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Certains produits alimentaires contiennent de "drôles de bébêtes" !

Les nanotechnologies : espoirs mais aussi dangers !

Que nous cache-t-on ? Et pourquoi ?

dimanche 16 mars 2008 par JMT

Nano= préfixe désignant la milliardième partie d’une unité. Les nanoparticules sont celles mesurant de 1 à 100 nanomètres. On les utilise dans divers domaines, appelés "nanotechnologies" qui révolutionnent déjà beaucoup de secteurs économiques. Mais elles ont un grave défaut. Elles sont si petites qu’elles passent à travers à peu près toutes les barrières des contenants pouvant les abriter et au delà peuvent se diffuser dans l’air, les aérosols, les liquides, les poussières, etc... On peut les inhaler, les boire, les avaler....et les retrouver dans n’importe lequel de nos organes....qui ne va pas forcément apprécier la cohabitation !

Les nanotechnologies, entre promesses et risques mal connus

L’utilisation de nano-structures se développe très vite, dans la recherche comme dans l’industrie. Riche de promesses en termes d’emploi et de profit, cette révolution industrielle n’est régie par aucun règlement spécifique. La surveillance de la santé des salariés est inadaptée et l’évaluation des risques très insuffisante. Etat des lieux..

A l’échelle de l’infiniment petit (1 nanomètre [10-9] est 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu), les nanoparticules et les nano-objets développent des propriétés aussi fascinantes qu’inquiétantes et touchent aujourd’hui tous les secteurs d’activité, de l’électronique à la pharmacie, en passant par la chimie et la métallurgie.

Selon maints observateurs, ces propriétés exceptionnelles les placent au cœur de la révolution industrielle de ce siècle : On prévoit que les nanotechnologies généreront 1 000 milliards d’euros par an de revenu mondial en 2010-2015, contre 40 milliards en 2001 [1].

Tandis que vont bon train les recherches sur leurs prometteuses applications, on ne sait pratiquement rien de la toxicité des nanoparticules pour l’homme. Appelées aussi « particules ultrafines », elles ne sont pourtant pas tout à fait des « ultra-petites nouvelles » dans le monde du travail. Hormis celles qui sont manufacturées, comme les nanotubes de carbone, certaines sont des résidus de l’activité humaine : on les trouve par exemple dans les fumées de soudage, la minoterie, etc. D’autres enfin sont issues de processus naturels, rejetées par les volcans par exemple.

Certaines ont fait l’objet d’évaluations démontrant leurs effets délétères chez les personnes fragiles. Leur capacité de pénétration dans l’organisme, principalement par l’appareil respiratoire, est telle qu’elles sont capables de franchir les barrières biologiques et de migrer vers différents organes.

Et pourtant, les risques sanitaires que pourraient représenter les nanomatériaux n’apparaissent pas encore comme prioritaires : sur 1,4 milliard d’euros alloués par la Commission européenne aux nanotechnologies, seuls 38 millions sont destinés aux travaux sur les risques pour l’environnement et pour les opérateurs.

2Organiser une veille sanitaire2

Le Woodrow Wilson Center, aux Etats-Unis, a pour mission d’éclairer les choix politiques et les orientations scientifiques. Il a réuni dans une base de données quelque 350 études internationales concernant les effets de ces matériaux sur la santé humaine et l’environnement. « Il y apparaît un manque majeur en matière de sécurité au travail », souligne Benoît Hervé-Bazin, chargé de mission auprès de la direction scientifique de l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs), qui vient de coordonner dans un rapport les avis d’experts sur le sujet [2]. On retrouve la même indigence s’agissant de la surveillance de la santé des salariés.

« Il faut organiser une veille sanitaire associant les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Chsct) dans la recherche comme dans l’industrie. Et dès maintenant, pour avoir, si le besoin s’en fait sentir, des éléments pertinents », estime Jacques Borrel, secrétaire général du Speag-Cfdt, regroupant le personnel des sections d’entreprises implantées au Minatec, pôle d’innovation en micro- et nanotechnologies de Grenoble. Il ajoute : « Aujourd’hui, face au déficit de connaissances fondamentales, en l’absence de seuils et de normes, on développe des applications dans un cadre sanitaire inadapté. »

[02.01.08] Jacqueline Roz-Maurette

source

[1] Département prospective de la Commission européenne.

[2] « Les nanoparticules. Un enjeu majeur pour la santé au travail  ? », Edp Sciences-Inrs, 2007.

