AID Association initiatives dionysiennes

LBSJS 28 : Mai 68

Coordonné par Jean-Marc Tagliaferri et Véronique Veinberg

samedi 9 février 2008 par JMT

Jeudi 14 Février Tour de Mir à Ste Clotilde

18h-20h30 : Repaire de là-bas si j’y suis

20h30 Repas Mauricien

Entretien avec Gérard Filoche

Selon Nicolas Sarkozy, " Il faut liquider mai 68 ! ". Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’histoire de France ! Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal ; l’autre : social, révolutionnaire, solidaire... Sarkozy a fait " l’ouverture " avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice.

De la Commune de Paris à juin 36, la Libération, novembre-décembre 95, aux grands mouvements pour les retraites en 2003, ou encore contre le CPE en 2006, c’est toute l’histoire des grands mouvements sociaux qui est en jeu. Qui va gagner ? L’histoire sans fin des grandes aspirations humaines : la liberté, l’égalité, la fraternité, ou bien la fin de l’histoire avec la toute puissance de la finance, de l’élitisme, des corporatismes ?

C’est le récit engagé des quarante dernières années de luttes sociales que nous livre un acteur de mai 68, inlassablement ancré au cœur de la gauche

Livre : Gérard Filoche : Mai 68 : Histoire sans fin. Liquider Mai 68 ? Même pas en rêve ! (Tome 1) éditeur : J.C Gawsewitch parution : 15/11/2007

Mai 68 : anniversaire et bilan

Je suis en même temps héritier et ancien acteur de Mai 68, avec beaucoup d’autres. A l’approche de cet anniversaire, je fais le bilan de ces dernières années et je suis sonné politiquement par ce qui se passe. Pas seulement par Sarkozy qui essaie d’éradiquer les idées et les réalisations venant de Mai 68 (même s’il aide quand même à la désespérance), mais ce qui me fait le plus mal c’est la Trahison.

Droitisation de l’ensemble de la Gauche avec perte de toute valeur, de sens et de combats véritables. Il reste bien quelques agités du bulbe, qui comme des poissons rouges sont enfermés dans leur bocal.

Les questions que l’on se pose à soi-même, ayant vécu les événements de Mai 68 : que reste-il en héritage pratique ou symbolique ? Ai-je trahi « mes rêves politiques de jeunesse » ?

Quels symboles en 68 : irruption de vie, libération des traditions cadenassées, société plus juste, liberté : il fallait en finir avec l’archaïsme des mœurs et des mentalités, mise en cause du patriarcat, la libre disposition de son corps etc…

Il me semble que, si à l’époque les choses ne se posaient pas de la même manière, le projet était de mettre l’économie au service de l’humanité, et nous critiquions l’organisation et la production capitaliste de cette époque.

Actuellement, la plupart des partis politiques et des citoyens se sont résignés à ce que les humains soient des instruments au service de l’économie et de la finance.

Même si j’ai pris en plus conscience qu’il faut préserver notre planète, je cherche toujours à ce que l’économie soit au service des citoyens et non des actionnaires, des multinationales, des banques et des spéculateurs de toute sorte.

Un glissement s’est fait, petit à petit, chez des camarades, amis, concitoyens. Ils n’espèrent plus changer quoi que ce soit de fondamental, certains essayent de mettre un pansement sur une jambe de bois. Chacun espère ne pas faire partie de la prochaine charrette de licenciement, de finir de payer leurs crédits, de voir leurs enfants trouver un travail et basta.

La première trahison, celle de Daniel Cohn-Bendit, qui se dit lui-même « libéral libertaire », qui flirte avec le Modem, comme d’autres Verts d’ailleurs. Je traduis « libertaire » pour les mœurs, l’amour, les joints et autres soucis existentiels et « libéral » pour l’économique et la finance. Lui-même en 68 n’aurait pas imaginé sa transformation en libéral. Porte parole des Verts Européens qui avec lui se situent parfois à droite des Partis sociaux-démocrates.

Autre figure emblématique, Michel Rocard, qui du PSU au Parti Socialiste devient sur beaucoup de sujets le vieux réac de gauche. Et la liste serait longue. Tous ces militants, élus ou responsables d’une organisation ou association qui trempent leur idéologie, comme un biscuit mou dans la tasse du social-libéralisme, et qui revendiquent encore très fort leur appartenance à « La Gauche ».

La trahison de cet élan et de cette ferveur de changer le monde que nous avons eus en Mai 68, c’est là que ça fait mal. On a le droit de bouger, de changer avec l’âge, de transformer les stratégies, mais faut-il que ce soit l’enterrement de toute une époque ou d’un état d’esprit ? Faut-il que les résistances et les luttes se réduisent à la grandeur d’un mouchoir de poche ? Où sont nos révoltes d’antan ?

