AID Association initiatives dionysiennes
Division syndicale, divisions entre l’Elysée et l’UMP

35 heures, la bataille continue !

Dialogues de sourds ?

mardi 3 juin 2008 par JMT

35h : "erreur" du gouvernement de vouloir "piéger" les syndicats, selon Bayrou

Afp, 03/06/2008, 10h45

François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), a critiqué mardi la démarche adoptée par le gouvernement pour assouplir les 35 heures, jugeant qu’il fait une grave "erreur" en essayant de "piéger" les syndicats.

"C’est quelque chose qui restera à mon sens comme une des erreurs principales des douze ou treize mois de nouvelle législature", a jugé M. Bayrou sur LCI. "C’est une faute contre la confiance".

"On a dit aux syndicats et à l’ensemble des partenaires sociaux : si vous arrivez à un accord satisfaisant, nous le soutiendrons et il deviendra la loi", a-t-il souligné.

Les syndicats "ont de bonne foi fait un pas important et notable dans le sens d’un assouplissement", a-t-il ajouté. "A ce moment-là, on les piège et on dit : vous avez mis le petit doigt dans la mécanique et on va y passer le bras".

C’est "probablement un moment de tournant, de bascule grave dont il sortira des choses qui ne sont pas favorables pour la société française", a-t-il estimé.

35 heures : les syndicats divisés face au gouvernement

Le Mardi 03 Juin 2008 à 06h32

Divergences syndicales sur les 35 heures et petit recul du gouvernement. Après que la CGT et la CFDT ont signé une position commune sur la réforme des 35 heures, la majorité a voulu dépasser cet accord. Pour protester, les deux syndicats appellent à une journée de mobilisation le 17 juin. Ils ont réussi à obtenir de nouveaux pourparlers avec Xavier Bertrand.

La CGT et la CFDT se sentent flouées par le gouvernement. Alors qu’ils étaient arrivés à une « position commune » sur la réforme des 35 heures, la majorité a décidé d’aller plus loin.

Les deux syndicats et le gouvernement avaient convenu, « à titre expérimental », que le contingent annuel d’heures supplémentaires soit augmenté. Xavier Bertrand, ministre du Travail, veut finalement réaménager en profondeur l’organisation du temps de travail.

Une démarche que François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) jugent inacceptable. Les deux syndicats appellent donc à une journée de mobilisation le 17 juin prochain. Mais ils ne sont pas suivis par Force Ouvrière, la CFTC, la CGC et Unsa, qui n’avaient pas convenu de la position commune.

Du coup, même si la CGT et la CFDT restent seules, le gouvernement freine un peu. Xavier Bertrand a notamment repoussé du 11 au 18 juin l’examen du projet de loi en conseil des ministres afin de se laisser le temps de « voir les suggestions et les remarques des partenaires sociaux ».

Marie Billon

35 heures – Bernard Thibault veut 1 million de salariés dans la rue

France Soir (avec Reuters), le lundi 2 juin 2008 à 12:19

Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, espère qu’au moins un million de personnes descendront dans la rue à l’appel de la journée d’action nationale pour la défense des 35 heures, le 17 juin. Il estime, dans un entretien paru lundi dans le Parisien, que l’attitude des pouvoirs publics sera lié à la mobilisation de ce jour-là.

« Tout dépend de la mobilisation des salariés. Nous devons être plus nombreux dans la rue le 17 juin que nous l’avons été le 22 mai pour les retraites », a-t-il dit. « Il y avait 700 000 manifestants, il en faudrait un million. »

La CGT et la CFDT, qui ont appelé à des manifestations le 17 juin, ont été rejointes vendredi par les syndicats Sud. FO et la CFE-CGC doivent e prononcer ce lundi sur leur éventuelle participation.

Bernard Thibault accuse Nicolas Sarkozy de « faire impasse » sur la négociation que les syndicats ont eu avec les employeurs sur la représentativité et le temps de travail.

Il reproche au président de « profiter d’un projet de loi sensé transporter uniquement cette position commune du 9 avril pour y introduire une deuxième loi sur le temps de travail. »

« Si le gouvernement s’enferre dans cette attitude, droit dans ses bottes, j’y verrai la preuve que le dialogue social n’est pas possible dans ce pays. Et la CGT aura à revoir sa position », prévient Bernard Thibault. « On ne peut pas admettre d’être reçu uniquement pour la photo et appeler ça u dialogue ».

FO et l’Unsa refusent de se joindre à la manif du 17 juin

Liberation.fr (avec source AFP) : lundi 2 juin 2008

Les deux syndicats n’apprécient pas la recomposition syndicale en cours, et déclinent l’appel lancé par la CGT et la CFDT pour une manifestation le 17 juin sur les retraites et les 35 heures.

Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a indiqué ce matin sur LCI que FO n’appelait pas à participer à la journée d’action du 17 juin sur les retraites et les 35 heures proposée par la CGT et la CFDT. « FO a décidé de ne pas appeler au 17 juin. Une manifestation de plus, ce n’est pas ça qui fera changer le gouvernement » sur les retraites, a-t-il estimé. Il a rappelé que FO, pour sa part, avait proposé sans succès aux autres organisations syndicales « une journée de grève interprofessionnelle ».

