AID Association initiatives dionysiennes
Voilà le sens de l’éthique du parti majoritaire !

Quand un sénateur UMP secoue le cocotier.

et sauve l’honneur de la droite sur les OGM

vendredi 18 avril 2008 par JMT

Le sénateur Jean-François Le Grand

sa biographie sur le site du Sénat

Le Grand, sénateur trop vert pour ses pairs

Sa décision d’interdire le maïs transgénique Mon 810 l’a mis au ban de la majorité.

GUILLAUME LAUNAY QUOTIDIEN : mercredi 16 avril 2008

Ce coup-ci, Jean-François Le Grand ne servira pas de cible pour le tir à vue. Le sénateur UMP de la Manche, président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, est un des rares dans son camp à exprimer au grand jour des doutes sur les organismes génétiquement modifiés. Mais, pour la seconde lecture au Sénat, il a choisi la discrétion et ne sera pas là.

Il faut dire que lors de la première lecture, il a été froidement dézingué par son groupe. Au soir du 5 février, une centaine de sénateurs UMP votèrent un amendement « anti-Le Grand » : il précisait que le président du futur Haut conseil chargé d’évaluer les OGM « est un scientifique » donc pas un politique… donc pas Le Grand.

« Il a été exécuté à 2 h 18 du matin. Il est mort debout. Il remue encore », commentait le lendemain en aparté le rapporteur du texte, le sénateur UMP Jean Bizet (1). « Peiné et blessé », Jean-François Le Grand avait jeté l’éponge. Ce n’était que le premier épisode visible de la fronde des parlementaires de la majorité contre le texte OGM (lire ci-contre).

2« Ils se sont vengés ».2

« Je ne veux plus servir de focalisation d’une colère, justifie Le Grand pour expliquer son retrait provisoire. Il faudra bien que le g roupe UMP dise si oui ou non il suit le gouvernement. Pour ne pas les priver de ce tête-à-tête, je n’interviendrai pas. » Car, souligne-t-il, il ne fait que défendre la version originale du texte, celle née du Grenelle de l’environnement, rédigée par le ministère de l’Ecologie et soutenue par l’Elysée.

« Ils ont chassé en meute en oubliant de regarder l’essentiel, poursuit le sénateur. Ils se sont vengés sans doute d’une position un peu dominante que j’ai eue sur le Grenelle alors qu’eux n’étaient pas dedans. » Il est vrai que Le Grand, président du groupe biodiversité puis de l’intergroupe OGM, s’est beaucoup impliqué dans le processus, pendant que la plupart de ses collègues misaient sur un échec.

A 65 ans, Le Grand, vétérinaire de formation, est loin d’être un novice en environnement. Au conseil général de la Manche, qu’il préside, il fut notamment à l’origine de la création du Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin. « Le Grenelle a été un moment fabuleux, raconte-t-il aujourd’hui. Tous ceux qui se sont prêtés à l’exercice ne sont pas sortis identiques. » Même quand, début septembre, le groupe OGM est au bord de l’implosion, Le Grand, aidé de la sénatrice Verts Marie-Christine Blandin, mêle humour et diplomatie pour que tout le monde reste autour de la table.

2Sauvegarde.2

Il se retrouve donc président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, chargée d’évaluer le maïs Mon 810, et reprend le terme précis qu’attendait l’Elysée - « doute sérieux » - pour lancer la procédure de clause de sauvegarde. Le lendemain, la majorité des scientifiques du comité se désolidarisent.

« C’est sans doute sa seule erreur, note le député PS Philippe Martin, lui aussi membre de la Haute autorité. Car il a toujours été profondément honnête, cherchant à concilier les pour et les contre, les scientifiques et la société civile. » C’est en tout cas là qu’est née la colère des pro-OGM de l’UMP.

Le Grand, lui, reste mobilisé et veut croire qu’il n’est pas si isolé. « Presque la moitié du groupe UMP me dit, sous le manteau avec un imperméable et un masque : "Tu n’es pas tout seul, vas-y, bats-toi." » On verra cet après-midi si quelques-uns osent tomber le masque.

(1) Relevé par la chaîne Public Sénat, dans le documentaire la Guerre des OGM.

