AID Association initiatives dionysiennes
Quand dénoncera-t-on la secte des adorateurs du PIB, greenwashers compris ?

Le progrès économique = la croissance... Quel progrès !

Proposé par Dr Bruno BOURGEON , président d’AID

vendredi 12 août 2016 par JMT

Les critiques de la croissance le savent : rien ne changera tant que le PIB sera la référence centrale de nos économies. Il existe d’autres indicateurs, plus économiques et/ou plus sociaux. Quelques états des USA ont adopté certains d’entre eux.

Le progrès économique = la croissance... Quel progrès !

Référence : Charlie-Hebdo n°1253 du 27 juillet 2016

Les critiques de la croissance le savent : rien ne changera tant que le PIB sera la référence centrale de nos économies. Il existe d’autres indicateurs, plus économiques et/ou plus sociaux. Quelques états des USA ont adopté certains d’entre eux.

Le PIB est la star des hommes politiques convaincus par les économistes orthodoxes, qui ne jurent que par sa croissance pour combattre leur ennemi juré : le chômage.

Or le PIB représente la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits. Il oublie le travail domestique, le temps passé par les associations, ne dit rien des inégalités, oublie aussi les dégradations écologiques, qui ne sont pas retranchées, au contraire, puisque il inclut les pollutions, ou l’activité économique sur les déchets, à mesure que la consommation en fossiles augmente.

Tous ces oublis expliquent que chercheurs et statisticiens travaillent sur des alternatives. L’un de ces indicateurs est l’IPV, indicateur de progrès véritable, créé dans les années 1970, tombé un peu dans l’oubli dans les années 2000, pour être remis à l’honneur.

Il ajoute les éléments positifs de l’activité humaine et retranche les éléments négatifs : inclusion du travail domestique, dépenses de santé, d’éducation, soustraction des inégalités, des accidents, des pollutions, du temps passé dans les transports pour travailler, pertes de terrains agricoles.

Résultat : il s’agit bien d’un indicateur économique, mais autant le PIB croît ces dernières décennies (croissance toujours positive, même si elle a tendance de plus en plus à sérieusement s’amortir), l’IPV stagne voire diminue depuis les années 1970. Dit autrement, si la richesse économique s’accumule, le bien-être des individus est, lui, en berne.

Quelques états des USA, comme le Vermont, terre d’élection de Bernie Sanders, ont adopté cet indicateur. le but est de l’accroître, en mettant l’accent sur les secteurs qui créent de l’emploi, et qui ne sont pas néfastes pour l"environnement ni pour le lien social : culture, biotechnologies, énergies propres, éducation, santé, industrie agro-alimentaire sans pesticides ou engrais chimiques.

Le défaut de l’IPV est qu’il reste monétarisé. Donc difficile de sortir de l’économicisme. En revanche, avantageux si on le compare au PIB. Mais il faut que l’on s’en empare pour le faire fonctionner : médias, associations, partis, et électeurs.

Or, si le progrès véritable est si véritable que cela, le pays qui, parmi les pays riches, bat tous les records sur le plan des inégalités, de la pauvreté, des violences, de l’exclusion, des émissions de gaz à effet de serre, de l’empreinte écologique par habitant, des OGM, des gaz de schiste, de la consommation d’eau, et bien d’autres records de ce type, devrait être très mal classé ! L’IPV reste donc un indice de bien-être économique, bien meilleur que le PIB certes, mais d’une soutenabilité faible. Il nous faudra à l’avenir exiger des indicateurs de soutenabilité forte. C’est l’une des clés de l’économie écologique.

En France, un pas a été franchi avec la Loi Sas, adoptée en 2015, du nom de la députée spécialiste des questions économiques à EELV. Les indicateurs adoptés seraient entre autres l’ISS (indice de santé sociale), qui mesure la mortalité infantile, les suicides des jeunes, le chômage, la pauvreté et les délits, et qui n’est pas monétarisé.

Désormais, il nous faut quelques indicateurs alternatifs au PIB, qu’ils soient adoptés officiellement, et que leur évolution fasse la "Une" des journaux.

Et il y en a foison : seuil de pauvreté, indice de développement humain, indice de Gini, empreinte écologique, indice de la planète heureuse, le bonheur national brut (utilisé au Bhoutan, seul pays au Monde à 100% d’électricité renouvelable)...

Dr Bruno Bourgeon, Président d’AID http:www.aid97400.re, #NuitDebout

MEDIAS

* Publié dans Zinfos974 du Mardi 2 Août 2016 - 11:08

* Publié dans Clicanoo du 7 août 2016 à 06h05

LIENS

* Les faiblesses du PIB comme mesure normative

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* Fuck Planet - quelle bonne idée pour les fêtes !


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