AID Association initiatives dionysiennes
Sur fond d’affairisme (rapport à vendre dans des conditions peu transparentes)

Premières réactions au rapport de la commission ATTALI !

BLING ! BLING ! L’inspecteur gadget en pleine démonstration d’illusionisme !

jeudi 24 janvier 2008 par JMT

Le site Libération de la croissance

Le lien pour télécharger le rapport en .pdf

Le rapport Attali est une marchandise comme une autre

Comment le Géo Trouvetout de l’économie verrouille la com de son rapport, y compris par des menaces judiciaires brandies par son éditeur, XO.

2Premiers couacs2

Avant même la publication de son rapport, la commission Attali connaît déjà ses premiers couacs. Depuis quelques semaines, les sages réunis pour fomenter les fameuses propositions destinées à « libérer la croissance »baignent dans une douce paranoïa. Les fuites récurrentes sur son grand projet agacent prodigieusement Jacques Attali, qui craint de se faire piquer ses idées par ses amis ministres. Impossible de garder secrètes les idées géniales élaborées par la commission.

Point d’orgue : vendredi dernier, le site des Echos a eu le toupet de mettre à disposition de ses internautes une première version du rapport. Réaction immédiate, non pas d’Attali lui-même, mais de son éditeur, Bernard Fixot. La maison d’édition XO a fait retirer le document du site et annonce ce lundi dans un communiqué qu’elle porte plainte pour « vol », « recel de vol et contrefaçon » contre le journal.

2Commission grand public2

Question : mais comment se fait-il que le rapport Attali, d’intérêt public et fruit d’une commission mise en place par l’Elysée, soit publié par un éditeur privé ? Réponse d’Image 7, le cabinet, tout aussi privé, chargé de la communication de la commission : « Jacques Attali souhaitait que ce texte, qui intéresse le plus grand nombre, puisse être mis à disposition d’un large public ». Aussi, plutôt que de le faire simplement éditer par La Documentation française , qui propose les textes institutionnels en accès libre sur son site ainsi qu’au format papier, Jacques Attali aurait-il décidé de faire appel aux services de Bernard Fixot, un grand ami de Nicolas Sarkozy, comme en témoigne sa présence au Fouquet’s le soir de l’élection présidentielle. Le document sera donc co-édité par XO et La Documentation française.

2Business is business2

Manque de chance, cette entreprise de « mise à disposition d’un large public » part fort mal puisque l’éditeur attaque en justice les Echos qui, justement, souhaitaient informer leurs lecteurs sur le travail de la commission ! A Image 7, on explique que le quotidien économique a eu le tort de faire paraître une version non-définitive du texte. Mais alors, sera-t-il possible aux rédactions et aux particuliers de reproduire le rapport dans sa version définitive ? Non, sauf à avoir négocié un accord de droits avec XO. Autant pour la « mise à disposition d’un large public »…

2Copyright Attali2

Cette affaire braque malencontreusement les projecteurs sur le dispositif mis en place par Jacques Attali pour faire buzzer sur son projet. Editeur privé, cabinet de communication privé (et pas des moindres, puisque Image 7 s’occupe, entre autres, de la communication du groupe Pinault-Printemps-La Redoute, de Mittal, du Club Med…), interdiction aux membres de la commission de parler de leur travail : rien n’est laissé au hasard dans l’environnement du directeur de Planetfinance.

La mise en place ressemble plus à un lancement de produit réussi qu’à un travail d’intérêt public. Avec un business-plan bien pensé. Car si personne ne souhaite s’exprimer, que ce soit à l’Elysée ou à la commission, sur le budget alloué à Jacques Attali, Image 7 assure que les droits d’auteur du rapport serviront à financer les frais de fonctionnement de la commission. XO reste muet sur le sujet. A la commission, on paraît plus qu’embarrassé. Mais d’autres questions restent en suspens. A combien s’élèvent ces frais de fonctionnement ? Combien coûtent, notamment, les prestations d’Image 7 ? Mystère, personne ne consent à rendre de comptes. Dommage, on aurait bien aimé en savoir plus. La privatisation de la com des projets de l’Etat, voilà peut-être une nouvelle idée à creuser pour relancer la croissance ?