OGM : le coup de colère du sénateur Le Grand

Marion Festraëts, mercredi 9 avril 2008, mis à jour à 11:14

Indigné et écœuré, le sénateur de la Manche, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l’environnement, dénonce les méthodes des élus de son propre camp dans une lettre virulente adressée au président du groupe UMP du Sénat. Il refuse notamment de "céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto !"

Dans une lettre adressée le 8 avril à Henri de Raincourt, président du groupe UMP du sénat, que LEXPRESS.fr s’est procuré le sénateur UMP et président du conseil général de la Manche Jean-François Le Grand, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l’Environnement puis de la Haute Autorité provisoire sur les organismes génétiquement modifiés, fait part de son "indignation" et de sa "révolte" face au comportement des élus de son propre camp lors de l’examen de la loi OGM par le Sénat.

Dénonçant le travestissement de sa pensée par les parlementaires favorables à la culture des OGM, et notamment du maïs MON 810 commercialisé par la firme Monsanto, Jean-François Le Grand, connu et respecté pour son expertise et sa mesure, affirme avoir "tout fait pour que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant, cette connaissance, d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire".

"Il y a déformation de mes propos lorsque j’entends que l’on me qualifie d’anti-OGM. Je vous redis ici ce que je n’ai jamais cessé de dire sur les OGM et ma position est claire : ’oui à la recherche dans toutes les directions quand elle permet d’améliorer la santé humaine, donc oui à la recherche sur les organismes génétiquement modifiés’. Par contre, avant d’envisager toute mise en culture de ces organismes, il est crucial de vérifier que la santé humaine comme la biodiversité ne sont pas mises en danger et nécessaire de s’interroger sur le supposé intérêt économique, si souvent avancé par certains. Cet intérêt économique est-il valable pour tous ou pour quelques-uns ? La question mérite d’être posée", écrit le sénateur.

2"On l’a exécuté, mais il bouge encore"2

"Lorsque la haine et la méchanceté s’associent ainsi, j’éprouve un sentiment de mépris total à l’égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris", souligne-t-il, écrivant encore : "Je pensais que ces techniques de caricature et de désinformation appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus... Leur utilisation est sans doute en rapport avec des sentiments de rejet nourris à mon égard. J’ignore les raisons profondes de ce rejet. Peut-être viennent-elles, pour l’essentiel, du fait que je me suis investi très fortement dans le processus du Grenelle et que d’aucuns en aient éprouvé du ressentiment."

Soulignant son attachement au gaullisme, vécu comme un "combat pour l’homme", dans lequel "c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse, d’où [son] regard extrêmement critique à l’égard du libéralisme", Le Grand martèle son "refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto !" Cet ancien vétérinaire affirme que "notre société, aujourd’hui, a plus besoin que jamais de vérité, de transparence, de franchise, éléments indispensables pour retrouver la sérénité".

Faisant allusion aux propos du rapporteur de la loi devant le Sénat, l’UMP pro-OGM Jean Bizet, tenu devant les caméras de la chaîne Public Sénat lors du vote en première lecture au Palais du Luxembourg ("On l’a exécuté, mais il bouge encore"), Jean-François Le Grand reprend : "Ma liberté de pensée, ma liberté de parole et, tout simplement, la liberté qui est le fondement de la démocratie, continueront de « bouger encore », tout le temps que j’en aurai la force."

Jean-François Le Grand a annoncé qu’il ne participerait pas aux débats en deuxième lecture au Sénat.

Lettre de Jean-François Le Grand à Henri de Raincourt,

président du groupe UMP au Sénat, le 4 avril 2008

in Bakchich.info

« Monsieur le Président,

Je vous exprime mon indignation et ma révolte devant la déformation honteuse qui a été faite de mes propos.. !

"Actionner quelqu’un" n’est pas l’acheter et les lobbies - c’est leur rôle - cherchent en toute circonstance à actionner les décideurs, notamment législateurs dans le cadre des projets de loi quel qu’ils soient. Je n’ai jamais dit "achetés" mais "activés. le texte OGM présenté par le gouvernement reflétait très exactement la réflexion menée pendant le Grenelle par le Groupe de travail que j’ai présidé sur ce sujet. Les conclusions de ce groupe de travail ont été unanimes. Or, le texte voté par le Sénat, à l’issue de la première lecture, a modifié le projet de loi dans un sens plus favorable aux céréaliers et aux semenciers. Cette modification est le résultat de ce que j’appelle l’activation et rien d’autre.

