AID Association initiatives dionysiennes
Vive l’anthropocène où, malheureusement, l’Homme égale la Nature ?

Les extinctions massives de la biodiversité

Par Dr Bruno BOURGEON

samedi 10 septembre 2016 par JMT

A ce jour, 90 à 99 % des espèces ayant existé se sont éteintes. La très grande majorité a disparu dans le cadre d’un processus d’extinction normale, du fait de la durée limitée de l’existence biologique. Cette durée fluctue de 1 million d’années chez les mammifères, à 11 millions d’années chez certains invertébrés marins.

Les extinctions massives de la biodiversité

A ce jour, 90 à 99 % des espèces ayant existé se sont éteintes. La très grande majorité a disparu dans le cadre d’un processus d’extinction normale, du fait de la durée limitée de l’existence biologique. Cette durée fluctue de 1 million d’années chez les mammifères, à 11 millions d’années chez certains invertébrés marins.

Vue d’artiste d’une ceinture d’astéroïdes Crédit : NASA / JPL-Caltech - CC0

Notre planète a aussi connu de nombreuses extinctions rapides du vivant : au cours des 540 derniers millions d’années, une vingtaine de crises plus ou moins intenses se sont succédé. La plupart sont dues à des éruptions volcaniques majeures comme en témoignent les trapps (empilement de coulées de lave formant des falaises en escaliers). Certaines extinctions ont été massives. Pourtant ces extinctions ont permis l’émergence de nouvelles formes de vie plus florissantes. Les extinctions massives jouent un rôle déterminant dans la biodiversité.

Voici les extinctions massives qui ont modifié à jamais la vie sur Terre.

- 444 MA (Ordovicien-Silurien),

trilobite © Kordite

1ère extinction massive : 85% de la vie marine s’est éteinte. Causes probables :

- Une importante glaciation aurait entraîné la baisse du niveau des océans. On a pu déterminer en 2013 que plusieurs glaciations auraient causé l’extinction de la vie marine.

- Autre hypothèse : un rayonnement gamma pourrait avoir atteint la Terre.

- Enfin, on a constaté, à travers le monde, la présence élevée de phyto- et zooplanctons fossiles malformés par la pollution aux métaux lourds. La contamination aux métaux toxiques serait un facteur ayant contribué aux phénomènes d’extinction dans les océans anciens.

- 365 MA (Dévonien-Carbonifère),

2ème extinction massive : une série d’extinctions entraîne la disparition de 70 % des espèces animales, essentiellement marines : récifs, brachipodes, organismes benthiques. Les plantes et les arthropodes sont peu affectés. Cause probable : une importante glaciation aurait entraîné la baisse du niveau des océans.

- 252,6 MA (Permien-Trias),

3e extinction massive : la crise permo-triasique est sans doute la plus grave : plus de 90 % de toutes les espèces présentes disparaissent, aussi bien sur terre que dans les océans. Cette extinction massive s’est déroulée sur une période de 200 000 ans, avec une forte mortalité sur 20 000 ans.

Faune du Permien au Maroc © Alain Bénéteau

On parle d’écocide (destruction systématique et totale d’un écosystème). De nombreux enregistrements géochimiques attestent de perturbations majeures durant l’ensemble du Trias inférieur (les cinq millions d’années qui suivent l’extinction) : cycle du carbone anormal, océans acides, appauvris en oxygène et enrichis en gaz carbonique et en sulfures.

Pendant 20 millions d’années, la Terre reste quasiment stérile et toxique. Quelques espèces survivent comme les diapsides : ils prendront la place des thérapsides (reptiles mammaliens) et formeront la lignée des dinosaures.

Causes probables :

- La chute d’une comète de 11 km de diamètre aurait percuté la Terre avec une vitesse d’environ 16 km/s. Le cratère d’impact pourrait être localisé en Antarctique ou encore dans l’océan Pacifique (cratère sous-marin de Bedout).

- Prolifération d’un microbe producteur de méthane : ce microbe aurait subitement émis des quantités massives de méthane relâchées dans l’atmosphère et les océans.

- 200 MA (Trias-Jurassique),

4e extinction massive : cette extinction tue 20 % des espèces marines, la plupart des reptiles et oiseaux, et les derniers grands amphibiens. Au total, la moitié de la diversité biologique sur Terre disparaît. Toutefois, cette crise permet aux dinosaures de s’imposer sur Terre.

