AID Association initiatives dionysiennes
Quand le pouvoir monte à la tête ?

Une vice-présidente EELV de la CINOR vote pour des incinérateurs !

La réponse d’AID

vendredi 25 juillet 2014 par JMT

AID s’oppose fermement depuis 2001 à l’utilisation d’incinérateurs pour "résoudre le problème des déchets à la Réunion", notamment sous l’impulsion d’adhérents et de sympathisants écologistes.

Nous considérons que l’incinération des déchets, même rebaptisée en novlangue greenwashing "valorisation énergétique", est à la fois :

a) une solution de facilité incomplète et infantilisante,

b) une pensée "magique" né d’un inconscient ancestral du feu purificateur

c) un désastre financier pour la collectivité mais pas forcément pour le secteur privé qui s’y remplit les poches dans un secteur économique, limite mafieux, qui a souvent défrayé la chronique

d) un désastre écologique par la destruction de ressources réutilisables, augmentant ainsi la demande de matières premières de plus en plus limitées

Madame DUCHEMANN aurait tout avantage à venir participer aux cafés citoyens d’AID qui traitent régulièrement de ce genre de problème, elle pourrait y débattre et en tirer des enseignements pour éviter ce genre de bourde !

Réponse à Mme Duchemann sur sa vision de la gestion des déchets à La Réunion

Dans une tribune parue le 23 juillet 2014, Mme Duchemann, élue écologiste ( ?) à la CINOR, se fend d’un texte défendant sa position sur son vote pro-incinération d’ordures ménagères (IOM) dans le cadre d’une gestion multi-filières de celles-ci.

Passons sur le fait que le texte n’est probablement pas signé de sa petite main, mais d’administratifs zélés du CG ou de la CINOR. L’essentiel est qu’elle l’ait signé, et donc s’en accapare le contenu.

Mon propos n’est pas tant de critiquer point par point sa diatribe que de proposer une vision véritablement écologique de la gestion des déchets, c’est-à-dire durable, en s’inspirant de ce qui est déjà réalisé (et donc réalisable, le créole n’étant pas plus couillon qu’un autre).

D’abord le centre multi-filières de traitement associant tri mécano-biologique, valorisation énergétique et unité de méthanisation et compostage.

A Marseille-Provence-Métropole, 1.100.000 habitants, 450.000 t de déchets traités par an dans un centre multi-filières géré par une société espagnole, Everé.

360.000 t sont incinérées (80%) et 90000 t recyclées ou méthanisées (on est loin des chiffres européens, cf. infra).

Centre Multifilières de Fos-sur-Mer

Le centre multifilières de Fos-sur-Mer

Suite à l’incendie ayant détruit l’unité de méthanisation en octobre 2013, un nouveau centre a été construit, faisant traverser le département aux camions-poubelles : bonjour la valorisation énergétique !

Or Everé réclame plusieurs dizaines de millions à la métropole marseillaise au titre de manque à gagner, le Moloch qui brûle tout n’étant pas rentable.

C’est bien là le problème majeur des incinérateurs : non seulement ils obligent à faire se déplacer des norias de camions dévoreurs d’énergie fossile polluante, mais en plus, ce ne sont que des machines à détruire : Gaston Bigey, directeur de Nexa, l’agence du Conseil régional dédiée à l’innovation, déclarait récemment que c’était « une hérésie de vouloir faire un incinérateur à l’île de La Réunion ».

Plutôt que de brûler, ce qui demande d’ailleurs peu d’emplois, mieux vaut recycler dans notre « terminal à déchets » que représente notre île, ce qui est bien plus générateur d’emplois.

Ce tri sélectif et ce recyclage ne cohabitent pas avec l’incinération, car une unité de valorisation énergétique doit brûler un maximum de déchets pour être rentable.

Sans compter sur les résidus toxiques, RFIOM, mâchefers, et naturellement fumées renfermant quantité de dioxines, n’en déplaisent aux progrès technologiques : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », disait Lavoisier. Ici en dioxines et CO2, SO2, et autres joyeusetés.

L’Europe, via la commission, dont Mme Duchemann désirait s’inspirer puisque candidate à la députation européenne, a récemment mis à l’honneur la valorisation des déchets matières, le recyclage, tout en oubliant d’ailleurs la réduction des déchets à la source, et a établi un classement en matière de recyclage :

69.8% des déchets sont recyclés en Autriche,

61.8% en Belgique et en Allemagne,

34.9% seulement en France.

De plus, en Flandre belge, où 70% des déchets sont recyclés ou compostés, où la densité est de 450 habitants au km2, pour 6 millions d’habitants et 25 collectivités locales, la région, afin d’inciter au recyclage et au compostage, a fixé des taxes sur les décharges et les IOM, de telle manière qu’il est plus cher de mettre en décharge que de brûler, mais qu’il est surtout plus cher de brûler que de trier pour la valorisation matière.

