AID Association initiatives dionysiennes
Selon des propositions de Cyril Dion, co-réalisateur de "DEMAIN"

L’ETRE PLUTOT QUE L’AVOIR

Par Dr Bruno BOURGEON, président d’AID

mercredi 21 septembre 2016 par JMT

Mettre des enfants au monde dans le contexte actuel : est-ce raisonnable ?

Car la situation ne va pas s’améliorer. Pas toute seule. Pour la première fois dans l’histoire, nous sommes confrontés à une conjonction de problèmes qui, s’additionnant, pourraient conduire à la disparition d’une partie de notre espèce. Sous nos yeux.

Il serait fastidieux d’énumérer tous ces troubles. Nous en voyons les symptômes : migrants, terrorisme, chômage, changement climatique, scandales politiques et financiers…

Navigation rapide

Cyril Dion

* notice sur wikipédia

* article dans Le Monde : " L’Etre plutôt que l’Avoir"->être plutôt qu’avoir

L’Être plutôt que l’Avoir

Mettre des enfants au monde dans le contexte actuel : est-ce raisonnable ?

Car la situation ne va pas s’améliorer. Pas toute seule. Pour la première fois dans l’histoire, nous sommes confrontés à une conjonction de problèmes qui, s’additionnant, pourraient conduire à la disparition d’une partie de notre espèce. Sous nos yeux.

Il serait fastidieux d’énumérer tous ces troubles. Nous en voyons les symptômes : migrants, terrorisme, chômage, changement climatique, scandales politiques et financiers…

Oui, ça va mal. Nous distinguons deux enjeux majeurs :

  l’augmentation des inégalités (aujourd’hui, 85 personnes possèdent autant que 3,5 milliards d’autres). Elle résulte d’un système économique qui concentre les richesses dans un nombre toujours plus réduit de mains.

  la disparition des ressources naturelles et des espèces vivantes. Ces deux facteurs précipitent la chute des civilisations. C’est ce que nous apprenait une étude américaine il y a quelques années.

Le modèle ultralibéral ne crée pas d’emplois, il ne cesse d’en détruire. Il déstructure des économies entières, démantèle des services publics et jette des populations dans la pauvreté.

Il génère énormément de richesses très peu partagées. Ce qui attise la convoitise, exacerbe les tensions sociales et géopolitiques, fait le lit du terrorisme…

La crise écologique résulte aussi de ce modèle économique : recherche effrénée de croissance matérielle, de profits immédiats, consumérisme de masse. Pour continuer à produire et à consommer, nous rasons les forêts, vidons les océans, épuisons les sols, massacrons les animaux, polluons l’air et l’eau, tout en envoyant des quantités considérables de CO2 dans l’atmosphère et en empilant les déchets.

Le risque d’un effondrement écologique est inouï, susceptible de déclencher des conflits, des migrations de masse, des ruptures alimentaires, des cracks économiques et financiers… Il pourrait survenir dans les vingt à trente ans.

Face à cette situation, notre réponse est inconsistante. Nous attendons patiemment l’homme providentiel qui résoudra le problème à notre place. Or un système aussi complexe que le nôtre ne peut pas changer ainsi. Comme le répète souvent l’astrophysicien Hubert Reeves, « nous vivons une veillée d’armes ».

Ce qui signifie que nous devrions être mobilisés, unis, comme à l’aube d’une guerre mondiale. Les problèmes que nous affrontons sont énormes et ils nécessitent que nous soyons ensemble.

Les possibilités sont nombreuses :

* manger bio, local et moins de produits animaux,

* économiser l’énergie, choisir un fournisseur d’électricité renouvelable,

* acheter tout ce qui peut être fabriqué localement à des entrepreneurs locaux et indépendants,

* choisir une banque sans filiale dans les paradis fiscaux et qui ne spécule pas,

* recycler, réutiliser, réparer, composter, acheter moins et mieux, des produits bios, équitables, fabriqués dans des conditions sociales et environnementales satisfaisantes…

Le film DEMAIN de Cyril Dion a popularisé des actions individuelles et des petites collectivités

La société ne changera pas en additionnant des gestes individuels. Transformons nos entreprises, nos métiers, pour qu’ils contribuent à résoudre ces problèmes.

