et régionales des affaires sanitaires et sociales), menacées de démantèlement par la révision générale des politiques publiques. Une manifestation devant le ministère de la santé à Paris est prévue à 11 heures.

Santé. Les comités de défense des hôpitaux de proximité appellent à manifester à Rennes contre la fermeture de maternités, services d’urgence ou de chirurgie, notamment en Bretagne, qui "vont entraîner des difficultés" pour la population, a annoncé la CGT-Santé, premier syndicat des hôpitaux.

Grèves - Les routiers lancent le bal d’une semaine chargée

le 16/06/2008 - 09h54

Crédit Photo : TF1/LCI "Opération escargot" de routiers sur l’A86, près de La Défense (3 juin 2008)

Alors que routiers, mais aussi ambulanciers et taxis manifestent ce lundi, mardi donnera le signal de la mobilisation dans les transports et la fonction publique.Le motif de cette nouvelle vague de protestation mardi : le temps de travail et les retraites.

Après une semaine d’actions symboliques dans tout l’hexagone, les principaux syndicats de transporteurs routiers ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation, avec 3000 camions annoncés sur les routes les plus fréquentées des régions pour entraver la circulation. Tout aussi frappés par la hausse du carburant, les ambulanciers privés et les chauffeurs de taxis défilent également.

Dans l’espoir d’une mobilisation plus convaincante

Le gouvernement a promis jusqu’à présent aux transporteurs un étalement du paiement des charges fiscales et sociales et un versement anticipé de 100 millions d’euros au titre d’une accélération du remboursement de la TIPP. Mais des routiers exigent des allégements de taxes et le gel des péages, ou un plan d’urgence, notamment. Le mouvement pourrait être reconduit dans l’attente d’une rencontre au secrétariat d’Etat aux Transports jeudi. Cette table ronde patronat-syndicat-gouvernement s’annonce chargée.

Mardi, confrontées à la faible mobilisation de leurs troupes le 10 juin dans la fonction publique, la CGT, la CFDT, la FSU et Sud-Solidaires espèrent faire une démonstration plus convaincante de leur mécontentent sur le dossier des 35 heures et les retraites. Cette fois, les syndicats misent sur une mobilisation de la rue - des salariés du public comme du privé- avec des manifestations à Paris et dans plus de la moitié des départements. Des préavis de grève ont été déposés pour permettre aux fonctionnaires ou aux salariés qui le voudraient de manifester.

Voici les secteurs concernés.

Fonction publique : les fédérations de fonctionnaires CGT, CFDT, Solidaires et FSU ont déposé des préavis nationaux de grève pour les trois fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale).

Education : le Sgen-CFDT a appelé "tous les personnels" à se mobiliser, tout en demandant de tout faire pour ne pas perturber les épreuves du bac. La FSU a appelé à la mobilisation, Sud-Education a appelé à la grève.

SNCF : seule la CGT, premier syndicat de l’entreprise, a déposé un préavis national de grève. Selon la direction, la circulation des trains ne devrait être que légèrement perturbée, avec un trafic TGV et Corail normal. Pour les TER, des perturbations, variables selon les régions et les lignes, sont en revanche à prévoir dans les régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Pays-de-la-Loire. Le trafic transilien sera quasiment normal, avec de légères perturbations sur certaines lignes de la gare Saint-Lazare.

RATP : comme à la SNCF, la CGT, premier syndicat, est le seul syndicat à avoir déposé un préavis de grève. La direction a fait savoir que le trafic sera "quasi normal", à l’exception de perturbations sur le RER B. (Lire notre article)

Transports urbains : des préavis de grève, allant de 59 minutes à 24 heures ont été déposés dans 43 réseaux (Abbeville, Angoulême, Annemasse, Belfort, Bordeaux, Bourges, Boulogne-Sur-Mer, Bourges, Brest, Cannes, Charleville-Mézières, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Creusot/Montceau-les-mines, Dijon, Douai, Dunkerque, Evreux, L’Isle d’Abeau, La Rochelle, Le Mans, Lorient, Marseille, Maubeuge, Montluçon, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Pau, Périgueux, Poitiers, Rennes, Roanne, Rouen, Saint-Etienne, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Toulon, Toulouse, Vichy, Vierzon).

