AID Association initiatives dionysiennes
Ah,ça vaut pas un coopek ? Ben si !

Les monnaies locales complémentaires : outils de transition, outils de résilience

Par Bruno BOURGEON

vendredi 7 octobre 2016 par JMT

Les monnaies locales et l’écologie sont parmi les fondamentaux d’AID. Il apparaît que le monde commence à faire le lien. Les séances du Cafeco et du repaire Dionysien de Là-Bas Si J’y Suis ont abondamment traité de tous les aspects du monde auquel nous aspirons. Les anthropologues ont décidé que la monnaie était une chose trop sérieuse pour être abandonnée en otage aux économistes qui nous racontent des bobards sur elle (et sur sa jumelle, la Dette) depuis 5 millénaires. Et même certains économistes ont fini par accepter que ce qui compte c’est le monde réel et non pas l’image qu’ils tentent d’en donner, avec toujours aussi peu de réussite vu des "99%" qui s’estiment spoliés par les 1% que les économistes "orthodoxes" servent avec servilité, en espérant en tirer des "miettes un peu plus grosses" tombées de la table des Puissants.

Les monnaies locales complémentaires : outils de transition, outils de résilience

Avez-vous vu Demain, ce documentaire qui ouvre grand les portes vers l’avenir ? On y découvre des personnes en train de redéfinir la prospérité à l’aide de la monnaie. Naïve, cette envie de changer quelque chose alors que tout semble bloqué ? Certes non, en pratique comme en théorie, les alternatives qui contribuent à transformer notre société ne manquent pas dans le domaine monétaire.

La monnaie, c’est compliqué. "Lorsqu’un économiste affirme qu’il a enfin compris ce que c’est, c’est probablement parce qu’il n’a pas assez réfléchi", a observé Herman Daly, économiste venu à la monnaie par le biais de l’écologie.

Harman Daly

A poser la question aux historiens ou aux anthropologues, on apprend que la monnaie est bien plus ancienne et plus universelle que le capitalisme, et même que le marché.

Que sa fonction première est de faire société. Pas la monnaie telle que nous la connaissons. Celle-ci génère des crises à répétition et affiche une parfaite indifférence à tous les grands défis de notre époque. C’est une monnaie captive : trop de finance, pas assez de régulation.

Techniquement, rien n’empêche de la réinventer, dès demain : limiter le poids de la finance, renforcer les banques publiques et redéfinir leurs missions, décentraliser le crédit, orienter la monnaie vers des objectifs socialement souhaitables… Reste à mettre ces idées au coeur d’un projet politique qui donne envie.

Parallèlement aux propositions de réforme du système, une multitude d’initiatives réinventent aujourd’hui la monnaie "par le bas" : monnaies locales, banques de temps, circuits de crédit mutuel…

C’est une manière là encore de se réapproprier la monnaie pour la mettre au service des territoires et de la transition écologique. L’idée séduit et les initiatives se multiplient.

Reste à réunir les conditions de leur réussite, pour éviter que la vague retombe une fois l’effet de mode passé. Ce qui suppose de les intégrer à des projets plus globaux de transformation de l’activité sur les territoires, associant acteurs privés, organisations sociales et solidaires et acteurs publics.

C’est ce que tentent de faire le Coopek en métropole, ou localement la CIR (Coopérative Intégrale Réunionnaise). Cette initiative sera développée lors du prochain "Village des Alternatives" qui se déroulera le dimanche 4 décembre 2016 à La Possession, Plateau Festival.

Les alternatives monétaires locales et complémentaires forment autant d’outils pour la transition écologique et la résilience de nos sociétés, face au "Peak Oil", "Peak All", et changement climatique.

Une transition qui ne se limite pas à la question environnementale au sens étroit, mais interroge tout autant notre modèle économique et social que nos modes de décision : la qualité de notre démocratie.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID, #NuitDebout

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MLC : outils de transition, outils de résilience

Médias locaux

* Courrier des lecteurs de ZInfos974 du Samedi 8 Octobre 2016 - 15:00

Monnaie locale comme outil de résilience d’après Dennis Meadows

Les trente prochaines années seront marquées par un nombre accru de crises menaçant la santé de nos populations et la stabilité de nos systèmes économiques et gouvernementaux. La production de denrées alimentaires va devenir de plus en plus difficile, entraînant le déclin de la population.

