AID Association initiatives dionysiennes
Un an avant la COP Paris 2015

Dix mesures urgentes pour le climat

par Bruno BOURGEON

samedi 6 décembre 2014 par JMT

Lors de la Conférence environnementale, François Hollande souhaitait « laisser sa trace » dans l’histoire en obtenant un « accord historique » lors de la conférence de l’Onu sur le climat en décembre 2015.

Peut-être faudrait-il commencer par ces dix mesures ?

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Lors de la Conférence environnementale, François Hollande souhaitait « laisser sa trace » dans l’histoire en obtenant un « accord historique » lors de la conférence de l’Onu sur le climat en décembre 2015. Peut-être faudrait-il commencer par ces dix mesures.

1°) Supprimer les financements des énergies fossiles

La France finance les énergies fossiles à travers des fonds publics. Comme actionnaire d’EDF ou GDF Suez, elle maintient de hauts niveaux d’investissement sur les énergies fossiles dans les pays du Sud et en Europe de l’Est. Irresponsable pour le climat et pour ces pays dont la dépendance aux énergies fossiles s’accroît : il faudrait plutôt les soutenir pour en sortir.

2°) Annuler les demandes de permis de recherche d’hydrocarbures

Le gouvernement a délivré de nouveaux permis, en a prolongé d’anciens et rechigne à en annuler d’autres. 119 demandes sont en cours d’instruction tandis que 54 permis de recherche sont encore valides. Ainsi, dans le Nord/Pas-de-Calais, 2 autorisations ont été délivrées à Avion et Divion.

3°) Ne pas encourager Total à investir dans les énergies fossiles

Le 2 novembre, le Président a cru bon se rendre en Alberta pour encourager Total à investir dans les sables bitumineux, le pétrole le plus polluant de la planète. Le jour où le GIEC publiait la synthèse de son 5e rapport.

La décision du Président signifie que le gouvernement n’entend pas assujettir les investissements privés à la contrainte climatique. Hollande aurait pu utiliser la Conférence environnementale pour expliquer que le changement climatique impose de ne plus exploiter les réserves prouvées d’énergies fossiles et d’en stopper les investissements.

4°) Conditionner TAFTA au respect des exigences climatiques

La poursuite des négociations sur le traité transatlantique, dont le mandat européen ne fait pas mention des exigences climatiques, devrait être liée aux nécessaires réductions d’émission de gaz à effet de serre.

La Commission européenne reconnaît que TAFTA génèrera une hausse des émissions de 4 à 11 mille tonnes de CO2/an. Visant notamment à encourager l’exploitation et le commerce des énergies fossiles, TAFTA induira des investissements dans le secteur et pérennisera notre dépendance à ces énergies.

5°) Abandonner les grands projets inutiles

La France accueillera la conférence de l’ONU sur le climat en décembre 2015 à Paris, sans avoir écarté les projets d’aéroport de Notre-Dame des Landes ou de la Nouvelle Route du Littoral à la Réunion, contraires aux exigences climatiques.

A la conférence, le Président a évoqué un renforcement de la démocratie participative pour « arrêter un mauvais projet » : les préfets ne pourraient-ils commencer par ne pas autoriser les projets critiqués par les enquêtes publiques, tels que le barrage de Sivens, l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le Center Parcs de Chambaran, la liaison LGV Lyon-Turin, ou la Nouvelle Route en Mer ? Abandonner ces projets, c’est récupérer plusieurs dizaines de milliards d’euros pour financer les projets de transition.

Smog et tout automobile

6°) Entamer une véritable transition écologique et sociale

Les défis du climat nécessitent de décupler les trésors d’innovation citoyenne sur les territoires, pour développer leur résilience. Plutôt que de s’entêter à construire des infrastructures, le gouvernement financerait plus utilement la transition écologique et sociale à travers : la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie, les circuits courts, la relocalisation de l’économie, le partage du travail, l’isolation des logements, la reconversion sociale et écologique de la production, la réappropriation et la promotion des biens communs, la réparation, le recyclage, la réduction des déchets, les transports doux, les énergies renouvelables.

7°) Une taxe sur les transactions financières pour financer la transition

Les autorités françaises sabotent la proposition de taxe sur les transactions financières (TTF) pour préserver les profits des banques françaises, leaders mondiales de la spéculation sur les produits dérivés. Pourtant, une véritable TTF serait une des sources de financement de l’adaptation au dérèglement climatique.

8°) Un véritable effort de développement des énergies renouvelables

L’UE s’est doté d’un maigre objectif de 27 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. En reprenant à son compte l’exigence visant à diminuer de 50 % la consommation d’énergie finale en France d’ici 2050, tout en y ajoutant un plafonnement de l’énergie nucléaire et une exigence de réduction de 30 % de la consommation d’énergie fossile d’ici 2030 (programme Négawatt), la loi sur la transition énergétique implique un engagement plus marqué des pouvoirs publics dans le développement des énergies renouvelables.

9°) De véritables réductions d’émission avant et après 2020

Si rien ne change, les pays de la planète vont émettre 13 gigatonnes de CO2 de trop en 2020 pour rester en deçà des 2°C d’augmentation de la température mondiale d’ici la fin du siècle. L’Union européenne ne veut pas revoir à la hausse l’objectif de 20 % de réduction d’émissions d’ici à 2020 qu’elle s’est donnée, très en-deçà ce qui pourrait être atteint.

D’ici 2030, l’UE s’est engagée sur un objectif de 40 % de réductions d’émissions par rapport à 1990. Cela revient à repousser à l’après 2030 les efforts. Rappelons que l’objectif pour 2050 est une baisse minimale de 80 % des émissions, soit -2,5 % par an.

Or l’objectif de -40 % en 2030 permet de se contenter d’une baisse de 1,3 % par an : deux fois moins que le nécessaire. Du fait du retard pris, il faudra ensuite une baisse de 5 % par an pour atteindre l’objectif en 2050 ! Pourquoi la France ne peut-elle s’engager à rehausser ses réductions d’ici 2020 ?

10°) Placer l’intérêt collectif hors d’atteinte des lobbies économiques

Le fait de mettre cette question sur la table marque la volonté de se libérer du poids des intérêts privés au profit de l’intérêt général. François Hollande a le choix : poursuivre la mainmise des lobbies économiques sur les négociations sur le climat, ou contribuer à limiter et encadrer leur influence.

Bruno Bourgeon Président de l’Association Initiatives Dionysiennes http://aid97400.lautre.net

LIENS

* Maxime Combes sur Médiapart : Climat : les 10 mesures urgentes et concrètes que François Hollande n’a pas prises

* Attac France : À Lima pour « changer le système, pas le climat »

* Reporterre : Les dix mesures à prendre pour sauver le climat

* Reporterre : Climat : Le Bourget doit être la conférence du peuple

* Attac France : Blockadia et Alternatiba, les deux piliers de la justice climatique

* Attac France : Nouveaux mécanismes financiers, prépondérance du secteur privé, techno-sciences… un sommet des fausses solutions ?

* Attac France : Sommet Climat à New York : oui à l’action, non aux fausses solutions


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