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Ni pauvres ni soumis !

Les handicapés réclament un revenu d’existence décent

samedi 29 mars 2008 par JMT

« Ni pauvres, ni soumis »

Le Samedi 29 Mars 2008 à 06h15

A l’appel du collectif d’association « Ni pauvres, ni soumis », plus de 25 000 personnes handicapés, malades ou invalides devraient défiler aujourd’hui à Paris. Elles réclament un revenu d’existence « décent », au moins égal au Smic brut.

Stephane de Sakutin AFP/Archives :: Une personne poussant un handicapé en fauteuil roulant, le 08 octobre 2007 à Paris

Le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH), l’aide octroyée aux personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler, s’élève à 628,10 euros. Alors que le seuil de pauvreté est à 817 euros par mois pour une personne seule, quelques 810 000 handicapés vivent de cette allocation.

Certes la loi handicap votée en février 2005 a instauré une « prestation de compensation » qui permet de financer les aides matérielles, humaines ou les surcoûts liés aux transports des handicapés, mais, selon « Ni pauvres, ni soumis », elle n’a pas amélioré le revenu d’existence.

Et si le Président de la République a bel et bien confirmé qu’il revaloriserait l’AAH de 5% en 2008 conformément à ce qu’il avait promis pendant sa campagne électorale, cette annonce « n’a fait que mobiliser les gens », explique le secrétaire général de la Fnath (accidentés de la vie), Arnaud de Broca, qui ajoute que les handicapés ne sont pas exonérés des franchises médicales créées par le gouvernement (« On rend d’un côté ce qu’on prend de l’autre »).

Les associations mobilisées s’inquiètent aussi de l’insistance du gouvernement et du Président à parler de l’emploi des handicapés, thème de la conférence nationale du 10 juin prochain. Les associations ne craignent que cela ne « culpabilise » les handicapés qui ne peuvent pas travailler. Nicolas Sarkozy a fait savoir mardi dernier qu’il était nécessaire de revoir les conditions de l’allocation afin de privilégier l’accès à l’emploi.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand devrait recevoir mardi prochain les associations concernées. En attendant, 13 trains et 5 avions, 700 autocars et minibus ont été affrétés pour acheminer les manifestants à la capitale.

MB

AFP/Infographie :: Données chiffrées sur le handicap en France en mars 2008

Handicapés, malades et invalides défilent pour un revenu "décent"

PARIS (AFP) - 29/03/08 07:30

Plus de 25.000 personnes handicapées, malades ou invalides sont attendues samedi à Paris, pour une "marche vers l’Elysée" à l’appel du collectif d’associations "Ni pauvre, ni soumis", qui réclame un revenu d’existence "décent", au moins égal au Smic.

Vendredi, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré que la manifestation était le "signe d’une attente légitime" et qu’il allait recevoir les associations mardi, avec Valérie Létard.

"Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes handicapées, atteintes de maladie invalidante ou victimes d’accident du travail, qui ne peuvent pas ou plus travailler, sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté" (817 euros par mois pour une personne seule), affirme le collectif.

Pour cette manifestation "historique", le collectif, qui regroupe une centaine d’associations, a affrêté 13 trains et 5 avions, 700 autocars et minibus.

Rendez-vous est donné samedi à 11h00 place de la République, pour un début de manifestation à 13h00 vers la place de l’Opéra, d’où une délégation partira à l’Elysée.

"Quand on sait l’effort que cela signifie pour un handicapé de se déplacer, cela montre bien la motivation des gens. Avec des moyens logistiques supérieurs, on aurait pu doubler le nombre", a déclaré Emmanuel Loustalot, délégué de l’APF (paralysés de France) à Montpellier.

La question des ressources des personnes handicapées a été insuffisamment traitée par la loi handicap de février 2005, estiment les associations.

Elle a certes créé une "prestation de compensation" destinée aux aides matérielles et humaines, mais n’a pas amélioré les revenus d’existence, déplorent-elles.

"On peut avoir une aide 24h/24 mais être réduit à une activité de survie", explique l’APF. Quelque 810.000 handicapés, qui ne peuvent pas ou plus travailler, vivent avec les 628,10 euros de leur allocation adulte handicapé (AAH).

La confirmation par Nicolas Sarkozy mardi, quatre jours avant la manifestation, de revaloriser l’AAH de 5% en 2008, conformément à sa promesse électorale, "n’a fait que mobiliser les gens", souligne le secrétaire général de la Fnath (accidentés de la vie) Arnaud de Broca.

"On rend d’un côté ce qu’on prend de l’autre", dit-il, rappelant que les bénéficiaires de l’AAH ne sont pas exonérés des franchises médicales créées par le gouvernement.

Les associations craignent aussi que l’accent mis par le gouvernement et le chef de l’Etat sur l’emploi des handicapés, avec une conférence nationale le 10 juin centrée sur ce thème, n’ait pour effet de "culpabiliser" ceux qui ne peuvent travailler.