Aéroports : CGT, CFDT et Solidaires ont déposé des préavis nationaux pour couvrir leurs personnels. Des "perturbations" du trafic aérien sont "possibles, notamment en début de journée", a fait savoir la DGAC.

Ports : la fédération CGT des ports et docks, ultra majoritaire dans le secteur, a appelé "l’ensemble des travailleurs portuaires à bloquer les ports pendant 48 heures les 17 et 18 juin" contre la réforme voulue par le gouvernement.

France Telecom : CGT, CFDT, Sud, les trois premiers syndicats de l’entreprise représentant plus de 70% du personnel, ont appelé à la grève.

La Poste : Trois syndicats (CGT, CFDT, Sud) ont appelé à la grève.

Le gouvernement tambour-battant sur le front social

REUTERS : dimanche 15 juin 2008 par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement tente de boucler une partie de son agenda économique et social avec des réformes emblématiques comme celles des retraites, du marché du travail et des 35 heures.

L’heure est propice mais il prend le risque de braquer l’opinion et les syndicats réformistes pour des réformes plus symboliques qu’efficaces à court terme, estiment des analystes politiques.

En quelques semaines, l’allongement de la durée des cotisations retraites, le durcissement du contrôle des chômeurs et une vaste réforme du temps de travail ont été lancés.

"Il y a une crispation sociale extrêmement forte qu’on n’avait pas vue depuis des années, un terrain social miné, et pourtant le gouvernement arrive à faire passer des réformes", note Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop.

"La forêt est sèche, sèche, sèche, mais tous les ingrédients pour que l’incendie démarre ne sont pas réunis", explique pour sa part Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion.

Malgré des grèves et manifestations, la contestation n’a pas cristallisé et les dernières actions ont été faiblement suivies.

En cause, la division des syndicats, l’approche des vacances d’été et un doute sur le résultat de ces protestations.

"On peut ressentir une certaine lassitude dans l’opinion publique et parmi les salariés face à des appels répétés à des mouvements sociaux qui ne sont pas forcément efficaces", estime Guy Groux, spécialiste des relations sociales au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

SYNDICATS PARALYSÉS

Le pessimisme ambiant a de plus atteint un niveau record, avec un moral des ménages à son plus bas niveau depuis la création de l’enquête mensuelle de l’Insee, il y a 21 ans.

"On a un pessimisme de projection qu’on n’avait pas eu depuis très très longtemps", souligne Frédéric Dabi. "Ca n’aide pas une mobilisation, à l’engagement d’une action collective."

Les syndicats n’ont pas non plus réussi à s’unir pour de nouvelles manifestations, mardi, sur les retraites et les 35 heures, auxquelles appellent CGT, CFDT, Solidaires et FSU.

"Les syndicats sont aujourd’hui totalement paralysés", juge Guy Groux. "Non seulement ils sont plus divisés que jamais mais ces divisions impliquent des logiques d’intérêts, d’appareils, qui priment parfois sur l’intérêt des salariés", ajoute-t-il.

A l’origine de la brouille, la signature par la CGT et la CFDT d’une position commune avec le Medef et la CGPME qui donne plus de pouvoir aux gros syndicats tout en ouvrant la voie à un assouplissement des 35 heures.

Depuis que le gouvernement a dépassé de très loin, dans l’avant-projet de loi transposant la "position commune", l’assouplissement concédé par la CGT et la CFDT, les petits syndicats les accusent d’avoir ouvert la boîte de Pandore.

"Les syndicats sont divisés, on approche de la période estivale, le gouvernement se dit sans doute : ’C’est le bon timing, allons-y’", explique Gaël Sliman.

Pourtant, disent ces spécialistes, les 35 heures, pourraient être le détonateur d’un mouvement social plus large en septembre.

Selon Gaël Sliman, "les Français ne sont pas convaincus que les 35 heures soient une mauvaise chose, donc c’est potentiellement dangereux".

"Si l’on va trop loin, ça peut paraître comme un sujet de contestation légitime, surtout si l’opinion juge qu’il n’a pas été annoncé clairement pendant la campagne", ajoute-t-il.

"ÉTAIT-CE VRAIMENT NÉCESSAIRE ?"