2A savoir2

Nanomatériau  : matériau composé de nanostructures d’une taille comprise entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre = 1 milliardième de mètre). Ces nanostructures peuvent être des nanoparticules, des nanotubes (comme les nanotubes de carbone), des nanocristaux.

2A lire également2

Mesurer le risque ? Comment ?

2Autres sites2

www.cite-sciences.fr

www.afsset.fr

www.inrs.fr

www.irsst.qc.ca

www.cnrs.fr/saga.htm

www.vivagora.org

Les nanotechnologies ou la chronique d’une invasion programmée

[*Les Amis de la Terre Europe ont publié le 11 mars 2008 un rapport dans lequel on apprend que des produits nanométriques non testés et potentiellement dangereux peuvent être trouvés, partout en Europe, dans les aliments, les emballages alimentaires et d’autres produits des rayons de supermarchés.*]

« Nanotechnologies » est le nom donné aux techniques de manipulations de la matière au niveau de l’atome et des molécules. Elles sont utilisées pour la fabrication de compléments nutritifs, de films plastiques alimentaires, d’emballages, de récipients, d’outils de cuisine antibactériens, mais aussi pour la transformation de la viande. On en trouve également dans l’agriculture, dans des boissons chocolatées, et même dans des produits pour bébés. Malgré les craintes que soulèvent les nano-matériaux à cause de leurs risques de toxicité, les citoyens en consomment déjà, des ouvriers les manipulent sans aucune protection et les législateurs sont à la traîne d’une industrie en pleine expansion.

En effet, les Amis de la Terre-Europe révèlent dans leur rapport « Du Labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture » qu’il existe au moins une centaine de produits agricoles et alimentaires contenant des nanomatériaux - ou fabriqués par nanotechnologie - en vente actuellement dans l’Union européenne, plusieurs centaines de ces produits étant même en vente sur le marché mondial.

Dans l’Union européenne, comme ailleurs, les règlements et les lois sont totalement inadaptés aux propriétés particulières des nano-matériaux. Les Amis de la Terre-France s’associent à la demande de leurs collègues européens pour que les responsables politiques de l’Union européenne mettent enfin en place une législation complète et réellement basée sur le principe de précaution, pour protéger les citoyens et l’environnement. Nous demandons aussi que l’Union Européenne favorise les agricultures biologiques et paysannes, seules garantes de la protection des citoyens et de l’environnement.

Pour Helen Holder, coordinatrice de la campagne « Alimentation et Agriculture » des Amis de la Terre-Europe : « Il est choquant que les citoyens européens puissent être exposés à des produits potentiellement toxiques, présents dans les aliments ou les emballages alimentaires sans qu’aucune réglementation n’assure leur sécurité. Les responsables politiques doivent arrêter de nous dire que les règlements actuels suffisent et doivent combler de toute urgence les lacunes réglementaires. »

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre-France : « D’un côté, on étouffe les petits producteurs avec des règlements sanitaires toujours plus tatillons et coûteux, de l’autre les industriels ont toute latitude pour mettre en danger la santé des citoyens avec des produits potentiellement toxiques sans que le moindre étiquetage, la moindre réglementation ne soient mise en place. Comme pour les OGM, on commercialise d’abord et on fera les études après, l’intérêt des industriels passe avant la protection des citoyens et de l’environnement. »

Résumé du Rapport

Des produits créés à l’aide des nanotechnologies sont en train de contaminer la chaîne alimentaire et ce, en l’absence de tout étiquetage obligatoire, de tout débat public ou de la moindre réglementation. Les nano-particules fabriquées, les nano-émulsions et les nano-capsules se retrouvent dans les pesticides agricoles, les aliments confectionnés industriellement, les emballages alimentaires et les matériaux en contact avec les aliments y compris les récipients de stockage, la coutellerie et les planches à couper. Les Amis de la Terre ont repéré 106 de ces produits actuellement en vente, mais nous pensons qu’il ne s’agit que d’une petite fraction des produits déjà commercialisés.

On définit provisoirement les nanotechnologies comme le domaine relatif aux matériaux, systèmes et process qui opèrent à une échelle de 100 nanomètres (nm) ou moins. Cela inclut la manipulation de matériaux et la création de structures et systèmes à l’échelle de l’atome et des molécules, l’échelle nano. Les propriétés et les effets des particules à l’échelle nano sont très différents de celles de particules de même composition chimique mais de taille plus grande. Les nano-particules peuvent être plus réactives chimiquement et plus bioactives que de grandes particules. Du fait de leur très petite taille, elles peuvent aussi pénétrer beaucoup plus facilement dans nos corps que des particules plus grandes et dans les cellules, les tissus et nos organes. Ces nouvelles propriétés offrent de nombreuses possibilités nouvelles pour des applications dans l’industrie alimentaire comme, des additifs nutritifs puissants, des colorants et des agents de saveur plus forts ou des composants antibactériens pour les emballages alimentaires.

