AID Association initiatives dionysiennes

LBSJS 99- Débriefing des élections européennes

Présentation de Bruno Bourgeon

mercredi 4 juin 2014 par JMT

Rendez-vous à « LA CASA NOSTRA », Mardi 10 Juin 2014, de 18h à 20h30, 163 Rue Jules Auber (entre rue Général de Gaulle et Rue Monseigneur de Beaumont) Tel 0262 200944.

Repas partagé pour ceux qui veulent continuer à échanger

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Publications

* ZotZinfos du 6 Juin 10h23

* JIR du

PRESENTATION

Les abstentionnistes sont majoritaires dans toute l’Europe et partout les scores des partis protestataires progressent. Ne faut-il pas s’interroger sur les causes extra-françaises, européennes ? Pourquoi un tel désaveu, sauf en Allemagne ?

Les électeurs allemands ont de quoi être majoritairement satisfaits d’une Europe qui leur offre une prospérité, un taux de chômage bas, et une influence sans partage sur les décisions communautaires. Ils savent aussi que leur Cour constitutionnelle veille à empêcher tout empiétement sur leur souveraineté. Mais ailleurs ?

Les citoyens des autres pays comprennent bien que l’influence de leurs élus sur le cours des choses dans l’Union européenne est faible. On leur promet des inflexions qui ne viennent pas.

Les institutions européennes issues du traité de Lisbonne de 2009 organisent un mode de gouvernement dans lequel s’imposent les décisions du Conseil européen, lui-même dominé par une Allemagne démographiquement majoritaire et sûre de ses choix.

Bien que renforcés depuis 2009, les pouvoirs du Parlement européen demeurent virtuels, parce que l’élection ne se joue pas sur des programmes politiques.

Mais quel pouvoir auront le Parlement européen issu de ce scrutin et la prochaine Commission ? Celle-ci ne pourra qu’exécuter un programme sur lequel elle n’aura aucune prise : conçue par la Commission sortante, la « Stratégie 2020 » a défini la feuille de route de l’UE jusqu’à la fin du mandat de la prochaine Commission. Et le budget, qui précise le financement des politiques communes, est figé pour sept ans.

La solution est simple, et elle est déjà inscrite dans les traités de l’UE, mais personne n’y songe : il faut, pour le cadre financier du budget européen et les politiques communes dont il assure le financement, une périodicité quinquennale.

Ainsi, la mandature du Parlement et de la Commission coïnciderait avec la programmation stratégique et budgétaire. Le véritable progrès démocratique viendrait alors et les partis politiques européens pourraient faire campagne sur des programmes, et leur traduction budgétaire.

Les institutions européennes cesseront ainsi de prendre des décisions qui n’engagent que leurs successeurs, et les citoyens européens pourraient enfin exercer un vrai choix démocratique lors de l’élection de leur Parlement. Enfin ?

DIAPORAMA

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REFERENCES

* JIR, édition du 26 mai et du 27 mai 2014

* Le Quotidien de La Réunion, édition du 26 mai 2014

* Texte d’Enzo Poultreniez (attaché parlementaire EELV)

* Texte de Jean Desessard, Jean-Vincent Placé et François de Rugy (parlementaires EELV)

* Communiqué de Presse de Nouvelle Donne

* Résultats des élections en ligne l

* Libération : Parlement Européen : une mandature pour rien ?

Marine Le Pen, présidente du Front national

Désintégration

par Enzo Poultreniez, attaché parlementaire EELV

Les résultats du Front national aux élections européennes viennent confirmer la dynamique impulsée aux élections cantonales de mars 2011. Ils ne sont donc pas une surprise, même si le niveau de mobilisation de l’électorat frontiste peut surprendre.