« Sur la durée du travail, ce que nous avons confirmé hier (dimanche, lors d’une réunion des instances de FO), c’est qu’il ne fallait pas mettre le doigt dans la porte », a-t-il déclaré à propos de la polémique sur les 35 heures. FO reproche en effet à la CGT et la CFDT d’avoir « donné un feu vert » en signant leur « position commune » avec le patronat sur la représentativité syndicale, qui comportait un assouplissement expérimental des 35 heures.

Bernard Thibault (CGT), Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT), à Toulouse, en mars 2007 (Reuters).

« Le gouvernement s’est engouffré là dedans », pense Jean-Claude Mailly. « Elles ont accepté des concessions graves pour les salariés » et « la manière d’en sortir, c’est que ces organisations retirent leurs signatures », a-t-il dit, répétant une demande déjà formulée la semaine dernière, à laquelle la CGT et la CFDT avaient répondu par la négative.

De son côté, l’Unsa ne participera pas non plus à la journée d’action du 17 juin, jugeant aussi que la CGT et la CFDT, les signataires de la « position commune » sur la représentativité syndicale doivent en « assumer » les conséquences.

« L’Unsa s’est déjà mobilisée sur les retraites notamment en 2003 et lors de la journée du 22 mai, elle est prête encore à le faire. L’Unsa s’est déjà mobilisée sur les 35 heures ; elle est toujours prête à le faire (...) Mais l’Unsa ne se mobilisera pas pour défendre l’accord Medef, CGPME, CGT et CFDT sur la représentativité syndicale », explique-t-elle dans un communiqué.

Il s’agit d’« un mauvais accord dont l’objectif essentiel est d’opérer une recomposition syndicale à froid autour de la CFDT et de la CGT, qui (...) ne peuvent incarner seules les aspirations de tous les salariés de ce pays », juge l’Unsa, décidée à « construire avec la CFE-CGC et tous ceux qui le souhaitent, un pôle réformiste et laïque ».

Le projet de loi sur la démocratie sociale doit être présenté le 18 juin en conseil des ministres, a indiqué ce matin le ministre du Travail Xavier Bertrand.

35 heures : les raisons d’un bras de fer avec les syndicats

Social. Après avoir accepté des compromis, la CGT et la CFDT s’estiment flouées.

FRANÇOIS WENZ-DUMAS QUOTIDIEN : samedi 31 mai 2008

Nicolas Sarkozy et François Fillon persistent et signent.

Vendredi, le chef de l’Etat et le Premier ministre ont réaffirmé que si la durée légale du travail resterait bien à 35 heures, ils allaient tout faire pour permettre aux entreprises de ne pas l’appliquer. Nicolas Sarkozy, lors d’un déplacement en Autriche, a répété qu’il souhaitait, sans toucher à la durée légale « supprimer tous les verrous qui empêchent les salariés et les chefs d’entreprise de négocier un contingent d’heures supplémentaires librement au niveau de l’entreprise ».

Quant à François Fillon, il a renchéri depuis Helsinki : « La durée légale du travail en France est 35 heures et elle restera à 35 heures. Mais nous voulons que tous ceux qui veulent aller au-delà en utilisant les heures supplémentaires puissent le faire. »Comment peut-on à la fois garantir la durée légale et démanteler les 35 heures ? Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé d’ouvrir un conflit avec les syndicats, en particulier la CFDT et la CGT qui dénoncent une provocation ? Décryptage d’une crise annoncée.

En quoi l’avant-projet de loi diffère-t-il de la « position commune » signée par la CGT, la CFDT et le Medef ?

Patronat et syndicats avaient accepté, à la demande du gouvernement, d’inclure la question du temps de travail dans leur négociation sur la représentativité syndicale. Le 9 avril, cette négociation débouche sur une « position commune » signée par deux syndicats sur cinq.

Ce document propose « à titre expérimental » que puissent être négociés des accords d’entreprise dérogeant à la loi sur les 35 heures, à condition qu’ils soient signés par des syndicats représentant au moins 50 % des salariés. Le gouvernement s’était engagé à transcrire dans la loi cette « position commune », ce qu’il fait sur la représentativité.

Mais sur le temps de travail, c’est une autre chanson. Le texte de loi prévoit par exemple que l’employeur puisse proposer à certains salariés de « monétiser » les repos compensateurs, pas à d’autres. Et avec un accord signé par des syndicats représentant seulement 30 % des salariés, une entreprise pourrait dépasser le contingent d’heures supplémentaires autorisé.

Surtout, le système du « forfait jour », applicable aujourd’hui aux seuls cadres ou professions itinérantes, pourrait être généralisé à l’ensemble des salariés. Les entreprises dans ce cas imposeraient une plus grande flexibilité sur l’année à leurs ouvriers et employés, et ne seraient même plus obligées de leur payer la totalité des majorations de 25 % pour heures supplémentaires.