Il est trop tard pour éviter un enchaînement de crises, mais il n’est pas trop tard pour apprendre à utiliser ces crises. Il est trop tard pour le développement durable, mais il n’est pas trop tard pour réfléchir en un développement résilient, pour mettre en place des mécanismes, des institutions, une culture, qui feront face à ces crises et qui les surmonteront, tout en préservant un engagement élémentaire vis-à-vis de certaines valeurs comme la liberté, l’égalité, l’art, …

Nous avons bénéficié d’un niveau de vie élevé en accumulant la dette écologique. Nous avons dépensé nos économies, les réserves constituées par la planète au cours de centaines de millions d’années : pétrole, espèces variées, sols à vocation agricole, eau potable ; nous sommes en train de les épuiser. Et bientôt nous devrons réduire nos dépenses. On peut reprocher qu’il n’est pas très motivant de faire entrevoir un avenir négatif. Mais d’un autre côté, il n’est pas très utile non plus de poursuivre quelque chose que l’on sait impossible.

Un grand nombre d’organismes et d’individus tirent profit du système actuel, en thésaurisant pouvoir et argent. Ils contrent les efforts visant à changer le système : par exemples, l’industrie pétrolière tente de nier les changements climatiques ; l’industrie chimique occulte les pollutions de la nappe phréatique. Ils parviendront à leurs fins car ils ont le pouvoir et l’argent. Une solution consiste à créer des ilots de développement alternatif au milieu de l’océan de non durabilité.

Prenons l’exemple du système monétaire. A l’origine, la monnaie a été créée par les Phéniciens pour faciliter le commerce . Puis les mécanismes ont évolué pour permettre l’investissement : on fait un placement dans l’optique d’avoir plus d’opportunités à l’avenir. Récemment, le but est d’engranger de la richesse avec la finalité de créer de la richesse. Aujourd’hui, l’argent est principalement utilisé à des fins spéculatives. C’est un jeu de hasard, certains essaient d’augmenter leurs revenus à court terme. La solution de nos problèmes globaux ne passe pas par ce système. Si on veut modifier le système, ces gens-là s’y opposeront aussitôt et obtiendront gain de cause. En revanche, au sein de notre propre communauté, on peut créer un système monétaire local. Il existera en parallèle pour faciliter le commerce et ramener des ressources productives sur le marché. Il ne remplacera pas le système financier en place et existera de manière complémentaire. Si le système financier actuel venait à s’effondrer, on disposerait alors d’une alternative concrète. De même, la promotion du jardinage communautaire incite les individus à produire leur propre nourriture. Ou encore, encourager le chauffage au bois ou la production d’énergie solaire. Tout comme créer des groupes sociaux qui assument des responsabilités les uns envers les autres, en marge du système gouvernemental existant. Voilà des exemples d’actions concrètes que l’on peut mettre d’ores et déjà en place, et qui favoriseront notre résilience lorsque le système global s’effondrera. Car il s’effondrera.

Transcription de la vidéo du chef de file des rédacteurs du rapport établi pour le Club de Rome en 1972, Dennis Meadows par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID, http://aid97400.re, #NuitDebout

Source vidéo : ARTE +7 - Que faire - Dennis L. Meadows

Dennis Meadows

Querelle entre économistes et anthropologues

par Jean-Marc TAGLIAFERRI

Dennis Meadows rappelle que "A l’origine, la monnaie a été créée par les Phéniciens pour faciliter le commerce" .....

Notre économiste fait là un raccourci habituel : il parle des monnaies métalliques, forme la plus courante des monnaies divisionnaires, qui sont nées en Lydie vers l’an 600 avant notre ère, habitude qui se répandit en Asie Mineure et dont on connaît des exemplaires avec notamment le phoque de Phocée, ville qui créa une colonie du nom de Massalia il y a 2600 ans.

Ces monnaies représentant des "valeurs faciales" plus faibles que les lingots de métaux précieux ou que les "tiges" . mais la monnaie métallique n’est pas, et de loin, le seul instrument pour le grand commerce.

* Monnaie

* Histoire de la monnaie

* Origine de la monnaie en Occident L’origine de la monnaie a été clairement située dans le temps et dans l’espace par la recherche historique moderne. Selon le consensus scientifique en vigueur, les premières pièces de monnaies auraient été frappées aux alentours du VIIe siècle av. J.C. dans le royaume de Lydie et plusieurs cités indépendantes d’Asie Mineure.

On verra dans le prochain cafeco le 25 Octobre que l’anthropologue David Graber, soutient la thèse que le système du troc n’a jamais été utilisé comme moyen d’échange principal durant 5000 ans d’histoire et qu’il n’y a d’ailleurs pas d’exemple depuis 2 siècles d’observation de société primitive organisée comme le décrivent les économistes quand ils racontent l’histoire de la monnaie. De là à penser qu’ils fabulent ?