Le Parlement est souverain en matière de vote de la loi, mais il n’est pas interdit à l’un de ses membres d’émettre des observations de l’ordre de celles que j’ai émises.

Il y a déformation de mes propos lorsque j’entends que l’on me qualifie d’anti-OGM. Je vous redis ce que je n’ai jamais cessé de dire sur les OGM et ma position est claire : "oui à la recherche dans toutes les directions quand elle permet d’améliorer la santé humaine, donc oui à la recherche sur les organismes génétiquement modifiés. Par contre, avant d’envisager toute mise en culture de ces organismes, il est crucial de vérifier que la santé humaine comme la biodiversité ne sont pas mises en danger et nécessaire de s’interroger sur le supposé intérêt économique, si souvent avancé par certains. Cet intérêt économique est-il valable pour tous ou pour quelques-uns ? La question mérite d’être posée.

De même, je n’ai de cesse de faire accepter par le Groupe de travail, puis transposer dans la loi, un processus en trois étapes :

1ère étape : la parole est confisquée, soit par le tenants des OGM, soit par les opposants et c’est la raison pour laquelle j’ai tout fait pour que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant, cette connaissance, d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire.

2ème étape : organiser la gouvernance de cette connaissance : ce fut ma proposition de création d’une haute autorité permettant aux deux collèges, scientifique et sociétal, de se parler, de se comprendre et de sortir de leurs enfermements réciproques.

3ème étape : elle consistait à édicter, par la loi, les principes de cette gouvernance, principes qui ont été intégralement repris par le texte du gouvernement. Mon seul souci a été de redonner à un sujet éminemment passionnel la sérénité et l’objectivité qui me paraissaient être les seules valeurs capables de pacifier la société sur ce sujet.

Il vous est donc facile de comprendre que la position a été largement déformée. Que dire encore du reportage de la chaîne Public Sénat intitulé "les dessous du la loi OGM" ?, présenté encore dimanche matin à 10h00 et dans lequel le rapporteur Jean Bizet dit, en parlant de moi et du fameux amendement que vous avez vous-même présenté, organisant une "présidence de la haute autorité" destinée à m’interdire toutes responsabilités dans ce domaine : "Il a été exécuté à 2h38 du matin… mais il bouge encore".

Lorsque la haine et la méchanceté s’associent ainsi, j’éprouve un sentiment de mépris total du ou des auteurs pour lequels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris.

Je dois d’ailleurs vous signaler, à cet égard, que de très nombreux collègues de notre groupe UMP m’ont fait savoir qu’ils n’avaient pas vraiment saisi la portée de l’amendement sus-mentionné et qu’ils se désolidarisaient de la démarche. Certains d’entre eux m’ont même précisé qu’ils m’autorisaient, si besoin était, à faire connaître leur nom. Je remercie les uns et les autres de cette attitude.

Je pensais que ces techniques de caricature et de désinformation appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus.. ! Leur utilisation est sans doute en rapport avec des sentiments de rejet nourris à mon égard ; J’ignore les raisons profondes de ce rejet. Peut-être viennent-elles, pour l’essentiel, du fait que je me suis investi très fortement dans le processus du Grenelle et qu’aucuns en aient éprouvé du ressentiment.

Enfin, vous-même avez annoncé sur Publics Sénat que si je devais déposer des amendements en deuxième lecture, aucun d’entre eux ne serait retenu… ! Est-il nécessaire d’ajouter un commentaire ?

Quoi qu’il en soit, tout ceci enferme le Groupe UMP dans une incompréhension de plus en plus grande pour l’opinion publique. En me victimisant, vous vous écartez de l’essentiel et vous mettez à mal la crédibilité du groupe majoritaire. Au cas où vous auriez des doutes à cet égard, sachez que ce sont de nombreuses centaines de message de soutien que je reçois chaque jour. Mes messages viennent de tous horizons, milieux universitaires, scientifique, monde de l’entreprise et, ben sûr, de très nombreux citoyens.

