AID Association initiatives dionysiennes
Un nouvel opus de Marie-Monique ROBIN

CAFECO 207 : Sacrée croissance

Présentation et débat par Bruno BOURGEON

lundi 15 juin 2015 par JMT

Mise à jour du 19 Juin 2015 : Scoop intergalactique ! François (le Pape argentin, pas le capitaine de pédalo échoué à l’Elysée qui n’y comprend que pouic !) se convertit à l’écologie et à la décroissance ! Ca va devoir cogiter sec parmi les excellences de toute obédience pour pouvoir faire cohabiter les préceptes papaux et le "croissez et multipliez" qui est l’antienne du capitalisme dans tous les domaines ! :-) Un peu normal quand on sait que Jean-Paul II avait fait de François d’Assise le saint patron des écologistes et que François l’Argentin a placé son pontificat sous le patronage du "Saint aux oiseaux" qui partageait son manteau avec les pauvres" !

Affiche A4

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Affiche Cafeco 207

Publications

* ZotZinfos du mercredi 17 juin 2015 15:00

* Agenda du JIR du

La croissance arrive !

PRESENTATION

Disons Adieu à la croissance. Pour plusieurs raisons :

  Elle ne s’accompagne plus de développement humain ou d’améliorations sociales dans les pays riches

  Elle offre beaucoup de malheurs au futur pour peu de bonheur au présent

  Elle ne reviendra pas, car il n’y a plus suffisamment de ressources naturelles pour la porter

  Car la majorité de la population finira par la rejeter.

Désacralisons cette croissance, faite de dégradations environnementales, d’inégalités accrues et de dégradations sociales. Ce n’est pas un indicateur de bien-être.

Les gains de productivité qui rendaient compte de 80% de la croissance dans le passé s’accompagnent désormais de pertes massives sur le plan environnemental : eau, matières premières, terres rares, terres arables, … Il nous faut donc un changement de paradigme en mode de pensée et d’action : plus de qualité, plus de lien social, des biens communs vitaux, une sobriété matérielle individuelle et collective.

Mais il est des obstacles qu’il faut vaincre : l’oligarchie sur la pensée et l’économie, l’addiction à la croissance dont les dealers sont justement ces oligarques, ces lobbies, et dont les armes sont la publicité et le crédit à la consommation.

Cette société post-croissance doit être désirable, car elle évite le pire, l’effondrement, elle nous apprend à faire mieux avec moins de prélèvements sur la Nature, elle nous permet de redonner sens à notre travail.

Le Bhoutan , pays du Bonheur National Brut

Est-il trop tard ? Avec les changements climatiques, les migrations et les extinctions d’espèces que nous constatons déjà ? « Si la fin du Monde était demain, disait Donella Meadows, je planterais un arbre aujourd’hui ». Alors oui, prenons le temps que nous avons et commençons !

Pour illustrer notre propos, le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin est l’histoire d’une cassure. Entre les décideurs et la population réticente à se laisser imposer les doxas libérales, les visions du monde tel qu’il doit être mené semblent irréconciliables.

Lorsque les premiers ne jurent que par la croissance, répétant le terme comme une formule incantatoire, les seconds espèrent en d’autres solutions et réfutent le productivisme et la consommation à tout prix.

Les experts du film sont formels : sous la forme qu’elle a connue au XXe siècle, la croissance ne reviendra pas. De nombreux paramètres ne laissent aucun doute, dont la fin de l’ère des énergies bon marché ou la dépendance croissante à la dette.

Le Pape François : un pape écologiste, et la société post-croissance

Après l’encyclique de 192 pages publiée hier par le Pape François, il était temps que les autorités catholiques prissent enfin en compte la finitude de la planète et le côté saccageur de l’Homme qui l’habite en « Maître ».

Préserver notre habitat, c’est prendre conscience que la société de surconsommation ne nous apportera que l’effondrement. Le monde tel que nous le menons court à sa perte, l’utopie est bien l’économie libérale. Je voulais évoquer ici la société post-croissance, comment l’aborder sans risquer un discours catastrophiste peu engageant auprès de la population.

Il existe un parallèle chez nos amis anglo-saxons, le concept de « Villes en Transition ». Le mouvement de « transition towns » ne prône aucun militantisme d’opposition. Le mot « Transition » est neutre, celui de « Décroissance » signifie contre : le développement durable, le productivisme, la croissance du PIB.

