AID Association initiatives dionysiennes
Propositions de bon sens à faire à un gouvernement d’incapables ou de salopards (au choix :-)

COMMENT FINANCER LE SOCIAL EN FRANCE ?

...pour sortir la France de la mouise où le capitalisme ultra-libéral l’enfonce

jeudi 3 avril 2008 par JMT

La loi de 2003 prévoit le passage à une durée de cotisation de 41 annuités progressivement d’ici à 2012 (…) La loi s’appliquera”, prévient le Premier ministre François Fillon....avec la morgue habituelle du gouvernant s’adressant à ses sujets et continuant "in petto" : que cela vous plaise ou non !

Eh bien non , ça ne nous plaït pas, d’autant plus que c’est totalement injustifié et que cette décision entre au contraire dans le plan de pressurage des classes qui travaillent par les classes qui profitent. Une excellente démonstration ci-après

La progression des dépenses sociales entre 2000 et 2040 peut aisément être financée, même avec une croissance faible de 1,7 % par an. A condition que l’on affirme le choix de société de la redistribution et de la répartition. Et que l’on cesse de mentir au peuple.

Il faudrait quand même que l’on m’explique… Pourquoi la France “ne pourra plus se payer” un système de santé, de retraite et de solidarité par la répartition et la redistribution ? Comment ce qui était possible en 1945 (1) ne le serait plus en 2008 …ni en 2020 ou 2040 ?

Comment se fait-il qu’une augmentation prévue des dépenses sociales de 30 à 35 % dans le PIB en 40 ans ne puisse pas être financée par une augmentation nette des richesses produites de 100 % sur la même période ?

LE GATEAU A PARTAGER SERA DEUX FOIS PLUS GROS

En effet, on estime, en hypothèse basse de 1,7 % de croissance annuelle, que la production nationale, le fameux PIB (2), va au moins doubler entre 2000 et 2040, passant de 1441 à 2800-2900 Milliards d’Euros au minimum. En conséquence, “le gâteau” à partager sera deux fois plus gros, en Euros constants !

On sait que le partage de ce gâteau pose problème. Il est même au cœur des politiques de répartition et de redistribution qui devraient différencier libéraux-conservateurs et progressistes-sociaux au pouvoir.

En effet, la Valeur Ajoutée produite, “le gâteau”, doit être partagée entre rémunération du travail (salaires…), cotisations sociales, impôts et taxes, frais financiers, profit des actionnaires, autofinancement des investissements, recherche appliquée, provisions pour risques et avantages financiers divers, parfois indécents (stocks options, primes en tous genres, “parachutes dorés”…).

LE SOCIAL CONSOMMERAIT UN TIERS DE LA CROISSANCE

En 40 ans, les ressources de la maison France (PIB) vont donc augmenter de 100 % minimum. Qu’en est-il pour les dépenses sociales ? On sait déjà que les besoins de retraite, sur les bases d’avant réforme 2003, vont augmenter de 40 % dans le PIB, passant de 12,5 % à 17,6 % de celui-ci, avec le vieillissement et l’augmentation de la population retraitée dès 60 ans. Donc, largement supportable.

Pour la santé, les dépenses passeront de 10 à 13 % environ du PIB, soit plus 30 %. Aisément supportable aussi. Les autres dépenses sociales (famille, handicap, solidarité…) ne devraient pas augmenter de plus de 0,4 % par an en Euros constants, passant de 7,6 à 9 % du PIB, soit plus 18,4 %.

Par extrapolation, sur les 1,7 % de croissance moyenne annuelle du PIB pendant 40 ans, les retraites en utiliseraient 0,21 à 0,30 %, la santé 0,17 à 0,22 %, la solidarité 0,13 à 0,15 % au plus, soit un total évoluant de 0,51 à 0,67 %. La progression des dépenses sociales consommerait donc, en moyenne, un tiers de la croissance annuelle ( 0,51 à 0,67 % sur 1,7 %), pour passer de 30,1 à 39,6 % du PIB entre 2000 et 2040. Donc, très soutenable, car laissant des marges de manœuvre.

“L’INVESTISSEMENT SOCIAL EST ECONOMIQUEMENT FORMIDABLE”

Et puis, à quoi doit-elle servir, la croissance, si la France souhaite demeurer “une République indivisible, laïque, démocratique et sociale” (Art. 1, Constitution de 1958) ? Notons que cette redistribution, qui est un choix de société, sera presque entièrement utilisée pour la consommation intérieure qui est un facteur essentiel pour la croissance économique car “l’investissement social est économiquement formidable” (3) et alimente la spirale du développement humain.

