AID Association initiatives dionysiennes
Alors que la mobilisation s’intensifie pour demander la libération de l’otage malade,

REVERRA-T-ON INGRID BETANCOURT VIVANTE ?

dimanche 6 avril 2008 par JMT

"Libérez Ingrid maintenant !"

- le 06/04/2008 - 22h46

Crédit Photo : TF1/LCI Carla Bruni-Sarkozy et Bertrand Delanoë côte à côte lors de la "marche blanche" à Paris pour la libération d’Ingrid Betancourt (6 avril 2008)

Carla Bruni-Sarkozy, Cristina Kirchner, Bernard Kouchner : de nombreuses personnalités ont rejoint à Paris la "marche blanche" en faveur de l’otage des Farc. Près d’une vingtaine de villes se mobilisent ce dimanche pour tenter de hâter sa libération, alors que la mission humanitaire envoyée par la France peine à obtenir des résultats.

2Les appels de Bertrand Delanoë, Rama Yade et Patrick Devedjian2

A Paris, les manifestants étaient environ 5000 ; et sur toute la France, entre 10.000 et 25.000. Aux cris de "Libérez Ingrid, Libérez tous les otages" en Colombie, une série de "marches blanches" ont ainsi sillonné dimanche près d’une vingtaine de villes de France pour réclamer la libération de la prisonnière la plus emblématique des Farc, au "bord de la mort" selon ses enfants.

Les participants avaient été invités à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie. Sous les acclamations de la foule, le fils d’Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, 19 ans, a lancé au départ du défilé parisien : "Liberté, liberté pour tous ! Que ces cris de liberté traversent l’Atlantique pour que maman les entende !".

"Ça me touche énormément. Et le désarroi de sa famille me touche aussi. Il faut simplement qu’Ingrid sorte le plus vite possible. Et je voulais vous dire que mon mari ne renoncera pas", a déclaré l’épouse du chef de l’Etat Carla Bruni-Sarkozy, présente à ce défilé parisien.

Pour Rama Yade, également sur place, "c’est une course pour la vie et tant qu’elle est en vie, tant que ses enfants sont là à se battre, nous serons toujours à côté". "Nous manifestons par principe pour la libération d’Ingrid Betancourt. C’est cette cause humanitaire qui doit désormais prévaloir sur toutes les autres", a déclaré pour sa part la présidente argentine Cristina Kirchner.

2La mission humanitaire "n’est en rien bloquée"2

Egalement présent à cette manifestation à laquelle participaient diverses personnalités comme la ministre de la Justice Rachida Dati ou le maire de Paris Bertrand Delanoë, Bernard Kouchner a assuré que la France poursuivrait ses efforts pour libérer Ingrid Betancourt. "Aujourd’hui, les gens nous posent des questions sur cette mission humanitaire, pour nous demander si nous allons l’arrêter", a déclaré le chef de la diplomatie française devant l’Opéra de Paris. "Nous n’allons pas l’arrêter, nous n’arrêterons jamais" nos démarches pour la libération d’Ingrid Betancourt, a-t-il alors lancé.

La France a dépêché mercredi, pour l’heure sans avancée apparente, une mission humanitaire, avec la Suisse et l’Espagne, afin de tenter d’entrer en contact avec la guérilla des Farc, qui détient l’ex-candidate à la présidentielle colombienne depuis plus de six ans.

Mais cette absence de résultats visibles n’a pas davantage découragé le porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, Hervé Marro, qu’elle n’a convaincu Bernard Kouchner "d’arrêter". "A l’heure où certains s’interrogent sur la mission humanitaire, nous tenons à dire qu’elle n’est en rien bloquée : elle n’en est qu’à son début et nous avons la conviction qu’à force de persuasion et d’audace, elle sera couronnée de succès", a assuré Hervé Marro.

Pendant que le cortège traversait Paris, d’autres défilés plus ou moins fournis s’étiraient dans les rues de villes comme Marseille, Avignon, Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Clermont-Ferrand ou encore Strasbourg.

A Nice par exemple, six cents personnes ont manifesté entre deux banderoles proclamant ’une "Maintenant...tout de suite" et l’autre "Nice avec Ingrid" sur la Promenade des Anglais, le front de mer de la ville.

A Strasbourg, 500 personnes se sont regroupées sur le parvis du Conseil de l’Europe d’où elles ont lâché des ballons blancs.

