AID Association initiatives dionysiennes
Avec trois jours de recul, que pouvons-nous faire devant la barbarie ?

NOUS SOMMES TOU(JOUR)S CHARLIE

dimanche 11 janvier 2015 par JMT

Refonder la République

Avec trois jours de recul, que pouvons-nous faire devant la barbarie ?

D’abord répéter notre compassion envers les familles des désormais 17 victimes des tueries qui ont secoué la France ces trois derniers jours. Aussi bien des civils pris en otages, des policiers tués froidement, que des compagnons de combat, des frères d’idées.

Ensuite ne pas se laisser emporter par des torrents de haine. Le vocabulaire martial ne sied pas. Pas plus que les mots comme terroristes car ils ne terrorisent pas. Il s’agit d’assassins sans motifs religieux, Dieu n’ayant pas besoin de porte-paroles criminels. Non. Leur motivation est politique, il s’agit de faire taire. Voilà pourquoi ils s’en prennent aux journalistes et aux correspondants. Voilà pourquoi ils ne vivent que de provocations, pour déclencher une haine qu’ils ne feront qu’exploiter pour mieux nous diviser.

Puis comprendre. Charlie rend plusieurs missions : étendard d’une liberté d’expression, de conscience, il défend aussi le droit de ne pas avoir de religion. A l’instar de la majorité des Français. Et en France, nous sommes bien armés pour défendre ces libertés : de conscience, comme le dit l’article 10 de la DDH, d’expression comme le relate l’article 11. Cette DDH est le fruit des Lumières, fruit de deux cents ans de lutte, depuis le Massacre de la Saint-Barthélemy jusqu’à la Révolution. Discerner pour montrer du doigt le lâche assassinat comme les stupides attaques d’édifices religieux en représailles, au nom de je ne sais quelle vengeance.

Nous sommes tous Charlie

Protéger notre liberté. Seule notre unité républicaine peut le faire. Pour lutter contre nos peurs : peur des journalistes de ne plus pouvoir exercer leur métier, peur de chacun d’entre nous de ne plus pouvoir vivre en sécurité, peur de ceux qui veulent nous diviser, nous trier, nous communautariser, alors que notre République est une et indivisible.

Enfin nous unir dans la citoyenneté, la fraternité républicaine, et dans l’amour des trois mots de notre devise, au fronton de tous nos bâtiments publics. La Liberté, qui ne se décrète pas, et ne peut que se défendre. L’Egalité, qui, elle, se décrète, et est donc défendue par le législateur. La Fraternité, qui ne se défend ni ne se décrète, mais qui se vit : c’est ce qui nous a rassemblé dimanche. Dans cette seule fraternité républicaine, nous puisons notre force pour défendre notre Liberté. Voilà pourquoi nous n’aurions pas participé à une manifestation voulue comme un mot d’ordre partisan.

Voilà pourquoi, en tant qu’associatif, nous avons suivi le mot d’ordre syndical de l’UNEF et du SNJ. Voilà pourquoi, dans notre travail associatif, nous n’aurons de cesse de pratiquer une éducation populaire, relayant entre autres ce qui se dit : pour vaincre nos peurs, divulguer ces paroles de paix civile dans la laïcité, éduquer, aider à comprendre. Car la peur est mauvaise conseillère, elle ne cherche qu’à diviser.

Mais nous aurons le dernier mot, ils n’ont aucune chance de gagner tant que nous ne grossirons pas leurs rangs par des mots inspirés par la crainte de l’autre, des mots inconsidérés. Dans notre Liberté défendue, notre Egalité voulue, notre Fraternité vaincra ! Ainsi nous refonderons la République !

Bruno Bourgeon, président d’AID

Nou lé Charlie

Près de 1000 personnes contre la terreur

publié le 9 janvier 2015 06h00 clicanoo

Tous Charlie. Hier, à 13 heures, près de 1 000 personnes se sont retrouvées sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis pour rendre hommage aux journalistes, personnel de Charlie Hebdo et policiers tombés mercredi sous les balles de fanatiques. Tous les médias de l’île étaient représentés, mais aussi beaucoup de gens de la société civile venus dire "non" à la terreur et "oui" à la liberté d’expression.

La foule au Parvis des Droits de l’Homme à Saint Denis

SAINT-DENIS

Des jeunes, des vieux, des cathos, des musulmans, des grands, des petits, des journalistes, des gros, des maigres... Il y avait plein de gens hier à 13 heures, sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis. 600 personnes selon la police. Près de 1 000 selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), organisateur du rassemblement. Une foule dense sous un soleil de plomb. Mais peu importe. Rien n’est grave durant ces jours sombres.

