AID Association initiatives dionysiennes
KENYA

Revue de presse du 28 au 30 janvier 2008

mercredi 30 janvier 2008 par JMT

Les infos du web concernant la crise kenyane : nouveaux morts suite aux affrontements interethniques, pourparlers entre les Mwai KIBAKI et Raila ODINGA sous l’égide de Kofi ANNAN, opérations militaires et policières pour rétablir l’ordre

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28/01/2008 : Les violences se multiplient

Quarante personnes sont mortes hier. L’ethnie qui était jusqu’à présent victime des milices commence à s’organiser. L’enjeu de la médiation de Kofi Annan grossi de jour en jour.

Quatorze personnes ont été brûlées vives hier, dimanche, dans la vallée du Rift, épicentre des violences kenyanes. En tout, ce sont une quarantaine d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été tués hier. 130 personnes ont perdu la vie depuis jeudi, éclipsant la médiation de l’ancien secrétaire de l’ONU Kofi Annan.

Tandis que le président réélu, Mwai Kibaki, et son principal opposant, Raila Odinga qui accuse le premier d’avoir été élu à sa place grâce à des fraudes électorales, se reprochent réciproquement de violer les droits de l’homme, les ethnies continuent de s’entre-tuer. Les Kikuyu, de l’ethnie de Mwai Kibaki, sur lesquels se sont vengés les Kalenjin, la communauté de Raila Odinga, commencent à s’organiser en milice.

Kofi Annan, médiateur de l’ONU, sur le sol kenyan depuis samedi matin, appelle à l’apaisement. Sur place, les humanitaires enjoignent le conseil de l’ONU à agir rapidement.

800 personnes ont été tuées et 250 000 ont du fuir leur foyer depuis les résultats de l’élection présidentielle reconduisant le chef d’Etat sortant, Mwai Kibaki, le 27 décembre dernier.

Marie Billon

source En3 mots **************************************************

29/01/2008 : Kibaki et Odinga entament des pourparlers

Le président réélu Mwai Kibaki et son rival Raila Odinga ont entamé mardi, en présence du médiateur Kofi Annan, des pourparlers pour résoudre la crise au Kenya où près de 1.000 personnes ont été tuées au cours des violences consécutives à la présidentielle du 27 décembre.

L’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, qui tente depuis une semaine de trouver une issue à la crise, au nom de l’Union africaine, a estimé possible de résoudre les problèmes fondamentaux de la crise kényane "d’ici à un an" à l’ouverture de ces travaux à Nairobi.

Au cours de cette cérémonie solennelle, retransmise en direct par les télévisions kényanes et plusieurs télévisions étrangères, MM. Kibaki et Odinga ont lancé un nouvel appel à la paix, mettant en avant des priorités différentes : la nécessité de trancher le litige électoral pour M. Odinga, celle de restaurer la sécurité sur le terrain pour M. Kibaki.

M. Odinga, arrivé officiellement deuxième de l’élection présidentielle, accuse le camp de M. Kibaki d’avoir fraudé aux élections du 27 décembre, dont les résultats sont entachés d’irrégularités flagrantes selon de nombreux observateurs.

"Je suis profondément attristé de voir les Kényans s’affronter violemment les uns les autres sur des sujets qui peuvent être discutés et résolus pacifiquement par le dialogue", a affirmé M. Kibaki.

"Nous allons à partir de maintenant prendre des mesures sévères contre ceux qui tentent de perturber la paix ou d’utiliser la violence contre les citoyens pacifiques", a-t-il ajouté.

De son côté, Raila Odinga a affirmé que "le plus urgent" était "de régler les résultats profondément imparfaits de l’élection présidentielle" et il a de nouveau réclamé la levée de l’interdiction des manifestations, en vigueur depuis fin décembre.

"Nous devons dire à notre population aujourd’hui que leurs dirigeants sont déterminés à travailler ensemble afin de régler les questions en suspens. Certaines de ces questions nous ont accompagnés depuis l’indépendance" de 1963, a déclaré M. Odinga, citant notamment "les inégalités, la corruption et le tribalisme".

