AID Association initiatives dionysiennes
Le capitalisme stupide, une fois de plus en pleine action !

COMMENT SORTIR DE LA CRISE DE LA PECHE ?

Et les poissons, on y pense ?

lundi 26 mai 2008 par JMT

Le prix du brut explose à plus de 130€ le baril ce qui donne un prix du gazole utilisé par les marins-pêcheurs (détaxé) de 0,75€/litre environ. A part quelques rêveurs ou quelques escrocs, personne n’a de raison de penser que le prix va baisser à moyen et long terme.

Sauf si ce prix devient largement subventionné.

Il y a d’un côté un secteur économique, la pêche motorisée,qui est en voie d’être totalement sinistré , après avoir vécu des fortunes diverses.

Il y a la mode de manger du poisson, produit censé être plus diététique que la viande, sans même faire appel à certain extrémisme diététique.

Il y a aussi le droit imprescriptible pour tout terrien de pouvoir manger du poisson au lieu que seuls les riches se l’approprient.

En face il y a la mer, agressée par les navires pollueurs, les gisements d’hydrocarbures et leurs rejets d’exploitation, par les usines situées sur les rives, par l’eau sale arrivant par les fleuves, par les carrières, par les déversements clandestins de tous types.

Là-dedans des poissons s’entêtent à survivre. mais leur nombre diminue, d’autant plus qu’il y a surpêche.

Certains ont cru y remédier par l’aquaculture marine...fausse bonne solution quand pour nourrir des poissons en cage à haute densité on doit utiliser des granulés fabriqués à partir de la chair d’autres poissons.

Si financièrement ce tour de passe-passe peut être très rentable, au niveau biologique cela veut dire 90% de gaspillage d’une ressource déjà rare et insuffisante à l’échelle de 6,5 Milliards de terriens.

Par ailleurs, un récent "Thalassa" nous a montré les maladies pouvant attaquer des fermes marines trop denses et trop proches, comme dans le centre du Chili . La solution retenue par les multinationales de la pêche est révélatrice de l’état d’esprit de ces organisations mortifères : aller toujours plus au sud, vers des eaux pas encore polluées et recommencer...en encore plus grosses installations et abandonner les zones devenues non rentables, avec la pollution des eaux et les conséquences économiques de l’arrêt des fermes et des conserveries, le chômage, la pauvreté encore plus dure dans un environnement désormais dévasté !

Il existe pourtant une solution qui offre l’avantage de réguler progressivement la demande pour qu’elle s’ajuste à l’offre :

a) poursuivre une politique de quotas de prises autorisées fixées d’après des campagnes scientifiques afin de permettre la reconstitution des stocks

b) moderniser les flottes, non pas pour faire plus de prises globales mais pour consommer moins de carburant par tonne de poisson consommable

c) sortir la pêche du régime commercial (puisqu’elle fonctionnerait sous régime totalement administré sous peine de ne plus exister que marginalement) en rémunérant les bateaux au "service", indépendamment du tonnage ramené au delà d’un certain plafond, fonction des possibilités du navire et de la zone de pêche affectée

d) commercialiser le poisson au prix de revient réel, incluant le prix réel du carburant, incluant les futures taxes écologiques remplaçant la TIPP. La commercialisation s’effectuerait pour partie en euros pour partie en bons de réduction d’une contrevaleur fixée chaque semaine.

e) remplacer toutes les aides publiques par un "bon hebdomadaire d’achat de poisson ", utilisable pour réduire le coût d’achat, bon expédié à tous les résidents français. Ceci pour favoriser un accès minimal à tous.

Ainsi :

* les pêcheurs pourraient exercer leur activité tant que la société jugera que le prix de l’énergie est supportable,

*la demande diminuera, notamment parce qu’on cessera de gaspiller le poisson pêché en mer pour faire de l’aquaculture qui devra se rabattre sur les cultures d’algues ou pour nourrir les animaux.

* on préservera un droit de chacun à consommer un peu de poisson

* les stocks de poisson pourront, autant que faire se peut, se reconstituer

* il sera incitatif de protéger mieux l’océan et notamment les zonnes liées à la pêche afin de permettre la continuation d’une production d’une grande valeur.