Applaudissements. Une minute de silence. Et des interventions. D’abord Véronique Hummel, journaliste du JIR et secrétaire du SNJ. Puis, pendant une heure se sont succédé les prises de paroles. Le bâtonnier Jean-Claude Sainte-Claire a parlé au nom des avocats du barreau de Saint-Denis "qui entendent rappeler que nous sommes attachés à la liberté. Aujourd’hui, ce sont des journalistes. Demain, ce sera peut-être des avocats, des juges."

Charlie Hebdo à Saint Denis

L’ambiance est lourde. On entendrait une mouche voler entre les bras tendant des pancartes "Nous sommes Charlie", "Je suis Charlie" ou version créole "Nou lé Charlie". David Manteaux, représentant le Cri du Margouillat lance, au micro, des trémolos dans la voix : "Contre les cons qui se servent de fusils, on a des feutres." Les estomacs sont noués, les gorges sont serrées.

Franky Lauret, auteur, lui, a rappelé : "Cette attaque s’en prend à la lumière. Lorsqu’on brise un phare, on crée de multiples autres sources de lumière." Un étudiant du syndicat Unef remarque : "Quand je vois les rassemblements partout en France, je me dis qu’ils ont échoué. Nous n’avons pas peur." Le jeune homme affirme : "L’humour, c’est ce qui nous rend vivants."

Plus de 500 Charlie dans le sud

publié le 9 janvier 2015 06h00

Alors que le rendez-vous nordiste était sur le parvis des droits de l’Homme, c’est sur la place de la Victoire que les sudistes se sont donné rendez-vous pour rendre hommage aux douze victimes de l’attentat de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

la foule à Saint-Pierre autour du sénateur-maire UMP

Saint-Pierre

« Je suis... Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, Bernard Maris, Elsa Cayat, Mustapha Ourra, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet, Frédéric Boisseau » « Je préfère mourir debout que vivre à genoux », « Ils voulaient tuer Charlie, ils l’ont rendu immortel », « Nou lé Charlie » et le célèbre « Je suis Charlie ».

Hier en début d’après-midi, plus de 500 personnes se sont retrouvées sur la place de la Victoire à Saint-Pierre, à proximité du Petit Boulevard de la plage, pour un rassemblement afin de rendre hommage aux douze victimes de l’attentat perpétré mercredi matin dans les locaux parisiens de l’hebdomadaire Charlie-Hebdo.

« Cet appel au rassemblement, à la Réunion comme en métropole et partout dans le monde, ce sont les journalistes qui l’ont lancé parce qu’hier c’est notre profession qui, après d’autres, a été la cible de la haine, indique Yannick Bernardeau, ancien journaliste chez nos confrères du Quotidien et représentant la section du SNJ, Syndicat National des Journalistes.

Mais la défense de la liberté de la presse, de la liberté d’expression, de la liberté d’opinion, ajoutons-y de la liberté religieuse, c’est l’affaire de tout le monde, de tous ceux épris de tolérance et de respect. C’est pourquoi, sans aucune bannière politique ou syndicale, c’est en tant que citoyens que nous vous demandons d’observer une minute de silence en la mémoire des victimes, journalistes, policiers et de tous les autres tombés hier à leurs côtés. »

Tous Charlie , en famille

« Ce sont des enfants qu’on a tués »

Certains journalistes brandissent leur carte de presse avec un stylo, dans le public, les anonymes lèvent eux aussi leur main munie de pancarte « Je suis Charlie » pour la plupart ou d’un stylo.

Journalistes, dessinateurs, policiers nationaux, policiers municipaux, hauts fonctionnaires représentants l’État, magistrats, hommes et femmes politiques, anonymes... tous sont devenus pendant une minute des citoyens épris de liberté. Une minute de silence suivie immédiatement d’un tonnerre d’applaudissement de plus en plus fort, de plus en plus vite comme ci chacun prenait conscience de l’importance de ne pas se taire face à un tel événement.

