AID Association initiatives dionysiennes
Un domaine de prédilection d’AID qui ne pouvait nous échapper :-)

La Station d’épuration du Prado, vitrine de la CINOR ? Peut mieux faire…

Par Dr Bruno BOURGEON, président d’AID

samedi 1er octobre 2016 par JMT

La CINOR invitait EELV Réunion ce samedi 1er octobre 2016 . Trois élus de la CINOR, étaient présents : Mme Duchemann l’invitante, vice-présidente de la CINOR, M. Marchau, adhérent et élu EELVR et enfin un coopérateur EELVR et élu (et par ailleurs adjoint au maire de Saint Denis) M. Espéret. S’y ajoutaient la secrétaire du groupe des élus EELVR à Saint Denis Mme Caliamou et quelques institutrices des écoles avoisinantes. Au total une dizaine de personnes ont suivi la visite, certes instructive, mais un peu simpliste.

La visite du 1er Octobre 2016

La CINOR invitait EELV Réunion ce samedi 1er octobre 2016 . Trois élus de la CINOR, étaient présents : Mme Duchemann l’invitante, vice-présidente de la CINOR, M. Marchau, adhérent et élu EELVR et enfin un coopérateur EELVR et élu (et par ailleurs adjoint au maire de Saint Denis) M. Espéret. S’y ajoutaient la secrétaire du groupe des élus EELVR à Saint Denis Mme Caliamou et quelques institutrices des écoles avoisinantes. Au total une dizaine de personnes ont suivi la visite, certes instructive, mais un peu simpliste.

Vue aérienne du complexe au sud de la RN2

Des bâtiments encore flambant neufs, bioclimatiques (aération, panneaux photovoltaïques, couverture végétale), un circuit de l’eau bien décrit, une station où l’on traite les eaux urbaines en aval du robinet des consommateurs, grises (issues de l’eau de cuisine et des salles de bains), ou noires (issues des WC).

La station est potentiellement équipée pour 235.000 usagers à l’horizon 2050, actuellement configurée pour 135.000 usagers. Un contrat lie la CINOR et la CISE jusqu’en 2035.

Le débit d’entrée de l’eau est de 3.175 m3 d’eau usée par heure (soit près de 28 millions de m3 par an). Notons au passage que 60% des habitants de la section traitée (Saint-Denis + Sainte-Marie) possèdent une fosse septique et ne bénéficient pas directement des avantages de cette structure.

En revanche, leur facture d’eau indique bien qu’ils y participent financièrement. Sur le réseau, on ne compte pas moins de 5400 km de canalisations.

L’eau pluviale est également traitée dans un bassin de phyto-épuration.

Schéma

Voici le schéma suivi :

- Des pompes de refoulement envoient l’eau dionysienne recueillie à la Jamaïque vers le Prado, de petites unités çà et là sur le territoire sainte-marien font de même.

- PRE-TRAITEMENT :

dans un bâtiment confiné en pression négative (du fait des odeurs incommodantes), plusieurs étapes s’y déroulent :

* dégrillage en escalier pour séparer les objets solides de plus de 3 mm de l’eau usée ; analyses de celles-ci ;

* désablage-déshuilage, le sable étant lavé à l’air et utilisé ultérieurement soit pour des couches imperméabilisantes au CET (centre d’enfouissement technique) de Sainte-Suzanne, soit pour le BTP en 0/1 ou 0/6 pour la maçonnerie ;

* enfin décantation primaire des matières organiques pour permettre le travail des bactéries pour former les boues primaires.

Traitement anti-odeurs

L’air confiné est traité par acide, soude, javel avant d’être évacué.

- TRAITEMENT BIOLOGIQUE :

* les bactéries poursuivent leur œuvre sur les boues primaires dans les bassins d’aération, puis en milieu anaérobie dans deux méthaniseurs. Ce qui permet le stockage de 20.000 m3 de gaz dans des containers sphériques, le trop-plein étant brûlé en torchère (il vaut mieux brûler le méthane en CO2, ayant nettement moins d’effet de serre).

Ce faisant, le biogaz créé part en cogénération chaleur-électricité, et permet la production de 1.6 GWh d’électricité à l’année (0.5 pour mille de la production électrique réunionnaise), ce qui dépasse les besoins de la station et permet une revente du surplus à EDF. Les 1.6GWh correspondent par exemple à la consommation du quartier du Brûlé.