Cette organisation ne peut manifestement pas être confiée au secteur privé (qui pourra rester prestataire de services) ni se limiter à un seul pays : l’Union Européenne est bien légitime à l’organiser, mais on voit mal comment avec des traités néolibéraux elle en aurait l’idée sauf si nous l’y obligeons.

Nous devons donc soutenir nos pêcheurs pour qu’ils continuent à exister afin que nous puissions toujours manger du poisson de nos côtes mais la subvention directe au gazole n’est certainement pas la solution au delà du très court terme.

A noter que d’autres professions ne peuvent pour l’instant pas non plus répercuter l’augmentation du prix du carburant dans leurs tarifs, les ambulanciers par exemple, qui devraient bientôt entrer eux-aussi dans la danse.

Enfin même s’ils peuvent théoriquement augmenter leurs prix, les transporteurs routiers vont devoir se poser des questions et le gouvernement avec : va-t-on enfin faire baisser sérieusement la part de la route dans les transports ?

Ce qui nécessite des investissements massifs dans les moyens alternatifs (:10% de transport routier en moins , c’est 40% de hausse sur le rail et la voie d ’eau dont les infrastructures actuelles sont bien incapables de supporter le choc !

Mais ce qui nécessite aussi une réflexion complète sur notre mode de fabrication des produits en diminuant les transports "inutiles", l’appel à la sous-traitance. Là aussi, le meilleur moyen de réguler c’est un prix du transport des marchandises très élevé (au lieu de subventionner le transport routier, il faudrait le taxer, appliquer AU MOINS la TIPP sur les carburant et les péages au tarif réel sur les autoroutes voire sur les routes)

Hausse du gazole : les pêcheurs restent divisés sur la reprise du travail

AFP - lundi 26 mai 2008, 11h15

La situation restait confuse lundi dans les ports français, partagés entre la reprise du travail et la poursuite de la grève des pêcheurs, que certains espèrent étendre aux autres pays européens.

Une cinquantaine de pêcheurs de la Manche et de la Méditerranée se sont réunis lundi à Boulogne-sur-Mer, le premier port du pêche, dans une atmosphère houleuse, a constaté une journaliste de l’AFP.

Leur objectif était notamment d’organiser une journée de mobilisation européenne, alors qu’un Conseil des ministres européens de la pêche se tenait lundi en Slovénie et que des manifestations de pêcheurs ont eu lieu ces derniers jours en Italie, en Espagne et en Belgique.

Les principales fédérations de pêche méditerranéennes (Italie, Espagne, Grèce, Malte...) devaient en outre se retrouver lundi après-midi à Paris.

A l’image des pêcheurs français, ceux de Boulogne se montraient très divisés. Certains d’entre eux ont tendu des filins pour empêcher les chalutiers de sortir du port alors que le comité local des pêches avait décidé dimanche la reprise du travail.

A Lorient, deuxième port de pêche français en tonnage, les pêcheurs ont décidé de poursuivre la grève jusqu’à une nouvelle réunion mardi matin. "Tout le monde est en grève. La manque de confiance est resté intact. On a beaucoup de mal à comprendre les annonces du gouvernement", a expliqué la présidente du comité des pêches lorientais, Liliane Cariou.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une quarantaine de pêcheurs masqués ont vidé des entrepôts de la région lorientaise. A Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor), les pêcheurs étaient tout aussi amers et le comité local de la baie de Saint-Brieuc a voté lundi matin la poursuite de la grève. Premier port de pêche artisanal, Le Guilvinec (Finistère) devait se prononcer en fin d’après-midi.

En Normandie, les marins de Granville (Manche) et de Ouistreham (Calvados) ont voté la poursuite du mouvement, tandis que les accès à la raffinerie Total du Havre restaient bloqués.

A La Rochelle, où des dépôts de carburants étaient toujours bloqués, la grève a été reconduite à une voix près mais le port de pêche a été débloqué "pour que les mareyeurs puissent travailler".

Dans l’Aude, les marins-pêcheurs, en grève illimitée depuis une semaine, continuaient de bloquer lundi les accès aux dépôts de carburants de Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, sans perturber l’activité du port.

Selon Philippe Pepe, vice-président du syndicat des chalutiers de Martigues, "tout est bloqué en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et dans le Languedoc-Roussillon en attendant une réponse de (la réunion de) Boulogne".