Nous pouvons envisager un monde où nos activités ne détruiraient plus les écosystèmes mais les régénéreraient tout en répartissant mieux les richesses. Il encouragerait la formation de communautés plus autonomes et donc plus libres, et reliées. Une véritable métamorphose de notre vision du monde : passer de l’avidité, de la recherche de sécurité, du culte matérialiste et de la peur de manquer à un monde de coopération, de partage. L’être plutôt que l’avoir.

La bonne nouvelle est que ces changements demanderont une immense créativité, l’une des choses les plus excitantes pour un être humain. Particulièrement s’il crée dans un champ qui le passionne, pour lequel il est doué.

La révolution peut commencer : renoncer au servage moderne, à un certain conformisme, qui nous contraint à vendre notre temps, notre énergie, notre inventivité en échange d’un salaire, et embrasser des vocations. Des activités dont la finalité n’est plus de faire tourner la machine, mais qui participent à créer une société plus épanouissante.

Renoncer à une certaine sécurité nous demandera du courage. Mais que préférons-nous ? Souffrir à petite dose pendant des années, s’asseoir sur nos rêves tandis que le bateau se dirige vers l’abîme, ou connaître une existence vibrante, donner du sens, nous réaliser, être utile ? Et peut-être l’emporter…

Enfin, des mesures peuvent être prises.

D’abord en termes de fiscalité et de régulation : taxer le carbone pour accélérer la transition énergétique, alléger la fiscalité du travail, taxer les transactions financières à caractère spéculatif, réorienter les subventions agricoles pour stimuler une agriculture biologique, vivrière, locale, qui ne détruit ni les écosystèmes ni les emplois, transformer le mécanisme de création monétaire pour progressivement se libérer de la dette.

Pouvoir consacrer des fonds aux activités d’intérêt général et aider les plus fragiles : santé, éducation, culture, services publics… Nous pourrions créer 1,5 million d’emplois en France (20000 emplois à La Réunion) en adoptant la transition énergétique, en relocalisant une grande part de notre alimentation et en montant notre taux de recyclage à 80 % (contre 25 % aujourd’hui).

Nous connaissons la plupart des solutions : nous savons régénérer les sols, ralentir le dérèglement du climat, sortir des populations de la pauvreté, fabriquer des produits neufs à partir de déchets, produire de l’énergie à partir du soleil, de l’eau, du vent…

Nous pourrions redresser la barre et sauver une bonne partie de l’Humanité. Lui permettre de vivre mieux. Dans une coopération entre droite et gauche, citoyens et élus, législatif et exécutif. Nous unir. Car nous sommes nombreux à ne pas nous retrouver dans la politique. Nous n’appartenons à aucun parti. Nous sommes de simples citoyen(ne)s. Mais nous ne pouvons plus regarder la situation se dégrader de la sorte. Il nous faut nous mouvoir. Et tout réinventer, y compris la politique. Nous le pouvons. Qu’y a-t-il de plus enthousiasmant ?

D’après Cyril Dion : être plutôt qu’avoir

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID, #NuitDebout

Le texte complet :

PDF - 47.5 ko
Texte Complet

Le texte publié :

PDF - 41.8 ko
Texte Court pour publication

MEDIAS

* Zinfos974 du Jeudi 22 Septembre 2016 - 16:36

* clicanoo.com du Jeudi 22 septembre 2016 - 05:37

* JIR

PDF - 1 Mo
JIR du 22 09 2016

* Quotidien

PDF - 797.6 ko
Quotidien du 22 09 2016

Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1778281

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ECOLOGIE  Suivre la vie du site Transition Ecologique   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License