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Rebelles kurdes : l’Irak condamne l’incursion turque dans le nord du pays

AMADIYAH (AFP) - 26/02/08 15:23

mardi 26 février 2008 par JMT

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[|Photographe : CT AFP/Infographie :: Localisation des combats entre armée turque et Kurdes |]

Le gouvernement irakien a condamné mardi l’incursion turque dans le nord du pays, estimant que cette action militaire constituait une "violation de la souveraineté de l’Irak".

"Lors d’une réunion aujourd’hui, le cabinet a fait part de son rejet et de sa condamnation de l’incursion de l’armée turque qui est considérée comme une violation de la souveraineté de l’Irak", a indiqué le gouvernement dans un communiqué diffusé par son porte-parole Ali al-Dabbagh.

La Turquie, en lançant une opération militaire dans le nord de l’Irak, a fait usage de son "droit légitime à l’autodéfense" contre les rebelles kurdes, a déclaré mardi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"L’opération transfrontalière menée par la Turquie est le résultat de son droit légitime à l’autodéfense", a affirmé M. Erdogan dans une allocution devant le groupe parlementaire de son parti, retransmise par les télévisions. "La Turquie mène un combat juste contre une organisation terroriste qui menace la paix et la stabilité régionales (...) La Turquie a le droit de se défendre elle-même, d’éliminer ceux qui portent atteinte à la paix, l’unité et la solidarité de ses citoyens", a-t-il ajouté.

Plusieurs pays ont appelé Ankara à la modération et à mettre rapidement un terme à l’opération qu’elle mène depuis jeudi soir dans le nord de l’Irak contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui utilisent cette région comme une base arrière pour leurs opérations en Turquie. Bagdad a qualifié l’incursion de "menace" pour sa souveraineté.

Des membres des forces armées kurdes de la région autonome du nord de l’Irak ont déclaré que des combats intenses se poursuivaient sans interruption depuis dimanche soir autour du camp de Zap, que les troupes turques soutenues par des tirs d’artillerie et une couverture aérienne s’efforçaient de conquérir.

Le camp, situé dans une profonde vallée à six kilomètres de la frontière turque, est un des principaux points de passage utilisés par les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour s’infiltrer en Turquie et y mener des actions.

AFP :: Un véhicule blindé turc roule en direction de la frontière irakienne, le 25 février 2008 à Cukurca photo AFP

Les affrontements se poursuivaient aussi depuis lundi soir dans la région montagneuse de Hakurk, plus à l’est, où l’armée turque a déposé des troupes par hélicoptère tandis que des hélicoptères d’attaque bombardaient des positions du PKK, selon ces sources. L’attaque avait été précédée lundi par des bombardements du camp de Hakurk, un des principaux bastions du PKK, proche de la frontière iranienne et à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque.

L’armée turque a lancé jeudi soir une vaste opération terrestre dans le nord de l’Irak pour en déloger les rebelles du PKK qui y sont retranchés et utilisent la région comme une base arrière pour leurs actions en Turquie.Au moins 153 rebelles kurdes et 17 soldats turcs ont été tués jusque là, selon l’armée turque. Le dernier bilan fourni par le PKK faisait état d’au moins 81 soldats et de trois rebelles tués.

"Les terroristes en tentant de fuir la région sous le contrôle de nos troupes ont été pris sous des tirs à courte portée et ont subi de lourdes pertes" dans la nuit de dimanche à lundi, a affirmé l’état-major turc dans un communiqué diffusé lundi sur son site internet. L’aviation a frappé une trentaine d’objectifs dans le nord de l’Irak sur la ligne de progression des troupes turques et les hélicoptères ont effectué des raids toute la journée, a-t-il ajouté.

A Ankara, le président Abdullah Gül, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le général commandant l’état-major Yasar Büyükanit ont assisté lundi aux côtés de milliers de personnes aux obsèques de trois officiers tués dans l’opération, ponctuées d’imprécations contre le PKK.

A Diyarbakir, la principale ville du sud-est de la Turquie, peuplée en majorité de Kurdes, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour réclamer la fin de l’opération, scandant des slogans hostiles au gouvernement et favorables aux rebelles.

La Turquie a assuré que l’offensive avait pour seul objectif le PKK et que ses troupes regagneraient le territoire turc aussitôt leur mission achevée.

Bagdad et Washington ont enjoint Ankara de faire preuve de modération et de rapatrier les troupes au plus tôt. "Nous espérons que ceci sera simplement une incursion à court terme", a dit lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino. Le secrétaire d’Etat américain à la Défense Robert Gates doit quitter mercredi l’Inde où il participe à des entretiens pour se rendre à Ankara.

Les Etats-Unis fournissent depuis plusieurs mois des renseignements en temps réel sur les déplacements des rebelles dans le nord de l’Irak.

Un commando turc dans les montagnes à la frontière irakienne le 25 février 2008 photo : Mustafa Ozer , AFP

Ankara estime à environ 4.000 le nombre de rebelles retranchés dans le nord de l’Irak. Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 37.000 morts depuis le début en 1984 de l’insurrection du PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.

Par ailleurs, au moins quatorze personnes ont été tuées mardi dans le pays, dont neuf passagers d’un bus dans un attentat suicide, a-t-on appris auprès de sources de la police et de l’armée.

Selon le lieutenant-colonel de l’armée Jalal Dousky, un kamikaze a fait exploser sa charge à l’intérieur du bus reliant le nord de l’Irak à la Syrie, près d’un barrage dans la zone de Smirat, à 80 km au nord de Mossoul.

Neuf passagers ont péri dans l’attaque qui a été confirmée par un responsable de la police de Mossoul (370 km au nord de Bagdad).

L’armée américaine a fait état de son côté de huit morts et huit blessés dans l’attentat, pour lequel elle a dit suspecter la branche irakienne d’Al-Qaïda.

"Lors d’un arrêt à un barrage de routine, l’armée irakienne a procédé à un contrôle d’identité. Le kamikaze suspecté d’appartenir à Al-Qaïda en Irak est sorti du bus et a fait exploser sa bombe", indique un communiqué de l’armée américaine.

Ailleurs en Irak, cinq personnes ont été tuées dans différentes attaques, selon des sources policières.

Par ailleurs, 21 civils voyageant à bord de deux bus près de la ville de Baqouba (60 kilomètres au nord de Bagdad), ont été enlevés par un groupe d’hommes armés, a déclaré à l’AFP un officier de la police locale.

Selon le lieutenant colonel Najm al-Soumaidaï, les passagers ont été enlevés à un barrage établi dans la localité d’Al-Azim, au nord de Baqouba.

"A environ 10H00 (07H00 GMT), plusieurs hommes armés ont arrêté à un barrage un minibus transportant 11 hommes et trois femmes. Ils ont libéré les femmes et enlevé les hommes", a dit l’officier.

Quelques minutes plus tard, un autre minibus a été arrêté par les ravisseurs et 10 hommes qui se trouvaient à bord ont été enlevés.

"Les 21 hommes ont été emmenés dans les minibus," a dit M. Soumaidaï, ajoutant que les deux véhicules étaient venus de la ville de Kirkouk (nord) et se dirigeaient vers Bagdad en traversant la province de Diyala, où les partisans d’Al-Qaïda sont encore très présents.


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