A Toulouse, deux banderoles avec les portraits de l’otage avaient été installées dès mercredi sur la façade du Conseil général de Haute-Garonne appelant à la marche.

D’après agence

"Marches blanches" en France pour "libérer Ingrid Betancourt maintenant"

AFP - dimanche 6 avril 2008, 12h02

Des "marches blanches" sont organisées dimanche dans plusieurs villes de France pour exiger la libération d’Ingrid Betancourt et soutenir une mission humanitaire partie de Paris pour secourir l’otage franco-colombienne, que ses enfants voient "au bord de la mort".

A Paris, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme Rama Yade et la présidente argentine Cristina Kirchner se joindront à la marche où les participants sont appelés à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie.

D’autres "marches blanches" sont attendues dans 16 villes dont Marseille, Nice, Avignon, Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Clermont-Ferrand et Strasbourg.

"Nous espérons une grande mobilisation car l’état de santé extrêmement alarmant d’Ingrid nous fait redouter le pire", affirme Hervé Marro, porte-parole du comité organisateur du rassemblement.

"Mais à l’heure où certains s’interrogent sur la mission humanitaire, nous tenons à dire qu’elle n’est en rien bloquée : elle n’en est qu’à son début et nous avons la conviction qu’à force de persuasion et d’audace, elle sera couronnée de succès", a-t-il dit.

La France a dépêché mercredi, pour l’heure sans avancée apparente, une mission humanitaire, avec la Suisse et l’Espagne, afin de tenter d’entrer en contact avec la guérilla des Farc, qui détient l’ex-candidate à la présidentielle colombienne depuis plus de six ans.

Ses enfants et les autorités françaises prennent très au sérieux des informations donnant l’otage de 46 ans très malade, notamment du foie, le président Nicolas Sarkozy estimant qu’elle est en "danger de mort imminente".

"Soit on arrive à convaincre les Farc et le monde entier, soit j’enterre ma mère", a répété toute la semaine le fils de l’otage Lorenzo Delloye, 19 ans, qui a multiplié les appels à la mobilisation, en son nom et celui de sa soeur Mélanie, 22 ans, qui étudie à New York.

"Ma mère va très mal. Ce n’est qu’une question de semaines. Alors, s’il vous plaît, venez nombreux", lance Lorenzo dans une vidéo pour la marche, diffusée toute la semaine dans les médias.

Nicolas Sarkozy, qui a fait d’Ingrid Betancourt une cause nationale, a appelé mardi solennellement le chef de la guérilla Manuel Marulanda à la libérer, avant l’envoi de la mission d’urgence.

La guérilla marxiste propose d’échanger Ingrid Betancourt et 38 autres otages dits "politiques" contre quelque 500 guérilleros emprisonnés en Colombie dans le cadre d’un accord plus global.

"Cette marche ne peut pas être la dernière. Nous serons là jusqu’au dernier otage", a dit pour sa part la soeur de l’otage, Astrid Betancourt, qui défilera, aux côtés de la fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt et de la Fédération internationale des droits de l’Homme, à Paris.

Le défilé parisien partira de l’Opéra Garnier à 14H30 pour se rendre à l’Assemblée nationale derrière une banderole demandant la libération de l’otage "Maintenant et tout de suite !".

Le maire de Paris Bertrand Delanoë, le centriste François Bayrou, et des personnalités du monde culturel comme l’écrivain Marek Halter sont également attendus, ainsi que l’ancien otage Florence Aubenas.

Des manifestations pour demander la libération de tous les otages ont rassemblé des dizaines de milliers de Colombiens vendredi dans les rues des grandes villes du pays où pour la première fois l’image le nom d’Ingrid Betancourt étaient omniprésents.

Quelque 2.800 personnes sont retenues en otages en Colombie, par les Farc mais également par une autre guérilla marxiste, par des groupes criminels et par des groupes paramilitaires d’extrême droite.

Ingrid Betancourt souffrirait de paludisme et de dénutrition

- le 05/04/2008 - 07h26

Crédit Photo : TF1/LCI Ingrid Betancourt, en février 2002, lors de sa rencontre avec les Farc

Alors que la mission humanitaire est toujours sur place, prête à intervenir, des informations sur les conditions de détention d’Ingrid Betancourt ont été révélées par la télévision colombienne.

