AID Association initiatives dionysiennes
Après les dérapages de la directrice du cabinet présidentiel

En pleine polémique, Sarkozy tente de calmer le jeu sur les sectes

jeudi 21 février 2008 par JMT

(Afp, 21/02/2008, 22h18)

Déjà critiqué pour ses récentes sorties sur les religions et la laïcité, Nicolas Sarkozy s’est efforcé jeudi d’éteindre l’incendie allumé par les déclarations fracassantes de l’une de ses plus proches collaboratrices sur la lutte contre les sectes.

En déplacement dans le Pas-de-Calais, le chef de l’Etat a tenu à afficher une position sans ambiguïté : "Ma position a toujours été claire. Les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles, il faut faire preuve de la plus grande fermeté".

Même si elle en a partiellement démenti le contenu, sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon a mis le feu aux poudres en accordant mercredi un entretien à VSD dans lequel elle dit que les sectes constituent un "non-problème" en France, selon les propos qui lui sont prêtés par l’hebdomadaire.

Dans cet entretien, Mme Mignon juge aussi "scandaleuse" la liste des mouvements sectaires dressée en 1995 par une commission d’enquête parlementaire et ne cache pas "s’interroger" sur la présence, sur cette liste, de la scientologie.

"Ce n’est pas à moi de dire si la scientologie est une secte, il y a une commission pour cela", a tenu à préciser jeudi Nicolas Sarkozy qui, alors ministre des Finances, avait reçu en 2004 devant les caméras l’un de ses plus célèbres adeptes, l’acteur américain Tom Cruise.

"Je n’ai jamais eu la moindre faiblesse avec eux quand j’étais ministre de l’Intérieur", a-t-il insisté, "chacun sait ce que j’ai fait en la matière". Dans la foulée du président, le Premier ministre François Fillon a assuré qu’il "continuerait" la politique actuelle sur les sectes. Il a aussi souhaité "renforcer" les moyens de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Jeudi sur France 2, M. Fillon a estimé que c’était au "Président de la République de gérer ses conseillers". "Je n’ai pas de conseils à donner aux conseillers du Président de la République. C’est au Président de la République de gérer ses conseillers. Moi je gère la communication du gouvernement", a affirmé le chef du gouvernement, se refusant à tout autre "commentaire".

"Le gouvernement n’a aucun projet tendant à relâcher (la) vigilance" contre les sectes, a renchéri le porte-parole de l’Elysée David Martinon. "Au contraire, il souhaite renforcer nos moyens d’actions afin que la justice puisse intervenir avec toute la sévérité requise contre les organisations ou mouvements qui troublent l’ordre public ou qui exploitent la détresse psychologique".

Déplorant "une incompréhension" entre la directrice de cabinet du président et VSD, il a toutefois concédé une "interrogation" sur la coordination entre la Miviludes et la police et "des réflexions (...) au ministère de l’Intérieur pour progresser sur ce point".

Si ce contre-feu a satisfait le président de la Miviludes Jean-Michel Roulet, qui a jugé "très important qu’il y ait unanimité de la classe politique" sur les sectes, il n’a pas rassuré l’opposition, qui a vu dans la sortie de sa conseillère une nouvelle attaque du président contre la laïcité.

"Le respect de la laïcité et de la pratique religieuse ne s’accommode d’aucun laxisme avec la dérive sectaire", a relevé le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), alors que Ségolène Royal fustigeait "des dérapages sur tous les sujets".

Quant à Corinne Lepage (MoDem), elle a dénoncé "une philosophie générale" qui "est une "déconstruction de la laïcité à la française". Dans deux discours prononcés à Rome en décembre puis à Ryad en janvier, Nicolas Sarkozy a suscité la controverse en exaltant les "racines chrétiennes de la France" et l’héritage "civilisateur" des religions.

A trois semaines du 1er tour des municipales, cette polémique sur les sectes a aussi agacé dans les rangs de l’UMP. Le député Claude Goasguen l’a jugée "incontestablement gênante", alors que pour l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "on s’en passerait surtout en période électorale".


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