Et pour inciter les habitants à pratiquer le tri, il existe une redevance d’enlèvement des déchets au poids et/ou au volume : plus la quantité de déchets résiduels est faible, plus la facture baisse.

Qui plus est chaque type de déchets est payant et diffère en fonction du coût du traitement : le kg de déchets organiques est moins cher que le kg recyclable, lui-même moins cher que le kg résiduel destiné à l’incinération ou à la décharge.

Et en cas d’erreur de tri, le sac n’est pas ramassé ! Pour aider la population, le réseau des déchetteries est dense, la réutilisation très développée, le compostage domestique mis à l’honneur, les unités de méthanisation proches du domicile.

Ainsi, s’il n’existe pas de traitement révolutionnaire qui pourrait permettre aux décideurs de ne plus être confrontés à la problématique des déchets, c’est en s’investissant pleinement, en investissant dans des formes de traitement autres que polluantes que la CINOR et le CG pourra amorcer une transition vers la réduction et la gestion écologique des déchets municipaux.

La communication et l’information sur le traitement des déchets, la promotion des gestes de prévention et de tri à la source sont indispensables. Encore faut-il la mener intelligemment, en s’opposant aux lobbies d’industries du déchet ou de production d’emballages.

Pour en revenir à Mme Duchemann, la pseudo-écologiste, si vous avez la moindre estime de vous-même, tout en reniant le dogme écologiste dont vous vous réclamiez naguère, vous devriez signer à un autre parti pour libérer la parole de vos anciens amis !

Bruno BOURGEON, Président d’AID

Publication dans les médias de la Réunion

* parution sur le site Zinfos974.fr le 25/07/2014 à 16h34

* parution sur le site clicanoo.com le 26/07/2014 à 05h28

* parution sur le site du Quotidien de la Réunion le 29/07/2014 à 04h08

Table de valorisation de certains déchets

Valorisation de certains déchets

Tribune : Au pied du mur de déchet

Clicanoo.re publié le 23 juillet 2014 22h12

- Le 2/2/1996, La Réunion se dote d’un Plan Départemental d’Élimination des Déchets Ménagers et Assimilés (P.D.E.D.M.A.) conforme à la loi du 13/07/ 1992 relative à l’élimination des déchets.

- Octobre 2002, première révision du PDEDMA approuvée par le Conseil Général et de ce fait, les premières politiques de gestion coordonnée des déchets ménagers sont mises en œuvre.

Le PDEDMA se donnait comme « objectif principal la réduction de la mise en décharge des déchets en vue de les trier, d’assurer leur collecte ainsi que leur traitement en favorisant les valorisations par recyclage ou réemploi, compostage et production énergétique ». Le but annoncé était « d’amener l’île aux normes européennes en matière de gestion de déchets à l’horizon 2006 ».

- Ce but non atteint : inertie du porteur du plan.

- Février 2013, après un long sommeil, le Cl Gl engage la révision du PDEDMA adopté en 2002 pour le transformer en Plan de Prévention et de Gestion des Déchets Non Dangereux (PPGDND) qui se composent des ordures ménagères et des déchets d’activités économiques y compris agricoles.

- Le 13/09/2013, le projet de PPGDND est établi et retenu par le comité de pilotage composé d’élus du Cl Gl. Le 27/02/2014, le comité de pilotage du Cl Gl conforte ce scénario avec le maintien d’un incinérateur bassin Sud Ouest et au du Nord Est.

- Le 09/05/2014, il est alors demandé à la CINOR d’émettre un avis sur un délai règlementaire de 3 mois, sur le projet de Plan de Prévention et de Gestion des Déchets Non Dangereux (PPGDND).

- Le 13 juin 2014, la commission consultative de la CINOR émet un avis favorable sur le projet de plan et son rapport environnemental, en indiquant la nécessité de maintenir l’objectif d’une approbation en 2014. La Cinor précise qu’un plan déchets doit s’apprécier comme un document de planification dynamique et évolutif.

- Lors du cl communautaire du 26/6 /14, soucieux de bien maîtriser le dossier et de donner le meilleur avis (les observations les plus protectrices pour les usagers et leur environnement) au projet du plan rédigé par le Cl Gl (et réexaminé par les experts administratifs de la Cinor), la majorité des élus décident de différer leurs avis.