Dans Public Sénat encore, j’ai cru comprendre, au cours de votre interview, que vous vouliez me faire "comparaître" devant vous-même, ou/et le bureau de l’UMP. Je vous éviterai d’en "rajouter" inutilement et ce comparaîtrai devant personne… ! En 26 ans de Sénat, au RPR d’abord, puis à l’UMP, je n’ai jamais vu un groupe agir de la sorte à l’égard d’un des membres. N’ajoutez pas de curieux effets de menton à une posture politique déjà tellement mal jugée !

Je continue d’espérer que mon parti saura redresser la situation, même si l’exercice paraît de plus en plus difficile.

Vous pourrez toujours prononcer mon exclusion si cela vous convient, mais sachez que je suis un homme libre et le resterai envers et contre tout. Ma conviction politique repose sur les valeurs gaullistes :

le seul combat qui vaille est le combat pour l’homme et, dans cet esprit, poru moi, c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse, d’où mon regard extrêmement critique à l’égard du libéralisme, "solution à tus nos problèmes".

une autre valeur gaulliste est ce refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto… !

l’exigence gaulliste oblige, lorsqu’il a difficultés, à s’élever au-dessus de la mêlée : je pense que notre société, aujourd’hui, a plus besoin que jamais de vérité, de transparence, de franchise, éléments indispensables, pour retrouver la sérénité et une société pacifiée notamment eu égard aux espoirs suscités par la réflexion du Grenelle… !

"On l’a exécuté, mais il bouge encore"… ! Ma liberté de pensée, ma liberté de parole et, tout simplement la liberté qui est le fondement de la démocrate, continueront de "bouger encore", tout le temps que j’en aurai la force.

Je suis profondément blessé de voir tant de haine, de rancoeur, de jalousie se focaliser contre moi, mais sachez que j’y puise plus de force, encore plus de détermination.

Je vous prie néanmoins, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-François Le Grand, sénateur de la Manche

OGM - Accoyer confirme les pressions des lobbies sur les élus

France Soir (avec Reuters), le jeudi 3 avril 2008 à 13:01

Le président UMP de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer a reconnu jeudi que les députés avaient subi ’’tous les jours’’ des pressions de la part de lobbyistes sur le sujet des OGM, sans dire de la part de qui. Jugeant ce climat ’’malsain’’, il souhaite mettre en place des ’’règles de transparence’’.

Contrairement aux propos ’’scandaleux’’ du sénateur UMP Jean-François Le Grand, qui a accusé les parlementaires de la majorité d’être ’’actionnés’’ par le semencier américain, M. Accoyer a évoqué sur Canal+ les déclarations du député UMP Antoine Herth qui dénonçait le lobby des anti-OGM auprès des parlementaires : ’’Il a raison, il dit qu’on a été l’objet de pressions, c’est tout à fait vrai’’. ’’C’est tous les jours’’, a-t-il ajouté, établissant un parallèle avec les journalistes qui sont aussi ’’l’objet de pressions quotidiennes’’ de ces lobbies.

’’Les lobbies vous cernent, vous proposent, vous invitent, essayent de vous convaincre sur tel ou tel point’’, a-t-il expliqué, avant d’assurer : ’’Ce que je mets en place, ce sont des règles de transparence’’ afin de ’’débattre sur des informations qui sont équilibrées, librement, et ne pas débattre sous la suspicion’’.

’’Il y a certains textes qui suscitent des passions, et alors là le lobbying se déchaîne. C’est tout à fait malsain parce que nous avons besoin d’une information objective, équilibrée, scientifique’’, a-t-il fait valoir, sans préciser les éventuelles mesures de protection contre ces pressions.

Dans un communiqué de soutien à M. Le Grand, le député UMP de la Moselle François Grosdidier souligne jeudi qu’’’une accusation d’influence intellectuelle n’est pas une accusation de corruption financière, comme a tenté de le faire croire hier à l’Assemblée nationale le président de la Commission des Affaires économiques pour disqualifier Jean-François Le Grand’’.