Boues

* En aval des bassins de clarification, on récupère les boues secondaires qui se mélangent aux boues primaires, l’eau issue peut subir deux traitements : soit directement en arrosage après clarification (100 m3, pour le jardin botanique créé comme source de biodiversité (plantation de lauriers, thym, romarin, caféiers, un magnifique banian centenaire vient décorer le parcours botanique), soit un traitement tertiaire.

Grand banian

-  TRAITEMENT TERTIAIRE :

* en aval des bassins de clarification, l’eau subit un lavage chimique pour l’aseptiser, puis une filtration membranaire. Elle est finalement rejetée à l’océan non loin du Port de Sainte-Marie : 26 millions de m3 annuels sont ainsi gaspillés (exactement 3075 m3 à l’heure, faites le calcul), en eau de qualité baignade (donc largement utilisable par l’agriculture réunionnaise). Les résidus des boues séchées par la chaleur sont découpés en granulés, susceptibles de servir d’engrais, également pour l’agriculture.

Bassin de clarification

Il y a là un manque à gagner certain, qui pourrait payer la note de frais de l’étude Soere-Pro, qui s’élève à 10 millions d’euros (240000 annuels sur 20 ans). Cette étude, pilotée par la CINOR, le CIRAD, et VEOLIA, a montré déjà que sur deux parcelles comparables, la canne croissait aussi bien avec les granulés du Prado qu’avec des engrais chimiques importés (33000 t, de 150 à 700 euros la tonne, source : JIR du 01/10/2016), et que la station du Prado pouvait produire 5000 t de ces granulés, pas tout à fait inodores.

Or ces granulés sont trop riches en métaux lourds (dont nickel) et ne respectent pas les normes européennes. Pour les « normer », selon Mme Duchemann, il suffirait de les incorporer au compost issu de la décomposition des déchets verts en milieu aérobie. La Chambre d’agriculture est bien tiède à ce sujet. Et pourraient-on utiliser ces déchets verts, quand ils ont vocation à être brûlés au Gol ou à Bois-Rouge, dans le PPGDND (plan de gestion de la Région des déchets non dangereux) ? De même, ne sont-ils pas déjà, pour leur part, « riches » en métaux lourds ?

En conclusion, un bel outil, mais encore quelques incertitudes sur la récupération des eaux traitées, de qualité baignade, et le devenir des granulés-engrais, non aux normes européennes, pour lesquels les décideurs agricoles doivent se prononcer. Ils semblent à cette heure encore bien réticents.

La visite pédagogique servirait sans doute à la population pour comprendre pourquoi les ravines ne doivent pas être encombrées de déchets divers, et pourquoi l’on doit payer l’eau. Le gaspillage réunionnais pour l’eau de consommation humaine est en effet insensé : 240 l/an/habitant (en métropole : 100 l).

L’une des raisons est le tarif très bas de l’eau : en moyenne, 2.13 euros le m3, de 1.38 à Cilaos à 2.95 à Trois Bassins (source : Office de l’Eau). Ces tarifs sont négociés entre les sociétés de fermage et les intercommunalités. Ce gaspillage ne va pas dans le sens d’une responsabilisation au regard du changement climatique.

Dr Bruno Bourgeon

Entrée

Reprise médias locaux

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Lundi 3 Octobre 2016 - 10:38

Article du JIR du 1/10/16

PDF - 251.2 ko
L’avenir est dans la boue

Rappel de quelques implications d’AID dans le domaine de l’eau

* Suite au LBSJS 109 - L’eau dans le monde du 9 juin 2015 Avis de l’Association Initiatives Dionysiennes sur le SDAGE 2016-2021

* LBSJS 109 - L’eau dans le monde Diaporama et débat par Bruno BOURGEON

* Un nouveau captage contaminé par les pesticides du 11 Août 2012 Par Dr Bruno BOURGEON

* Gros zozos pour grandes eaux ! Contentez vous de payer, ils savent gérer au mieux de leurs intérêts ! le 14 Août 2008 par Jean-Marc TAGLIAFERRI


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