- Le 4/07/2014, de ce fait, la présidence de la Cinor met en place une commission Environnement élargie à tous les élus afin que chacun puisse comprendre, amender pleinement le dossier déchets et voter pleinement à la prochaine session du 11/7/2014 du conseil communautaire

L’approbation PAR LE CONSEIL GÉNÉRAL de ce nouveau plan dans lequel il est prévu 2 incinérateurs, doit intervenir pour la fin 2014, après enquête publique à laquelle nous sommes tous appelés à participer par nos observations. Ce nouveau plan doit répondre à la situation très critique en terme de stockage des déchets à La Réunion, car les 2 installations de stockage de Pierrefonds et de Ste-Suzanne arrivent à saturation en 2015. En outre, la population de Ste-Suzanne qui s’exaspère, refuse toute continuation d’enfouissement entrainant émanations nauséabondes et pollution de la nappe phréatique.

Le 11/07/ 2014, les élus de la CINOR dont moi, approuvent l’avis sur le PPGDND et de son évaluation environnementale Conscient de la gravité des conséquences de cet avis sur l’avenir non seulement des 3 communes mais aussi sur celui de notre pays, chaque élu a donné un avis indispensable si nous ne voulons pas laisser l’ordonnateur de ce plan agir seul À NOTRE PLACE et sur nos communes. Notre avis stipule « qu’Il conviendrait dans le cadre de la rédaction du projet définitif de PDPGDND de prendre en considération et d’acter nos observations » basées sur la connaissance de ce dossier.

Comment dans notre contexte d’île productrice de déchets que notre sol ne peut plus absorber, comment en tant qu’écologiste non favorable à l’incinérateur, comment faire en sorte de trouver la solution « la moins pire » dans ce projet de plan qui nous a été présenté si tardivement ?

Consciente que dans notre situation actuelle, nous n’avons plus le temps de construire un projet de société dans une société réunionnaise basée sur la consommation, et dans l’urgence, il a fallu trouver une orientation consensuelle et collégiale dans laquelle je retrouve au final :

• la prévention

• la sensibilisation à une meilleure consommation

• le tri à la source

• la séparation des fermentescibles

• la méthanisation

• le tri mécanique manuelle (sic !) et biologique

• l’économie circulaire avec l’exploitation de toutes les matières et matériaux recyclables et le soutien au développement des filières et initiatives locales (ressourceries, déchèteries, Économie Sociale et Solidaire…)

• emplois locaux et formation en amont

• adaptation des lois nationales à nos contraintes spécifiques locales (boues des STEP et compostage des déchets verts).

Bref, nous avons amendé cette proposition de multi filières dont une des composantes est l’installation de 2 incinérateurs par défaut d’un plan fonctionnel et efficace qui, par négligence, ne s’est pas réalisé depuis 20 ans et dont l’absence nous met dans une situation de retard grave (il y a 3 incinérateurs qui fonctionnent à La Réunion et qui sont régulièrement contrôlés).

Nous avions pris le pari d’amender pour que l’incinérateur ne soit pas une fatalité, et de faire parvenir nos observations pour pouvoir tracer une véritable orientation pour nos 3 villes pour les 20 ans à venir puisque la CINOR après l’approbation finale du plan en fin 2014, en deviendra LE MAÎTRE-D’ŒUVRE ET POURRA PRENDRE TOUTES LES GARANTIES ET EFFECTUER TOUS LES CONTRÔLES NÉCESSAIRES POUR ASSURER LA SÉCURITÉ DES USAGERS SUR TOUS LES PLANS ET PROTÉGER LEUR ENVIRONNEMENT, AVEC DES CAMPAGNES DE COMMUNICATION POUR INFORMATION À TOUS.

Le Président élu ce 23 juillet, l’a confirmé : « NOTRE PRIORITÉ EST LE TRAITEMENT DES DÉCHETS. » Sécurité des usagers, leur avis, leur participation, protection de l’environnement, tenir compte des circonstances mais savoir garder le cap.

Yvette DUCHEMANN élue CINOR

NB : Yvette DUCHEMANN est depuis le 17 Avril 2014 9ème Vice-Présidente de la CINOR et membre de la commission environnement et développement durable. Elle est aussi conseillère municipale de Saint-Denis, chargée de la..propreté et de l’Environnement

Heureusement tous les élus EELV à la Réunion n’agissent pas de la même manière.

Un adjoint au maire, conseiller communautaire, Jean-Pierre ESPERET préfère être absent.