Nicolas Sarkozy a déclaré mardi qu’il fallait avoir "le courage de revoir les conditions de l’allocation", de façon à privilégier l’accompagnement vers l’emploi.

"Cela signifie de manière insidieuse qu’il y a des handicapés qui pourraient travailler mais préfèrent l’assistance", estime Patrice Tripoteau, responsable à l’APF.

"Tout le monde est d’accord pour dire que la meilleure solution, c’est d’avoir un emploi, mais il y a des problèmes de formation, d’accessibilité, de discrimination, et beaucoup ne peuvent pas travailler, doit-on les laisser sous le seuil de pauvreté ?", interroge Arnaud de Broca.

Rappelant que la solidarité familiale ne doit pas se substituer à la solidarité nationale, les associations demandent un réel accès à la formation et à l’emploi pour ceux qui le peuvent, la garantie d’un revenu décent pour les autres, et une harmonisation des régimes existants.

Les handicapés et les malades "ni pauvres, ni soumis" crient "leur révolte"

PARIS (AFP) - 29/03/08 17:50

Plusieurs milliers de personnes, malades, handicapés, invalides et leurs accompagnants, venus de toute la France, ont manifesté samedi à Paris à l’appel du collectif "Ni pauvre, ni soumis" pour exprimer leur "révolte" et réclamer un revenu "décent", au niveau du SMIC brut.

Photographe : François Guillot AFP :: Manifestation à Paris de personnes malades, handicapées ou invalides, le 29 mars 2008.

Accidentés, séropositifs, myopathes, aveugles ont défilé aux cris de "On veut des sous !", derrière une banderole "handicap, maladie invalidante : l’urgence d’un revenu d’existence".

En fauteuil ou sur des béquilles, guidés par une canne blanche ou un chien, les manifestants, évalués à "près de 30.000 personnes" par les organisateurs et 16.500 par la police, rassemblaient l’ensemble du monde des "accidentés de la vie" pour une mobilisation "historique", a indiqué Arnaud de Broca, président de la Fnath, une de la centaine d’associations membres du collectif.

Une délégation a été reçue à l’Elysée pour remettre une pétition.

"C’est la révolte des handicapés, c’est la révolte de millions de personnes pour dire qu’il y en a assez de toucher 628 euros par mois (montant de l’allocation adultes handicapés (AAH), ndr), qu’avec ça, on ne peut pas vivre", a ajouté M. de Broca.

Beaucoup brandissaient des panneaux jaune et noir, couleurs du collectif portant le slogan "handicap + pauvreté = double peine". Dans le défilé également, des sourds-muets, des trisomiques, arrivés avec quelques uns des 13 trains, 5 avions ou 700 autocars affrétés pour l’occasion.

"Sur le sujet des ressources et des conditions de vie, ça fait 30 ans qu’on ne veut pas en parler, on est là pour mettre le sujet sur la table pour que les choses changent définitivement", a déclaré Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France (APF).

Edmond Thomas, 57 ans, paraplégique depuis 35 ans après un accident de moto, venu de Valence (Drôme), résume le problème à sa façon : "J’ai dû appeler ma banque pour augmenter mon autorisation de découvert à -700 euros".

"J’arrive à me débrouiller", estime-t-il. "Je viens plus pour le +Ni soumis+ que pour le +Ni pauvre+, parce qu’en Belgique ou dans les pays du Nord, les handicapés sont mieux considérés. C’est une question de dignité et de droits de l’Homme", s’emporte cet homme.

Quelque 810.000 handicapés, qui ne peuvent pas ou plus travailler, vivent avec l’AAH.

Bernard, 58 ans dont 54 cloué dans un fauteuil roulant par la poliomyélite, estime avoir "eu de la chance" : il a pu travailler pendant 30 ans à mi-temps comme psychologue.

Il s’est déplacé de Bretagne par solidarité. "Moi, j’ai pu travailler, donc j’aurai une petite retraite, mais pour d’autres, c’est difficile", explique l’homme, qui hausse les épaules lorsqu’on évoque l’augmentation de 5% de l’AAH annoncée par Nicolas Sarkozy, quatre jours avant la manifestation.

"Ca ne fera pas passer les gens au-dessus du seuil de pauvreté" (817 euros par mois pour une personne seule)", rappelle-t-il.

Daniel M., 46 ans, membre de l’association Aides, s’accroche à son travail dans le milieu hospitalier malgré sa séropositivité. "Je n’ai pas demandé l’AAH parce que je veux travailler le plus longtemps possible", explique-t-il. "Mais je connais beaucoup de gens qui ne vivent qu’avec l’AAH et pour eux c’est souvent l’exclusion sociale".

"Je viens aussi pour mon avenir, parce que je sais que j’aurai besoin de l’AAH quand je ne pourrais plus travailler", ajoute-t-il.

Appuyé sur une perfusion à roulettes débranchée, il se dit "épuisé" par les quatre heures de marche et station debout. "Mais j’irai jusqu’au bout, c’est trop important".


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