Ce n’est pas seulement ce que montrent les Anglais que nous avons repris : AMAP, SEL, relocalisation, échanges de graines…, qui motivent les décroissants. Ce qui doit les motiver, ce sont cinq piliers :

· UN, la question du pétrole, également un postulat de base de la Transition, bien expliquée, rien dans notre vie n’est véritablement indépendant des énergies fossiles ; les écologistes déplorent souvent le changement climatique, mais il ne faut pas être trop carbo-centré : voyez la réduction de la biodiversité, l’épuisement des sols, et l’accès à l’eau. C’est pourquoi le deuxième postulat des Villes en Transition est le climat, le couplage pétrole-climat est essentiel à notre explication de texte.

· DEUX, composer, alias faire un composite, entre Catastrophisme et Optimisme. Ce n’est pas facile. L’écologie est une nécessité, car le terrain de jeu est limité, mais aussi un choix, car il rompt avec une société industrielle aliénante. Cette dimension émancipatrice, plus séduisante, ne doit pas faire oublier la dimension nécessaire, plus désagréable. Le constat est sombre, nous sommes à la veille d’un bouleversement géopolitique majeur auquel nous ne sommes pas préparés, mais l’optimisme doit imprégner les discours, des discours de catastrophisme agissant.

· TROIS, la résilience, la capacité à rebondir, à encaisser le choc sans s’effondrer. C’est une manière non seulement de penser le catastrophisme, mais aussi de s’y préparer, d’amenuiser les conséquences du choc, collectivement, sans tomber dans le survivalisme individualiste. Cette notion de résilience est assez mal appréhendée, je crois, par les écologistes français, alors que c’est le troisième postulat des Villes en Transition.

· QUATRE, avoir une position ferme mais ouverte à l’extérieur, sans conflit, sans tension, en offrant un cadre plus ouvert aux discussions, aux actions coordonnées, aux disponibilités.

· CINQ, réaliser la descente énergétique, c’est-à-dire édifier le lien entre le mode de vie soutenable à l’échelon individuel et la mutation écologique mondiale, en bref faire le travail localement, le travail de l’écologie se fait sur le terrain, à la base, dans les quartiers, les fermes, les villages, pas entre penseurs dans un bureau parisien climatisé.

L’une des voies possibles est l’autoproduction et la relocalisation de l’économie. Il convient d’étendre son domaine : monnaie locale, revenu de base rétribué par monnaie locale, bricolage, ménage, semi-loisirs, travaux non rémunérés, déplacements doux, partage de ressources comme par exemples les laveries automatiques, les méthaniseurs de quartier… Ce n’est pas un retour aux temps médiévaux, mais cela dessine trois avantages décisifs :

· La libération de l’individu de sa dépendance au Marché

· La soustraction à la surproduction, qui donc n’entretiendra plus la consommation

· La redécouverte de la conception, l’autonomie et les objectifs d’une réalisation.

Voilà in fine une société dont on définit les contours de manière pragmatique. Comment ne pas surconsommer la planète et ne pas détruire notre niche autrement ?

Dr Bruno Bourgeon Président d’AID

Le Pape François convertit l’église catholique à l’écologie sociale

par Simon Gouin 18 juin 2015

Un constat ferme des responsabilités humaines, une remise en cause du système économique et de sa sacro-sainte croissance, des combats écologiques associés à la lutte contre la pauvreté et les inégalités, une critique des solutions technologiques et du recours au marché pour faire face aux dérèglements climatiques...

La première version de l’encyclique du pape François sur l’écologie, diffusée lundi par le journal italien L’Espresso, envoie un message universel et sans concession, à six mois de la Conférence sur le climat de l’ONU, de Paris.

La crise climatique et sociale à laquelle nous faisons face ne pourra être surmontée qu’en engageant un changement radical de « style de vie, de production et de consommation », écrit François qui souhaite s’adresser aux croyants et non-croyants, afin d’éviter « une destruction sans précédent de l’éco-système avant la fin de ce siècle ».

Dans cette encyclique intitulée Laudato si ("Loué sois-tu"), Sur la sauvegarde de la maison commune, le pape réaffirme les responsabilités de l’activité humaine sur le réchauffement global du climat, « un bien commun », et dresse un bilan scientifique détaillé de la crise écologique actuelle.

Une crise qui est, pour le chef de l’Église catholique, une crise « éthique, culturelle et spirituelle de la modernité », où l’homme a vu se dégrader sa relation à la Terre comme aux autres hommes. « Nous avons grandi en pensant que nous étions propriétaires et dominateurs de la terre, autorisés à la piller, écrit-il dans cette première version. La violence qui existe dans le cœur humain, blessé par le péché, se manifeste également par les désastres qui affligent la terre, l’eau, l’air et les êtres vivants. » François appelle ainsi au développement d’une écologie intégrale, humaine et sociale.