Le Front national obtient 4,7 millions de voix (24,85%), soit autant qu’au soir du 21 avril 2002. Et ce alors que l’abstention est considérable (57,6%) et démontre un désintérêt général. Bref, le Front national a clairement renforcé son socle électoral, cette population qui se déplace quoi qu’il advienne pour soutenir sa championne. Manipuler les chiffres pour tenter d’atténuer le succès électoral du FN est donc aussi efficace que de cacher la poussière sous le tapis.   Bien sûr, c’est d’abord l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN suite au congrès de Tours de janvier 2011 qui a permis ce score. En rendant le FN en apparence plus présentable, elle a fait oublier en partie son père et ses outrances.

Ses différentes prises, de Fabien Engelmann (ancien syndicaliste CGT et nouveau maire d’Hayange) à Robert Ménard (ancien président de Reporter Sans Frontières) en passant par Gilbert Collard (avocat et député du Gard), Florian Philippot (énarque et nouveau député européen) ou plus brièvement Laurent Ozon (identitaire environnementaliste, théoricien du localisme) ont donné une image d’ouverture à son parti et lui ont permis de lancer des offensives idéologiques sur des sujets délaissés jusqu’alors par le FN : l’économie, la laïcité, les libertés publiques (et numériques) et même la dignité animale.    A l’exception du débat sur le mariage pour tous, Marine Le Pen a réussi à masquer des tensions politiques internes pourtant nombreuses. Alors que la plupart des partis offrent une image désunie (Front de gauche, EELV, PS ou UMP), le Front national soigne sa communication et essaie au maximum de prévenir les couacs.

Il a par ailleurs fortement investi sur la formation de ses militants et de ses cadres. Force est de constater que si le FN est aujourd’hui aussi haut, c’est avant tout parce qu’il s’en est donné les moyens quand d’autres partis se regardaient le nombril.    Enfin, les affaires qui ont éclaté ces derniers mois et qui ont éclaboussé tous les partis politiques dits de gouvernement ont bien sûr renforcé l’abstention et, par vases communicants, le score final du FN.

Pourtant ce parti n’est pas irréprochable, bien au contraire. Mais le "cordon sanitaire" a créé une frontière symbolique entre ceux qui ont le pouvoir et peuvent en abuser, et ceux qui ne l’ont pas… et sont donc présumés irréprochables.

Le front républicain, qui justifie par automatisme le soutien à un candidat dit républicain, même s’il a été condamné par la justice ou a développé un système clientéliste local, renforce encore cette frontière. Il en va de même quand années après années des partis ne tenant pas leurs promesses succèdent à d’autres partis qui ne les tiennent pas non plus. La déception conduit à l’abstention, la rancœur au vote FN.    Tout ceci concourt à rendre l’ascension de Marine Le Pen plus rapide que prévue. Elle en est d’ailleurs sûrement la première surprise. Mais la lame de fond n’est bien sûr pas là. Les raisons qui amènent un citoyen à devenir électeur frontiste, ponctuellement ou durablement, sont nombreuses. Ce sont autant de calques qui se superposent.

Il n’y a pas d’explication unique, d’autant moins que le FN devient petit à petit un parti "attrape tout" qui fait se coaguler tous les mécontentements, toutes les rancœurs, toutes les détresses. Nous sommes donc face à un faisceau de causes, et donc à un faisceau de réponses possibles. La solution miracle n’existe pas.    Pour comprendre ce qui est sans doute la plus importante de ces causes, il faut d’abord sortir de Paris et des centres-villes des grandes métropoles (ou "idéopoles"), véritables OVNI politiques, et se plonger dans les franges du territoire métropolitain. Si on aime la littérature, on lira Retour à Reims de Didier Eribon, Les Lisières d’Olivier Adam, ou quelques planches du Combat Ordinaire de Manu Larcenet. Tous témoignent de cette désintégration territoriale.    L’époque est au "rayonnement" des grandes métropoles, sous prétexte de Mondialisation. Mais sur quoi rayonnent-elles aujourd’hui ? Sur des quartiers en relégation et des périphéries qui se désintègrent. La concentration des moyens financiers sur les cœurs de métropoles n’est pas un fantasme, et elle sera encore renforcée avec la loi de métropolisation. Cette concentration se fait à moyens constants, voire en baisse. Et pour habiller Paul, il faut déshabiller Pierre. Pendant que l’on investit dans la construction d’une LGV qui relie deux idéopôles, on laisse se dégrader un réseau de TER ou de bus qui maille un territoire. 