’’Bien sûr que tous les parlementaires de droite comme de gauche subissent des influences, moi le premier. C’est à chacun de faire librement son opinion et de déterminer son vote’’, note François Grosdidier. ’’Je pense comme Jean-François Le Grand que l’influence des semenciers est trop forte sur ce dossier’’.

Un sénateur UMP estime que des parlementaires pro-OGM sont "actionnés" par les semenciers

LE MONDE

Les députés examinent en première lecture, jusqu’au 3 avril, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). L’esprit de ce texte, basé sur les compromis obtenus lors du Grenelle de l’environnement, a été sensiblement modifié lors de son examen par le Sénat, début février, dans un sens favorable aux OGM. Lors de ce débat, le sénateur UMP de la Manche, Jean-François Le Grand, s’est trouvé isolé au sein de son propre groupe parlementaire. Ses collègues n’avaient pas apprécié de l’entendre exprimer, lorsqu’il présidait le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM, des "doutes sérieux" sur le MON 810, variété de maïs transgénique de Monsanto dont la culture en France est depuis suspendue. Sa position, partagée par le député UMP François Grosdidier, est très minoritaire au sein de son parti.

2Comment expliquez-vous votre mise au ban du groupe UMP au Sénat lors de l’examen de la loi sur les OGM ?2

Certains ont fait main basse sur l’UMP afin de défendre des intérêts mercantiles, "ripolinés" pour les rendre sympathiques : on a parlé de l’avenir de la science, de celui de la recherche... La force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale. Il fallait voir la violence des réactions de Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale) et d’autres au lendemain de l’avis rendu par le Comité de préfiguration. Il suffit de comparer les argumentaires des uns et des autres - identiques - pour comprendre l’origine de leur colère. Ils ont été actionnés. J’ai été approché par Monsanto, et j’ai refusé de leur parler. Je veux rester libre.

2Les conclusions de ce comité de préfiguration, que vous présidiez, ont suscité de vives critiques, y compris en son sein. Etes-vous allés trop vite ?2

Même si certains ont déclaré a posteriori qu’une relecture aurait été utile, le texte final a bien été validé par l’ensemble du comité. La conclusion du comité était qu’il subsistait des interrogations au niveau de l’évaluation du risque, qui est du ressort de la science et de la société, et des doutes concernant la gestion du risque, qui revient au politique. On ne peut pas affirmer, par exemple, qu’il n’existe pas de risque de dissémination des OGM.

2Pourquoi avoir choisi de monter au créneau sur cette question des OGM ?2

Je pense que le XXIe siècle sera un siècle de restructuration autour d’un nouveau modèle qui verra l’homme placé au coeur des préoccupations. La question des OGM est un combat d’arrière-garde, mené par ceux qui pensent encore que l’économie l’emporte sur l’homme : des obscurantistes qui ferment les yeux sur le devenir du monde.

2Que pensez-vous des OGM ?2

Il faut continuer la recherche et ne pas se précipiter dans la prise de décision. J’ai eu le privilège de vivre le Grenelle de l’environnement de l’intérieur, en tant que président du groupe sur la biodiversité et de l’intergroupe sur les OGM. J’en ai tiré la conviction que la biodiversité doit être protégée à tout prix et que les OGM constituent un inconvénient à ce niveau. Leur intérêt est plus que douteux, y compris pour les agriculteurs.

2Quelle attitude comptez-vous adopter lors de la seconde lecture de la loi au Sénat, dans quelques semaines ?2

Je ne renonce pas à faire valoir mon point de vue au sein de mon parti, car je reste persuadé que l’intérêt économique à court terme ne peut pas l’emporter sur l’intérêt sociétal. Je déposerai à nouveau des amendements et j’essayerai d’expliquer posément à mes collègues pourquoi je ne suis pas d’accord avec eux. Lors de la première lecture, certains se sont réfugiés dans une attitude confortable qui consiste à chasser en meute plutôt que de se poser les questions de fond. J’ai retiré mes amendements pour obliger le groupe UMP à se retrouver face au gouvernement. En un week-end, j’ai reçu 1 700 mails d’encouragement. L’Elysée et Matignon m’ont fait passer des messages dans le même sens.