Selon un médecin des Farc arrêté il y a deux semaines par les autorités colombiennes, Ingrid Betancourt souffrirait d’une inflammation du foie (symptôme probablement dû à l’hépatite), de gastrite chronique, d’une inflammation de l’oesophage, de douleurs d’estomac, de deux types de paludisme dont celui appelé communément le psalmodium falciparum (malaria cérébrale), de dénutrition et d’une irritation du colon.

Ce diagnostic démontre qu’Ingrid Betancourt souffre d’un grave problème de paludisme qui n’a pas été soigné et qui a provoqué une inflammation du foie. Cet état peut entraîner des accidents rénaux, cardiaques et affecter tout le système nerveux central.

L’otage franco-colombienne et les 2800 autres otages ont reçu un nouveau soutien de milliers de colombiens, qui ont manifesté vendredi pour leur libération. Défilant aux cris de "nous sommes tous Ingrid Betancourt", les manifestants portaient de grandes pancartes de la Franco-Colombienne, otage des Farc depuis plus de 6 ans et dont l’état de santé serait critique selon sa famille.

"Sauvons Ingrid Betancourt", pouvait-on lire sur une affiche géante installée sur la façade de la mairie de Bogota, place Bolivar, où environ cinq mille personnes étaient réunies, selon des estimations de la police. Pour la première fois en Colombie, l’otage Ingrid Betancourt était omniprésente, sur les pancartes, les affiches, les vêtements des manifestants et les fenêtres des immeubles.

2Aucune zone du pays ne sera démilitarisée2

Jeudi soir, la proposition du président du Venezuela Hugo Chavez d’aller avec son homologue français Nicolas Sarkozy, chercher en Colombie Ingrid Betancourt, a fait renaître l’espoir au sein de la mission humanitaire dépêchée par la France.

Paris attend toujours une réponse des Farc pour permettre à la mission humanitaire dépêchée jeudi en Colombie d’entrer en contact avec Ingrid Betancourt.

Mais la guérilla a jusqu’à présent réitéré ses exigences visant à la création par le gouvernement colombien d’une zone démilitarisée dans le sud-est du pays et a opposé une fin de non-recevoir aux demandes de libération unilatérale de la mission française.

Jugeant ces conditions inacceptables, le président colombien Alvaro Uribe a répondu vendredi qu’aucune zone du pays ne sera démilitarisée en échange de négociations sur la libération des otages des Farc et des guérilleros emprisonnés.

D’après agence

Chavez propose d’aller avec Sarkozy dans la jungle

le 04/04/2008 - 22h26

Crédit Photo : TF1/LCI Hugo Chavez, le 10 janvier 2008

Le président du Venezuela Hugo Chavez a proposé jeudi soir d’aller, avec son homologue français Nicolas Sarkozy, chercher en Colombie l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, aux mains de la guérilla des Farc depuis six ans. Hugo Chavez a également demandé au président Sarkozy de solliciter l’aide des Etats-Unis.

"Je serais disposé à aller, avec Sarkozy, chercher Ingrid", a indiqué Hugo Chavez dans un message diffusé par les chaînes de radio et de télévision vénézuéliennes, dévoilant le contenu d’un entretien téléphonique qu’il a eu mercredi avec le président français.

Hugo Chavez a par ailleurs suggéré à Nicolas Sarkozy de faire également appel au président américain George W. Bush pour faciliter l’échange humanitaire entre 39 otages des Farc, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, et quelque 500 guérilleros emprisonnés. "J’ai recommandé à Sarkozy de parler avec le président des Etats-Unis qui peut faire beaucoup là-bas" (en Colombie), a-t-il indiqué sans autre précision. La soeur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a appelé vendredi Nicolas Sarkozy à saisir cette proposition et à "travailler" avec son homologue vénézuélien pour présenter des propositions à la guérilla colombienne.

Nicolas Sarkozy a lancé mardi un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) Manuel Marulanda pour qu’il libère immédiatement l’otage franco-colombienne "en danger de mort imminente".

Depuis jeudi matin, une mission humanitaire française se trouve en Colombie, où elle est arrivée par un avion français Falcon 50, prêt à décoller pour se rendre à San Jose Guaviare (sud-est), située dans la région où se trouverait Betancourt (lire l’article).