A l’inverse, les pêcheurs de l’ensemble des Pays-de-la-Loire avaient repris le travail lundi, après le vote de La Turballe, dernier port de la région encore en grève.

Samedi ceux des Sables d’Olonne, à l’origine du mouvement national, avaient voté la "suspension pour un mois", le temps pour le ministre de la Pêche Michel Barnier de mettre en oeuvre sa promesse de garantir un gazole à 40 centimes au lieu de 75.

Le mouvement des pêcheurs semble s’orienter vers la reprise du travail

AFP - dimanche 25 mai 2008, 18h26

Le mouvement de protestation des pêcheurs contre la flambée des prix du gazole semblait dimanche s’orienter progressivement vers l’apaisement, mais plusieurs ports et dépôts de carburants restaient bloqués avant des consultations entre marins.

"Il n’y aura pas d’action des pêcheurs demain dans le Nord-Pas-de-Calais. On a voté la reprise du travail, les bateaux ont repris la mer" à Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, a déclaré dimanche à l’AFP Jacques Bigot, secrétaire national des syndicats CFTC de marins-pêcheurs.

Un nouveau signe fort après la suspension la veille, pour un mois seulement toutefois, du blocage des Sables d’Olonnes (Vendée), premier port français à avoir été bloqué, le 10 mai.

Une réunion est prévue lundi à Boulogne pour définir une journée d’action européenne et faire le point sur les actions passées.

A Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) également, les pêcheurs, très mobilisés ces derniers jours, ont repris la mer dimanche après-midi.

"Les propositions de M. Barnier sont de nature à apaiser les choses", a déclaré à l’AFP François Charrier, secrétaire du comité local des pêches de Saint-Gilles.

Les pêcheurs ont obtenu vendredi du ministre de la Pêche, Michel Barnier, un engagement écrit sur la pérennité d’un mécanisme d’"aide aux équipages" permettant de ramener de facto le coût du gazole à 40 centimes le litre, contre 75 actuellement.

A Cherbourg (Manche), les pêcheurs ont décidé dimanche de maintenir le blocage jusqu’à une nouvelle réunion lundi matin mais "ça s’apaise tout doucement", a déclaré à l’AFP le président du comité local des pêches, Daniel Lejuez.

Plusieurs autres ports restaient mobilisés dimanche, en attendant des assemblées générales prévues lundi, notamment au Guilvinec (Finistère), premier port de pêche artisanal français, et Lorient (Morbihan), deuxième port de pêche en tonnage, tous deux en grève.

M. Barnier a appelé dans la soirée tous les pêcheurs à reprendre le travail. "C’est normal qu’il y ait besoin de quelques jours, mais je pense franchement que (...) après les assemblées générales, le travail va reprendre", a-t-il dit sur France Inter.

En Seine-Maritime, les pêcheurs maintenaient toujours un barrage devant la raffinerie Total du Havre, selon la police. Ceux de La Rochelle et de Port-la-Nouvelle (Aude) bloquaient toujours des dépôts de carburant. A La Rochelle, ils bloquaient toujours le port de commerce.

Les pêcheurs du Calvados étaient toujours mobilisés, bloquant les ports de plaisance, selon les gendarmes.

Selon le président du syndicat des chalutiers de Martigues (Bouches-du-Rhône), Frédéric Matéo, tous les ports de pêche français de Méditerranée restaient à l’arrêt dimanche. "Aujourd’hui on se repose parce que c’est la fête des mères, on va reprendre des forces", a déclaré M. Mateo.

Les marins qui souhaitent poursuivre le mouvement espèrent une mobilisation européenne. Dans l’Aude en particulier, les pêcheurs pensaient pouvoir être rejoints dès lundi par leurs camarades espagnols.

Dimanche à Ancône, entre 300 et 400 pêcheurs italiens ont manifesté contre la hausse des prix du gazole, selon l’agence Ansa.

Vendredi, les pêcheurs espagnols avaient annoncé une manifestation à Madrid fin mai et menacé d’arrêter la pêche en juin pour les mêmes raisons, et plusieurs centaines de pêcheurs belges avaient manifesté pour les même raisons à Zeebrugge, premier port de pêche national.

M. Barnier doit participer lundi en Slovénie à un Conseil informel des ministres européens de la Pêche sur les problèmes du coût du gazole.


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1778100

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ECONOMIE  Suivre la vie du site 2008   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License