Propos recueillis par Gilles van Kote Article paru dans l’édition du 02.04.08.

Maïs OGM : le sérieux doute des experts

Marielle Court10/01/2008

La nouvelle Haute autorité a remis hier son avis sur le MON 810, seul maïs transgénique cultivé aujourd’hui en France. Le gouvernement pourrait prendre très rapidement la décision de l’interdire provisoirement.

L’avis de la Haute Autorité sur les OGM portant sur le MON 810 se trouvait dès hier soir sur le bureau du président de la République. C’est lui qui devrait annoncer les conséquences qu’en tire la France : activer ou non la clause de sauvegarde sur cette semence. Une décision qui inquiète les agriculteurs.

Hier, le gouvernement les a rassurés sur sa volonté d’adopter rapidement une loi sur les OGM ( voir ci-dessous ). Le texte qui devait être examiné par les sénateurs dès la semaine prochaine avait été retiré du calendrier parlementaire. Hier, il a donc été réinscrit à l’ordre du jour pour une première lecture le 5 février, les débats ne devant ensuite reprendre qu’au printemps à l’Assemblée, après les élections municipales.

Le MON 810 est, pour l’heure, le seul OGM insecticide cultivé dans notre pays. Mais, « en cas de doute sérieux… je suis disposé à recourir à la clause de sauvegarde jusqu’à ce que la Commission européenne tranche le problème », déclarait Nicolas Sarkozy mardi à l’occasion de sa première grande conférence de presse. Or, des doutes, il y en a dans l’avis de la Haute Autorité que Jean-François Le Grand, son président, a tout d’abord remis à Jean-Louis Borloo avant que celui-ci ne le transmette à Nicolas Sarkozy qui devrait prendre une décision aujourd’hui ou demain.

Pour activer une clause de sauvegarde, Bruxelles exige que le pays demandeur apporte des éléments scientifiques nouveaux montrant que la culture présente des risques. Il y en a trois principaux dans l’avis.

Le plus important porte sur la dissémination. « Les premières études sur le MON 810 évoquaient une dissémination sur quelques centaines de mètres. Une recherche plus récente au Canada montre en fait que la dissémination peut se faire sur plus de cent kilomètres », explique Jean-François Le Grand. Dès lors, les risques de contamination d’autres plantes sont loin d’être négligeables.

2Plusieurs recommandations2

La Haute Autorité explique que, si l’OGM pesticide montre son efficacité sur les parasites ciblés, il touche d’autres organismes vivants non ciblés. Les études portent notamment sur un papillon (le monarque) et un ver de terre.

Enfin le troisième danger vient de la capacité des insectes visés par l’insecticide à évoluer au fil des ans afin de devenir résistants à la toxine BT introduite dans la plante. Un phénomène déjà constaté avec les pesticides dans le cadre des cultures conventionnelles.

La Haute Autorité estime que le MON 810 présente d’importantes zones d’ombre, autrement dit des points sur lesquels aucune recherche sérieuse n’a été effectuée. « Il y a des pans entiers de recherche qui n’ont jamais été menés », précise Jean-François Le Grand, qui explique : « Oui, il y a des éléments scientifiques nouveaux, il y a des doutes sérieux. On peut les lever, mais il faut diligenter des études », déclarait hier le sénateur de la Manche, à la sortie de son entrevue avec le ministre de l’Écologie.

Le président de la Haute autorité provisoire sur les OGM Jean-François Legrand , entouré de Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Crédits photo : AFP

De la même manière, on ne dispose que de peu d’éléments sur les conséquences sur la faune. Dans le nord de l’Argentine, des effets ont été constatés sur des rongeurs sans que l’on puisse dire, pour l’heure, s’ils sont liés aux OGM ou sont des effets indirects de la monoculture.

Enfin, la Haute Autorité fait plusieurs recommandations. Elle insiste sur la nécessité de la recherche sur les OGM et sur l’importance des expérimentations menées en plein champ. Elle demande une harmonisation européenne des protocoles d’autorisation des OGM. Des questions que la France devrait porter au second semestre, lorsqu’elle prendra la présidence de l’Union.


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