Lundi 21 Janvier 2008 - 20:40 Anna Borrel

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Rapport Attali : une expertise digne du café du commerce

UNION SYNDICALE SOLIDAIRES Communiqué

Le rapport Attali sort au moment même où un krach boursier mondial, doublé d’une grave crise bancaire, balaie la planète. Il y a maintenant un risque non négligeable que cette crise en vienne à toucher l’économie réelle avec, à la clef, une possible récession, ou tout au moins un fort ralentissement économique.

Cette crise est le produit direct du "laissez faire, laissez aller" qui est la règle de conduite du capitalisme néolibéral dominé par une finance non réglementée.

Dans cette situation, la lecture du rapport Attali pour "libérer la croissance" prend une saveur particulière. Impavides, Attali et les 44 membres de la commission proposent une dérèglementation générale de l’économie et de la société française avec un catalogue de plus de 300 propositions, véritable liste à la Prévert de mesures néolibérales :

*liberté totale des prix

*augmentation de la CSG

* instauration d’une TVA "sociale"

* liberté d’installation pour les grandes surfaces

* possibilité pour les entreprises de fixer la durée du travail,

* suppression de la référence à la durée d’activité pour la retraite

* suppression du principe de précaution, etc.

Ce rapport prêterait à sourire s’il n’était pas révélateur du gouffre existant entre les solutions proposées et les nécessités de la situation actuelle.

On pouvait déjà se poser la question de savoir si l’objectif de "libérer la croissance" était adapté alors même que la crise écologique se développe. Attali reste prisonnier de schémas productivistes qu’il veut, de plus, imposer par un surcroît de néolibéralisme.

Comme tous les rapports du même type, il nous promet monts et merveilles en matière d’emploi et de diminution de la pauvreté, alors même que les politiques néolibérales aboutissent à des crises régulières dont le prix est payé par les salariés et, plus largement, par la grande masse de la population.

Depuis plus d’un quart de siècle, les gouvernements, s’appuyant souvent sur des décisions arrêtées en commun au niveau européen, mettent en oeuvre des politiques de déréglementation, de dérégulation, de libertés supplémentaires données aux capitaux, aux investisseurs et aux employeurs. A chaque fois, l’objectif proclamé est "la croissance et l’emploi", ce qui se traduit dans la réalité par un chômage de masse et des inégalités accrues. La commission Attali continue sans surprise dans le même registre.

Résoudre la crise écologique et la crise sociale ne passe pas par "libérer la croissance", ni par l’accroissement des dérégementations qui ne peuvent aboutir qu’à aggraver la situation actuelle de la population. Alors que le partage du revenu national est de plus en plus inégalitaire, que les profits explosent et que le pouvoir d’achat stagne, l’Union syndicale Solidaires refuse toute nouvelle dose de néolibéralisme.

Pour l’Union syndicale Solidaires, ce n’est pas la croissance qu’il faut libérer, c’est la finance qu’il faut brider et la richesse qu’il faut partager ! Le 23 janvier 2008

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AUTRES REACTIONS SITE EUROPE1

2Présentation2

16 propositions dont 20 mesures phares pour permettre à la France d’obtenir un point supplémentaire de croissance d’ici 4 ans et une chute du taux de chômage à 5%, c’est l’ambition du rapport de la commission Jacques Attali officiellement présenté mercredi midi à Nicolas Sarkozy. Hétéroclites, parfois iconoclastes, les 316 propositions balayent un très grand nombre de thèmes, avec une large place faite à l’enseignement, au développement durable, à l’innovation, au marché du travail ou encore aux mesures en faveur des PME.

Parmi les mesures, on retiendra l’idée de faciliter l’immigration pour faire face aux pénuries de main-d’oeuvre dans certains secteurs, la suppression des départements dans les dix ans à venir. Le rapport propose aussi d’ouvrir les professions réglementées (pharmaciens, taxis, vétérinaires, coiffeurs, notaires, etc.) à la concurrence et la libéralisation du commerce. La commission Attali préconise de considérer la formation de tous les chômeurs comme une activité nécessitant rémunération ou la réforme de la représentativité syndicale.

2Polémique2

La polémique, déjà existante autour de ce rapport, a rebondi dès le détail des mesures connu. Pour le socialiste Julien Dray, ce rapport est "étouffe-chrétien" qui "en dit long sur l’échec économique des premiers mois de François Fillon et Nicolas Sarkozy". Selon François Bayrou, il contient des "idées qui risquent de déstabiliser la société française". Pour la CGT, "le déséquilibre est patent entre quelques propositions d’amélioration de la situation des salariés et l’avalanche de remises en cause prônées". Les députés UMP avaient dit mardi refuser de se faire imposer in extenso les plus de trois cents propositions du rapport. Ils exigent être partie prenante du futur débat législatif. Les taxis ont annoncé eux un mouvement de protestation le 30 janvier prochain.