La logique de compétition entre territoires assèche les franges péri-urbaines et rurales. Ces dernières années ont vu la fermeture d’écoles, de bureaux de poste, de maternités, d’hôpitaux, de sous-préfectures. Le généraliste a pris sa retraite sans être remplacé, l’épicerie n’a pas tenu face à la concurrence du nouvel hypermarché de la zone d’activités. Il ne reste parfois plus que le PMU du coin, qui vacille.    On a désintégré ces lisières en brisant toute centralité, en détruisant les uns après les autres les lieux de socialisation. Cette France là est socialement en friche.    Et les néo-ruraux qui avaient misé il y a 20 ans sur un retour à la campagne en s’endettant pour se payer leur petite maison dans un lotissement tout neuf, voient leur facture énergétique exploser, essence ou diesel en tête. Il faut plus de temps pour aller chercher du pain en voiture que pour faire Lille-Bruxelles en TGV. Et on leur promet le retour de la croissance ? Mais la croissance de qui ? De quoi ? La croissance des métropoles qui les phagocytent ?    Ils regardent les grandes idéopôles se vautrer dans le marketing territorial, à coups de "clusters" de ceci ou cela, de "rayonnement" à toutes les sauces" et autre opérations qui assèchent les territoires et renforcent le sentiment de déclassement.    Pour couronner le tout, on redécoupe leurs cantons, on les raye de la carte, on joue avec une paire de ciseaux sans se soucier des communautés que l’on découpe. Et maintenant on s’attaque aux départements, aux régions. On les fait disparaître.    Dans ces territoires, plus rien n’est accessible. Tout s’éloigne. Même le curé n’est plus là tous les dimanches. Et le soir au 20h, on leur parle de la dangerosité des banlieues, du "problème de l’immigration" (plus belle victoire sémantique du FN), de la barbarie du monde. Il n’y a pas un immigré dans le village mais ils deviennent xénophobes. Ils rejettent l’Europe qui est coupée de tout, ils en veulent aux élites qui leur assènent des discours moralisateurs depuis leurs salons confortables. Comment en être surpris ? Comment leur en vouloir ?    Il n’est même pas nécessaire de s’éloigner autant des centres-villes pour rencontrer ce sentiment de déclassement. Au sein même des grandes métropoles, certains quartiers sont malmenés. A Lille, on refuse d’installer le vélo libre-service dans un quartier excentré car le coût serait trop élevé. Ailleurs c’est une médiathèque qui reste indéfiniment dans les cartons, pas prioritaire, ou un bus qui ne passe plus au profit d’une zone plus dense.

Si la politique de la ville a permis de sortir certains quartiers très populaires de la misère et de l’isolement, elle a aussi concentré les moyens sur certains territoires trop bien délimités, quand les pavillons des classes moyennes inférieures voisines connaissaient au mieux une stagnation.