Bernard Thibault et François Chérèque. (Reuters)

Pourquoi la CFDT et la CGT sont-elles particulièrement remontées ?

Bernard Thibault dans Libération et François Chérèque dans Le Monde l’ont dit l’un et l’autre jeudi : ils estiment que le gouvernement trahit ses engagements. Leurs deux organisations, qui ont pris des risques en signant la « position commune », se retrouvent aujourd’hui en porte-à-faux avec les autres syndicats, et surtout avec leurs propres militants.

« On a parfois du mal à leur expliquer que le rôle d’un syndicat n’est pas de manifester contre Sarkozy, mais de combattre ou soutenir ses propositions selon qu’elles vont ou non dans le sens de l’intérêt des salariés : là, c’est même plus la peine d’essayer », confie un cadre de la CFDT. Quand à la CGT, pour une fois qu’elle signe un accord important, le gouvernement s’assoit dessus. Un argument inespéré pour les opposants à la ligne Thibault.

Xavier Bertrand s’est-il fait piéger ?

Les syndicats ont été surpris par l’attitude du ministre du Travail. Jusqu’à la semaine dernière, il laissait entendre à la CFDT et à la CGT que le texte de loi reprendrait intégralement la position commune, quitte à ce que sur les 35 heures le gouvernement accepte quelques amendements UMP.

Thibault et Chérèque étaient même prêts à venir défendre leur position devant les groupes parlementaires de la majorité. Pourquoi ce revirement ? Le gouvernement a sans doute hésité à provoquer ainsi un conflit au mois de juin. Mais en dédécidant de passer en force après avoir temporisé, il affaiblit le crédit de Xavier Bertrand auprès des syndicats. Qui a fait ce choix ? Fillon ? Sarkozy ? Une chose est sûre : la cote de du ministre et secrétaire général adjoint de l’UMP, vient de chuter à la CGT et à la CFDT.

Les surenchères de l’UMP ont-elles provoqué la crise ?

La décision d’intégrer dans l’avant-projet de loi des dispositions permettant aux entreprises de s’affranchir à peu de frais des 35 heures est indéniablement liée à la fronde de l’UMP, et de son patron, Patrick Devedjian.

S’il s’en était tenu à la « position commune » en laissant députés et sénateurs amender le texte, le gouvernement aurait dû batailler pour calmer les ardeurs des ultralibéraux. « Cela aurait été très hypocrite », se justifie Fillon. Il a préféré prendre les devants, espérant renforcer son autorité sur la majorité. Un calcul à hauts risques.

35 heures, fonction publique, retraites : un mois de juin chargé sur le front social

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

Le mois de juin s’annonce aussi chargé que le mois de mai en matière de fronde sociale, avec des grèves de fonctionnaires et de cheminots, annoncées jeudi 29 mai, pour le 10 juin mais aussi des mobilisations, à l’appel de la CFDT et de CGT, sur les 35 heures et les retraites le 17 juin.

Si la mobilisation s’est temporairement apaisée dans l’éducation nationale, où les syndicats ont décidé de suspendre leur mouvement contre les 11 200 suppressions de postes jusqu’à la rentrée, la CGT, FSU et Solidaires, qui représentent plus de 40 % des agents de la fonction publique, ont appelé à la grève pour dénoncer le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires, qui sera examiné par l’Assemblée nationale les 11 et 12 juin.

Egalement en cause, la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui constitue, selon eux, "un outil de casse sans précédent" de la fonction publique. "Nos organisations appellent d’ores et déjà à participer aux initiatives unitaires pour une véritable réforme solidaire des retraites", ajoutent la FSU, la CGT et Solidaires.

LE 17 JUIN, DÉFENSE DES 35 HEURES ET DES RETRAITES

D’autres mots d’ordre ont suivi l’appel des syndicats de la fonction publique. La CGT-Cheminots a proposé aux autres syndicats de la SNCF une grève nationale reconductible contre le volet social de la réforme du fret, à partir du mardi 10 juin.

Une nouvelle réunion est prévue lundi, au cours de laquelle les autres syndicats devraient indiquer s’ils suivent ou pas cette proposition. SUD-Rail et FO sont apparus favorables au principe d’un préavis de grève reconductible, alors que la Fgaac (conducteurs autonomes) a exclu la grève à ce stade.

La CFDT et la CGT, de leur côté, ont appelé à manifester mardi 17 juin pour la défense des 35 heures et des retraites. Les deux syndicats entendent dénoncer les dispositions de l’avant-projet de loi sur la démocratie sociale qui, disent-ils, vide de son sens la loi sur la réduction du temps de travail.

"Nous sommes d’accord, CGT et CFDT, pour une journée d’actions le 17 juin prochain qui s’accompagne d’arrêts de travail et de manifestations", a déclaré Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT. La CFTC, elle, avait choisi de ne pas participer à cette réunion. FO et la CFE-CGC se prononceront ultérieurement sur leur éventuelle participation à cette journée de mobilisation.


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