Un autre, comme Jean-Pierre MARCHAU,porte-parole du Groupe Local Est Nord d’EELVR, qui fut porte parole d’ACCIDOM, collectif créé au milieu des années 2000 contre l’incinération, s’est abstenu en tant que conseiller communautaire CINOR. Son intervention avait permis d’éviter le vote précédent prévu "sans remarques" et il est à l’origine des remarques que comporte le vote actuel.

voir :

* Jean-Pierre Marchau : « l’incinération n’est pas une fatalité ! » du 3 juillet 2014

* Incinérateur : « une machine à détruire » du 13 mai 2014

Dans une autre intercommunalité, le TCO, Mélissa COUSIN, secrétaire régionale adjointe d’EELVR, élue d’opposition sur le liste d’union menée par Huguette BELLO, ancienne vice-présidente du TCO de 2009 à 2014, a méthodiquement réfuté l’ardente (sic :-) obligation de l’incinérateur et rappelé que tout un panel d’autres moyens existent pour offrir une palette complète et cohérente de solutions à ce qui est avant-tout un problème de société et non pas un problème technique que l’on règle en signant un chèque ! Voici comment elle a rendu compte :

" J’ai fait enregistrer dans le compte rendu de réunion du TCO son avis Très Défavorable (la seule parmi les élus présents) sur le Plan de gestion des déchets par la solution multifilière avec incinérateurs, contrairement à Yvette DUCHEMANN qui, à la CINOR, a donné un avis Favorable.

J’ai développé les points suivants :

-Le véritable problème dans la gestion des déchets se situe au niveau de la production et de la consommation. Or, ce PPGDND ne propose aucune solution pour promouvoir une réduction à la source des déchets (ex : l’ entrée de produits sur-emballés, travail avec les distributeurs...). Le "programme de prévention" est complètement vide et se contente de renvoyer sur les intercommunalités.

Pourtant, lors du Grenelle de l’environnement, une réunion avait eu lieu à Saint-Denis. Lors de cette réunion, certaines pistes avaient été avancées, comme celles ci-dessous qui n’apparaissent pas dans le Plan :

– Conclure des accords avec les importateurs principaux (grande distribution, filière d’importation sectorielle, etc.), afin qu’une réduction des déchets, à la source, soit mise en place, pour le suremballage notamment.

– Mettre en place une taxe supplémentaire pour les importations de produits suremballés ou dont les déchets ne pourront être traités localement.

– Mettre en place des actions collectives (partenariat Région, ADEME, DRIRE, organisations professionnelles, chambres consulaires) afin d’inciter les entreprises à réduire leur volume de déchets.

- Grouper les commandes (services de l’État, associations d’industriels), dans le cadre de commandes d’Eco produits et de produits recyclés. "

- En fait, ce que tente de faire valider ce PPGDND, c’est simplement la création de deux incinérateurs. Or la création de telles structures n’est justifiée que par un certain volume de déchets et est donc antagoniste à un objectif ambitieux de réduction à la source.

- Si on regarde les expériences ailleurs, on se rend compte que nombre de collectivités françaises qui ont investi dans des incinérateurs qui sont très chers et qui sont une catastrophe pour l’environnement, sont ensuite liées par contrat aux incinérateurs pendant vingt ou trente ans et doivent alimenter ce monstre en fournissant des déchets, sinon elles doivent payer des amendes.

Cela conduit à des situations paradoxales dans lesquelles les villes ne sont pas incitées à recycler, puisque cela enlève des déchets à l’incinérateur et peut au final leur coûter plus cher.

- Je refuse le terme de valorisation énergétique, car le coût énergétique de la production du futur déchet est bien supérieur à la “valorisation énergétique” de ce dernier. Parler d’une autonomie énergétique de la Réunion qui se ferait grâce à la valorisation des déchets c’est faire du "green washing".

- les solutions impliquant un fort engagement des politiques pour la réduction à la source comme le « zéro déchet » n’ont pas été étudiées. La solution retenue est en fin de compte celle qui demande aux élus et à la population le moins d’effort, qu’importe son coût financier, environnemental ou sanitaire. C’est le contraire d’un développement durable.

J’ai été la seule à donner un avis défavorable, les autres élus ont émis un avis favorable ; cependant ils ont repris certaines de mes remarques, notamment sur le travail lors du grenelle, pour amender le texte proposé. Preuve qu’on peut amender sans être obligé de voter Pour...

On notera le parallèle entre Mélissa COUSIN et Jean-Pierre MARCHAU qui tous deux militent de longue date et ont sérieusement étudié la question.

Saluons d’autre part la réaction de la même Mélissa COUSIN contre la déclaration d’Yvette DUCHEMANN :

* parution dans Zinfos974.fr le 26/07/2014 à 12h34

AUTRES LIENS

* Article du 12 juillet 2014 dans "7LamesLaMer" : CINOR : la voie est ouverte à l’incinérateur

* Zero Waste France (anciennement CNIID)

Logo Zero Waste France

* CNIID (ancien site, voir les dossiers thématiques)


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