Lille est progressivement devenue une caricature de cette nouvelle sociologie du vote FN, avec un centre-ville qui place les Verts en tête et des quartiers périphériques, coupés par les voies de circulation, qui plongent dans l’abstention et le vote FN. Grenoble a le même schéma : une ville centre qui élit un maire écolo aux municipales quand la banlieue place le FN en tête aux européennes.    C’est toute cette France périphérique des petits propriétaires, des courrées, des pavillons de banlieue qui a été trahie. Les Trente Glorieuses ont été la promesse d’une croissance illimitée, où la propriété était la finalité de l’existence. Aujourd’hui, ils sont devenus prisonniers de leur maison après s’être saignés pour l’acquérir. Leur rêve est devenu un cauchemar.    Bien sûr ce calque n’est pas le seul, il faut le répéter. La psychologie sociale permet aussi d’analyser des hausses microlocales surprenantes de vote FN (présence d’un bidonville, querelles de voisinage qui dégénèrent, etc.). Des spécificités territoriales existent toujours (la Baie de Somme et ses chasseurs, le Sud-Est et ses pieds-noirs et harkis). A contrario une identité régionale forte peut encore être un rempart au vote FN : on le voit encore en Bretagne, en Corse et pour l’Outre-Mer.    L’exemple de l’Aisne (Picardie) est particulièrement intéressant. L’Aisne, c’est un département invisible. On ne parle de l’Aisne que pour ces campagnes décalées de promotion du tourisme. C’est un département coincé entre la métropole parisienne et la mégalopole européenne. Un interstice entre deux géants, traversé par d’énormes flux de marchandises et de personnes qui ne s’y arrêtent pas.    Mélange de zones rurales et de villes ouvrières, lieu de résidence pour certaines familles travaillant en Île-de-France, l’Aisne comprend une seule ville moyenne (Saint-Quentin) et quelques centres urbains plus petits (Laon, Soissons, Château-Thierry, Tergnier, Villers-Cotterêts, Hirson). Le solde migratoire y est négatif depuis la fin des Trente Glorieuses et ses zones industrielles sont en grande difficulté, notamment en Thiérarche.

Les industries axonaises sont le plus souvent des industries de biens intermédiaires (sous-traitants de l’industrie automobile, métallurgie, emballage). Ces structures de taille moyenne sont petit à petit rachetées par de grandes multinationales qui procèdent ensuite à des regroupements, des licenciements et des fermetures d’usines.    Le chômage atteint aujourd’hui les 14% dans ce département. Les services publics se délitent à grande vitesse, les perspectives d’avenir semblent inexistantes. Sur la carte, l’Aisne est proche de tout, mais c’est un leurre. La Mondialisation l’a relégué, déclassé.

C’était un bastion de gauche. Le Front national y a rassemblé 40% des suffrages ce dimanche, sans leader ni implantation locale particulière. Ses scores sont moins élevés à Château-Thierry, Laon, Soissons ou Saint-Quentin mais dépassent les 50% dans 154 communes sur 816.   Cette ascension du Front national nous tétanise autant que l’évolution du monde tétanise les électeurs FN, et de nombreux abstentionnistes. Que valent nos convictions face aux doutes de ces populations ? Que pouvons-nous faire pour briser le piédestal du FN d’une part, et faire de l’écologie politique l’alternative évidente d’autre part ? Le chemin est évidemment étroit.    La première des urgences, c’est de sortir de la stigmatisation des électeurs frontistes, de cesser de les qualifier de fascistes, d’idiots ou de beaufs. D’en finir avec les grands discours de soirées électorales où l’on se lamente d’en revenir aux "heures les plus sombres de l’Histoire" dès que le FN fait score à deux chiffres.

Chaque cri d’orfraie est un argument pour le FN. Les "intellectuels", "éditorialistes" et autres donneurs de leçon sont du pain béni pour ce parti, tant ils renforcent la frontière entre les élites et les habitants des territoires en déclassement, entre les "bobos parisiens" et les "invisibles" comme aime à le répéter Marine Le Pen.    Quels que soient les griefs du Front national, et ils sont nombreux, Marine Le Pen est la responsable politique qui a sans doute le plus été à la rencontre des habitants de ces quartiers et villages, qui les a le plus écoutés. Car c’est bien là que le bât blesse : ces citoyens là en ont marre d’écouter sagement et d’encaisser, ils veulent être entendus.    C’est là aussi que pêchent les écologistes. C’est un changement de posture qu’il faut opérer, en cessant les discours magistraux et culpabilisants. Nous n’avons pas à être surpris que notre message trouve si peu d’échos. Que proposons-nous à celles et ceux qui sont les relégués de la Mondialisation ? Le grand saut dans le vide de la transition écologique.