« C’est important que les gens réagissent pour soutenir la liberté d’expression et de rire, indique le dessinateur de presse local, Souch qui laisse tous les jours son crayon s’exprimer dans nos colonnes. Ils ont touché à mon sacré à moi. Cabu, c’était du sacré pour moi. Il avait un talent incroyable et beaucoup d’humanité. Il ne faut pas baisser les bras. Il faut que Charlie continue. »

Charlie toujours vivant

De son côté, un autre dessinateur, plus adepte des bandes dessinées-reportage s’exprime, les yeux rougis par l’émotion : « Ce sont des gens qui voulaient changer un peu le monde, ils ne détenaient pas une once de méchanceté en eux. Ce sont des enfants qu’on a tués, souligne Hyppolite qui connaissait la plupart des dessinateurs victimes. Maintenant il ne faut pas entrer dans le jeu des clivages. Notre premier message est de conserver cette unité et ensuite, on doit tous s’abonner à Charlie-Hebdo. »

Véronique Tournier

vtournier@jir.fr

Houssen Amode : "Ce sont des actes de barbarie qui n’ont rien à voir avec la religion. C’est la position de l’Islam"

publié le 9 janvier 2015 11h30

"Mon intervention est nécessaire et légitime". Houssen Amode, représentant du Conseil régional du culte musulman (CRCM) débute ainsi sa prise de parole hier sur le parvis des Droits de l’Homme. Il sait que ses mots sont attendus.

"Ce sont des actes de barbarie qui n’ont rien à voir avec la religion. C’est la position de l’Islam. Et c’est important de rappeler la position de l’Islam en France. (...)

Cet article fait partie de notre Édition abonnés, vous pouvez le consulter sur et dans l’édition du jour

Pourquoi tant de haine ?

publié le 9 janvier 2015 05h30

Après le massacre de Charlie Hebdo, nous ne pouvons qu’être assommés et stupéfaits par tant de haine. Cet attentat nous montre qu’en France nous ne sommes plus à l’abri des terroristes.

On le savait depuis les années 80 mais aujourd’hui les faits sont là, l’horreur et la terreur sont bien présentes. Ce sont, de plus, les valeurs de notre république : liberté, égalité, fraternité qui font le socle et le ciment de notre vivre ensemble qui sont ébranlés dans leur fondement.

De même, ce sont nos libertés individuelles, surtout la liberté de la presse et de la liberté d’expression qui sont menacées. La presse satirique a toujours existé de tout temps et par tous les siècles en France, n’en déplaise à tous les détracteurs intégristes ou non. La satire est un style, un langage, qui est le moyen de tourner en dérision et de rire de tout ce qui nous semble grave.

Charlie Hebdo incarnait avant tout cette liberté d’expression que nul autre journal sur la planète ne peut égaliser en étant de plus une presse indépendante de l’État. Charlie Hebdo tout comme Hara Kiri dans les années 70 m’ont fait prendre conscience que quel que soit le problème il faut en rire pour ne pas se laisser emporter par le négatif et dépasser la morosité ambiante. Nous sommes tous des Charlie. Chacun de nous est aussi menacé dans sa liberté d’expression.

À la Réunion, on sait de quoi on parle, les périodes de la répression d’une certaine presse et de la radio unique sont encore dans les mémoires. N’oublions que nos parents et nos grands-parents se sont battus pour obtenir la liberté d’opinion et d’expression.

Aujourd’hui, suite aux menaces terroristes grandissantes, tous les jours il faudra se battre pour défendre nos droits fondamentaux. Aussi, il est de notre devoir de citoyen de rester vigilant pour les protéger et de ne pas s’égarer dans des chemins de travers parsemés d’illusions qui nous mèneraient droit à la destruction et à une guerre idéologique, un vieux schéma que nos ancêtres ont bien connu et qui ont laissé de terribles traces dans l’histoire et dans nos mémoires.

Que vive Charlie Hebdo et que vive notre république le plus longtemps possible.

Gabrielle Marie

Nou lé Charlie

Charlie Hebdo : La Réunion se rassemble ce midi

Clicanoo.re publié le 11 janvier 2015 6h33

Nous sommes Charlie, Nous sommes la République !

Clicanoo.re publié le 11 janvier 2015 07h20

Le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a été la cible d’une attaque meurtrière, coûtant la vie à douze personnes : journalistes et policiers, agent d’entretien et économiste, correcteur et médecin, militant associatif de passage. A côté de ces morts, plusieurs blessés sont à déplorer, sans oublier les survivants de ce massacre qui ont vu leurs amis se faire abattre froidement.

Derrière les décès d’Elsa, Franck, Frédéric, Ahmed, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Bernard, Honoré, Mustapha et Michel, c’est toute la France qui est touchée. Cet acte de guerre dirigé contre la presse signifie que des individus fanatisés veulent s’arroger le droit d’interdire la parole libre. Cet insupportable acte de barbarie signifie aussi le refus de la démocratie. Dans une démocratie, on s’engueule parfois, on se moque les uns des autres aussi, on dialogue souvent, mais on ne se tue pas pour des idées.