Car pour faire du troc à grande échelle, il fallait conceptualiser au préalable l’idée de la valeur de chaque chose, pour qu’on puisse comparer les valeurs de deux choses et calculer ainsi le nombre de chaque chose ayant la même valeur (taux de change) : si X vaut a et Y vaut 2,5 a il faut donc échanger 5X pour 2 Y, que a existe ou pas ! Et l’histoire nous montre que la "monnaie romaine" a survécu à la disparition de l’Empire Romain d’Occident et a servi pendant plusieurs siècles à "faire les comptes" en Europe de l’ouest et du nord (donc en dehors de l’empire byzantin) pour les marchands qui par ailleurs utilisaient des monnaies tellement locales qu’elles en étaient parfois privées : c’est la confiance qui fait la monnaie !

Mais quand on avait fait ce travail de conceptualisation, il était facile, pour des petites quantités de noter (et Sumer comme l’Egypte sont célèbres par la toute puissance de leurs scribes !) qui avait quoi et en quelle quantité et de retranscrire les échanges.

Ultérieurement avec l’augmentation de la population,des échanges et la baisse du prix unitaire des objets, la tâche de noter ces avoirs et les échanges pouvait devenir lourde et pénalisante. On a donc inventé la monnaie divisionnaire officielle pour des petits échanges unitaires mais répétés.

D’où nos phéniciens cités par Dennis Meadows, qui ont visité les rivages méditerranéens et se sont même aventurés (Tartessos en Andalousie) au delà des colonnes d’Hercule.

On lit dans l’histoire de la Phénicie :

"L’organisation du commerce phénicien reste mal connue, en l’absence de témoignages provenant du milieu des marchands. Il est probable que les marchands recouraient à des prêts à la grosse aventure et des associations commerciales (ḥbr) et comme le faisaient leurs prédécesseurs d’Ugarit au bronze récent et comme il s’en retrouve dans le monde grec antique.

Leurs réseaux s’appuyaient sur des sortes de succursales implantées dans les comptoirs, où la présence de quartiers marchands semble attestée. Les installations commerciales phéniciennes en pays étranger s’appuient également sur les sanctuaires qui servent de point d’ancrage aux expatriés ; les associations cultuelles (marzeah) jouent ainsi un rôle important dans la cohésion du groupe des marchands phéniciens expatriés, comme cela se voit dans plusieurs cités grecques à l’époque hellénistique.

L’évolution majeure qui semble se produire dans les cités phéniciennes est la perte d’influence progressive du pouvoir royal dans les échanges commerciaux, les marchands gagnant une autonomie importante alors qu’auparavant ils jouaient souvent un rôle de serviteur du roi, qui organisait des expéditions commerciales majeures, comme dans le cas d’Hiram à Tyr.

Mais ils n’ont sans doute pas perdu totalement cette fonction, et sont également amenés à servir d’informateurs pour leur roi, leur métier reposant sur la collecte d’informations mobilisables par le pouvoir. Les auteurs grecs Homère et Hérodote donnent une image peu flatteuse de ces marchands sans attaches et ayant peu de vertus, souvent présentés comme roublards, trompeurs, voire à la limite de la briganderie et de la piraterie, les sources antiques étant de toute manière rarement bien disposées envers les marchands.

Hérodote rapporte aussi une forme d’échange originale pratiquée par les marchands carthaginois sur la rive atlantique de l’Afrique, un troc sans paroles ou commerce silencieux : chacune des deux parties pose ce qu’il souhaite échanger sur une plage alors que l’autre est éloignée, et ne prend la contrepartie que si elle la juge équivalente à son propre apport.

Les moyens de paiement évoluent durant le Ier millénaire. Durant les premiers siècles, il s’agit surtout d’argent pesé, circulant sous diverses formes, comme des lingots ou des anneaux de poids standardisé. À partir du Ve siècle, les cités phéniciennes commencent à frapper des pièces de monnaie, à l’imitation des cités d’Asie mineure et de Grèce."

Entre 5000 ans de monnaie scripturale et 2600 de troc et de monnaie divisionnaire, il n’y a pas photo.