Du passé faisons table rase pour un monde plus vert ? Notre utopie est déjà lointaine, et parfois assez floue. Mais en ce qui concerne le chemin pour y parvenir, il reste couvert de brouillard. Quand l’évolution du monde précarise, le réflexe est évidemment de vouloir revenir à un passé fantasmé, quand "c’était mieux avant", plutôt que de marcher vers un autre inconnu.    Ecouter, rencontrer, rétablir le dialogue, c’est la priorité. Pour sortir de la confrontation du front contre front, modèle contre modèle, fascistes contre antifascistes. L’insulte n’a jamais convaincu personne, la violence n’a jamais permis la paix. Dans cette bataille, chaque agression renforce la cohésion de l’opposant dans un réflexe communautaire. On peut relire l’analyse faite par Bernard Stiegler dans Pharmacologie du Front national pour s’en convaincre.    C’est pour cela que je refuse aujourd’hui de participer aux "marches citoyennes", de porter un badge quelconque, d’arborer un logo sur ma page facebook, de relayer la dernière chanson de Biolay ou les dernières complaintes de Yannick Noah.

Nous sommes dans notre petit monde. Le monde des ultra-politisés, qui ont les codes, qui n’ont pas peur de ce qui se passe car ils sont armés, hypersocialisés, hyperdotés en capital politique. Les réseaux sociaux nous ont enfermés dans un vase clos, dans un ring virtuel où nous nous renvoyons les coups par automatisme à longueur de journée.

Internet a renforcé l’hermétisme de ce champ politique. Il est urgent aujourd’hui de briser le vase. L’ouverture que nous prônons, appliquons la à notre manière de faire de la politique, en allant vers l’autre, en rétablissant le dialogue, en sortant du mépris.   Ce changement sur la forme doit s’accompagner bien sûr d’une révolution idéologique : abandonner le marketing territorial pour donner du corps à ce qui est encore aujourd’hui une coquille vide : l’égalité des territoires.

Sinon dans quelques années, la gauche, écologistes compris, sera à 60% dans les centres-villes des idéopôles, à 10% ailleurs et le FN sera majoritaire. La France sera alors menacée de désintégration, et nous serons réduits à la contemplation.

Martin Schultz, candidat du PSE

Européennes : rien ne serait pire que le déni

Notre parti, Europe Ecologie-Les Verts, a perdu plus d’un million de voix par rapport à 2009. Cela ne peut pas s’expliquer seulement par l’abstention ou l’absence de Daniel Cohn-Bendit.

Après le coup de semonce des municipales, le résultat des élections européennes crée une onde de choc qui se propage à toute la société française.

Le 25 mai 2014 restera dans la mémoire collective comme un 21 avril européen. La première place ravie par le Front national est un défi à tous les républicains. C’est le signe d’une exaspération devant la crise et d’un brouillage de tous les repères.

On peut tenter de se rassurer, en rappelant le taux d’abstention record, qui rendrait le scrutin « peu significatif », en arguant du type d’élection, favorable à des expressions politiques sans lendemain, en déplorant le peu d’enjeu d’une campagne atone, dont le traitement médiatique fut pour le moins contestable. Oui, on peut toujours tenter de se rassurer. Mais ce ne serait pas seulement une erreur vis-à-vis de nous-mêmes : ce serait aussi une faute vis-à-vis des Français.

Car les Français ont parlé. Par leurs votes, comme par leur refus de participer au scrutin européen, ils nous ont adressé quatre messages.

Le premier s’adresse à la classe politique dans son ensemble : le désaveu infligé par les abstentionnistes est le signe de l’absence de crédit accordé à la parole et à l’action politiques, particulièrement sur l’Europe. Ce sentiment se nourrit d’une impuissance des politiques publiques face aux conséquences d’une mondialisation non maîtrisée.