Le nombre d’études scientifiques qui démontrent que certains des nano-matériaux actuellement utilisés dans les aliments et les produits agricoles entraînent de nouveaux risques pour la santé et l’environnement est en forte augmentation. Il a été prouvé par exemple, que les nano-particules d’argent, de dioxyde de titane, de zinc ou d’oxyde de zinc - matériaux actuellement utilisés dans des compléments alimentaires, des emballages alimentaires et des matériaux en contact avec les aliments – sont hautement toxiques pour les cellules dans des tests in vitro. Des études environnementales récentes laissent penser aussi que ces substances peuvent être toxiques pour des espèces écologiquement importantes comme les puces d’eau. Malgré tout cela, il n’y a pour l’instant aucune réglementation particulière pour les nanotechnologies, ni aucun test exigé avant que des nano-matériaux soient utilisés dans les aliments, les emballages ou les produits agricoles.

Des études d’opinion montrent que face à l’ignorance scientifique quant aux risques que représentent les nanomatériaux dans les additifs alimentaires, les ingrédients et les emballages, les gens ne veulent pas manger de nano-aliments. Mais comme aucun règlement n’exige que les nano-produits présents dans l’alimentation ne soient étiquetés nous n’avons strictement aucun moyen pour choisir une alimentation sans nano-produit.

D’une manière plus générale, les nanotechnologies menacent aussi le développement d’une agriculture et de modes d’alimentation durables. Bien que les ventes globales de produits bio et la production de ces mêmes produits connaissent une croissance continue, les nanotechnologies risquent de renforcer la dépendance de l’agriculture à des techniques basées sur la chimie et une forte consommation d’énergie.

Alors que sur fond de changements climatiques, il y va de l’intérêt général de réduire les distances entre consommateurs et producteurs, les nanotechnologies vont servir à promouvoir les transports de produits frais ou transformés sur des distances encore plus grandes. Il est à craindre que les nanotechnologies n’accentuent encore le contrôle des grandes entreprises multinationales sur l’agriculture mondiale et les systèmes alimentaires et réduisent encore le pouvoir des paysans à contrôler eux-mêmes, localement, la production alimentaire.

Les risques environnementaux et sanitaires graves et les conséquences sociales liés aux nanotechnologies dans l’agriculture amènent les Amis de la Terre / Friends of the Earth d’Australie, d’Europe, et des Etats-Unis à exiger :

* Qu’un moratoire soit mis en place sur toute commercialisation de produits alimentaires, d’emballages alimentaires, de matériaux en contact avec les aliments ou d’agrotoxiques (produits phytosanitaires) contenant des nanomatériaux fabriqués, tant que des réglementations encadrant spécifiquement les nanotechnologies n’auront pas été mises en place et que les citoyens n’auront pas été activement impliqués dans les prises de décision.

* Des réglementations spécifiques aux nanotechnologies doivent garantir que :

Les nanomatériaux sont réglementés en tant que nouvelles substances

- Tout nanomatériau fabriqué à dessein doit être l’objet de nouvelles études de risque en tant que substance nouvelle, même si les propriétés de ses homologues à grandes particules sont connues.

- Tout nanomatériau fabriqué à dessein doit être l’objet d’études spécifiquement conçues pour les nanotechnologies et visant à évaluer les conséquences sur la santé et l’environnement ; avant toute autorisation de commercialisation pour des usages dans l’alimentation, l’emballage alimentaire, les produits en contacts avec les aliments ou les applications agricoles, il doit être démontré aussi que ce matériau ne pose aucun problème.

La définition basée sur la taille est revue à la hausse

- Toutes les particules mesurant jusqu’à 300 nm doivent être considérées comme des « nanomatériaux » dans les études de risques pour la santé et l’environnement, étant donné qu’il est prouvé qu’elles posent des problèmes sanitaires semblables à ceux que posent des particules de moins de 100 nm, définies comme nano-particules.

Transparence dans les études de risque et étiquetage des produits

- Toutes les données importantes en lien avec les études de risques et les méthodes utilisées sont du domaine public.

- Tout nano-ingrédient fabriqué est indiqué clairement sur l’étiquette du produit pour permettre à tout citoyen d’être informé lors de son choix.