Je suis prêt à m’empoigner avec ceux qui veulent changer le monde, et qui dans nos différences, resteront des amis. Pour les autres, je n’irais pas à leur mariage avec le système dominant, la soumission aux lois du Marché, le retour du religieux, avec le retour en force du patriarcat et surtout avec ce néolibéralisme qui ravage la planète. J’irais à leur enterrement avec un sac de graines pour que de nouvelles fleurs poussent sur leurs tombes.

Benoist Magnat, ancien soixante-huitard et Alter Ekolo

Pour un Joyeux Mai 2008

lanceur d’espérance

Durant ses voyages au Vatican, à Ryad et à Jérusalem d’une part, et grâce à la présence massive de l’islam en France, d’autre part, le Président français peaufine et développe sans cesse un copieux discours sur les religions qui ne laisse pas d’inquiéter quelques défenseurs des valeurs républicaines. Ainsi le nouveau Chanoine de Latran se permet de dire notamment, que « jamais un instituteur ne pourra remplacer un pasteur ou un curé ». Quid alors de la laïcité et du sort réservé aux mécréants ? Puisque le mot clé de la politique de Sarkozy est le mot « espérance », de quoi s’agit-il ? que nous promet-il ? à quel Royaume de Dieu veut-il nous mener ?

S’il s’agit de remettre les catéchismes monothéistes et leurs collatéraux scientologues et autres Témoins de Jéhovah au centre de la pensée politique, on peut s’étonner de la timidité de la Gauche face à une priorité de notre société : la laïcité et le droit de ne pas croire.

Ce serait, prétend elle, au nom du respect des croyances, et de la liberté d’opinion que la Gauche n’entreprend jamais de croisade contre l’obscurantisme et l’intransigeance inhérents à toute religion. Ainsi par démagogie électoraliste, elle favorise les cimetières confessionnels et les lieux de culte, c’est-à-dire de soumission.

« On n’attaque pas les fondamentaux » comme on dit aujourd’hui. Soit ! mais alors, faut-il brider nos consciences mécréantes dans l’inconscience des dogmes ? …et applaudir Sarko, tant qu’on y est ? enfin, et ce serait le comble, remercier l’Islam de nous ouvrir les yeux sur l’arrogance et l’intolérance de tous les phénomènes religieux ?

S’il y a, comme je l’espère, en MAI 2008, un vaste défilé commémorant Mai 68, j’y serai … et dans le rang des blasphémateurs.

René Cruse, 86 ans, et soixante-huitard avancé

Une révolte d’avenir

(Pièces choisies d’un édito de Laurent Joffrin dans Libé)

Qui attaque Mai 68 ? Nicolas Sarkozy qui veut liquider son héritage, celui du « déclin de l’autorité », du « laxisme éducatif », de la « dévalorisation du travail » et de la « culture de l’excuse »…Qui attaque Mai 68 ? Les réactionnaires de droite et de gauche…

Parce qu’il faut défendre cette irruption de la vie, il faut défendre cette révolution qui a réformé la France, il faut défendre cette espérance. ..

Mais cette insurrection joyeuse a réussi dans son entreprise première : libérer l’individu des traditions cadenassées. On dira que Mai 68 a échoué dans son autre aspiration, une société plus juste. C’est vrai. Mai 68 voulait la liberté et l’égalité. Nous eûmes la première, et non la seconde : tout est là…

Si la masse se mit en mouvement, c’était pour des raisons culturelles, et non directement politiques : il fallait en finir avec l’archaïsme des mœurs et des mentalités… Les aphorismes de Mai ne sont pas dialectiques, mais poétiques. Ils ne sont pas marxistes, mais surréalistes. « Sous les pavés, la plage » ; « Il est interdit d’interdire » ; « Soyez réalistes, demandez l’impossible ». Tous slogans que Lénine ou Mao auraient mis à l’index immédiatement. N’en déplaise aux théoriciens des structures de classe, Mai 68 est une révolte libertaire et démocratique. ..

