AID Association initiatives dionysiennes
Troisième intervention de notre ami Paul Hoarau

LBSJS 114 : « LES CULTURES INDIANOCÉANIENNES »

Présentation par Paul HOARAU

mercredi 4 novembre 2015 par JMT

RDV à « L’ArbraDélis’ » Mardi 10 Novembre 2015, de 18h à 20h30, 1 Place Sarda Garriga (Barachois) Tel 0262 56.96.22.

Repas partagé ensuite pour ceux qui désirent continuer à échanger

Navigation rapide

AFFICHE A4

PDF - 42.8 ko
Affiche LBSJS 114

PUBLICATIONS

* Zinfos 974 du Mercredi 4 Novembre 2015 - 12:10, mis en ligne le vendredi 6 Novembre entre 12h00 et 14h00

* JIR

INTRODUCTION

LES CULTURES INDIANOCÉANIENNES

Demander à quelqu’un qui mise sur le fond culturel que partagent les îles indianocéaniennes pour construire un nouvel espace géopolitique communautaire, de traiter des cultures propres à chacune de ces îles, revient à lui demander de réfléchir sur la première difficulté de l’entreprise. Qui n’est pas la moindre.

En effet, s’il est vrai que ces peuples proviennent tous, d’Afrique, d’Asie et d’Europe ; s’il est vrai qu’ils se sont métissés biologiquement et culturellement ; s’il est vrai qu’une période vécue dans le contexte colonial européen a recouvert les différences du voile de la culture des métropoles, il est tout aussi vrai que les particularismes culturels des diverses origines, au coeur des hommes, n’ont pas disparu et entretiennent des clivages entre les peuples, mais encore, et aussi, à l’intérieur même de chacun de ces peuples.

Les traditions, les rites, les manières de pensée, les références religieuses particulières imprègnent profondément les familles et les peuples.

Les puissances coloniales, par le poids de leur autorité politique et par les moyens de coercition de leurs administrations, ont tenté d’effacer les cultures indigènes.

Et ces cultures indigènes sont secouées, aujourd’hui, par les vents violents et les courants torrentiels de l’argent et des technologies de la mondialisation.

Mais elles subsistent. Par delà les scènes gigantesques des productions de la culture mondialisée, les cultures ancestrales inspirent encore les comportements domestiques, mais aussi, publics : dans les quartiers des villes et les recoins perdus des campagnes, dans l’intimité des foyers, des familles.

Cette influence est, souvent, l’explication ultime, mais ignorée, d’événements, heureux ou dramatiques, locaux, régionaux, nationaux à l’intérieur de notre Indianocéanie.

Quelle influence exercent encore les fokolonas malgaches, les cadis des Comores ?

Quelle influence exercent encore, aujourd’hui, les kabarés, les grands mariages, le passage à l’âge adulte par l’épreuve du bœuf que l’on tue ?

Quelle influence exercent sur les âmes, les églises chrétiennes ou l’Islam, inculturés à Madagascar, aux Comores, à Rodrigues, aux Seychelles, à La Réunion ?

Quelle conception ont nos cousins indianocéaniens, de la démocratie, de la Déclaration universelle desDroits de l’hommes ou du formalisme juridique officiel des scrutins électoraux ?

Quelle traces historiques ont laissé dans les consciences indianocéaniennes : les guerres entre les royaumes malgaches côtiers et des hauts plateaux ? Les batailles des sultans comoriens ? La traite des esclaves ? La période coloniale ?

La Réunion indianocéanienne n’échappe pas à la règle. Si les cultures françaises et, plus largement, les cultures européennes, ont profondément imprégné notre culture locale ; les pratiques ancestrales africaines ou malgaches, comme les pratiques hindoues, bouddhistes, musulmanes ou chrétiennes, dans notre île, ont « une manière réunionnaise » qui donne une tonalité particulière à notre culture européenne.

Le Professeur Prosper Eve est l’historien qui, à mon avis, est allé le plus loin dans l’exploration, en profondeur, des cultures indianocéaniennes. Il mériterait d’être entendu. Il ressort de ses études, que les cultures indianocéaniennes sont marquées par une caractéristique dominante évidente : la transcendance. La transcendance paraît être le lieu où les divisions, les oppositions, les rancunes et les ressentiments pourraient se dissoudre pour une rencontre constructive d’un monde commun, plus fraternel.

La construction de l’Indianocéanie devra s’en inspirer.

L’Indianocéanie tirera sa force, sa solidité, son unité, de son enracinement dans la diversité des cultures indianocéaniennes toujours vivantes, mais transcendées.

Les Réunionnais font partie de cette diversité, elle est la chair de leur chair, le sang de leur sang. S’ils cherchent à s’en séparer, ils s’amputent. C’est suicidaire.

« La manière réunionnaise », au sein de la République et de la Nation françaises, est indianocéanienne. Il n’y a pas d’incompatibilité.