Nous demandons aussi que :

Les citoyens sont impliqués dans les prises de décision

- Les citoyens, y compris tout groupe, partie prenante concernée, doit être impliqué dans tous les aspects de la prise de décision concernant les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture. Cela inclut le développement de cadres réglementaires, de règles d’étiquetage et la priorité donnée à ce que des fonds publics financent la recherche en alimentation et agriculture. Le droit des citoyens à refuser les nano-aliments doit être explicitement reconnu.

L’agriculture et l’alimentation bio et paysannes sont soutenues
- La demande de la société pour une agriculture et une alimentation durables doit être un élément important dans l’évaluation des nanotechnologies dans l’agriculture et l’alimentation, et dans le processus de décision.

2Source2

Nanotechnologies : chronique d’une invasion programmée

Auteur : Les Amis de la Terre

USA : Etude

2Comment les nanotechnologies dépendent de la perception de leurs risques et bénéfices potentiels par le public2

vendredi 22 février 2008 Par Denis Lebioda, dans Nanotechnologies -# 258

[*Le "Project on Emerging Nanotechnologies" vient de publier un rapport étudiant la perception qu’a le public américain sur les risques et les bénéfices des nanotechnologies. *]

[*Ces nouveaux résultats corroborent et complètent ceux obtenus dans une étude menée auparavant par la même équipe, dans laquelle il est montré que les valeurs individuelles des personnes influent sur la manière dont elles réagissent aux risques potentiels des nanotechnologies.*]

Le "Project on Emerging Nanotechnologies" (PEN, créé en 2005 par le Woodrow Wilson International Center for Scholars), soutenu par la NSF, vient de publier un rapport étudiant la perception qu’a le public américain sur les risques et les bénéfices des nanotechnologies.

Il ressort de cette étude le résultat suivant : les américains ont une forte tendance à suivre l’avis des experts politiques dont ils partagent les valeurs, et ce quelque soient leurs arguments.

2L’étude2

L’étude, basée sur un échantillon de 1600 américains adultes, a été menée par une équipe interdisciplinaire de chercheurs de différentes universités des Etats-Unis (Yale University, University of Washington, George Washington University, Cornell University), et du Decision Research in Eugene, Oregon.

Les 1600 participants au projet, choisis volontairement pour que l’échantillon de population touche tous les niveaux sociodémographiques, idéologies politiques, valeurs culturelles, sexes et couleurs de peau, sont exposés à des arguments pour et contre les nanotechnologies.

2Les résultats2

Pour la première moitié des participants ces arguments ne sont pas attribués à des experts, tandis que pour la seconde moitié, ils sont attribués aléatoirement à des experts dont les valeurs socioculturelles et politiques sont connues.

Il ressort que les américains de la première moitié qui étaient déjà disposés à s’inquiéter des risques environnementaux (beaucoup plus médiatiques) s’inquiètent aussi d’emblée des risques des nanotechnologies, et ceux de la deuxième moitié calquent leur avis sur ceux des experts politiques chez qui ils se reconnaissent, qu’ils soient pour ou contre.

Ces nouveaux résultats corroborent et complètent ceux obtenus dans une étude menée auparavant par la même équipe, dans laquelle il est montré que les valeurs individuelles des personnes influent sur la manière dont elles réagissent aux risques potentiels des nanotechnologies.

La prochaine et dernière étape de cette étude qui devrait être terminée au printemps 2008 sera d’étudier l’efficacité de persuasion de différents messages et de ceux qui les diffusent sur des groupes d’audience variés.

L’avenir des nanotechnologies dépend en grande partie de l’appréciation du public sur ses risques et ses bénéfices potentiels.

Cette étude montre les difficultés auxquelles font face les experts politiques pour offrir au public le plus large possible des informations sur les nanotechnologies, et l’urgence de le faire à un stade relativement tôt de leur commercialisation.

C’est pour cela que la National Nanotechnology Initiative (NNI) prête une grande importance à sa communication et à l’information qu’elle diffuse auprès du public.

2Source2

"Comment les nanotechnologies dépendent de la perception de leurs risques et bénéfices potentiels par le public" Publié par : Rédacteur : Alban de Lassus -

2En savoir plus2

http://www.azonano.com/News.asp ?NewsID=5833

http://redirectix.bulletins-electroniques.com/0lllE

L’émission "Terre à terre" sur les nanotechnologies, de Ruth Stégassy avec Marina Maestrutti, diffusée sur France Culture le 1er Mars 2008 peut être téléchargée depuis le site non-officiel (merci à Frédéric Supiot de Bruxelles pour ce lien)


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