Les deux dirigeants ont salué la mémoire d’un député de l’opposition, Melitus Mugabe Were, tué par balles à Nairobi dans la nuit de lundi à mardi.

Plus tôt dans la journée, M. Odinga a affirmé que "ses adversaires" politiques, en référence au camp Kibaki, étaient impliqués "dans l’assassinat brutal" du député.

Au total, 22 personnes ont été tuées depuis lundi soir dans le pays où pour la première fois, des hélicoptères de l’armée ont ouvert le feu sur des groupes rivaux à Naivasha, dans la Vallée du Rift (ouest), théâtre principal des violences entre communautés, liées à l’élection et qui ont attisé d’anciens conflits fonciers jamais résolus depuis l’indépendance.

Mardi, les Nations unies, les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait part de leur vive inquiétude face à l’enlisement de la crise.

"Il faut une résolution politique à ce conflit", a estimé la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, tandis que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a jugé la situation "inacceptable".

M. Ban a ajouté qu’il s’entretiendrait de la situation au Kenya avec les dirigeants africains au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, qui débute jeudi.

Pour leur part, le diplomate en chef de l’Union européenne Javier Solana et le commissaire européen au Développement Louis Michel se sont dits "très préoccupés" par "l’aggravation rapide" de la situation au Kenya, mais ont "salué" l’ouverture de pourparlers entre le président réélu et son rival.

Les responsables kényans doivent se parler "dans un esprit de compromis, pour le bien de la nation kényane", ont insisté dans un communiqué des responsables français, britannique et allemand.

source orange

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29/01/2008 : ouverture des pourparlers entre gouvernement et opposition

La séance de pourparlers officiels entre le camp du président kényan réélu Mwai Kibaki et celui de son opposant Raila Odinga a débuté mardi à Nairobi en présence du médiateur Kofi Annan, au cours d’une cérémonie retransmise en direct à la télévision.

"Il n’y a qu’un seul Kenya. Nous avons tous des identités multiples", a déclaré en préambule l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, médiateur de l’Union africaine dans la crise kényane.

M. Annan s’est exprimé à la tribune d’une annexe du Parlement, dans la capitale Nairobi. Il est entouré à cette tribune par MM. Kibaki et Odinga.

Dans le reste du pays, la situation reste tendue. Des hélicoptères de l’armée kényane ont ouvert mardi le feu à Naivasha, dans la Vallée du Rift, pour la première fois depuis le début des violences secouant le pays fin décembre.

Au moins 22 personnes ont en outre été tuées dans le pays depuis lundi soir. Mardi, neuf kényans ont été tués : trois à Kakamega, dans la Province de l’Ouest, deux dans les bidonvilles de Nakuru (ouest), trois autres à Naivasha (ouest) - un "tué par la police et deux autres à la machette" - et un émeutier a été "lapidé par une foule en colère" à Kisumu (ouest), selon un haut responsable de la police nationale sous couvert d’anonymat.

Auparavant, quatre personnes avaient été tuées dans le plus grand bidonville de Nairobi, Kibera, et neuf dans la région d’Eldoret (Vallée du Rift, ouest).

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, en visite mardi au Rwanda, a jugé que la situation au Kenya était "inacceptable" et déclaré qu’il était "profondément préoccupé" par les violences qui ont fait plus de mille morts depuis un mois.

Le secrétaire général de l’ONU a indiqué qu’il s’entretiendrait de la situation au Kenya avec les dirigeants africains qu’il va rencontrer dès mercredi à Addis Abeba, où un sommet de l’Union Africaine doit débuter jeudi, "pour voir comment l’UA et l’ONU peuvent travailler ensemble" à tenter de résoudre la crise.

Un correspondant de l’AFP a vu les hélicoptères, deux de l’armée et un de la police, en vol stationnaire, ouvrir le feu au dessus de manifestants en différents points de Naivasha, à 90 km au nord-ouest de Nairobi.

