AID Association initiatives dionysiennes

LBSJS 31 : GOUVERNANCE OU DEMOCRATIE ?

Introduit par Jean-Marc Tagliaferri

samedi 10 mai 2008 par JMT

Tout le monde s’est fait au moins une fois cette réflexion : tout va de plus en plus mal ! Sans tomber dans le mythe d’un « âge d’or » disparu, il faut néanmoins constater qu’à côté d’incontestables avancées scientifiques, philosophiques, artistiques, il est des pans entiers de l’activité humaine contemporaine qui semblent « dérailler » gravement.

2Est-ce un phénomène nouveau ?2

Sans doute pas, mais jusqu’à une époque assez récente, l’information ne circulait pas suffisamment et la mise en relation entre des faits apparemment éloignés n’était pas toujours faite puisque seul le cerveau humain suffisamment informé pouvait le faire. Désormais, la puissance informatique, les moteurs de recherche sur internet facilitent ce travail et peu à peu on en vient à constater un certain nombre de phénomènes.

2La gouvernance2

On a pu constater l’émergence d’un nouveau terme : la « gouvernance », appliqué d’abord aux entreprises mais qui a colonisé le discours politique, sans doute parce que le second est désormais principalement la traduction institutionnelle des menées des premières.

Jadis on était certes gouverné, de manière plus ou moins autocratique, mais le monde était différent , plus segmenté et surtout géographiquement et démographiquement bien moins « encombré » : à côté d’un petit tiers de la planète où jouaient déjà avec une certaine intensité les oligopoles et leurs séides (sans remonter à la conquête des Amériques, on peut s’en tenir à la 2eme moitié du XIXè siècle, avec la Guerre de Crimée et la Guerre de Sécession), il y avait le reste qui servait de « tampon ». Et la planète supportait, facilement et pour toujours croyait-on, les agissements de l’espèce humaine.

2La marche vers les limites du monde2

Deux guerres mondiales ont passé et la 2eme, par ses avancées scientifiques, technologiques et organisationnelles a déclenché 30 ans de croissance rapide qui a bouleversé la planète. Dès 1972, le Rapport Meadows (Halte à la croissance ?) a, un temps, attiré l’attention sur les problèmes qui nous guettaient.

Bien au contraire, l’emprise des multinationales a fini par gagner toute la planète, surtout depuis 1989 et la chute de l’empire soviétique qui en a découlé. Leur pouvoir est partout, il fonctionne sous forme de réseau mêlant collaboration et compétition (on ne dira pas concurrence car le but n’est pas de favoriser les « clients » mais la « création de valeur » pour les actionnaires).

Et comme on a atteint, puis dépassé, les limites de la planète, les problèmes jusque là noyés dans la masse, commencent à apparaître au grand jour. Il est de plus en plus manifeste que les gouvernements ne font pas ce qu’ils disent (sinon il n’y aurait plus de chômage depuis longtemps mais il FAUT du chômage, cf NAIRU…).

Idem pour les syndicats qui depuis longtemps ne défendent plus becs et ongles leurs adhérents ( qui l’ont bien compris et qui n’adhèrent plus.) et qui préfèrent faire semblant de « cogérer » selon la recette du pâté d’alouette (= 1alouette syndicale + 1 cheval patronal).

2Pourquoi la gouvernance déraille-t-elle ?2

Il semble qu’elle soit pervertie elle-aussi par la tendance bien humaine à s’en mettre plein les poches puis à fuir ses responsabilités. Les individus qui ont la réalité du pouvoir ne sont plus responsables (certes on vire un PDG de temps en temps mais avec un « parachute doré », idem même pour certains ministres, cf Francis Mer) et seuls des lampistes sont jetés en pâture à la foule, comme dans les cirques de la Rome antique, sauf que le cirque est désormais télévisuel et en quasi-direct (affaire Kerviel/société Générale par exemple).

2Une réponse probable : le manque de démocratie !2

Trois exemples pour en débattre :

a) la construction européenne, gigantesque machin politico-économique imposé d’en haut aux citoyens, avec des buts inavoués…..une résistance s’ébauche avec les projets de constitutions citoyennes et les MOCRIEs du mercredi soir à 18h, dont celle de Saint-Denis

b) la répartition des matières premières minérales et des productions végétales qui n’obéissent qu’à des logiques financières pendant que des centaines de millions de personnes sont menacées d’une cruelle famine par simple manque d’argent alors que la nourriture existe. Le problème existe aussi chez nous : cf restaus du cœur débordés !

c) le réchauffement climatique qui serait nettement plus avancé que ce qu’on avoue officiellement (d’après Louis FORTIER, océanographe canadien, fonte possible de la totalité de la banquise arctique dès 2015 et non pas 2050) :les phénomènes climatiques extrêmes depuis 5 ans en seraient un symptôme.