Paul HOARAU

L’ORATEUR

Né à Saint-Denis le 21 nov 1933.

Etudes :

maternelle  : l’école de l’Immaculée à Saint-Denis

primaire, secondaire (jusqu’en 5eme) : ancien lycée Leconte de Lisle

secondaire (jusqu’en 3em) : collège séminaire de Cilaos

secondaire : séminaire des missions à Saint Ylan dans les Côte d’Armor en Bretagne

Philo : grand séminaire des Pères du Saint-Esprit à Paris/

Stage (1955/1956) à l’évêché de Saint-Denis.

Achète « Le Progrès » en 1957. Le journal cessera de paraître en 1977.

« Le Progrès »

- accompagne et soutient l’action de Léon Legros et de ses amis artisans pour la création de la Chambre des Métiers.

- accompagne et soutient l’action de planteurs :

° pour la démocratisation des organisations agricoles (chambre d’agriculture, crédit agricole, FDSEA)

° pour la réforme des relations entre planteurs et usiniers dans la filière canne (le planteur vend la canne aux usiniers, la canne est payée en fonction de sa richesse en sucre et des autres sous produits, quota de sucre à 300 000 tonnes, etc)

° pour la diversification des cultures

° pour la formation des hommes

° pour la réforme agraire ( expropriation des terres insuffisamment cultivées, appropriation par l’Etat, des terres en déshérence, redistribution de ces terres)

° etc.

- accompagne et soutient le mouvement citoyen contre la fraude et les violences électorales (est co-fondateur de l’Association pour le Déroulement Normal des Opérations Electorales l’ADNOE)

- entre le mouvement pour la départementalisation-assimilation (des « Nationaux ») et le mouvement pour l’autonomie démocratique et populaire (des « séparatistes »), « Le Progrès » préconise un « pouvoir régional » qui se concrétisera par la décentralisation en 1982.

Le comité du Progrès

- Autour du journal est créé ’Le groupe du Progrès » qui deviendra « Le Comité du Progrès » après l’épisode de Morne Rouge.

- « le comité du Progrès » est un groupe de réflexion qui rassemble des acteurs divers du monde politique, économique, culturel, social, administratif, qui exercera une influence directe sur l’évolution du pays, en marge du monde officiel que j’appelle « l’agora »

« Le réseau d’électrices et d’électeurs de La Réunion « (REELR).

Dans le prolongement de ce travail passé, tente de se mettre en place un réseau d’électeurs et d’électrices qui veut rendre aux électeurs leur pouvoir qui est celui du souverain, au-dessus de la classe et des hommes politiques qui doivent être les serviteurs du souverain et non le patron.

La formule « réseau » a été choisie plutôt que celle d’une organisation structurée pour éviter que des apparatchiks s’en emparent pour négocier leur carrière personnelle en raison de leur positionnement de dirigeants. Le réseau est libre et rassemble des personnes qui s’engagent à titre personnel. On n’adhère pas au réseau, on s’y retrouve (il n’y pas de carte).

Le réseau fonctionne autour de trois documents de base que sont : « Les Fondamentaux pour l’Ile de La Réunion », « la gouvernance pour le développement de l’ile de La Réunion » (le document sortira bientôt) - « Les axes essentiels d’un développement économique de l’Ile de La Réunion » (en préparation également).

LIENS

* Guadeloupe Attitude : La Réunion est Française et les Réunionais s’en expliquent ! Les choses sont simples !

* L’ouvrage « Patrimoine et Tourisme en Indianocéanie »

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

* Dimanche 8 Novembre 2015 : AID à ALTERNATIBA Péi à SAINT PIERRE

* Mardi 24 Novembre 2015 Cafeco 212 : « Le projet Monnaie-Terre » avec vidéo d’ A.I.S.E.S. par JMT

* Dimanche 29 Novembre 2015 : AID à la Marche pour le Climat à Sainte-Marie

* Lundi 30 Novembre, Université du Moufia, Salle Canter, 18h00 : Christine PIC programme pour AID le film de Marie-Minique ROBIN "Sacrée Croissance", suivi d’un débat

* Mardi 8 décembre 2015 LBSJS 115 : Bilan 2015

* Mardi 26 janvier 2016 : Cafeco 213 à programmer

Contacts GSM : Bruno BOURGEON : 0692 05 45 05 ou JMT : 0692 02 92 71 bruno.bourgeon@gmail.com ou jean-marc.tagliaferri@wanadoo.fr

Retrouvez le Repaire et sa documentation sur le site web : www.aid97400.re

Le Repaire de Là-bas si j’y suis, un collectif de l’Association Initiatives Dionysiennes

Connaissiez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET sur France-Inter : http://www.la-bas.org/


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1789313

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Repaire de Là-bas Si J’y Suis   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License