Spontanément, et par delà les différentes appartenances politiques, les citoyennes et les citoyens de France ont montré leur attachement au vivre ensemble. Jeudi, la Réunion a répondu présent à cet appel. Personne n’est libre, si la parole est interdite. Il n’y a plus d’égalité, si les uns ou les autres s’arrogent le droit de décider de la vie des autres. Il n’y a plus de fraternité et donc plus de République si la liberté et l’égalité sont bafouées.

Pourtant, certains entendent profiter de la situation pour diviser le pays. Ici, ce sont des attaques contre des mosquées, là des actes racistes. La France s’est construite avec des citoyens qui croyaient au ciel et avec d’autres qui n’y croyaient pas. Beaucoup sont morts pour qu’un jour Charlie Hebdo ait le droit de dessiner des caricatures et d’informer.

Il faut prolonger ce moment d’unité pour signifier notre double attachement à la liberté de la presse et à une France qui n’exclut pas. Nous, citoyens vivant à La Réunion, savons mieux que quiconque l’importance du vivre ensemble. Nous, citoyens vivant à La Réunion, sommes attachés à une presse sans complaisance pour remporter les combats de liberté, d’égalité et de fraternité. Ne laissons rien ni personne nous diviser. Nous sommes Charlie.

Ce texte a été signé par :

SNJ Réunion, Unef, Unité SGP Police 974, Sud Education, Se Unsa, Parti socialiste, Unsa, FSU, Saiper-Pas 974, Céméa, AID, Ufal, Snes FSU, Snalc-FGAF, Solidaires, Parti de Gauche, Debout la France, MRC Réunion, Sgen CFDT, Europe Ecologie Les Verts, Les Alternatifs 974/Espoir, Ensemble !, SDUCLIAS-FSU, Jeunes populaires (UMP), Ligue des Droits de l’Homme, CGTR, UDI, Huguette Bello députée, Nassimah Dindar présidente du Conseil général, Monique Orphé députée, Attac Réunion, Artic Réunion, PCR

Panoramique Saint-Denis

Attentat à Charlie Hebdo : l’hommage de La Réunion

Clicanoo.re publié le 8 janvier 2015 14h39

Des crayons contre des balles. Des cartes de presse contre des balles. Des anonymes pour défendre la liberté

La Réunion vient de rendre à son tour de se recueillir après l’attentat à Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes hier à Paris. Un millier de personnes se sont rassemblées sur le parvis de Droits de l’Homme à Saint-Denis dès 13 heures, à l’appel du Syndicat national des journalistes qui souhaitait, à l’image de ce qui s’est fait hier soir dans plusieurs grandes villes de métropole, rendre hommage aux victimes.

Qu’ils soient journalistes, responsables d’associations ou de syndicats, représentants religieux, élus, ou tout simplement anonymes, tous ces citoyens affichaient une mine emprunte de solennité pour ce moment de recueillement. Des prises de parole ont rythmé le rassemblement qui a duré un peu plus d’une heure.

Des témoignages de personnes qui avait côtoyé les journalistes et dessinateurs disparus, qui avaient été marqués par leur travail, ou encore qui souhaitaient célébrer la liberté d’expression et la liberté tout court que les victimes de l’attentat prônaient.

Parmi eux, Monseigneur Gilbert Aubry, Houssen Amode pour le Conseil régional du culte musulman, Selvam Chanemougame, Samuel Mouen, René-Louis Pestel pour la mairie de Saint-Denis, Isnelle Gouljar pour la Ligue des Droits de l’Homme, ou encore les différents représentants de la presse écrite, audiovisuelle et web.

Les pancartes "Je suis Charlie" étaient bien sûr au rendez-vous, fièrement dressées au-dessus de la foule, déclinées en "Nou lé Charlie", ou "Mwin lé Charlie"

Environ 500 personnes se sont retrouvées sur la Place de la victoire à Saint-Pierre, où avait lieu le même rassemblement. Journalistes, dessinateurs, policiers municipaux, policiers nationaux, magistrats, représentants de l’Etat, hommes politiques, citoyens... ont observé une minute de silence, puis applaudi.

D’autres événements auront lieu aujourd’hui et dans les prochains jours : à Saint-Denis, la ville organise à 15h un hommage aux victimes de l’attentat, invitant l’ensemble des agents de la commune à rejoindre le parvis de la mairie centrale pour un instant de recueillement, une mise en berne des drapeaux et une minute de silence. Cette minute de silence sera aussi observée dans les mairies annexes et les centres aérés dionysiens.

A Saint-Leu, ce soir dès 19h, une marche silencieuse partira de la rondavelle du spot pour se rendre jusqu’au 46.

J.CTS et V.T

Photos : Ludovic Laï-Yu et Jean-Claude François


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1778888

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site AID MEDIAS   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License