Eruption du volcan islandais Bárdarbunga (Islande), le 4 septembre 2014 © Peter Hartree / Flickr - CC BY-SA

Causes probables :

- Dislocation de la Pangée : des éruptions volcaniques massives, qui ont duré au moins 600 000 ans, ont eu lieu dans la province centre-atlantique. Des chercheurs de l’Université d’Utrecht ont découvert qu’au moins 12 000 Gt de carbone (sous forme de méthane) ont été libérées dans l’atmosphère pendant 20 000 à 40 000 ans, d’où un réchauffement planétaire.

- Enfin, parmi les autres causes possibles figurent une météorite.

- 65 MA (Crétacé-Tertiaire),

5e extinction massive, la fin des dinosaures : tous règnes confondus, près de 6 à 8 espèces sur 10 disparurent, dont les grands sauriens. Les insectes et les petits mammifères ont en revanche bien résisté. La quasi-totalité du plancton marin disparut également. Aucun animal de plus de 20-25 kg n’a survécu sauf les crocodiliens.

Cause probable : la collision de la Terre avec une météorite. Les derniers développements penchent sur la chute d’une météorite d’une dizaine de km de diamètre dans une région située dans l’actuel Yucatan, au Mexique. Le choc dans l’océan a été d’une puissance inouïe : l’équivalent de 5 milliards de bombes Hiroshima. Un gigantesque dôme de feu d’environ 6 000 °C prend forme et enfle à la vitesse de 20 km/s. L’onde de choc projette des éjections incandescentes à des centaines de km à la ronde qui, en retombant, font monter la température de l’atmosphère à 1 500°C. Un immense cratère de météorite, d’environ 200 km de diamètre se forme. Environ 1 h 30 après l’impact, celui-ci est réinvesti par les eaux qui avaient été expulsées. Elles s’engouffrent pendant une dizaine d’heures avec une puissance colossale qui fait monter le niveau moyen de l’océan, générant des méga tsunamis avec des vagues hautes de 300 m qui s’enfoncent profondément à l’intérieur des terres. Baptisé "Chicxulub", ce cratère a été découvert en 1991. Résultat : de nombreuses espèces se sont éteintes, y compris dans les océans mais moins dans l’eau douce où la présence de silicates de calcium - neutralisant l’acidité - a permis aux crocodiles et à d’autres espèces de survivre. De surcroît, ce cataclysme a eu lieu à un moment où l’activité volcanique de la Terre était intense comme en témoignent les trapps du Deccan en Inde.

Actuellement (Holocène), 6e extinction massive, la folie de l’Homme :

actuellement, les pertes de biodiversité sont plus rapides qu’à aucune période de l’histoire de l’humanité. De nombreuses populations animales et végétales sont en déclin. L’activité humaine a accéléré le rythme d’extinction, qui est au moins 100 fois supérieur au rythme naturel, et ne cesse d’augmenter, certains biologistes renommés comme E.O. Wilson parlent de 1000 fois !

Sur le boulevard périphérique parisien, entre voitures et usine d’incinération des déchets © Christophe Magdelaine - Tous droits réservés

Résultat : l’extinction actuelle est comparable à une crise biologique majeure puisque d’ici 2050, 25 à 50 % des espèces auront disparu.

Causes :

- Presque partout où les sociétés humaines se sont installées et ont prospéré, les grands animaux ont été massacrés, les écosystèmes durablement pollués et les habitats des autres espèces détruits. Or, plusieurs millions d’années sont nécessaires pour recouvrir une diversité biologique suite à une extinction massive.

- Ainsi, les activités non soutenables de nos sociétés ont amorcé une extinction de masse qui devrait sceller définitivement le sort de l’humanité : nous serons à la fois la cause et les victimes de cette sixième extinction de masse...

Source

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID www.aid97400.re

REPRISE MEDIAS

* Zinfos 974 du Lundi 12 Septembre 2016 - 10:19

* Le Quotidien du 23 Septembre 2016

PDF - 1.2 Mo
Quotidien du 23 Septembre 2016

« La 6e extinction – Comment l’homme détruit la vie » : l’essai coup-de-poing d’Elizabeth Kolbert (ENTREVUE)

Le Huffington Post Québec

Essai percutant sur l’anéantissement de notre planète, La 6e extinction a remporté le Prix Pulitzer 2015, figuré dans le top 5 des meilleurs essais du Time, du Washington Post, du Guardian, du Globe and Mail, du Wall Street Journal et du New York Times, en plus d’être au nombre des lectures estivales du président Obama. La version française du travail colossal mené par la journaliste Elizabeth Kolbert vient d’être publiée au Québec.