La construction européenne devrait servir à reconquérir une capacité d’action politique et à protéger, or elle alimente ce sentiment d’abandon. Si dans les prochaines semaines le président de la Commission européenne n’est pas issu du vote d’une majorité du Parlement européen, l’idée même de l’Europe déjà gangrenée par les politiques d’austérité serait mise en danger.

Le deuxième message s’adresse au président de la République et à son Premier ministre. Il faut des résultats, et vite. Les solutions concrètes aux problèmes des Français : c’est bien à cela que nous devons tous nous consacrer. La relance par la transition énergétique, l’économie verte, le soutien ciblé aux PME, cela peut se faire maintenant, sans construire de nouvelles usines à gaz. Mais qu’attend-on ?

A la manière de ce qu’a enclenché Matteo Renzi en Italie, les réformes doivent accompagner un pacte de relance de l’économie, et non se résumer à des plans d’impôts et d’économies supplémentaires dont les Français ne voient pas le bout. La prochaine réforme territoriale doit en être une des traductions concrètes et pour la réussir, le gouvernement doit y associer étroitement toute la majorité parlementaire et même au-delà tous les réformateurs sincères.

Le troisième message, c’est la majorité présidentielle qui doit l’entendre : la relégation à la troisième place du parti socialiste, la cinquième des écologistes apportent la démonstration in vivo, de voir, la gauche et les écologistes exclus du choix final, dans le cadre de scrutins majoritaires. Ensemble, les partis de la majorité représentent la deuxième force politique du pays : cette leçon nous devons la méditer et en tirer les conséquences. Un nouveau pacte majoritaire s’impose.

Sur le fond, et notamment sur la stratégie européenne de la France, les socialistes et les écologistes doivent dès maintenant élaborer une position commune. Et sur la forme, les contours de la majorité et son organisation, il nous faut également apporter des réponses. Nous refusons la stratégie perdante – perdant qui s’apparente à la politique du pire.

Le dernier message enfin s’adresse à nous, écologistes : notre parti a perdu hier plus d’un million de ses voix de 2009. Plus de la moitié de ses députés européens… Aucune autre force politique n’enregistre un bilan aussi négatif.

On peut là encore tenter de se rassurer, en arguant de l’absence de Daniel Cohn-Bendit, ou en comparant ce résultat à l’incomparable – à savoir la candidature écologiste à la présidentielle de 2012. Mais ce serait là encore une faute vis-à-vis de l’écologie.

Car l’urgence écologique est toujours présente et la conscience des enjeux climatiques dans la population progresse à grand pas. Car nos eurodéputés sortants présentaient, en termes d’engagement personnel et de travail collectif, un bilan incontestable. Malgré tout, cela ne se traduit pas par une confiance accrue aux écologistes.

Force est de constater, à la lecture du résultat de ces élections européennes, que les électeurs écologistes n’ont pas été convaincus par la sortie du gouvernement survenue après les municipales. Il est clair que celle-ci n’a pas créé d’appel d’air en faveur des listes écologistes aux européennes, bien au contraire.

En 2009, c’est l’ouverture et le rassemblement qui avaient permis de rassembler deux millions huit cent mille Françaises et Français autour des candidats écologistes au Parlement européen. Il est temps que les écologistes cessent de prendre des décisions stratégiques entre eux, sans jamais tenir compte de ce que pensent les électeurs écologistes.

La réponse au séisme de dimanche ne peut être l’incantation et la diabolisation du Front national. La majorité doit intensifier son travail pour élaborer des solutions communes aux problèmes des Français. Les écologistes y sont prêts, notamment au Parlement.

Au-delà, comme le Premier ministre l’avait dit dans sa déclaration de politique générale, il faut savoir ouvrir le dialogue avec d’autres – du Front de gauche aux centristes – pour envisager des réformes démocratiques.

C’est le cas de la réforme territoriale bien sûr – ce doit aussi être le cas d’une réforme du Parlement posant une réduction du nombre d’élus et l’instauration de la proportionnelle aux élections législatives. La voix des différents courants d’opinion qui existent dans la société française ne serait plus étouffée ou absente du Parlement.