« Une vraie approche écologique devient toujours une approche sociale »

François critique aussi la consommation compulsive des pays riches, leur culture des déchets et leurs difficultés à reconnaître les conséquences environnementales de leurs choix. Ces conséquences, ce sont les plus pauvres – les pays comme les individus – qui les subissent, affirme le pape. Il estime qu’ « une vraie approche écologique devient toujours une approche sociale », prenant en compte « les droits fondamentaux des plus désavantagés ».

« Le réchauffement causé par l’énorme consommation de quelques pays riches a des répercussions sur les endroits les plus pauvres de la Terre, spécialement en Afrique », ajoute François, qui considère que les pays du nord ont une dette écologique envers les pays du sud.

A quelques mois de la COP 21, les pays du nord sont invités à dépasser leurs propres intérêts économiques. « Les négociations internationales ne peuvent pas progresser de manière significative à cause de la position de pays qui privilégient leurs intérêts nationaux plutôt que le bien commun. » Le pape souhaite la création d’une nouvelle autorité mondiale, en charge de « la lutte contre la réduction de la pollution et pour le développement des pays et régions pauvres ».

Critiques sur les crédits carbones et les OGM

S’il loue l’action des mouvements écologistes, il rejette l’idée que la technologie et le système économique actuel soient capables de résoudre la crise écologique. Ainsi, les crédits carbones « pourraient provoquer une nouvelle forme de spéculation et n’aideraient pas à réduire l’ensemble des émissions de polluants ». Au contraire, écrit François, ils favoriseraient la sur-consommation de certains États et secteurs. Le pape s’interroge aussi ouvertement sur les OGM, en les reliant à une « concentration des terres productives dans les mains de quelques-uns », qui va à l’encontre des petits producteurs.

Cette première encyclique écrite entièrement sous le pontificat de François est la première de l’Église catholique à être consacrée à la crise écologique. Fruit d’entretiens avec de nombreux scientifiques et spécialistes des questions écologiques, elle vise à définir la position officielle de l’Église catholique sur ce thème, qui servira ensuite de références pour les évêques, les prêtres et les fidèles. Mais François entend aussi influencer les décideurs politiques, notamment étasuniens. En septembre prochain, il se rendra au siège des Nations unies, à New York, et au Congrès américain, à Washington. Dans un pays où de nombreux citoyens nient encore les causes humaines du réchauffement climatique, les réticences risquent d’être fortes.

Simon Gouin

Mis à jour, 18 juin, 12h50 : lisez l’encyclique du pape François, en français, à partir d’ici.

Sources :

• Le Monde : Climat : le blâme du pape aux pays riches

• Le Guardian : Pope Francis warns of destruction of Earth’s ecosystem in leaked encyclical

• Le Monde.fr : Environnement : le pape en appelle au « courage » et à l’action urgente

• La Croix : Aux États-Unis, l’encyclique du pape provoque déjà le débat

A lire sur Basta du 4 Novembre 2014 ! : Le pape François invite les pauvres à « protester et se révolter »

VIDEO

* A la demande sur ARTE

* site M2R où AID a participé au co-financement du film.

LE LIVRE

REFERENCES

* Wikipédia : Marie-Monique ROBIN

* Wikipédia : Dennis MEADOWS

* Wikipédia : Donella MEADOWS

* Wikipédia : William E REES

* Wikipédia : Jean GADREY

* Autres indicateurs de richesse

* cafeco 202 : Les indicateurs économiques mondiaux du 27 Janvier 2015

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

* Mardi 7 Juillet 2015 (anticipé) : LBSJS 110 : « Ebola », par B. BOURGEON

* Mardi 21 Juillet 2015 (anticipé) : Cafeco 208 : « Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir » par Jean-Marc TAGLIAFERRI.

* Mardi 4 Août 2015 (séance anticipée) : LBSJS 111 à programmer .

* Mardi 25 Août 2015 : Cafeco 209 : « Economie du vin en République Sud-Africaine » par B. BOURGEON, avec dégustation de vins sud-africains à la clé.

* Mardi 8 Septembre : LBSJS 112

* Mardi 22 Septembre : Cafeco 210

* Mardi 6 Octobre (ant) : LBSJS 113

* Mardi 20 Octobre (ant) Cafeco 211

* Mardi 10 Novembre LBSJS 114

* Mardi 24 Novembre Cafeco 212

* Mardi 8 Décembre LBSJS 115


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