Paris attend toujours une réponse des Farc pour tenter d’accéder à Ingrid Betancourt, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur Europe 1. "Les Farc doivent répondre, nous attendons, nous sommes sur place", a-t-il dit. "Pour le moment nous sommes en train d’essayer, essayer, essayer, et il n’y a pas d’autre solution", a-t-il insisté.

2Pas de libération sans échange avec des guérilleros2

Pour Hugo Chavez, "la situation est extrêmement compliquée" car les Farc n’ont pas répondu à l’initiative française. "Nous sommes prêts à soutenir cette mission humanitaire comme nous l’avons fait précédemment, mais bien sûr la situation est très compliquée", a-t-il expliqué. Un haut dirigeant des Farc, Rodrigo Granda, a affirmé jeudi qu’il n’y aurait pas de libérations d’otages sans échange avec des guérilleros emprisonnés, dans un communiqué diffusé sur internet par l’Agence bolivarienne de presse (ABP).

Auparavant l’agence ANNCOL, proche des Farc, a qualifié jeudi "d’ingénu" le président Sarkozy, en commentant sa décision d’envoyer une mission humanitaire sans avoir obtenu d’accord préalable avec la guérilla. Le président colombien Alvaro Uribe a quant à lui déclaré jeudi que personne ne confirmait les "mauvaises nouvelles" qui circulent actuellement sur l’état de santé d’Ingrid Betancourt, dans un entretien diffusé sur France 3.

Des dizaines de milliers de personnes, selon la police et les organisateurs, ont manifesté vendredi dans les rues des grandes villes colombiennes en faveur de la libération d’Ingrid Betancourt et de tous les otages de Colombie qui sont environ 2.800 personnes.

La réponse des Farc

Diane HEURTAUT (avec agence) - le 04/04/2008 - 06h08

Crédit Photo : TF1-LCI Le Falcon 50 avec la mission humanitaire pour prendre contact avec les Farc a atterri à Bogota le 3 avril 2008

Alors que la mission humanitaire est à Bogota, les Farc ont exclu jeudi soir toute libération unilatérale et réclament un échange de prisonniers.

Peu avant, Alvaro Uribe avait reçu les ambassadeurs de France, de Suisse et d’Espagne pour faire "avancer" la logistique de la mission lancée par Nicolas Sarkozy pour accéder à Ingrid Betancourt.

2Quelles chances de succès pour la mission humanitaire ?2

Cette réponse officielle va-t-elle faire capoter la mission ? Depuis jeudi matin, la mission humanitaire attendait un signe des Farc après l’appel de Nicolas Sarkozy à leur n°1, Manuel Marulanda (voir la vidéo). Il est arrivé jeudi soir tard (heure française).

Pas de référence directe toutefois aux émissaires envoyés par le président français. Seulement une précision de taille et un ton ferme : il n’y aura plus de libération unilatérale, prévient la guérilla marxiste par la voix de l’un de ses dirigeants, Rodrigo Granda.

Dans un communiqué cité par le site de l’agence bolivarienne ABP (proche des Farc), il affirme que son mouvement ne libérera plus d’otage "que dans le cadre d’un échange de prisonniers (des guérilleros détenus par Bogota, ndlr). Il n’est pas acceptable qu’ils réclament plus de gestes de paix après tant de témoignages de notre bonne volonté".

Granda fait référence à la libération de deux otages, dont Clara Rojas, en janvier, puis de quatre autres en février, dans un geste unilatéral des Farc. Mais ils avaient déjà laissé entendre dans une lettre du 20 mars qu’ils durciraient désormais le ton, après l’attaque par l’armée colombienne d’un camp des Farc en territoire équatorien dans laquelle le n°2 des Farc, Raul Reyes, a été tué.

Rodrigo Granda, décrit comme le chef de la diplomatie des Farc, avait été libéré le 4 juin dernier par les autorités colombiennes, à la demande du président français Nicolas Sarkozy, afin de favoriser des négociations en vue d’un échange entre guérilleros et otages.

Les autorités colombiennes ont proposé jeudi dernier de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange d’Ingrid Betancourt. Samedi, le président colombien Alvaro Uribe a ajouté que la France serait disposée à accueillir des rebelles qui libéreraient des otages.

2Sarkozy veut rester discret2

Reste à savoir maintenant comment les émissaires envoyés par Nicolas Sarkozy vont s’y prendre pour lier contact avec les Farc, et peut-être accéder tout de même à Ingrid Betancourt. Le Falcon 50 les transportant a atterri jeudi matin à Bogota. A son bord, il y aurait deux diplomates (l’un Français, l’ex-consul de France à Bogota, Noël Saez, et un Suisse) et un médecin.

