AID Association initiatives dionysiennes
Communiqué du SNJ-CGT

Sarkozy : Docteur Jekill et Mister Hyde

jeudi 10 janvier 2008 par JMT

Le président de la République n’aime pas les journalistes, sauf quand ils servent ses intérêts. A l’occasion de sa première conférence de presse, il n’a pas cessé d’ironiser sur les pratiques professionnelles.

Il s’est permis, par exemple, de fustiger « les grandes déclarations un peu ridicules auxquelles nous avons assisté récemment sur la propriété de tel ou tel journal ». Les ridicules journalistes des Echos apprécieront.

Nicolas Sarkozy a ironisé sur le nombre de journalistes le suivant dans ses péripéties amoureuses. Oublie-t-il que c’est lui (ou son service de communication qui a des relais dans de nombreuses entreprises de presse) qui, le plus souvent, convoque ceux qui sont censés relayer ses opérations de communication ?

Le SNJ-CGT est prêt toutefois à prendre le président de la République au pied de la lettre et de répondre à ses vœux. Désormais, les journalistes assureront un service minimum sur ses faits et gestes. Dans de telles conditions, combien de temps Nicolas Sarkozy résistera-t-il avant de téléphoner à ses « amis », patrons de presse et industriels, pour leur demander de dépêcher les journalistes dont il a parfois proposé l’embauche ?

L’essentiel de la conférence de presse ne peut se résumer à cette question, car Nicolas Sarkozy, quand il n’a pas tenté de ridiculiser les journalistes, a fait des propositions inquiétantes pour l’avenir de l’information en France.

A propos de la rénovation de l’audiovisuel extérieur, on a vu réapparaître la vieille antienne gaullienne de la « voix de la France ».

A propos de l’audiovisuel public, Nicolas Sarkozy s’empare d’une revendication déjà ancienne, la suppression de la publicité, pour répondre aux affres de son ami Bouygues. C’est du grand art ! L’audience de TF1 ne cesse de s’effriter (elle vient de passer sous les 30 %) et les actionnaires voient déjà la diminution de leurs dividendes : qu’à cela ne tienne, le président de la République leur offre un cadeau en or, salué par la Bourse où l’action de la chaîne privée a bondi de près de 10 % hier.

Les salariés du service public peuvent s’inquiéter. A qui Sarkozy fera-t-il croire qu’il taxera les opérateurs privés à hauteur de 800 millions d’euros pour compenser les pertes d’un service public déjà sous-financé ? Pas à Bouygues et encore moins à la Bourse !

D’ailleurs, le président de la République n’a-t-il pas prévu, dans le même temps, la révision du cahier des charges des chaînes publiques ?

En matière de presse écrite, Sarkozy adopte la même attitude méprisante ; selon lui elle serait confrontée au seul problème de sa distribution. On appréciera la largeur de vue !

A propos de sa sous-capitalisation, il affirme de façon péremptoire : « On ne peut pas dire que la presse est une industrie et refuser à cette industrie d’avoir des actionnaires. Ce qui nuit à l’indépendance, c’est de ne pas pouvoir trouver son journal ».

Nul ne conteste que la presse est devenue une industrie, mais ce que demandent les journalistes c’est justement l’indépendance des rédactions vis-à-vis d’actionnaires de plus en plus interventionnistes, comme au Journal du dimanche, à Paris-Match, à La Tribune, et ailleurs.

Si le journal est aujourd’hui un produit, l’information, elle, ne l’est pas.

C’est cette distinction que les journalistes, tous syndicats confondus, veulent assurer.

Les journalistes ne seront satisfaits que sur une chose au sortir de cette conférence de presse présidentielle : l’annonce d’une loi sur la protection des sources en 2008.

Nicolas Sarkozy peut compter sur le SNJ-CGT pour lui rappeler sa promesse.

Montreuil, le 9 janvier 2007

source : Collectif unitaire antilibéral de Tremblay et Villepinte


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