2Nicolas adhère2

Nicolas Sarkozy a affirmé lui qu’il adhérait "à l’essentiel" des conclusions de la commission Attali mercredi ajoutant : "Si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables dans l’essentiel". Nicolas Sarkozy a jugé nécessaire de réformer certaines professions réglementées, estimant qu’il existe des "réglementations parfaitement obsolètes", comme celle des taxis. Le président s’est prononcé pour la "négociabilité" des conditions de ventes des fournisseurs à la grande distribution dans le cadre de la réforme de la loi Galland régissant les relations entre les uns et les autres.

2Avec quelques désaccords2

Mais le chef de l’Etat a aussi concédé "quelques désaccords", notamment sur l’idée de supprimer le "principe de précaution". "Proposer sa suppression au motif qu’il bride l’action repose à mon sens sur une incompréhension", a dit le chef de l’Etat, pour qui cette suppression serait en contradiction avec la volonté de favoriser le développement durable. Nicolas Sarkozy a aussi déclaré ne pas être favorable à la suppression des départements, qui ont "la légitimité historique". Sur les actions de groupe, il a demandé "à réfléchir car je ne voudrais pas avoir tous les inconvénients de la société américaine sans en avoir tous les avantages". Nicolas Sarkozy a annoncé la réunion d’un séminaire gouvernemental début février pour décider des "mesures prioritaires".

2Tout ou rien !2

Jacques Attali demande lui de reprendre l’ensemble des mesures proposées par la commission. "Aucune des mesures qui est là ne peut s’appliquer sans être fait dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite", a dit l’ancien conseiller de François Mitterrand lors de la cérémonie. Jacques Attali a assuré que le rapport était "libre et non libéral", "juste et non partisan" et construit avec "l’obsession de protéger les faibles" pour changer une "France plombée par des rentes, des connivences, des privilèges". "Notre rapport est techniquement applicable, financièrement équilibré, sans augmenter les impôts", a-t-il ajouté.

source Europe1.fr


Forum

  • Premières réactions au rapport de la commission ATTALI !
    26 janvier 2008, par JMT

    Des experts de gauche présentent une "contre-expertise" du rapport Attali* (LeMonde.fr avec AFP | Mis à jour le 24.01.08 | 16h55)

    source

    C’est une "contre-expertise" du rapport Attali que plusieurs économistes de gauche ont présenté, jeudi 24 janvier, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Ils ont travaillé sous la houlette de La Forge, un groupe de réflexion créé par le député Vert Noël Mamère et le député européen socialiste Benoît Hamon.

    Ce dernier s’est indigné de voir que "l’ex-sherpa de Mitterrand soit devenu la principale lame du sarkozysme pour désosser méthodiquement le modèle social que son précédent patron avait construit sous deux septennats". Noël Mamère a qualifié le rapport de "cadeau empoisonné" qui aboutirait à "accentuer un peu plus les inégalités et les injustices". Pour lui, il s’agit d’une "opération de diversion de plus" de Nicolas Sarkozy.

    Liem Hoang-Ngoc, maître de conférences à l’université Paris-I, a décrit le rapport Attali comme étant une "compilation d’idées dans l’air du temps" avec un diagnostic "archaïque", "d’une France datant du général de Gaulle". Pour lui, la vraie cause du manque de croissance n’est pas "la panne de la consommation populaire" avancée par le rapport mais "la panne d’investissements" des entreprises, alors qu’il y a "une forte épargne boursière". Au lieu d’avoir "un discours anxiogène sur la dette, le gouvernement devrait mobiliser cette épargne", soutient-il.

    Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques, préconise, lui, d’"investir dans le high tech" plutôt que de "créer des emplois de service à bas coût" comme "on l’a fait depuis vingt-cinq ans".

    Philippe Moati, directeur au Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), s’est élevé contre les "imprécisions du rapport", qui "nous sert des vieilles lunes au lieu de nouveaux outils de régulation".

    Jean-Marie Monnier, professeur à Paris-I, a évoqué quant à lui des "propositions centralistes, archaïques et inefficaces au plan économique, et injustes socialement", relevant"le transfert de charges fiscales et sociales des entreprises sur les ménages"

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