Notre feuille de route est claire : nous concentrer sur un agenda politique et législatif clarifié et partagé par toutes les forces de la majorité, rassembler la majorité présidentielle, organiser son fonctionnement et créer les conditions de son élargissement, construire une écologie ouverte plutôt qu’une chapelle vivant pour et par elle-même.

La tâche est lourde. Mais indispensable. Le paysage politique français a besoin d’un pôle de stabilité. Dans cette période où tout vacille, rien ne serait pire pour les écologistes et la gauche que l’immobilisme, le repli sur soi, la fuite en avant ou la politique de l’autruche. Comme le rappelle toujours Dany Cohn-Bendit : mettons l’imagination au pouvoir !

Jean Desessard, sénateur, Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale

Jean-Claude Juncker, candidat du PPE

Nouvelle Donne a créé la bonne surprise, dans un sombre scrutin

Les électeurs français ont choisi de donner naissance à une nouvelle force politique qui ne ressemble à aucun autre parti et qui est là pour durer. Beaucoup d’électeurs ont exprimé un vote de rejet, de pessimisme ou d’extrémisme. D’autres ont choisi de soutenir un projet politique nouveau. Face à la résignation ou la haine de l’autre, plus d’un demi-million de citoyens se sont retrouvés dans un programme et des solutions concrètes, celui porté par Nouvelle Donne.

Nouvelle Donne s’inscrit dans l’élan des mouvements citoyens en Europe qui ont créé la surprise en renouvelant l’offre politique. Nous remercions les médias qui ont eu le courage de faire entendre une autre voix. C’est un espoir pour demain.

Dans un contexte très difficile et une campagne très courte, Nouvelle Donne s’est organisé et construit en même temps qu’il faisait campagne pour les européennes.

Nouvelle Donne aujourd’hui c’est : 8 500 adhérents, 175 comités locaux, plus de 100 réunions publiques, 2000 personnes réunies le 18 mai place de la République. Pour un parti qui a 6 mois d’existence, c’est assez incroyable. Tout le mérite en revient aux militants sur le terrain.

Cette élection ne constitue cependant qu’une étape pour Nouvelle Donne. Une étape pour un projet désormais largement partagé et soutenu par plus de 600 000 Français. Ce score vient confirmer la justesse de notre analyse et la pertinence de nos solutions.

Si aujourd’hui nous assistons au temps du Front National, il nous faut désormais travailler au temps d’après, le temps des solutions concrètes, le temps des réformes nécessaires.

Nouvelle Donne remercie les électeurs et les électrices qui ont choisi notre bulletin. Nouvelle Donne, notre projet, ça commence aujourd’hui.

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

- Mardi 24 Juin 2014 : cafeco 198 : Le réchauffement climatique 3 - les luttes

- Mardi 8 Juillet 2014 : LBSJS 100 : La fête du Repaire dionysien de LBSJS !

- Mardi 22 Juillet 2014 : cafeco 199 : « La collectivité unique à la Réunion » par le Pr André ORAISON

- Mardi 12 Août 2014 : LBSJS 101 : à programmer

- Relâche hivernale

- Mardi 30 Septembre 2014 (5è mardi !) : cafeco 200 : La fête du bicentenaire du cafeco !

Connaissez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET sur France-Inter (98.8Mhz à St Denis) à 15h05 (heure métropole) soit 17h05 (heure Réunion) ?

Voir sur http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/labas/ et sur http://www.la-bas.org/

mél : labassijysuis@radiofrance.com

répondeur pour vos messages : 01 56 40 37 37

Contacts GSM : B. BOURGEON : 0692 05 45 05 ou JMT : 0692 02 92 71 jean-marc.tagliaferri@wanadoo.fr

Retrouvez le Repaire et sa documentation sur le site web : http://aid97400.lautre.net

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