On voit donc que le doublement de la production des richesses dans les 40 ans à venir permet de financer largement la protection sociale par répartition et redistribution, avec les cotisations sociales et l’impôt progressif, tout en laissant une grande marge de disponibilités pour augmenter les revenus du travail, les profits, la recherche-investissements et autres utilisations de la valeur ajoutée.

Mais peut-être faut-il baser, enfin, les cotisations sociales employeur sur la Valeur Ajoutée produite par l’entreprise, et non plus sur les salaires !… Les ressources sociales, redistribuées à l’ensemble de la population, doivent évoluer comme le PIB.

UNE PRATIQUE RECURRENTE DES NEO-LIBERAUX

Il faudrait donc arrêter de mentir au peuple, en affirmant que les besoins augmentent et que les ressources stagnent. Sans événements catastrophiques, imprévisibles actuellement (guerres, épidémies, phénomènes naturels…), il n’y a aucun problème de financement de la protection sociale française pour les 32 années à venir (4).

Sauf à considérer une pratique récurrente du capitalisme et des gouvernements néo-libéraux …que l’on nomme lutte des classes. Même si le terme est passé de mode, il y a toujours une lutte sans merci entre actionnaires, rentiers, capitalisme spéculatif, soutenus par la droite politique, et le peuple (salariés, besoins sociaux, services publics…), pour la répartition du gâteau, c’est à dire la Valeur Ajoutée produite par le travail dans les entreprises (5).

Marx n’est-il pas toujours d’une actualité brûlante ?… Les privilégiés et gouvernements néo-libéraux semblent le relire, le comprendre et le pratiquer à leur profit bien mieux que le Peuple !…

Et si tout ce que je viens d’écrire n’est ni vrai, ni fondé, démontrez-moi le contraire. Expliquez-moi…

Jean Caplanne

28 Mars 2008

jancap@free.fr

(1) sur le Programme du CNR : http://jerpel.fr/spip.php ?article63 ; http://jerpel.fr/spip.php ?article194

(2) PIB ( Produit Intérieur Brut. 1441 Milliards d’€ en 2000, 1777 Milliards d’€ en 2006, soit + 3,04 %/an )

(3) pour la croissance économique, la redistribution sociale est un “investissement formidable” (Maurice Kriegel-Valrimont : http://dsedh.free.fr/transcriptions/kriegel-valrimont103.htm) qui stimule la consommation, l’activité des entreprises et l’emploi, comme pendant “les 30 Glorieuses” françaises (1945-1975)

(4) Michel Husson, “Pas de problème de financement…” voir : http://hussonet.free.fr/finass.pdf

(5) en 23 ans, de 1983 à 2006, la part des salaires et cotisations sociales a baissé de 11 points dans la Valeur Ajoutée du secteur marchand, passant de 72,4 % à 61,5 % , ce qui représente au moins 180 Milliards d’Euros qui manquent annuellement à la population pour consommer (salaires, prestations sociales…).

source

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Excellente démonstration qui devrait être popularisée à l’heure du prime time si on avait un service d’information démocratique !

Un seul bémol :

il se pourrait bien pour tout un tas de raisons qu’il n’y ait pas de croissance. ou en tous cas beaucoup moins....mais dans ce cas, les hypothèses de "besoins" seraient automatiquement révisées fortement à la baisse : si l’économie s’effondre, notamment toute sa partie spéculative, il en coûtera monétairement en euros constant moins cher pour les choses essentielles, prioritaires .

D’ailleurs, les évolutions ne se feront plus dans ce cas sur le tapis vert des négociations mais plutôt par un embrasement général de la société, les surexploités allant directement se servir là où seront les biens dont ils ont besoin pour vivre, une fois qu’ils auront atteint leur limite de tolérance..... serons-nous à leurs côtés ?.

Ce qui renforce d’autant la démonstration de Jean et indirectement l’intérêt pour les classes possédantes de ne pas exagérer pour ne pas réveiller dans les moutons citoyens le loup révolutionnaire qui sommeille !

JMT


Forum

  • COMMENT FINANCER LE SOCIAL EN FRANCE ?
    8 avril 2008

    Salut JMT ! Très bonne analyse, qui devrait être administrée en intraveineuses aux syndicats et partis "de gauche", qui ont fini par intérioriser le discours libéral. N’oublions pas au passage que c’est du temps de la "gauche plurielle" au pouvoir que Jospin, en tant que premier ministre, a signé le protocole européen "qui va bien" (Barcelone) et qui prévoit explicitement le passage à 42 ans de cotisations.

    Le même genre de démo pourrait être fait avec le fameux "trou de la Sécu", dont on parle toujours en valeur absolue et jamais en pourcentage du budget global d’icelle. Il est vrai que des milliards d’€ ça impressionne plus les foules que quelques %. Les chiffres sont disponibles, puisque les comptes de la Sécu sont publics, allez y voir, et faites le calcul !

    Jeff

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