Vous oubliez la grève ouvrière ! … Le mouvement ouvrier durera plus d’un mois, paralysant le pays et poussant le régime au bord de l’effondrement. Pour faire rentrer les salariés dans les ateliers et les bureaux, le patronat dut se couper un bras : droits syndicaux étendus et hausses de salaires impensables un mois plus tôt. Et là encore, la révolution violente fut introuvable. .. Ainsi, les deux héritages de Mai 68 sont la lutte et la liberté. Jamais l’une sans l’autre. Quoi de plus actuel ? Contre les aberrations du capitalisme financier, les cruautés d’une société divisée, loin des conservatismes de la vieille gauche, Mai 68 nous transmet un message d’espérance dans la volonté collective et dans l’imagination du peuple. A nous de l’entendre et de le faire fructifier. Pour que nos sociétés du calcul égoïste retrouvent le goût de l’avenir et celui de la solidarité. Mai 68, mon amour…

Laurent Joffrin

Nicolas Sarkozy veut "tourner la page de mai 1968"

LEMONDE.FR avec AFP | 29.04.07 | 18h19 • Mis à jour le 29.04.07 | 18h31

Je veux tourner la page de mai 1968", a lancé Nicolas Sarkozy, en meeting au Palais omnisports de Paris-Bercy, dimanche 29 avril. En attaquant sur différents angles, le candidat de l’UMP a fustigé la gauche qui "entre Jules Ferry et mai 1968, a choisi 1968", l’accusant d’avoir prôné "l’assistanat, l’égalitarisme, le nivellement, les 35 heures". Elle a "tourné le dos aux travailleurs de notre pays", a-t-il dit.

"Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique, a affirmé Nicolas Sarkozy. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d’un campagne". Une façon de lancer la charge contre "les héritiers de 1968", accusés de "relativisme intellectuel et moral". "il n’y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l’élève valait le maître", a-t-il ironisé.

Les héritiers de mai 1968 sont même responsables, selon Nicolas Sarkozy, de la "dérive du capitalisme financier". "La contestation de tous les repères éthiques a préparé le terrain des parachutes dorés et des patrons-voyous."

citations de "Mai 68"

Voici quelques citations de "Mai 68" figurant sur certaines affiches de l’époque ou encore inscrites sur les murs :

"Soyez réalistes, demandez l’impossible"

"La révolution se fait dans les hommes avant de se faire dans les choses"

"Je suis venu, j’ai vu, j’ai cru"

"Osons"

"Cours camarade le vieux monde est derrière toi"

"On ne revendique rien on prend"

"L’Anarchie c’est jeu"

"Professeurs, vous nous faites viellir"

"Ne vous enmerder plus, merdifiez"

"Il est interdit d’interdire"

"Consommez plus, vous vivez moins"

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Connaissez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET sur France-Inter (98.8Mhz à St Denis) à 15h05 (heure métropole) soit 18h05 (heure Réunion) ?

Voir sur http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/labas/ et sur http://www.la-bas.org/

mél : labassijysuis@radiofrance.com

répondeur pour vos messages : 01 56 40 37 37

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

Jeudi 21 Février : GDAMD 4 : La laïcité est-elle menacée par le Sarkozysme ?

Jeudi 28 Février : Cafeco 128 : Thème non fixé



Forum

  • Mai 68
    13 février 2008, par JMT

    Société

    Saint-Denis : Une heure pour réécouter Mai 68

    CLICANOO.COM | Publié le 12 février 2008

    Selon Nicolas Sarkozy, “Il faut liquider Mai 68 !”, rappellent les animateurs du “Repaire dionysien de Là-bas-si-j’y-suis”. Pourtant, expliquent-ils en s’inspirant du livre de Gérard Filoche : “Il y eut deux Mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal ; l’autre : social, révolutionnaire, solidaire... Sarkozy a fait “l’ouverture” avec le Mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice.”

    Fidèles à eux-mêmes, les amis de l’émission de Daniel Mermet se réuniront jeudi 14 février pour poser un regard plus gauchiste sur Mai 68. Ils écouteront l’enregistrement du lundi 4 février, où Gérard Filoche, acteur des événements, livre son récit des quarante dernières années de luttes sociales, directement héritées du mouvement.

    Ensuite, soirée mauricienne avec le groupe Exagone. (NB concert annulé pour cause de maladie)

    Repaire dionysien de Là-bas si j’y suis, jeudi 14 février de 18 heures à 20 h 30, au bar restaurant La Tour de Mir (rue du Béarn à Sainte-Clotilde).

    L’émission s’écoute tous les jours du lundi au vendredi de 18 à 19 heures sur France Inter (RFO2).

    Renseignements : 06 92 02 92 71, http://aid97400.lautre.net Réservation soirée mauricienne : 02 62 97 45 14.

    Gérard Filoche : “Mai 68 : Histoire sans fin. Liquider Mai 68 ? Même pas en rêve !” (Tome 1) 15/11/2007, éditeur Gawsewitch.

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