Puis l’informatique est arrivée qui permet de faire quasi instantanément le point sur les résultats d’un nombre quasi infini de transactions et donc l’argument pratique, facile et rapide de la monnaie métallique ou des billets ne tient plus, face au "suivi" que l’on peut faire des transactions (suivi qui peut ne pas être du flicage et aider à l’organisation de la société). La monnaie matérielle (pièces et billets) sert principalement aux "petites" fraudes et trafics en tous genres, les grandes ayant plutôt l’usage des paradis fiscaux et les réseaux bancaires mafieux

De la monnaie informatisée à la monnaie purement virtuelle il n’y avait qu’un pas.

Juste lancé, le coopek est la première monnaie « nationale d’intérêt local »

4 octobre 2016 / par Baptiste Giraud (Reporterre)

Le coopek est une nouvelle monnaie complémentaire, lancée lundi 3 octobre. Mais pas locale : c’est dans tout le pays qu’on pourra l’utiliser. Parmi ses innovations, la dématérialisation et la capacité d’emprunter.

carte de paiement électronique du Coopek

VIDEOS

* JT France 3 tarn 031016

Ajoutée le 4 oct. 2016

Connaissez-vous le Coopek ? C’est une monnaie numérique complémentaire à l’euro, visant à favoriser les échanges locaux, régionaux et nationaux et à mettre en place une économie nouvelle, plus juste, plus solidaire et sociale. C’est un outil efficace qui permet à tous (particuliers, entreprises, associations) de bénéficier de nombreuses opportunités. L’usage de cette monnaie est sûr, et permet au quotidien de générer un changement dans l’investissement et la gestion des ressources. Plus d’infos sur www.coopek.fr

* « La monnaie complémentaire numérique » | Gérard Poujade | 11’45"

TEDxToulouseSalon Ajoutée le 5 juil. 2016

Et si les échanges étaient gérés par d’autres règles ? Et si l’argent n’allait pas à l’argent mais à un développement harmonieux ? Et si l’échange était une richesse pour celui qui donne et celui qui reçoit ? La monnaie numérique complémentaire est l’occasion de participer à une autre croissance, à un autre développement. Je rêve d’une banque ?…

Maire de la commune du Séquestre (81), ancien vice-président de la région Midi-Pyrénées et DG de la SCIC COOPEK, monnaie complémentaire numérique.

* Connaissez-vous le Coopek ?

Ajoutée le 27 juin 2016 3’31"

C’est une monnaie numérique complémentaire à l’euro, visant à favoriser les échanges locaux, régionaux et nationaux et à mettre en place une économie nouvelle, plus juste, plus solidaire et sociale. C’est un outil efficace qui permet à tous (particuliers, entreprises, associations) de bénéficier de nombreuses opportunités. L’usage de cette monnaie est sûr, et permet au quotidien de générer un changement dans l’investissement et la gestion des ressources.

* Utiliser le Coopek

Ajoutée le 27 juin 2016 1’31"

Utiliser le Coopek est simple, rapide et facile. N’attendez plus ! Devenez souscripteur de la SCIC

* Le Crédit Coopek

Ajoutée le 27 juin 2016 1’18"

Le Crédit Mutuel Inter Entreprise est un service que pourvoit la SCIC COOPEK à ses entreprises adhérentes. Plus d’infos :

LIENS

* SCIC COOPEK

LIENS INTERNES

* Piqûre de rappel sur la monnaie - Cafeco 212 : « Le projet Monnaie-Terre » avec vidéo d’ A.I.S.E.S. , présentation et débat par Jean-Marc TAGLIAFERRI Mardi 24 Novembre 2015

* Sous les filaos à Boucan Canot EVENEMENT DU 5 MAI 2013 dimanche 5 mai 2013 par JMT

A l’appel du Front de Gauche 974 relayant l’appel national du Front de Gauche, des militants se sont retrouvés sous les filaos à la plage de Boucan Canot près de la rondavelle du Cap Homard. AID a répondu à cette invitation et proposé deux contributions.

* MONNAIE LOCALE ET APPLICATIONS du mercredi 5 octobre 2011 par JMT

* En présence du Sénateur de Paris (Les Verts) Jean DESESSARD, en mission, LBSJS 42 : LA MONNAIE SOCIALE Direction du débat : Jean-Marc TAGLIAFERRI (AID et La Réunion Solidaire) Mardi 14 Avril 2009

* ELEMENTS DE REFLEXION POUR UNE SORTIE DE CRISE ECONOMIQUE mercredi 11 mars 2009 par JMT

En 1980, dans ses Adieux au prolétariat, André Gorz rompait avec la vision eschatologique du marxisme selon laquelle la classe ouvrière, se réappropriant le travail, se libérait dans et par le travail. incluant le document : "Sortir la Réunion de l’impasse économique par la monnaie locale"



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