Depuis deux jours, des face à face très tendus ont lieu entre membres de l’ethnie kikuyu d’un côté et luo de l’autre à Naivasha, dans la Vallée du Rift devenue l’épicentre d’affrontements interethniques.

"La foule est incontrôlable et nous voulons la disperser, c’est pourquoi nous avons recours à des hélicoptères," a indiqué à l’AFP un responsable policier à Naivasha.

Plus tôt mardi, la police avait tiré à balles réelles pour protéger un groupe de Luos qui quittaient les lieux en bus, avait constaté une journaliste de l’AFP.

Dans plusieurs autres villes du pays (notamment à Nakuru et Kakamega), des partisans de l’opposition kényane avaient manifesté leur colère dès l’aube après le meurtre d’un député de l’opposition à Nairobi.

Melitus Mugabe Were, élu fin décembre député du Mouvement démocratique orange (ODM, opposition) dans une circonscription de Nairobi, a été tué par balles "devant sa maison" à Nairobi vers 00h30 mardi (21h30 GMT lundi), avait indiqué plus tôt un officier de police sous couvert d’anonymat.

"Il semble que cela soit lié aux violences post-électorales, mais l’enquête est en cours", a-t-il ajouté.

M. Were est la première personnalité politique à mourir dans les violences qui ont suivi la réélection du président Mwai Kibaki, contestée par le chef de l’opposition Raila Odinga.

Un peu plus tôt, le porte-parole de l’ODM, Salim Lone, a qualifié la journée de mardi de "jour très sombre" pour le Kenya et appelé les partisans de l’opposition au calme.

Dans la capitale kényane, la situation était très tendue dans le bidonville de Kibera, bastion de l’opposition. Au moins quatre personnes ont été tuées à la machette mardi dans ce bidonville, a indiqué à l’AFP un commandant de la police kényane.

A Kisumu (ouest), fief de l’opposition, la police avait tiré des gaz lacrymogènes et à balles réelles mardi matin pour disperser des manifestants.

Le Kenya, un des pays d’Afrique les plus stables jusqu’à la fin de l’année dernière, traverse une crise majeure née de la contestation par M. Odinga (un Luo) de la réélection de M. Kibaki (un Kikuyu). En un mois, près de 1.000 personnes ont été tuées et environ 250.000 ont été déplacées dans les affrontements.

Depuis plusieurs jours, les conflits ethniques et fonciers, récurrents et jamais mis à plat depuis l’indépendance en 1963 dans la Vallée du Rift, ont pris le pas sur les rancoeurs électorales dans cette province.

source orange

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30/01/2008 : la police a ordre de "tirer pour tuer" les pillards

La police kényane a reçu l’ordre de "tirer pour tuer" les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes, pour tenter d’endiguer les violences dans le pays, a déclaré mercredi à l’AFP un officier de la police kényane .

"Il y a quatre catégories de personnes qui feront face à une action dure de la police : ceux qui pillent, brûlent des maisons, portent des armes, bloquent les routes", a déclaré cet officier sous couvert d’anonymat. "Nous avons des ordres de tirer pour tuer ces catégories de personnes si elles sont prises en flagrant délit", a-t-il ajouté.

Selon cet officier, l’ordre a été donné peu après l’ouverture formelle mardi à Nairobi de pourparlers entre le président réélu Mwai Kibaki et son rival Raila Odinga, en présence du médiateur, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.

Près de 1.000 personnes ont été tuées et environ 250.000 déplacées dans les violences politico-ethniques au Kenya qui ont suivi l’annonce le 30 décembre de la réélection du président Kibaki, accusé M. Odinga de lui avoir volé la vcitoire.