Dès leur tendre enfance, les êtres humains sont confrontés au concept de l’extinction, en s’amusant avec les dinosaures, ces énormes créatures disparues de la surface du globe. Paradoxalement, les années passent et ces mêmes humains devenus adultes adoptent une série de comportements, individuels et de masse, qui mènent leur propre espèce à la sixième extinction majeure que la Terre ait connue.

Un phénomène global annoncé par une baisse de la biodiversité. La plus récente ayant balayé les dinosaures et les autres espèces de la fin de la période géologique. La prochaine, décrite en détail par la journaliste du New Yorker spécialisée en environnement, serait la plus dévastatrice de toutes : celle de l’humanité. Une fin graduelle qui s’observe par la disparition de plusieurs espèces.

Extrait :

« On estime qu’un tiers de tous les coraux bâtisseurs de récifs, un tiers de tous les mollusques d’eau douce, un tiers des requins et des raies, un quart de tous les mammifères, un cinquième de tous les reptiles et un sixième de tous les oiseaux sont en voie d’extinction. »

Fascinée par cette sombre réalité, Kolbert s’est lancée dans une enquête sur l’histoire de la vie terrestre. Une aventure qui l’a menée au Panama, en Islande, dans les îles du Pacifique, au Muséum d’histoire naturelle de Paris et en Amazonie, où elle a rencontré nombre de scientifiques qui récoltent des indices de notre déclin.

Des spécialistes soulagés de sentir l’intérêt de la journaliste américaine. « Je crois qu’ils étaient heureux de rencontrer quelqu’un qui les écoutait et qui voulait partager leur message à un auditoire beaucoup plus large que le leur. Ils sont très inquiets de ce qu’ils constatent dans leurs études », révèle l’auteure en entrevue.

Aujourd’hui, la question qu’on doit se poser est la suivante : est-ce que les gouvernements, eux, sont suffisamment attentifs aux bruits de fond d’extinction qui résonnent aux quatre coins du globe ?

« C’est difficile à dire. Je sais que le président Obama a lu mon livre, du moins en partie, alors j’imagine qu’il est à l’écoute. Il y a également une grande conférence sur le climat qui aura lieu dès la fin novembre à Paris. Évidemment, je ne pense pas que ce soit en raison de mon livre, mais il y a certainement du mouvement à propos des changements climatiques qu’on ne voyait pas il y a seulement un ou deux ans. »

Malgré tout ce qui a été dit dans les médias sur la révolution climatique, une frange de la population nie encore le déclin annoncé et refuse de poser des gestes pour le contrer ou le ralentir.

« Je n’ai pas grand espoir que la race humaine fera les changements nécessaires pour éviter l’extinction… affirme-t-elle sans détour. Ces changements doivent être réalisés à très grande échelle. Mais j’espère encore qu’on me contredise. »

Auteure de plusieurs livres aux titres dramatiques (Field Notes from a Catastrophe, The Ends of the Earth), Kolbert n’abandonne toutefois pas l’idée de conscientiser le grand public avec ses écrits.

« Je crois que les livres sont de moins en moins puissants, mais ils obtiennent encore beaucoup d’attention de la part des médias. Alors je pense qu’ils sont encore de bons outils pour changer les perceptions. Le prix Pulitzer a d’ailleurs aidé à mettre en lumière mon sujet et à obliger des gens à y porter attention au lieu de l’ignorer volontairement. »

Bien qu’elle ait écrit son essai avec un ton alerte, empreint de curiosité et de simplicité, l’auteure livre tout de même une œuvre extrêmement documentée, avec une quantité astronomique d’informations rigoureusement vérifiées, mais potentiellement rebutantes pour une part du lectorat.

Même si elle pense le contraire. « Il n’y a rien de très compliqué dans mon livre. Ce n’est assurément pas plus complexe que ce que les gens lisent dans le journal chaque jour. »

Le livre : La 6e extinction : comment l’homme détruit la vie est disponible en magasins.

Depuis l’apparition de la vie sur Terre, il y a eu 5 extinctions massives d’espèces. Aujourd’hui, les scientifiques estiment que le monde est en train de vivre la sixième, peut-être la plus dévastatrice de toutes. Cette fois, l’homme en serait la cause. En sera-t-il la victime ? Pour prendre enfin la mesure du moment décisif que l’humanité est en train de traverser, Elizabeth Kolbert signe une vaste enquête sur l ’épopée de la vie terrestre. Cote : QE 721.2 E97K6 2015

VIDEO

L’extinction des dinosaures

LIENS

* CNRS : Extinction des espèces et crises d’extinction

Les grandes crises d’extinction de la biodiversité


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1837535

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ECOLOGIE  Suivre la vie du site Environnement   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License