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[|Connaissez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET|]

[|sur France-Inter (98.8Mhz à St Denis) à 15h05 (heure métropole) soit 17h05 (heure Réunion) ?|]

Voir sur http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/labas/ et sur http://www.la-bas.org/

mél : labassijysuis@radiofrance.com

répondeur pour vos messages : 01 56 40 37 37

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Affiche LBSJS31

Forum

  • Billet philosophique-Un manque de dialogue
    17 mai 2008

    JE crois que je devrai le dire encore souvent, même si cela peut lasser certaines personnes, mais plus j’analyse la réalité et plus je constate qu’il est indispensable d’insister sur ce fait : il y a un manque de dialogue sur la Terre pour résoudre les problèmes de l’humanité.

    D’abord, un manque de dialogue entre partisans et adversaires du système économique dominant, qui menace l’espèce humaine de disparition et qui tue chaque jour 100.000 personnes par la faim et la misère.

    On peut objecter que ce dialogue entre classes dominantes et dominées est une illusion. Oui, mais cela peut aussi être une arme à mettre en avant dans le cadre de la lutte des classes pour obtenir que les plus riches et les plus forts écoutent les plus pauvres et les plus faibles.

    Par ailleurs, il y aussi un manque de dialogue fraternel entre militants qui combattent ce système criminel et veulent l’abolir.

    C’est vrai : le “dialogue”, au sens large et abstrait, ne suffit pas pour régler les problèmes. L’essentiel est de créer un rapport de forces permettant de faire chuter la dictature économique qui est à la source de tant de chaos sociaux, culturels et environnementaux.

    Mais une des conditions - pas la seule - pour réaliser cet objectif est le dialogue entre combattants “altermondialistes”, ceux qui veulent créer un “autre monde”.

    Or, que font la plupart des détenteurs de pouvoirs politiques et médiatiques pour favoriser un tel dialogue et unifier les forces de progrès ? Les uns privilégient leur carrière politique, les autres minimisent les informations sur les grands défis de notre temps, alimentent les polémiques sans perspectives et cultivent les diversions.

    D’où l’importance de la philosophie pour réfléchir et penser par nous-mêmes, développer l’esprit critique, rechercher ensemble la vérité et la justice. D’où l’importance du dialogue entre militants pour créer un nouveau contrat social dans chaque pays et au niveau international.

    À ce propos, je voudrais citer un exemple parmi d’autres. C’est celui instauré chaque jeudi (en fait 2é, 3é et 4" jeudis) dans un restaurant dionysien, La Tour de Mir, par l’Association Initiatives Dionysiennes (AID).

    Celui qui a eu lieu hier soir a porté sur “La gouvernance et la démocratie”. Dans la présentation qu’en a faite un des responsables de l’AID, Jean-Marc Tagliaferri, il écrit notamment : « l’emprise des multinationales a fini par gagner toute la planète (...). Leur pouvoir est partout, il fonctionne sous forme de réseau mêlant collaboration et compétition (on ne dira pas concurrence car le but n’est pas de favoriser les “clients”, mais la “création de valeur” pour les actionnaires) ». (1)

    Dans cette présentation, il souligne que « dès 1972, le Rapport Meadows a, un temps, attiré l’attention sur les problèmes qui nous guettaient ». Hélas, note Jean-Marc JANCOVICI (www.Manicore.com) , « à l’époque de sa parution, ce rapport avait fait grand bruit, et puis il est peu à peu tombé dans l’oubli. Bon nombre d’observateurs l’ont enterré (...). Mais il me semble (que) les évolutions décrites par le modèle (...) pourraient survenir "quelque part" au cours du 21ème siècle tant que notre projet de société est la perpétuation de la "croissance" matérielle (...) ». Une des illustrations, selon Jean-Marc Jancovici, en est le changement climatique.

    Alors développons le dialogue pour voir comment arrêter tous ces processus qui menacent l’humanité.

    Roger Orlu

    (1) voir le site http://aid97400.lautre.net

    * Envoyez vos critiques, remarques et contributions afin que nous philosophions ensemble... ! temoignages@wanadoo.fr

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