AID Association initiatives dionysiennes
Vœux pour 2017

Redonner à la France sa dimension planétaire

Par Dr Bruno BOURGEON, président d’AID

vendredi 30 décembre 2016 par JMT

Frappée par les attentats, minée par la stagnation économique et le chômage de masse, incapable de comprendre la gravité du changement climatique en cours, la France est victime d’un trouble de personnalité. Elle croit voir dans un repli identitaire les solutions à ses problèmes.

Redonner à la France sa dimension planétaire

Frappée par les attentats, minée par la stagnation économique et le chômage de masse, incapable de comprendre la gravité du changement climatique en cours, la France est victime d’un trouble de personnalité. Elle croit voir dans un repli identitaire les solutions à ses problèmes.

Or la France n’est rien de tout cela. Aux yeux du monde, elle a toujours été à la pointe du progrès des idées, jamais à la traîne. Si son ressort économique est cassé, cela a déjà été le cas dans le passé. En revanche, elle a des constantes identitaires bien éloignées du repli sur soi, de l’austérité économique, d’un libéralisme à tout crin, d’un collectivisme dépassé.

La France n’est rien de tout cela. Et c’est pour cela que notre défiance apparaît vis-à-vis de nos gouvernants, incapables d’incarner cette France éternelle. Que l’abstention aux élections est si forte. Que l’aura de nos futurs candidats à l’investiture suprême ne nous remue pas le cœur. Qu’il nous faut retrouver l’esprit français qui rayonne sur le monde.

S’il nous fallait un emblème, un exemple, c’est peut-être le Roman de Renart qui pourrait nous le fournir. La malice de Renart envers Ysengrin le loup, les moqueries permanentes du goupil envers « l’establishment » de l’époque, les profanations des rites et autels, c’est peut-être cela, l’esprit français.

Car la France n’est pas religieuse, elle est laïque : c’est Michel de L’Hospital en 1560 qui nous l’a prédit. Avant les guerres de religion.

Car la France n’est pas régie par le lien du sang : c’est François 1er qui, par son jus soli, nous l’a appris.

Car la France n’est pas le territoire ouest-occidental qu’elle s’est attribuée dans l’Histoire, elle a aussi vocation maritime, La Réunion en est un vestige.

Car la France ne se réduit pas au français figé, sa langue vit au gré des nouvelles technologies, du verlan au texto : c’est Pierre Larousse, qui, en 1856, nous l’avait indiqué.

Car la France n’est pas en crise politique, ou elle l’a toujours été : c’est Vauban qui nous l’avait montré en 1707, en remettant en cause l’autorité de Louis XIV, le Roi Suprême.

Notre France n’est rien de tout cela. Notre France est cosmopolite, son peuplement est fait de vagues successives venant de tous les horizons.

Notre France est universaliste depuis la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

Notre France est révolutionnaire, notre histoire récente n’est qu’une série d’insurrections essayant de répliquer le 4 août 1789, la Nuit des « Etats Généraux ». De laquelle est ressorti notre tryptique républicain.

Notre France est européenne depuis Victor Hugo et ses Etats-Unis d’Europe du 21 août 1849. Le patriotisme français est constructiviste, extraverti, tourné vers l’autre.

Notre France est existentialiste depuis le Figaro de Beaumarchais. « Carpe Diem » aurait pu tout aussi bien être notre devise. Jouir de l’instant présent.

Notre France est philosophique : rabelaisienne, truculente, gouailleuse ; cartésienne, rationnelle, raisonnable ; voltairienne, provocatrice, adogmatique. Et finalement citoyenne.

Alors, elle est où, cette France des héritiers de Maurras ou Barrès ? Elle n’existe pas. Dès lors, au travers de ces exemples historiques, reconstruisons la France en ce qu’elle a de plus génétique, de plus intrinsèque à sa condition inter- et intragénérationnelle : l’esprit français. Celui qui illumina le monde des idées. Et ne nous trompons pas en mai prochain. Ne nous trompons pas !

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

Michel de L’Hospital (1506-1573) conseiller au parlement de Paris (1537), ambassadeur au concile de Trente, maître des requêtes, surintendant des finances (1554), chancelier de France (1560) et poète latin

PARUTION MEDIAS

* Courrier des lecteurs Clicanoo du Mercredi 28 décembre 2016 - 05:47

* Courrier des lecteurs Zinfos974 du Mercredi 28 Décembre 2016 - 10:38

* Article du Quotidien du Jeudi 29 Décembre 2016 :

PDF - 56.4 ko
Quotidien20161229

 


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 2019514

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site POLITIQUE   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License