Au total, 22 personnes ont été tués depuis lundi soir dans le pays où pour la première fois, des hélicoptères de l’armée ont ouvert le feu sur des groupes rivaux à Naivasha, dans la vallée du Rift (ouest), épicentre des violences entre communautés, liées à l’élection et qui ont attisé d’anciens conflits fonciers jamais résolus depuis l’indépendance.

source orange


Forum

  • Revue de presse du 28 au 30 janvier 2008
    31 janvier 2008, par JMT

    Orange le 31/01/2008

    Kenya : l’Onu demande aux dirigeants de mettre fin aux violences

    Le Conseil de sécurité de l’Onu a déploré mercredi la poursuite des violences au Kenya et demandé aux dirigeants politiques du pays de "tout faire pour y mettre fin et pour rétablir le calme", a indiqué l’ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi.

    Les quinze Etats membres ont également "exprimé leur préoccupation concernant la sécurité des nombreux personnels de l’Onu au Kenya", a déclaré M. Ettalhi à la presse au nom du Conseil, qu’il préside ce mois-ci. L’ONU emploie environ 5.000 personnes au sein de plusieurs de ses programmes ou agences à Nairobi qui est, avec New York et Genève, l’un de ses grands centres d’activité dans le monde.

    Le Conseil a "exprimé son soutien aux efforts du Groupe de personnalités éminentes, mené par l’ex-secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, pour tenter de résoudre la crise au Kenya", a ajouté l’ambassadeur libyen. Ses membres "se sont félicités de l’engagement d’un dialogue national sous la médiation de M. Annan et ont exhorté les deux partis à y participer pleinement et de façon constructive pour trouver une solution politique", a-t-il ajouté. M. Ettalhi a indiqué que M. Ban, qui assistait mercredi au sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, avait discuté de la crise kenyane avec les dirigeants africains et poursuivrait ces discussions jeudi.

    La crise politique et les graves violences au Kenya ont été au coeur des discussions des ministres africains des Affaires étrangères préparant le sommet de l’Union africaine (UA), qui s’ouvre jeudi à Addis Abeba, la représentante américaine dénonçant un "nettoyage ethnique".

    La sous-secrétaire d’Etat américaine aux affaires africaines, Jendayi Frazer, a qualifié à Addis Abeba en marge des réunions préparatoires au sommet de l’Union africaine (UA), une partie des violences au Kenya de "nettoyage ethnique". Le président kényan réélu Mwai Kibaki assistera au sommet qui débute jeudi.

    Face aux violences meurtrières, la police kenyane a reçu l’ordre de "tirer pour tuer" les fauteurs de troubles, notamment les incendiaires, et un retour à la normale était observé mercredi dans Naivasha, en proie ces derniers jours à des affrontements entre communautés.

    La police kényane a reçu l’ordre de "tirer pour tuer" les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes, pour tenter d’endiguer les violences dans le pays, a indiqué un officier de la police sous couvert d’anonymat. "Nous avons des ordres de tirer pour tuer ces catégories de personnes si elles sont prises en flagrant délit", a-t-il ajouté. Selon cet officier, l’ordre a été donné peu après l’ouverture mardi à Nairobi des pourparlers entre MM. Kibaki et Odinga, en présence du médiateur, l’ancien secrétaire général de l’Onu Kofi Annan.

    Réagissant à cet ordre de "tirer pour tuer", M. Odinga l’a qualifié d’"illégal" et réclamé son retrait "immédiat". "Cet ordre prouve que le gouvernement est pris d’un accès de folie meurtrière", a-t-il ajouté, lors d’une visite dans le bidonville de Kibera, bastion de l’opposition.

    Un retour à la normale était observé mercredi soir dans les rues de Naivasha (Vallée du Rift) après plusieurs jours de troubles meurtriers notamment entre ethnies rivales et au lendemain de l’intervention d’hélicoptères de l’armée, pour la première fois depuis le début de la crise. La majorité des commerces étaient cependant toujours fermés et une forte tension régnait dans deux camps de déplacés installés près d’une prison et d’un commissariat de police, a constaté une journaliste de l’AFP.

    Au moins 12.000 déplacés, en majorité des Luos (ethnie de M. Odinga) sont réfugiés dans ces camps.

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