Le président colombien, Alvaro Uribe, avait reçu les ambassadeurs de France, d’Espagne et de Suisse (désignés comme pays médiateurs dans les négociations entre Bogota et les Farc) pour faire "avancer" la logistique de cette mission humanitaire lancée par Nicolas Sarkozy.

On n’en saura pas plus. D’autant que le chef de l’Etat français a dit, jeudi depuis Bucarest, "avoir des nouvelles" de la mission mais vouloir rester discret autour de ce dossier épineux. Avant que ne tombe la réponse officielle des Farc, l’agence de presse Anncol, réputée proche de la guérilla marxiste, avait dénoncé une opération d’"aventure dangereuse" et vivement critiqué Nicolas Sarkozy à l’origine de l’opération.

"Il faut déplorer que le président Sarkozy soit aussi ingénu et que le Comité international de la croix rouge (CICR) accompagne cette aventure dangereuse", a écrit Anncol sur son site, exprimant sa défiance vis-à-vis du président français et s’interrogeant sur sa "sincérité".

Si Hervé Marro, membre d’un des comités de soutien d’Ingrid Betancourt, a fait part jeudi de "son optimisme" sur les chances de succès de la mission, la soeur de l’otage, Astrid Betancourt, a appelé à "ne pas délaisser" pour autant le canal de négociation que représente le président vénézuélien Hugo Chavez.

Betancourt "en danger de mort" : Sarkozy en appelle aux Farc, envoie une mission

AFP - mercredi 2 avril 2008, 06h44

Le président Nicolas Sarkozy a appelé mardi le chef de la guérilla colombienne des Farc à relâcher immédiatement Ingrid Betancourt, "en danger de mort imminente", et annoncé l’envoi sur place d’une "mission humanitaire" que son homologue colombien s’est engagé à faciliter.

"Vous avez maintenant un rendez-vous avec l’histoire. Ne le manquez pas. Libérez Ingrid Betancourt et ceux des otages qui sont les plus affaiblis !", a lancé M. Sarkozy à Manuel Marulanda dans un message vidéo diffusé aux médias, affirmant qu’Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis plus de six ans, "est en danger de mort imminente".

Il a averti Manuel Marulanda : si l’otage franco-colombienne devait mourir, "ce serait une faute politique grave", "ce serait un crime" dont le chef de la guérilla marxiste serait tenu pour "responsable".

M. Sarkozy avait déjà lancé un appel à M. Marulanda en décembre pour la libération de l’otage.

Un peu plus tard, la présidence française a annoncé l’envoi d’une "mission humanitaire sur place pour prendre contact avec les Farc et obtenir accès à notre compatriote", après une conversation téléphonique de M. Sarkozy avec son homologue colombien Alvaro Uribe.

Ce dernier s’est déclaré prêt à "suspendre les opérations militaires" dans les zones où la mission dépêchée par Paris indiquera qu’elle doit aller.

"Nous avons exprimé notre accord complet pour permettre à cette mission médicale internationale de prendre contact avec les otages et de les soigner", a déclaré M. Uribe à la presse, précisant qu’elle serait "accompagnée par le Comité international de la Croix rouge (CICR)". Celui-ci a cependant annoncé qu’il n’avait pas été contacté.

La présidente argentine Cristina Kirchner a exprimé mardi soir son soutien à M. Sarkozy, exprimant son "souhait de parvenir au plus tôt à une solution humanitaire, permettant la libération rapide de tous les otages" des Farc.

La présidente argentine s’est associée à la demande faite aux dirigeants des Farc "pour qu’ils fassent un geste humanitaire : la libération immédiate d’Ingrid Betancourt".

M. Sarkozy a en outre appelé mardi soir le président du Venezuela Hugo Chavez pour "faire le point avec lui sur la situation des otages en Colombie", a annoncé l’Elysée.

M. Chavez avait obtenu la libération de six otages, mais il a été privé en novembre de sa mission de médiation auprès des Farc par son homologue colombien.

L’appel solennel du président Sarkozy à la guérilla intervient alors que les témoignages alarmants s’accumulent sur l’état de santé de l’ex-candidate à la présidentielle colombienne, qui souffre d’une rechute d’hépatite B.