Pour Guy Groux, le gouvernement a commis un vrai faux pas en dénaturant la "position commune".

"C’est tellement une erreur que pour la première fois, on a affaire à un front uni qui lie, non seulement deux syndicats pendant longtemps très éloignés l’un de l’autre, la CGT et la CFDT, mais auquel s’agrège le Medef", explique-t-il.

"C’est une erreur politique car ça a aussi permis à Force ouvrière et à d’autres de dénoncer les parties signataires et notamment la CGT, alors qu’on sait que la direction de la CGT fait d’immenses efforts pour faire évoluer la CGT vers un syndicat beaucoup plus moderne, beaucoup plus réformiste."

Réformer encore les 35 heures, "était-ce vraiment nécessaire ?", s’interroge Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis, pour qui "les 35 heures n’existent quasiment plus de facto depuis cinq ans".

"C’est un débat politique car les contingents d’heures supplémentaires ont été relevés et relevés en permanence et ils sont loin, loin, d’être saturés", ajoute-t-il.

Pour Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas, "un peu de souplesse dans le temps de travail peut être une bonne chose mais on n’en verra probablement pas les effets dans l’immédiat".

"On est dans une phase du cycle où l’on va enregistrer probablement un ralentissement assez marqué, et si vous offrez une flexibilité au-delà de 35 heures elle sera d’autant moins utilisée dans l’immédiat ", ajoute-t-il.

Edité par Marc Joanny

35 heures - Thibault : "Fillon et Bertrand mentent"

D.H. (avec agence) - le 14/06/2008 - 20h50

Crédit Photo : TF1/LCI Bernard Thibault s’exprimant après les voeux de Nicolas Sarkozy aux "forces vives" (17 janvier 2008)

Espérant une forte mobilisation mardi, le leader de la CGT promet, dans le JDD, de "tout faire" pour que le projet sur les 35 heures "ne soit pas adopté". Il reconnaît toutefois que "la division syndicale va peser". Il ne redit d’ailleurs pas, comme il l’avait fait le 2 juin, qu’il "faudrait un million de manifestants".

Le leader de la CGT, Bernard Thibault, estime, dans le Journal du Dimanche, que le Premier ministre François Fillon et le ministre du Travail Xavier Bertrand "mentent" en affirmant permettre aux salariés de rester aux 35 heures.

Le secrétaire général de la CGT reconnaît que "la division syndicale va peser" sur la journée d’action de mardi contre les projets gouvernementaux sur les 35 heures et les retraites, puisque "hormis la CFDT et la CGT, les autres syndicats ne suivent pas".

Il espère toutefois "une mobilisation supérieure à celle du 22 mai qui avait déjà rassemblé 700.000 personnes", mais ne redit pas, comme il l’avait fait le 2 juin, qu’il "faudrait un million de manifestants".

"François Fillon et Xavier Bertrand mentent lorsqu’ils affirment que les salariés pourront choisir de conserver les 35 heures hebdomadaires (...) L’extension du travail au forfait (en heures, en jours, mensuel ou annuel), l’instauration de conventions individuelles et les libertés de laisser se fixer unilatéralement les horaires de travail, représentent un risque de régression du droit des salariés sans précédent", estime-t-il.

"C’est la loi de la jungle qui va s’installer" et "on va tout faire pour que ce texte ne soit pas adopté", prévient-il. "Nous sommes confrontés à un choix politique qui consiste à prendre une revanche idéologique sur l’acquis des 35 heures et à restreindre le champ de la négociation sociale", juge Bernard Thibault.

"Notre démarche est claire : savoir articuler propositions, contestation, mobilisation, négociation. C’est l’attitude du gouvernement qui nous conduit aujourd’hui à privilégier la contestation", ajoute-t-il.

Il juge "scandaleux" que le projet de loi du gouvernement sur le temps de travail et la représentativité syndicale modifie plus de 60 articles du Code du travail et soit susceptible d’être voté "sans aucune concertation", alors que syndicats et patronats s’étaient mis d’accord en janvier sur de nouvelles règles de représentativité et des accords par branches sur le temps de travail, à titre expérimental, moyennant un accord signé par les syndicats majoritaires. "Si le gouvernement confirme qu’il radicalise lui-même son attitude, nous devrons en tenir compte."


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