"Des sources relativement sûres annoncent qu’elle a commencé une grève de la faim le 23 février", a déclaré le président du comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB), Arnaud Mangiapan, après un entretien mardi avec M. Sarkozy.

"La grève de la faim ? Je n’en crois pas un mot", a cependant affirmé Astrid Betancourt, al soeur de l’otage, à la chaîne d’informations en continu Itélé.

"C’est une interprétation qui, à mon avis, n’est pas censée. Ingrid ne va pas se laisser mourir" a-t-elle ajouté.

Néanmoins, face à "l’urgence" de la situation, la famille et les comités de soutien ont relancé la mobilisation.

"Les Farc doivent se rendre compte que s’il arrive quoi que ce soit à ma mère, ce seront eux les premiers responsables, qu’il n’y aura plus aucun avenir politique pour eux", a réagi sa fille Mélanie Delloye.

M. Mangiapan a remis mardi à M. Sarkozy plus de 600.000 signatures de la pétition lancée sur le site www.AgirpourIngrid.com exigeant un "accord humanitaire" entre Bogota et les Farc.

La France maintient une extrême discrétion sur les négociations en cours. Le Premier ministre François Fillon a confirmé mardi que la France était prête à accueillir des membres des Farc libérés par Bogota en échange d’otages, dont Ingrid Betancourt, et qu’elle leur accorderait le statut de "réfugiés politiques".

Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits "politiques" que la guérilla des Farc, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, veut échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

Avertissement

On ne peut comprendre ce qui se passe en Colombie sans se rappeler quelques données géopolitiques de base : la Colombie est le territoire unique qui "attache" toute l’Amérique du Sud à l’Amérique Centrale, voisine de Panama et par elle passent tous les flux terrestres.

Elle est le seul grand pays sud-américain encore de droite, elle suit fidèlement la politique étatsunienne. On pourrait même rajouter que pour beaucoup d’étatsuniens (trafiquants et consommateurs de drogue) elle est incontournable, sachant que de surcroît une part importante de l’argent de la drogue est réinvesti aux USA. !

Je reprends une réponse faite sur le forum du site le 25 Février à une personne nous reprochant,à Etienne et à moi, d’être trop proches des idées gauchisantes d’un Hugo Chavez et de diffamer le Président Uribe :-).

Les USA sont condamnés, tant qu’ils ne changeront pas leur rapport au monde extérieur à leur nombril, à garder la même politique mortifère et à terme catastrophique pour tout le monde, eux y compris.

La colombie est l’un de leurs otages. Ce n’est pas demain la veille que la guerilla des FARC va cesser. Les FARC sont indispensables pour maintenir, par la peur, l’oppression du peuple colombien par des gens comme Uribe.

Ils font partie du jeu, ils sont absolument nécessaires ! Ils ne seront jamais vaincus militairement (puisque leur guerre est factice même si elle fait de vrais morts) comme ils ne tenteront jamais de renverser le gouvernement colombien, ce qu’en revanche le Vénézuela peut faire pour emmerder Washington et lui rendre la monnaie de sa pièce.

Concernant les otages tout est possible. Même qu’ils ne soient jamais libérés car en fait ils ne sont pas un enjeu, mais juste des acteurs très secondaires : au jeu d’échec on sacrifie parfois des pions ! Ingrid Betancourt apparait très sympathique, meme à moi, car nous partageons des combats communs. Grâce à la médiatisation, elle a un role irremplaçable tant qu’elle est otage, faire naitre la sympathie pour chaque camp

En revanche pour un certain nombre de personnes ce n’est qu’une grande bourgeoise, fille de ministre et ambassadeur, épouse de diplomate, élevée dans le luxe, et le fait qu’elle souffre dans sa chair depuis 6 ans ne leur parait pas illégitime au regard de la souffrance de dizaines de millions de personnes dont la vie en liberté n’est pas meilleure que la sienne en captivité.

Doit-elle "continuer à payer" à ce titre ? certainement pas car je suis contre la prise d’otages. Il convient juste de se rappeler que les FARC ne sont pas les seules à en détenir !

Mais dans l’atmosphère de haine et de violence qui règne dans cette affaire, il n’est pas étonnant que chaque camp tente en permanence de pousser à fond ses "avantages", tout en sachant que cela est probablement completement factice et non autonome !


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